26/12/2016

Angela Merkel et les migrants : calcul assumé ou conduite inconsciente ?


 

Angela Merkel et les migrants : calcul assumé ou conduite inconsciente ?

 

L’attentat de Berlin commis par un Tunisien qui aurait dû être expulsé du pays depuis belle lurette, a profondément miné la position de la chancelière allemande qui caracolait pourtant en tête de tous les sondages. La fille de pasteur avait été réélue avec un bon score par son parti et envisageait de concourir pour un nouveau mandat, le quatrième. Mais mieux encore que tous ces bons chiffres, ce qui confortait le plus la position de l’ancienne protégée de Helmut Kohl, c’est l’absence de tout rival d’envergure, susceptible de constituer un recours, une alternative à la chancelière.

 

Sa politique inconsidérée (unbesonnen) concernant les migrants risque de lui coûter très cher. Je ne reprends pas les critiques féroces de l’opposition qui crie au scandale, je ne m’arrête pas, non plus, sur les angoisses des citoyens allemands qui ont peur de cette insécurité nouvelle, en leur propre pays, je citerai seulement les critiques issues des propres rangs du parti de la chancelière… Un haut responsable a eu cette phrase terrible : ce n’est pas ainsi que nous allons assurer la sécurité de ce pays. A t il tort ? Non point.

 

Avoir laissé rentrer en Allemagne des centaines de milliers de personnes sans contrôle aucun, avoir imaginé qu’on pouvait intégrer autant de gens d’une autre culture, des gens qui sont ce qu’ils sont, c’est-à-dire avec un tout autre Fühlen und Denken, c’était de l’inconscience. Au fond, quand quelqu’un reste trop longtemps au pouvoir, il se croit infaillible, un peu comme l’infaillibilité pontificale (Unfehlbarkeitsdogma). Les motifs qui ont guidé la décision de la chancelière sont double : d’une part, le désir sincère d’aider les êtres humains dans la détresse, surtout dans l’âme d’une protestante, fille de pasteur de surcroît, et dernier mais non moindre, le souci foncier d’aider, de soutenir par des béquilles la natalité dans le pays. Les projections sont claires : dans quelques années il manquera des millions de bras à l’industrie allemande. Et moins de travailleurs signifie, à terme, moins de revenus, moins d’état-providence, et c’est l’adieu au modèle social allemand. La chancelière a décidé seule. C’est son erreur qui risque de lui être fatale.

 

Mais, de plus, en prenant des mesures unilatérales (voir son visite au Turc R.T. Erdogan) elle a mis en danger l’ensemble de l’Europe. Et l’équipée sauvage du terroriste islamiste le prouve : il a pu quitter Berlin sans être inquiété, arriver à Chambéry, prendre le train pour Turin, poursuivre jusqu’à Milan où fortuitement, grâce à la sagacité de deux policiers italiens, sa trajectoire s’est arrêtée pour toujours.

 

En accueillant chez elle tous ces gens, la chancelière a feint d’oublier qu’elle leur ouvrait l’Europe entière. Cela fait penser à une anecdote aussi vieille que le monde : quelqu’un prend place dans une embarcation pour une traversée. Il y a avec lui d’autres passagers qui sont du voyage. Ce passager atypique a soudain envie de forer un trou sous son siège, mais uniquement sous lui-même, pense-t-il naïvement. Les autres passagers hurlent et lui disent de cesser car il met en danger l’ensemble du navire. Et lui répond : Mais c’est ma place, j’ai payé mon billet comme il se doit. Je fais ce qui me plaît… Mais voilà il met en péril tous les autres !

 

Mais voilà la morale de l’histoire : il ne risque pas que sa seule vie, mais bien celle de tous les autres. Appliqué au cas qui nous concerne, cela signifie que les terroristes, basés en Allemagne, peuvent se déplacer à leur guise dans tout l’espace du continent européen. En soi, c’est acceptable, mais en l’espèce, c’est pour semer la mort et la désolation. Donc, cela devient inacceptable.

 

En agissant comme elle l’a fait, la chancelière a elle-même compromis ses chances de succès aux élections de septembre. Ses concitoyens qui ne badinent pas avec la loi et l’ordre, le respect des droits d’autrui, n’avaliseront pas ses choix. Il n’est pas sûr que ses concitoyens lui apportent leurs suffrages.

 

Donald Trump a déjà réagi et dans le sens que nous connaissons, c’est-à-dire pour dénoncer la politique de la chancelière. Vu le retournement total de la politique US à partir du 20 janvier, il n’est pas exclu que d’autres candidats de la CDU se déclarent contre leur candidate naturelle.

