Vu de la place Victor Hugo - Page 17

  • Comment Vladimir Ilitch Oulianov est devenu Lénine… (Perrin)

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    Comment Vladimir Ilitch Oulianov est devenu Lénine… (Perrin)

    Quand le lecteur, la tête encore bourdonnant de tant de détails et de faits précis sur la révolution bolchevik, pose ce beau livre sur Lénine, inventeur du totalitarisme de Stéphane Courtois, il ne peut s’empêcher de s’interroger : comment tout cela a-t-il pu se produire ? Comment en sommes nous arrivés là ? Comment une poignée d’hommes, prêts à tout, s’autoproclamant les défenseurs de la classe ouvrière et des paysans (moujiks), ont ils pu organiser avec succès la prise du pouvoir dans un pays aussi immense que la Russie tsariste et instaurer un régime de terreur, privant leurs compatriotes des libertés fondamentales ? Tout en prétendant œuvrer au nom des idéaux de liberté et de solidarité ?

    Ce livre de Stéphane Courtois qui se lit comme un roman, tant son style est clair et son érudition parfaitement maîtrisée, est d’actualité. Je l’avais sur mon bureau, il attendait son tour sous une pile de tant d’autres ouvrages, lorsque la lecture d’un article de Jacques Julliard dans le Figaro de la semaine dernière, stimula ma curiosité et me força à le lire en priorité : je n’ai pas regretté cette entorse au tour de passage dévolu aux ouvrages, suivant leur ordre d’arrivée.

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  • Le discours de Mahmoud Abbas à Ramallah: le chant du cygne…

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    Le discours de Mahmoud Abbas à Ramallah: le chant du cygne…

    Si j’osais, je dirais : non pas seul comme Franz Kafka, mais seul comme Mahmoud Abbas… C’est un discours de fin de partie, de fin de course, de fin de règne, que le président de l’Autorité palestinienne a tenu hier devant ses fidèles. Un discours-fleuve où il a résumé les raisons de son impuissance et son désir, inexprimé mais sous jacent, de raccrocher les crampons et de partir à la retraite. C’est ainsi qu’il faut interpréter cet appel vibrant à la jeunesse, dans le style : à vous de reprendre le flambeau, de poursuivre la lutte, mais par des moyens pacifiques. Le vieux Raïs n’a pas commis l’erreur folle d’appeler à une intifada armée, ni à un soulèvement d’aucune sorte. Toutefois, il a dit des choses et leur contraire, signant l’acte de décès des accords d’Oslo, tout en sachant que sans la coopération sécuritaire des services israéliens, il aurait été balayé par le Hamas, depuis belle lurette.

    Alors, comment analyser, de manière rationnelle, un tel discours qui restera l’un des tout derniers du président de l’Autorité palestinienne ?

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  • Une Europe divisée, en quête de ses racines judéo-chrétiennes…

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    Une Europe divisée, en quête de ses racines judéo-chrétiennes…

    La chose devient de plus en plus visible, de plus en plus ostentatoire : entre l’est et l’ouest de cette Europe, réunie dans une Union de plus en plus contestée, la fracture, les dissensions se font sentir avec une acuité sans précédent. Cela me fait penser –et c’est un contexte, un prolongement naturel- à ce que ressentaient les Allemands au lendemain de la réunification. Certains commentateurs disaient que le mur de pierre entre les deux parties de Berlin était, certes, enfin tombé, mais que celui, invisible, niché dans les esprits, persistait dans le regard que les gens de l’ouest jetaient sur leurs frères de l’est. On parlait alors l’opposition des Ossies (est) et des wessies (ouest).

    Toutes proportions gardées, c’est ce qui se passe aujourd’hui, sous nos yeux, sur fond de crise en Allemagne. Le couple franco-allemand, véritable moteur de la construction européenne, est en panne, ce qui permet aux anciens pays de l’autre côté du rideau de fer de constituer un petit groupe homogène au sein de l’Union.

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  • Emmanuel Macron, un miracle dans le miracle…

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    Emmanuel Macron, un miracle dans le miracle…

    L’idée ou le souvenir de cette expression talmudique qui évoque une sorte de miracle au carré, un miracle dans un miracle, un prodige dans un prodige m’est venu à l’esprit à la lecture d’un mel d’un ancien ambassadeur allemand à Paris qui se félicite de l’activisme diplomatique marquant du président de la République française au moment, chez lui, de l’autre côté du Rhin, c’est l’incertitude, la paralyse depuis le mois de septembre, date à laquelle la chancelière Angela Merkel subit un véritable calvaire…

    On pourrait dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres.

    Condamnée à expédier les affaires courantes depuis le trimestre dernier, ayant échoué à convaincre les libéraux et les écologistes, elle dut s’en revenir vers les membres du SPD qui entendent lui faire payer assez cher leurs mauvais résultats aux élections. Confrontés à cela, les amis de Martin Schultz hésitent à s’engager, même si, ce matin tôt, il semble qu’une fumée blanche commence à zébrer le ciel gris de la politique intérieure allemande.

