04/10/2017

La fête des tabernacles, Soukkot.

Dans le monde entier, dès ce soir, tant en Israël que dans le reste du monde, les Juifs entament la fête de soukkot (pluriel de soukka, cabane). Il s'agit de se souvenir de ces cabanes que Dieu a installées dans le désert afin d'abriter la traversée du désert des enfants d'Israël.

La tradition veut que l'on y prenne tous ses repas, voire même d'y dormir, en souvenir de la traversée du désert, suite à la sortie d'Egypte. Mais philosophiquement, le sens de cette fête est plus profond. Le thème est clair: si les lois du monde terrestre s'étaient appliquées sans restriction, sans intervention divine, le peuple juif aurait dû disparaître sans laisser de trace. Comme tant de peuples dont parle la Bible mais ont été perdus pour toujours. Grâce aux interventions divines, directes ou indirectes, visibles ou invisibles, le peuple d'Israël a survécu afin de porter plus avant sa vocation dans ce même monde.

C'est pour témoigner leur reconnaissance au Seigneur que les juifs quittent pendant toute une semaine des maisons bâties en dur pour vivre sous des feuillages, comme leurs ancêtres après la sortie d'Egypte. Ils témoignent aussi de leur acceptation de la loi divine, sans laquelle ils n'auraient pas survécu.

C'est aussi une fête joyeuse, suite aus solennités du mois de tichri (septembre) où l'on commémore le Nouvel An et la journée redoutable de Kippour, où le jeûne de 24heures est de rigueur

Ces fêtes n'en sont pas, ce sont des actes austères où les enfants d'Israël prient Dieu de les inscrire dans le livre des vivants. Mais ils prient aussi pour le reste de l'humanité, à l'instar de leur patriarche Abraham qui, mieux que Noé, pria non seulement pour lui-même mais aussi pour les autres, notamment pour les villes pécheresses, pour Isaac et pour Ismaël. Sans oublier sa propre femme Sarah, frappée d'une stérilité temporaire.

Les religions, dans leur ensemble, se nourrissent de rites et de métaphores pour s'ancrer dans la vie quotidienne des gens. C'est aussi le sens de soukkot où le fameux bouquet festif symbolise l'unité organique du peuple juif: il y en a qui n'ont aucun mérite, d'autres qui ont tous les mérites et d'autres qui en ont certains mais pas tous. Unis, à l'instar du bouquet festif, ils constituent une totalité acceptable aux yeux du Seigneur.

C'est une façon de célébrer l'unité profonde du peuple d'Israël aux yeux de Dieu.

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Vers un dépassement hégélien du clivage gauche / droite en France?

droite gauche.pngL’une des qualités fondamentales des hommes qui réfléchissent n’est autre que la lucidité. Pourtant, les hommes politiques, tous et sans exception, qu’ils soient de droite ou de gauche, croient qu’ils vont changer les fondamentaux, l’ordre du monde. L’actuel président de la République, avec tout le respect qui lui est dû ainsi qu’à sa fonction, ne déroge pas à la règle. Il croit sincèrement que le pays souffre d’un mal quasi congénital et qu’il importe de l’en guérir au plus vite. Donc, cette attitude part d’une bonne intention, fort louable mais un peu difficile à réaliser.

Un exemple américain : Henry Kissinger avait jadis cloué le président Jimmy Carter au pilori en disant ceci : tous les présidents US ont voulu changer le monde mais ce président Carter se conduit comme s’il l’avait lui-même créé… Tout est dit. Souvenons-nous de V. Giscard d’Estaing qui, depuis ses terres d’Auvergne, clamait, avec un peu de vanité tout de même, qu’aujourd’hui marquait une ère nouvelle de la politique française. On connaît la suite. Tout est passé à la trappe, lui aussi voulait procéder à la décrispation, créer un statut de l’opposition, etc…

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10:44 Publié dans Economie, Europe, France, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

03/10/2017

Le président des riches… 

L’expression, ou plutôt l’accusation a fait le tour des salles de rédactions, il n’en fallait pas plus pour que l’exécutif s’en inquiète et, par sa voix la plus autorisée, réagisse fortement, même depuis l’étranger. Aucun autre dirigeant en Europe ou ailleurs, ne se serait inquiété par une telle démarche, la presse étant libre et les manchettes des journaux dépendant de rédactions autonomes. Mais voilà, nous sommes en France, pays qui tient plus à l’égalitarisme qu’à l’égalité, mais sans vraiment le savoir. Qu’est ce qui a provoqué cette brusque poussée de fièvre ?