 

Pour finir, il y a pire : toutes la presse, allemande mais aussi européenne dénonce les manquements de l’appareil sécuritaire allemand ; les grands journaux ont parlé de fiasco. C’est la première fois que l’efficacité allemande est prise en défaut. Certains se sont gaussés de la déclaration du ministre fédéral de l’intérieur ; après le neutralisation de l’assassin, il a dit avoir poussé un soupir de soulagement.

 

Un ministre de l’intérieur ne devrait pas parler ainsi. Il a fait preuve d’un grand laxisme, il ne savait même pas que le terroriste avait quitté le sol allemand. Et quand on pense que c’est par hasard que les Italiens l’ont intercepté, on se demande à quoi tient la sécurité dans ce continent : Une main providentielle, en cette période de fêtes, a étendu sa protection sur nos pays.

 

Mais pour combien de temps ?

 

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 décembre 2016

 

 

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24/12/2016

Obama a finalement mis sa menace à exécution...

 Barack Obama a finalement mis sa menace à exécution...

 

Obama a probablement commis le geste de trop. Il a certainement sous estimé la capacité de nuisance de Netanyahou et des Juifs des USA en n'opposant pas son veto lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant les actes d'Israël en Cisjordanie. Même le président Donald Trump ne cache plus son dissentiment .

Mais pourquoi donc, à la veille de son départ, Obama a t il commis pareille action? Certains veulent déceler dans ce chant du cygne un dernier acte de vengeance. Il ne s'entendait pas très bien avec Netanyahou et il l'a fait savoir. Mais ce qui frappe le plus, c'est qu'il a poursuivi cet homme de sa haine et de sa vindicte. Il aurait pu partir tranquillement; alors que là il laisse derrière lui des faits accomplis que certains seraient tentés de lui faire payer très cher.

Déjà le gouvernement israélien va tout faire pour réduire l'impact de cette résolution dont les Palestiniens vont se prévaloir pour citer l'Etat d'Israël devant des juridictions internationales. Pour Netanyahou cela sera pire: il redoute que cela fortifie les boycotts et le terrorisme.

Que faut il en penser? On peut comprendre que l'ONU vote dans ce sens mais on ne comprend pas que les USA n'aient pas utilisé leur veto. Est ce la fin des relations privilégiées entre Israël et les USA? Non point, car le nouveau président assure que les choses vont changer, en d'autres termes que Obama ne sera plus qu'un souvenir désagréable dans le cadre des relations entre les deux pays.

Certains avancent qu'Obama a voulu se ménager une petite auprès des états arabes, notamment les riches pétromonarchies du Golfe. En fait, il est encore relativement jeune et il lui faudra trouver de riches employeurs pour maintenir son niveau de vie.

Au fond, je n'en sais rien. Mais je regrette vraiment que Obama ait pu commettre un tel acte quinuit gravement ux bonnes relations entre deux alliés stratégiques au Proche Orient.

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15/12/2016

Alep: la pax romana selon la variante russe...

 

Alep: la pax romana selon la variante russe...

 

A l’évidence, plus rien ne sera jamais comme avant. La culture occidentale, les valeurs judéo-chrétiennes de l’Occident, ont perdu toute valeur aux yeux de la population martyrisée d’une ville du Moyen Orient qui eut la faiblesse de croire que l’on volerait à son secours, sans tenir compte de la froide raison d’Etat. Je ne sous entends pas que l’Occident, l’ONU et toutes les organisations internationales ont une responsabilité directe dans cette affaire mais tout de même il existe dans nos législations l’obligation, plus que simplement morale, de se porter au secours d’une personne ou d’un peuple en danger de mort. Non-assistance à personne en danger, cela signifie quelque chose.

 

Mais puisque les choses sont ce qu’elles sont, et que les déplorations, les lamentations ne servent pas à grand chose, il faut se livrer à une analyse froide et objective, sans être influencé par quelque émotivité que ce soit.

 

La première leçon porte sur la nature du conflit. Au fond, ce sont les Russes qui en eurent la meilleure lecture, eux qui, contrairement à nous, ne distinguent pas entre un islamiste pur et dur et un islamiste modéré… Après tout, on s’en souvient, c’est une ancienne ministre soviétique de la culture qui avait produit l’immortelle perle suivante : une femme n’est pas UN PEU enceinte, elle est enceinte ou ne l’est pas.

 

Au fond, c’est un peu ce principe qui a guidé l’action, plus que la réaction, de la Russie en Syrie : là où les Occidentaux clamaient que seul Bachar était coupable, qu’il n’était pas digne de jouir sur cette terre de la lumière du soleil (sic. Laurent Fabius qui nous avait pourtant à bien mieux), l’aviation russe a pris les mesures qu’elle jugeait bonnes pour faire place nette : tapis de bombes, destruction d’institutions protégées par les lois internationales, viols de trêves (mais les rebelles l’ont fait, eux aussi), bref, alors que le ministre des affaires étrangères faisait mine de négocier à Genève ou à Paris, les troupes sur place s’en prenaient aux rebelles et ont fini par en avoir raison.