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  • Hannah Arendt, égérie de Martin Heidegger…

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    Hannah Arendt, égérie de Martin Heidegger…

    Plus on y réfléchit tranquillement, sans passion ni emportement, ce qui reste d’ailleurs hautement difficile, et moins on comprend cette attirance ; laquelle ne s’explique nullement par l’attraction exercée par les contraires. Une jeune femme, très frêle, âgée d’à peine dix-huit ans, originaire de Königsberg (la ville de Kant et le vrai nom de Woody Allen), issue des milieux juifs les plus intégrés de la petite bourgeoisie de province allemande, et qui va se trouver embarquée dans une relation d’amour avec un professeur catholique, qui a le double de son âge… Mais ce n’est pas tout, un universitaire, auteur d’une œuvre philosophie la plus marquante du XXe siècle (c’est Emmanuel Levinas qui la classe ainsi parmi les cinq œuvres majeures de la philosophie mondiale !), en l’occurrence Sein und Zeit (Être et temps) parue en 1927, deux ans exactement avant la survenue de cette idylle qui, dans sa phase résiduelle durera presque plus de cinquante ans, toute une vie. En 1921, Rosenzweig avait publié L’étoile de la rédemption, et en 1923 Martin Buber publiait Je et Tu.

    Cela commence vers 1924/ 25, une jeune fille juive brune, au charme frappant, doté d’yeux étincelant d’intelligence, décide de suivre le cours sur Le sophiste de Platon, de Martin Heidegger, étoile montante au firmament de la philosophie, futur successeur du philosophe juif converti à Marbourg, Edmund Husserl, père de la phénoménologie. De l’aveu unanime, même celui de Karl Jaspers qui l’accueillera comme étudiante, sur les recommandations de Heidegger, one pouvait pas ne pas remarquer cette jeune femme qui portait si souvent une jupe verte… Heidegger dira lui-même dans des lettres enflammées du début de l’année 1925, qu’il ne put résister au charme d’une étudiante qui le frappait tant par son intelligence vive que sa grâce physique. Il faut cependant ajouter, pour servir la vérité, que le futur recteur nazi de son université (Fribourg) était très sensible au charme des femmes. Mais ce qui est frappant, c’est que la majorité de celles-ci étaient d’origine juive et amies de sa propre épouse et mère de ses deux fils, Elfried. Je cite par exemple Elisabeth Blochmann qui, même après son déménagement à Berlin, continuait d’entretenir une relation extraconjuguale avec Heidegger. Mais il semble que la relation avec la jeune Hannah fut sans commune mesure avec ce qu’il vécut avec d’autres, jusques et y compris son épouse.

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  • Au sujet de l’instabilité gouvernementale en Israël…

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    Au sujet de l’instabilité gouvernementale en Israël…

    Cette affaire ne remonte pas uniquement à un passé récent mais aux origines mêmes du nouvel Etat juif : la nécessité de faire une coalition pour diriger ce pays, jeune et vieux à la fois. Mais qui dit coalition dit aussi négociations ardues avec des partenaires gouvernementaux qui n’attendent parfois que la première occasion pour en sortir et obtenir plus de postes ministériels que précédemment. D’où la valse des gouvernements, génératrice d’instabilité.

    Pour nous qui sommes habitués au bipartisme mettant en scène une majorité et une opposition, cette image d’une diversité dépourvue de toute unité étonne. Et l’une des composantes les plus volatiles, oserais-je dire, de ce paysage politique très segmenté, n’est autre que la tendance religieuse. Il existe en effet, plusieurs tendances au sein du spectre politique religieux. Cela peut paraître curieux mais c’est bien le cas car les programmes qu’ils défendent et entendent mettre en application sont assez différents : les uns insistent sur le développement de leur système éducatif, par exemple plus de yeshivot, d’écoles talmudiques de tout genre, d’autres veulent étendre les allocations familiales dans des milieux religieux où les familles nombreuses sont bien représentées. D’autres enfin, souhaitent se dérober à la fois au service militaire (que d’autres religieux, pourtant, accomplissent avec conviction et souvent dans des unités combattantes) et aux impôts, au motif qu’ils sont les gardiens spirituels de la tradition d’Israël… D’où l’expression araméenne de Netouré Karta

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  • De la notion même de Hilloula…

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    De la notion même de Hilloula…

    On s’étonnera sûrement de me voir citer ici, dans ce contexte si particulier, un auteur judéo-allemand, spécialiste d’une certaine idée du hassidisme du XVIIIe siècle, Martin Buber, suivi de son protégé Abraham Heschel, en l’occurrence, qui avait exhumé les trésors de la piété hassidique dans l’Amérique des années cinquante et qui avait écrit ceci : aucune religion n’est une île déserte, aucune religion authentique ne peut se garder de tout contact avec les autres croyances. On peut dire que ce fut aussi le cas du judaïsme rabbinique qui, dans certaines régions du globe, a toléré, pour son plus grand bien, l’infiltration d’autres signes et marques de piété.