 

Rendez vous compte : le secrétaire d’Etat John Kerry en appelant à la compassion, lui, le ministre de la super puissance dont les forces armées sont présentes partout. Madame l’ambassadeur US à l’ONU en appelant à la honte que devrait susciter l’attitude des Russes et son homologue qui lui répond : Mais elle se prend pour mère Theresa !! Voilà où nous en sommes.

 

Mais j’avoue que les Russes ont mieux analysé la situation, bien même que les ministres français et US des affaires étrangères ; pour eux, pas de rebelles fréquentables, les islamistes en tant que tels ne sont pas fiables. On ne peut pas nier que nul ne pouvait être assuré de faire confiance à la bonne personne. On se souvient des millions de dollars engloutis dans la formation de certaines troupes à la solde des USA et qui ont, la frontière franchie, aussi rejoint, avec armes et bagages,  les rebelles… Une telle déconvenue ne serait jamais arrivée aux Russes.

 

Que va-t-il se produire aujourd’hui, ou plutôt demain ? Il y a fort à parier que Bachar ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Il se sent pousser des ailes  et il a la conviction désormais que l’Occident, USA en tête, est un tigre en papier. Depuis que les Russes et les Iraniens encadrent son armée, plus un officier supérieur n’a osé déserté ni rejoindre l’autre camp. Mais il y a eu pire :  Nul n’oubliera le faux bond de Barack Obama qui laisse Bachar utiliser impunément  des armes chimiques. François Hollande, lui, était prêt à y aller, les cibles gouvernementales étaient déjà désignées, mais pouvait-il y aller sans l’allié US ? Impossible ! Une comparaison : les Français avaient  in situ au maximum 36 aéronefs, les Américains disposent de 400 avions sur place et d’environ 1000 pilotes. Et le porte-avions était retourné à Toulon pour réparations…

 

Avec de tels chiffres, tout est dit. Cela me rappelle le jugement sans appel de Michel Jobert au sujet de la France quand il dénonçait le condominium des Russes et des USA : nous pesons peu.

 

Cela n’a pas changé depuis, mais Bachar va sûrement étoffer sa conquête. Il n’ a rien à craindre, personne ne bougera et Vladimir Poutine sait que son ami D. Trump lui dira qu’il a les mains libres.

 

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 15 12 16

 

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08/12/2016

La femme et le monothéisme par MRHAYOUN

La femme et les monothéismes... Quelques  réflexions à partir des sources

 

Le sujet est très vaste et les contributions qui tentent de le traiter son innombrables, mais surtout, elles n’avancent pas d’un même pas. On peut pardonner à des féministes d’en parler parfois de manière excessive et véhémente, tant les disparités sont grandes entre les législations civiles et religieuses concernant le statut de la femme dans la société, dans la vie en général et surtout dans le couple. Dans les lignes qui vont suivre, on va tenter de faire la part des choses et de présenter la généalogie des préjugés et des dogmes, généralement exposés dans les documents religieux dits révélés. Il faut donc s’en retourner aux sources bibliques dont dérivent, après le judaïsme, les deux autres grands monothéismes, le christianisme et l’islam. Maintes positions dérivent directement des vues bibliques sur le sujet, qu’on le veuille ou non.

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05/12/2016

Augeschoben ist nicht aufgehoven: Quelques réflecions sur les réalutats des élections en Aurichze

 

Aufgeschoben ist nicht aufgehoben... Quelques réflexions sur les élections présidentielles en Autriche

En bon français, ce n’est que partie remise ! C’est du moins ce que Marine le Pen vient de dire en commentant les résultats qui ont donné la victoire au candidat écologiste, qui, en dépit de son âge et de son peu de charisme, a remporté haut la main les élections. Mais est ce à dire que la question a été réglée une fois pour toutes, c’est peu probable Faisons une brève rétrospective.

Qu’est ce qu’un Autrichien et qu’est ce que l’Autriche ? Ce sont deux questions qui se posent depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. J’aime bien ce petit pays qui a eu une grande histoire et qui a réussi à maintenir son indépendance par sa neutralité active jusqu’à la disparition de l’URSS, laquelle aurait vu d’un très bon œil la possibilité de satelliser ce pays comme elle le fit sur les autres pays d’Europe et orientale. J’ai souvent séjourné à Vienne pour mes recherches sur les manuscrits hébraïques, conservés dans la très belle bibliothèque d’Etat.

Les pays du monde entier sont déterminés par une loi d’airain, à savoir leur emplacement géographique et donc leur arrière-pays, en allemand, leur Hinterland. Or, l’Autriche, depuis la disparition de la double monarchie, se cherche et a fini par adhérer à l’Union Européenne. Mais cette adhésion, certes, hautement bénéfique, n’était pas sans problème. Car les Autrichiens ont vu leur étendue territoriale et leur poids en Europe, diminuer fortement depuis l’après-guerre. Et voici que depuis la crise des migrants, ils se sont sentis envahis par des gens issus d’une autre culture et d’une autre religion, avec lesquelles la monarchie austro-hongroise eut maille à partir pendant des décennies par le passé.

A ce pays se pose le problème du maintien ou de la disparition de sa culture et de sa civilisation. Situé sur une voie de passage des migrants, l’Autriche n’a pas pu faire face comme son géant voisin, l’Allemagne de Madame Merkel qui a ouvert toute grande la frontière de son pays, voulant ainsi enrayer la crise démographique et fournir à l’industrie allemande les millions de bras et de mains qui vont lui manquer dans quelques années. On a l’impression que ce pays est l’otage, le prisonnier de sa situation géographique. Du temps où il favorisait le dialogue entre l’ouest et l’est, ses chanceliers étaient connus du monde entier. Je pense notamment au célèbre Bruno Kreisky, l’inamovible chancelier, qui sut naviguer avec adresse entre les différents écueils.

Mais aujourd’hui, la situation est entièrement différente et une proportion sans cesse croissance de la population penche vers un parti qui lui semble mieux porter ses espoirs et défendre son avenir. Peut-on le leur reprocher ? Certes, le candidat écologiste, partisan du maintien en Europe, l’a emporté en raison de la peur de ce saut dans l’inconnu. Toutefois le score remporté par Norbert Hofer est loin d’être déshonorant. Et si les élections législatives avaient lieu demain ou même après demain, rien ne laisse présager que le parti d’extrême droite subirait une défaite.

L’Europe est l’avenir mais un avenir qui, comme tout espoir, tarde à se concrétiser. Il faut régler les problèmes à la racine et non s’occuper des conséquences. Certes, on peut s’étonner de la mansuétude que je témoigne aux thèmes de ce parti qui a tout de même réunis près de 48% des électeurs.

Quand je compare cette situation à ce qui se passe en France, je réalise que la culture européenne, faite à la fois des idéaux des Lumières mais aussi de la Shoah, ne sait pas se défendre. Et un beau jour, les citoyens ont fini par dire non et se révolter contre le laxisme et le laisser-aller. J’ai la nette impression que les Autrichiens ont senti que leur base territoriale, culture, religieuse et spirituelle, allait en se rétrécissant. Que l’on me comprenne bien : il ne s’agit pas de défendre la xénophobie ni l’antisémitisme, mais qu’allons nous répondre à des gens qui se sentent laissés pour compte, face à des étrangers auxquels on porte secours ?

Il y a aussi, de façon plus lointaine, l’effet Trump. Cet homme que personne ne prenait au sérieux, étranger au microcosme politique, qui a subi les pires avanies lors de la campagne électorale, a fini par l’emporter dans la plus grande puissance mondiale. Rien n’y fit, pas même les pires accusations personnelles… Et pourtant, il a gagné et constitue son équipe en renforçant ses idées jugées extrémistes.

Pourquoi ? Parce que des millions d’électeurs en ont eu assez qu’on leur impose leur façon de penser et leur mode de vie. Après tout, du moment que vous respectez les lois internationales, vous êtes libres de faire chez vous ce que vous voulez. Or, qu’a fait cette Europe autiste de Bruxelles ? Elle a osé imposer aux pays un quota de migrants à recevoir ! Est ce le retour de la théorie brejnévienne de la souveraineté limitée ?

Il faut cesser de diaboliser certains partis de droite ou d’extrême droite. Je me pose la question : en France, tous les sondages placent Marine Le Pen en tête du premier tour et présente au second. Elle oscille entre 25 et 28%. Allons nous dire qu’un gros tiers des électeurs de France se sont radicalisés ? Non point, ils constatent simplement que les partis dits traditionnels ne respectent pas leurs promesses.

Et si la situation ne change pas en Europe, celle-ci connaîtra une période d’effilochage (Zerfaserungsprozess) et il faudra du temps pour remonter la pente. L’Europe doit se renforcer. Comme le dit l’adage : Quand on a des convictions, on se mobilise pour les défendre.

Jusqu’ici ce n’est pas le cas. Alors, pourquoi s’étonner !

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève

 

 

 

 

 

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02/12/2016

Hegel et le cas Hollande

Hegel et le cas Hollande...