    Car l’âme humaine est partout la même et recourt généralement mais pas toujours, aux mêmes types ou formes d’expression de sa piété, notamment cette ferveur populaire qu’on sent vivre, sourdre, et se manifester dans la Hilloula… Je fais justement allusion aux pratiques musulmanes qui n’ont pas manqué de laisser une certaine empreinte dans des régions du Maroc, notamment le Tafilalet où nous avons nos racines. Mais une influence, une inspiration, une certaine forme de mimétisme ne signifient pas qu’on est un sous produit d’une autre culture religieuse ; c’est simplement la manifestation d’une sensibilité proche.

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  • La disparition de France GAll: qu’est ce que l’âme d’une nation?

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    La disparition de France GAll: qu’est ce que l’âme d’une nation?

    La nouvelle, tout à fait inattendue, a pris tout le monde de court, à l’exception des amis proches et des membres de la famille, conscients de la grave maladie dont elle souffrait. Dimanche, France Gall, cette chanteuse populaire qui avait presque épousé l’âme de la nation française et francophone, s’en est allée. Il nous reste ses chansons et des épisodes d’une vie d’où de graves épreuves furent loin d’être absentes.

    Pourtant, tous, je dis bien nous tous, avons fredonné un de ses airs qu’elle avait chantés avec tant de succès. Et ce qui nous préoccupe ici ce ne sont pas ses talents musicaux que nul ne peut contester, mais bien la rencontre avec toute une nation qui vit cette disparition un peu comme la mort d’un être cher, d’un être proche, d’un membre de sa propre famille. La même sensation, à un degré encore plus fort, fut éprouvée lors de la mort de Johnny, véritable ambassadeur, trésor vivant du bonheur de vivre français. Un artiste qui n’avait ni diplôme ji haut fait à son actif, si ce n’est –et ce n’est pas rien- avoir accompagné des millions de gens dans les moments de bonheur ou de tristesse de leur vie, s’être fait l’instrument de leurs sentiments, leur avoir donné force et vie. Et cela n’a pas de prix, car à leur mort, ces gens donnent l’impression que notre monde est dépeuplé, notre jardin secret saccagé par les aléas de l’existence. Au terme de toute vie, il y a la mort.

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  • La rage d’une certaine Amérique à l’égard de Donald Trump…

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    La rage d’une certaine Amérique à l’égard de Donald Trump…

    Voilà une frange de cette Amérique de la côte est qui ne renonce pas ni ne renoncera jamais, à en croire l’engouement, le succès de librairie de ce livre (Fire and Fury) qui reprend pour titre une expression lancée par le président lui-même contre son homologue de Corée du nord.

    Avant d’aller plus avant, signalons les rétropédalages de la presse qui souligne depuis hier soir les limites rédactionnelles d’un journaliste (que je ne connaissais pas) qui n’en est pas à son coup d’essai. Certains reconnaissent qu’il aurait (je dis bien aurait) tendance à un peu enjoliver les choses et à les tirer dans le sens qu’il souhaite. Je l’ai entendu dire à la télévision hier soir, en substance : il est clair qu’après la parution de ce livre (le sien) Donald Trump sera obligé d’interrompre son mandat… Je ne sais pas s’il le pensait vraiment mais voilà un excellent argument pour la promotion des ventes. Ce qui n’a pas manqué d’arriver. Mais cela durera t il ? L’avenir, très proche, nous le dira. Mais je suis pour la liberté de la presse et chacun a le droit d’écrire, tant qu’il ne tombe pas dans la calomnie.

    Mais penchons nous une nouvelle fois sur cette haine, ce rejet passionnel par une certaine Amérique de son nouveau président, qui vient tout juste de passer sa première année à la Maison Blanche…

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  • Le sultan R.T Erdogan, un prince de l’arrogance à Paris…

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    Le sultan R.T Erdogan, un prince de l’arrogance à Paris…

    On se souviendra de cette visite comme d’une prouesse diplomatique de très haut niveau, effectuée avec un certain succès par le président de la République. En effet, celui-ci était à la peine. Et cela se voyait, même sans lunettes. D’un côté, un visiteur arrogant, tutoyant les journalistes, prétendant leur apprendre leur métier, cherchant à les déstabiliser, de l’autre un président français cherchant ses mots avec soin mais disant les choses, notamment en ce qui concerne les droits de l’homme, la liberté des journalistes et son verdict sur les efforts de la Turquie pour rallier l’Union Européenne : c’est fini, le projet est mort et enterré. Les Turcs peuvent et doivent donc se contenter d’une sorte de clause de la nation la plus favorisée et de rien de plus. Certes, E. Macron n’est pas le premier à l’avoir annoncé orbi et orbi, il a été précédé par la chancelière Merkel, absolument inaudible ces temps ci… Il faut, disait-elle, geler les pourparlers, pourtant elle a abrité chez elle des millions de citoyens turcs dont une forte proportion a la double nationalité……

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