Quelques mots d’introduction pour situer la prise de connaissance de la nouvelle qui a surclassé toutes les autres : à l’exception de quelques très rares fidèles, le président de la République n’avait mis personne dans la confidence… Mais dès que nous sommes descendus d’avion hier soir tard et que le chauffeur nous avait accueillis dans le véhicule, la nouvelle nous fut annoncée. Arrivés à la maison, la première chose à faire fut d’allumer la télévision… Et là, ce n’était plus le même homme, un être vêtu de noir, créant un contraste avec la blancheur immaculée de sa chemise, les traits tirés, la voix blanche, le regard d’un homme qui se libère, ne veut plus souffrir, se débarrasse d’un poids qui l’oppresse… Moins de dix minutes pour sceller une carrière de près de quatre décennies !

En écoutant les commentateurs qui disent tout et son contraire, je pense aussitôt à Hegel, mort en 1832 à Berlin et auquel je me suis de nouveau intéressé en travaillant sur Fr Rosenzweig, lequel avait justement soutenu sa thèse sur Hegel et l’Etat, c’est-à-dire sur sa philosophie politique. Beaucoup de gens pensent que Hegel n’a écrit que la phénoménologie de l’esprit, Les principes de la philosophie du droit, ou une biographie succincte de Jésus… Il a aussi écrit La philosophie de l’Histoire où il s’intéresse de très près à la politique et aux Etats.

Hegel, pour esprit génial qu’il fût, n’était pas un pacifiste bêlant ni un naïf ; il dit partout que l’Histoire est tragique, que les nations partent en guerre pour peu de choses et que face à des forces colossales s’agitant au sein de l’Histoire, les hommes, même les hommes d’Etat, sont emportés par le vent de l’Histoire comme de simples fétus de paille. C’est l’impression que j’ai ressentie en regardant cet homme, notre président, articuler difficilement le discours probablement le plus imprononçable de toute sa carrière.

Mais Hegel va encore plus loin ; il a écrit certaines phrases qui ont gravement choqué les jeunes étudiants que nous étions à vingt ans. Seule la pierre est innocente, ou encore toute conscience poursuit le meurtre d’une autre conscience (et surtout en politique où l’on fait flèche de tout bois)…

Dans cet effacement volontaire, d’autres diront contraint et forcé, je distingue, sans donner de noms, trois phases : a) le suicide politique (le fameux livre) b) l’assassinat politique (impossible de les nommer tous, tant ils sont nombreux c) le guet-apens politique (orchestré par deux hauts personnages de l’Etat… Mais que l’on se rassure, nul n’est vraiment coupable car la presse a donné ici un sérieux coup de main !

Que l’on nous comprenne bien ; nul n’est aveugle, tout le monde est au fait des erreurs, des atermoiements, des calculs, des revirements, des tergiversations etc… de François Hollande, mais cela ne justifie nullement cette pression qui a fini par l’empêcher de se représenter. Après tout, la défait annoncée n’eut pas été plus humiliante que celle de son ancien rival Nicolas Sarkozy.

Mais dans le cas précis de François Hollande, ceux qui se sont juré sa perte et qui ont réussi à le dissuader de se représenter, venaient tous de son camp, portent une part de  responsabilité dansr une politique rejetée par une impressionnante majorité de Français. Ah, j’oubliais les sondages : comment cet homme a-t-il fait pour ne pas avoir des aigreurs d’estomac ou même un ulcère en lisant chaque matin que Dieu fait, les résultats des sondages dont aucun, absolument aucun ne lui accordait la moindre chance.

Que l’on ne prenne pas ces réflexions pour un plaidoyer en faveur d’un président dont le mandat ne durera pas plus de six mois ! Je voudrais que l’on n’instille pas seulement un dose de proportionnelle mais d’éthique, de morale, dans le comportement des élites qui gouvernent. Les couronnes (mortuaires) que certains s’empressent de tresser à cet homme en l’assurant de leurs meilleurs sentiments ont quelque chose de choquant.

A-t-on simplement idée des nuits blanches, des moments douloureux traversés par cet homme qui n’en reste pas moins un être humain comme nous tous ? Je l’imagine rédigeant tout seul ou sous les conseils de quelques rares fidèles ces quelques lignes, véritable testament politique…

Hegel a raison, l’Histoire est tragique. Ce philosophe avait de la politique une conception bien à lui. Vivant à l’époque où il n’ y avait pas une mais des Allemagnes, il a littéralement divinisé l’Etat car il fallait lutter contre l’émiettement en petites baronnies et autres principautés (die Kleinstaaterei). Bismarck a retenu la leçon, lui qui placarder dans toutes les salles de classes du Reich l’inscription suivante : l’homme n’est pas sur terre pour être heureux mais pour accomplir son devoir. Absolument exaltant pour des enfants ou des adolescents !

Encore un petit fleuron de Hegel : les années de bonheur de l’humanité sont les pages blanches de l’Histoire..

François Hollande que l’on disait émule de François Mitterrand n’a pas lu ni relu Hegel. Mais s’il avait été le monstre froid et insensible, tel que certains le décrivent, il n’aurait pas cédé et se serait représenté contre vents et marées. Depuis quelques semaines, cet homme ne souriait plus, certains disent même qu’il avait perdu l’appétit…

Que faire, comment d’y prendre pour moraliser la politique, gouverner les hommes sans sacrifier tant de vertus humaines dans le seul but d’accéder au pouvoir ? Peut-être aurais-je dû m’en référer non pas à Hegel mais au livre de l’Ecclésiaste qui ouvre son immortel discours par une triple mention du même vocable : vanité.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève

 

 

 

 

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Un très beau livre de Jean des Cars, Le siècle des sacres...

Jean des Cars, Le siècle des sacres (Perrin)

Quand vous posez ce beau livre, ce superbe livre, vous pensez une chose : il tombe bien, il tombe très bien et ferait l’objet d’un cadeau de fin d’année. C’est un chef-d’œuvre dont l’auteur, excellent écrivain, nous fait l’aubaine. Les photographies sont de véritables œuvres d’art. Les commentaires, brefs, sobres et élégants, retiendront l’attention des lecteurs cultivés ou qui cherchent à le devenir.

Les sacres, la royauté, les familles royales, les dynasties, tout ceci semble si loin de nous et pourtant, tous ces rites, toutes ces cérémonies filmées et diffusées dans le monde entier, nous marquent. J’ai été agréablement surpris de voir que même les origines de la monarchie de droit divin sont rappelées de manière claire et instructive.

Les lecteurs de la Bible se souviendront des deux livres du prophète Samuel dans la Bible hébraïque : Dieu demande à son envoyé d’aller oindre le jeune Saül, fils de Kish. On se rend compte qu’il existe une sorte de dyarchie au sommet : le prophète qui consacre et valide, au no de Dieu, l’institution royale, même si celle-ci peine à être acceptée par tous, Dieu étant le seul vrai monarque.. Et face au prophète d’où il tire sa force et sa légitimité, il y a le roi dont le comportement doit être conforme à la loi.

On l’oublie parfois, mais même l’empereur germanique Othon avait fait graver sur sa couronne sertie de pierres précieuses deus scènes montrant le roi David et son fils Salomon, bâtisseur du Temple de Jérusalem.

C’est donc dans la Bible que s’origine la monarchie de droit divin qui nous a gouvernés durant des siècles faisant de nous des sujets avant de nous accepter comme  citoyens.

Jean des Cars balaye un très large spectre qui aboutit à nos jours avec, entre autres, la très médiatique famille royale britannique.

Très beau livre, très agréable à regarder, a feuilleter et à lire.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 2 décembre 2016

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23/11/2016

Séjour à la Mer Morte à Eyn Boqeq, au Herod's

Séjour à la Mer Morte au Herod's

Quel rêve! Mais quel paysage. C'est, en apparence, le bout du monde. Quand vous sortez de votre véhicule, vous êtes dans  un luxueux hôtel au milieu de nul part  La chaleur, plus de 30° celsius vous rappelle que vous êtes en plein désert, mais en face de vous cette couleur, ce bleu d'une mer chargée de sel et d'huile. Les rares baigneurs, pour la plupart russes ou russophones, comme a moitié du personnel du lieu, soignent leurs rhumatismes, leurs maux dermatologiques, etc... Il est vrai que ce sel vient à bout de tout. Quand vous ressortez soit de la mer elle-même, soit de la piscine d'eau de mer, bien chauffée, à l'intérieur, vous ressentez une sensation de légerté et de bien être.

Mais ce n'est pas tout, reste la chose la plus importante, le service et la réponse aux attentes des clients. Ce n'est un secret pour personne que les Israéliens ont fait d'énormes progrès dans ce domaine. Et surtout, ils sont formé les fils des bédouins du voisinage qui servent à table, nettoient les lieux, refont les chambres et se  montrent très disponibles et très dévoués.

Le soir il faut encore environ 28° et une douce brise vous rend l'extérieur fort agréable. En face, sur l'autre rive, c'est la partie jordanienne de la Mer Morte et j'aime méditer sur ce voisinage, si proche et si lointain. 

On peut aussi penser à l'épisode du patriarche Abraham qui plaide en faveur des deux villes pécheresses que Dieu finira par noyer sous une pluie de feu et de soufre. Mais quel désert! Renan avait raison de dire que le désert est par nature monothéiste.

Mais pour écrire, pour se retrouver, pour revenir à soi, le désert est une vraie thérapie. Surtout si vous vous retrouvez dans ce bel établissement si bien équipé et si bien situé.

Vous avez les pieds dans l'eau, dans l'eau salée. Et Ce Herod's est là pour vous rendre le séjour fort agréable.

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22/11/2016

Les lçonsq$ du scrutin de dimanche

Les leçons à tirer du scrutin de la primaire de la droite et du centre

 

Qu’on veuille bien le reconnaître ou pas, le résultat de cette primaire a fait l’effet d’une bombe. Des forces jusqu’ici contenues par la tyrannie des médias et l’étouffoir des instituts de sondage se sont violemment libérées, faisant voler en éclats le cadran qui les maintenait prisonnières. Et de vrai, nul ne sait ce qui va se passer lors des vraies consultations électorales, je veux dire la présidentielle de 2017 et dans son sillage les élections législatives.

 

Donc, la première leçon à tirer est celle de l’afflux des électeurs pout un choix qui n’est qu’un préliminaire. Des heures durant, dans le froid sous la pluie, un dimanche de fin novembre que les familles passent généralement bien au chaud, les gens se sont déplacés pour voter. Et ils étaient pas moins de quatre millions. Un record !

 

Et comment ont ils voté, tous ces gens ? Leur premier objectif fut d’infliger un cinglant démenti aux enquêtes des sondeurs, un peu comme si l’écho de l’effet TRUMP se faisait sentir même dans une vraie fausse élection. Car, répétons le, il ne s’agissait que de préliminaires, les choses sérieuses n’arrivant que bien plus tard, dans environ 7 mois.

 

Certains commentateurs à courte vue nient tout effet Trump ; ils se trompent comme ils se sont trompés si souvent. Je pense que la profession de sondeurs, et même de commentateurs de la chose politique, vont connaître une mutation à nulle autre pareille. Et cela pose le problème de la relation des élites et du peuple. Ce petit peuple auquel les journalistes et les commentateurs dictaient avec arrogance dans quelle direction il devait se diriger ont secoué le joug insupportable de la bien-pensance et du politiquement correct pour donner libre cours à leur propre penchant.

 

Attention ! Je ne minimise pas le danger que cèle un tel comportement. On a besoin des élites. Il est de bon ton de critiquer l’ENA et les énarques. Mais que les énarques fassent grève une seule journée en France et le pays cessera de tourner rond, normalement. Depuis Platon et Aristote, depuis la plus haute antiquité grecque on a eu recours aux élites. La seule chose, c’est que Aristote n’a pas écrit que La politique, il a aussi rédigé l’Ethique à Nicomaque et l’Ethique à Eudème. Et élus et élites ont eu tendance à l’oublier. Il faut retrouver le sens de l’intérêt général. La politique doit cesser d’être un métier. Il y a dans ce pays des gens qui font de la politique depuis près de cinquante ans, et rien d’autre. Que voulez vous ? A la longue les gens veulent s’en débarrasser.

 

Il est un autre enseignement à tirer de ce scrutin qui fait couler tant d’encore, même ici en Israël où le journal télévisé a montré Nicolas Sarkozy et François Fillon, se répondant en quelque sorte, l’un à l’autre. Cet enseignement, c’est le désir brûlant d’une alternance. Certes, ce sont les opposants au gouvernement actuel qui ont voté, ce n’est donc pas une surprise qu’ils souhaitent un changement. Ce qui me frappe, c’est leur nombre.

 

Enfin, le troisième enseignement de ce scrutin, c’est que l’on va vivre un véritable saut dans l’inconnu. Il est évident que c’est F. Fillon qui va l’emporter et rien n’indique que Alain Juppé, symbole de l’ancien système, ira jusqu’au bout. Il a commis une erreur en disant dès la première phrase de son discours dimanche qu’il continuait le combat, ce qui signifie que la pensée contraire l’a un peu effleuré tout de même.

 

Enfin, on se trouve devant deux ou trois inconnues : François Hollande pour lequel j’implore un peu de justice, quelle que soit sa décision, n’a rien dit sur ce qu’il pense faire. Quant à Marine Le Pen, allons nous vivre avec elle ce qu’on vient de vivre avec A. Juppé, c’est-à-dire une dégringolade lors du vrai scrutin ? Et j’en viens au dernier point, Emmanuel Macron…

 

La France est trop conservatrice, trop traditionaliste pour nommer un quadragénaire à la présidence. En outre, il faut de l’argent, et pour en avoir, ainsi que des parrains, il faut un parti. Et il n’en a pas vraiment. Ce n’est pas En marche qui pourra y suppléer.

 

Dans le livre de Daniel, modèle classique de toute apocalypse juive ( le voyant de Patmos s’en est lui-même inspiré), on met en garde contre celui qui voudrait déchiffrer les carnets de la Providence. Qui pouvait prédire, même au matin du 9 novembre, la victoire de Donald Trump ? Personne, pas même le principal intéressé.

 

Le problème qui se présente à nous derrière cette élection de dimanche est toujours le même : la France peut elle se réformer ? Les Français cesseront ils enfin de descendre dans les rues et de bloquer toutes réformes alors que le pays en a un besoin vital ?

 

C’est un philosophe, donc un non-politique qui le dit et le répète. Consentons enfin aux sacrifices nécessaires et cessons d’être, comme le disait le grand constitutionnel, un agrégat inconstitué de peuples désunis. Redevenons, comme sous le général de Gaulle une France unie ou presque. Car jusqu’à présent c’est une partie du pays qui a gouverné contre l’autre…

 

Maurice-Ruben HAYOUN

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20/11/2016

Un peu de justice pour François Hollande

(un peu de) Justice pour François Hollande

Les lignes suivantes ne sont ni un plaidoyer pour François Hollande ni un acte d’accusation à son encontre. C’est la publication d’un appel ce matin dans le JDD qui m’incite à prendre la plume. Depuis un certain temps déjà, il y aune vague de dénigrement et de critiques, fondées ou infondées qui rendent pratiquement inaudible tout acte du président de la République. Certes, il y a du vrai dans les critiques mais elles perdent de leur vigueur quand elles se muent en un véritable Hollande bashing, pour reprendre un néologisme qui veut dire ce qu’il veut dire.

En France, les luttes partisanes sont souvent, trop souvent, féroces et donc toujours cruelles. On a le droit, au plan strictement humain, de ressentir de la compassion pour un homme que les Français ont librement et régulièrement porté à la magistrature suprême mais qu’ils chargent depuis un certain temps de tous les péchés d’Israël… Le combat politique est ce qu’il est, surtout dans notre pays où l’idée même d’union nationale est considérée comme un péché, une faute irrémissible.

Je ne vais pas faire la liste des actions positives ou négatives, on peut tout dire, tout faire : le président a peut-être changé de politique sans bien expliquer ce qu’il entendait faire. Il a peut-être aussi concentré trop d’énergie sur des problèmes dits sociétaux afin, prétendent certains, de gagner du temps. J’avoue que la situation actuelle est difficilement tenable et tous les observateurs, partiaux ou impartiaux, s’accordent à dire que le président bat des records d’impopularité, qu’il ne sourit plus lors de ses apparitions publiques… Et pourtant, il ne ménage pas sa peine et continue d’œuvrer pour le pays.

Lorsque j’étais jeune germaniste je lisai un livre de Marthe Robert, intitulé : Seul comme Franz Kafka. Aujourd’hui, on pourrait dire seul comme François Hollande. Ce qui me frappe le plus, c’est de mesurer le degré, non d’impopularité, mais d’ingratitude certains qu’il a tirés de l’ombre, ces quelques ministres qu’il a nommés au gouvernement et qui font tout pour l’empêcher de se représenter ou de vivre une fin de mandat dans une sérénité relative.

Lorsque Emmanuel Macron (pour ne parler que de lui) a commencé à manifester quelques velléités d’indépendance, le président avait répondu aux questions des journalistes qui pointaient déjà ce qu’ils considéraient comme une trahison. Emu, le président avait répondu avec sincérité cette phrase étonnante dans le monde politique d’où toute amitié, toute reconnaissance, sont honteusement absentes : Il sait ce qu’il me doit…  Cette répartie montre que l’homme a conservé le sens des valeurs morales. Et j’y ai de nouveau pensé en écoutant M. Nicolas Sarkozy dire lors de son dernier meeting avant le jour des primaires, que toutes les trahisons du monde ne le feraient pas changer de direction, qu’il se voulait rassembleur, etc…

Les deux présidents, l’ancien et l’actuel ont été, dans une mesure presque égale, victimes des mêmes reniements : l’un, entouré de ses anciens ministres qui veulent le mettre hors course, l’autre, faisant face à ses anciens ministres qui font tout pour l’empêcher de se représenter. Et je me demande comment va se passer la primaire à gauche…

Le combat politique devrait observer quelques règles et le corps électoral devrait sanctionner celles et ceux qui sont dévorés par l’ambition laquelle anesthésie en eux tout sens des valeurs morales. Ces réflexions iréniques peuvent paraître d’un autre monde. Et l’élection du nouveau président des USA peut renforcer cette impression.

Comment le président fait il pour supporter tout cela ? Tous ces chiffres du chômage qui baisse si peu, ces indices d’impopularité qui persistent et l’impression qu’il ne réussit pas à rassembler son propre camp autour de lui.

L’avenir n’est écrit nulle part et je ne me risquerai pas déchiffrer les carnets de la Providence, comme dans le livre de Daniel.

Mais on peut, sans préjuger de la suite, demander un peu de modération et un peu plus de considération pour un homme qui se dépense sans compter pour son pays. D’ailleurs, rien ne garantit que d’autres auraient mieux fait.

Laissons les Français choisir. Ce sont eux qui auront le dernier mot et, de toute manière, les jeux ne sont pas faits.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève de ce jour

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