Le projet de la loi de finances, le budget où est supprimé l’impôt sur la fortune (ISF), remplacé par une taxation sur l’immobilier… Comprenne qui pourra. Mais ce n’est pas contre cela que la presse et les Français se sont enflammés, c’est pour tout autre chose. C’est parce que les signes extérieurs de richesse n’étaient plus taxés comme les yachts de luxe, les grosses voitures et les chevaux de course… Sans oublier les lingots d’or. Mesdames, Messieurs, celui qui tient la plume depuis plus de dix ans et qui écrit chaque jour que fait un éditorial pour vous, est un fonctionnaire, soumis à l’impôt comme tout le monde et œuvre à la TDG bénévolement. Je n’ai jamais eu un café payé par la rédaction et je n’ai jamais rien demandé.

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17:29 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

01/10/2017

La montée des séparatismes : Catalogne, Kurdistan, etc… 

regions europes 2008.pngC’est un phénomène qui n’est pas vraiment nouveau, en tout cas en France mais aussi et surtout dans l’Espagne voisine. Chacun se souvient des Basques et de la violence armée qu’ils avaient dirigée contre l’Etat espagnol qu’ils affublaient de noms d’oiseaux… On se souvient aussi des velléités de certains séparatistes alsaciens qui entendaient faire cavalier seul dans l’Union Européenne. Et il ne faut pas oublier nos compatriotes bretons qui plaidaient naïvement pour une Bretagne libre…

Et pourtant tout ceci appartient au passé, plus aucun mouvement de ce type n’existe, toutes les régions se développement harmonieusement et personne ne songe plus à se séparer de Paris. Miracle du centralisme jacobin ! N’oublions pas la Kabylie que certains services spéciaux avaient encouragé à se distinguer de l’Etat algérien. Mais la répression a été si forte et si implacable que l’affaire a fait long feu.

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17:53 Publié dans Europe, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

30/09/2017

Donald Trump ou le refus absolu du politiquement correct…

On aura beau chercher partout, envisager la question sous tous ses angles possibles et imaginables, tourner le problème dans tous les sens, tant que l’on ne se sera pas défait de quelques préjugés ou postulats allant de soi, on ne saisira pas l’essence de ce président si peu conformiste, qui traite d’autres chefs d’Etat de débiles, envoie des tweets  de façon presque compulsive, bref un président US à nul autre pareil et qui défraie la chronique à l’longueur de journées.

Pourtant, si l’on consentait enfin à écarter les catégories explicatives en usage depuis des décennies, et qui furent imposées par la bien-pensance ou dictées par des idéologies dominantes conditionnant les salles de rédactions et les studios de télévision, on pourrait s’approcher d’explications proches de la vérité sur un homme qui, il est vrai, a une personnalité sortant de l’ordinaire. Pour comprendre ce style et cette action, qui tranchent tous deux par rapport à tout ce que nous avons connu, il faut se dire que Trump ne veut pas changer le système, il veut changer de système. D’où son refus d’entretenir avec la presse (généralement hostile) des relations identiques à celles entretenues par tous ses prédécesseurs.

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09:26 Publié dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

27/09/2017

Emmanuel Macron à la Sorbonne: mauvais timing pour un catalogue de la Redoute

Macron Sorbone reuters.JPGEtait-ce une bonne idée de prononcer un tel discours sur l’avenir de l’Europe alors que le pays voisin qui détient les clés de toute avancée, de toute innovation dans le domaine européen, risque d’être bloqué, paralysé, pendant de longues semaines avant de former un gouvernement puisque Angela Merkel paie les erreurs de sa politique migratoire : plus d’un million d’électeurs lui ont faussé compagnie pour se jeter dans les bras de l’AFD.

Ce n’était pas une bonne idée de tenir un tel discours, qui a duré près de 90 minutes, dans un lieu chargé d’histoire, mais un discours qui tenait plus du catalogue de la Redoute que d’un programme politique réalisable dans un avenir proche. En suivant ce discours en direct, j’ai eu un réflexe, j’ai immédiatement pensé au grand discours prononcé le 11 mars 1812 à la Sorbonne par Ernest Renan sur un thème voisin :

Qu’est ce qu’une nation ?

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10:53 Publié dans Allemagne, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

26/09/2017

Le talon d’Achille d’Angela Merkel 

angela merkel.jpgCe ne fut pas une victoire débordante, Le Figaro a même titré la victoire amère. Nous même le prédisions depuis plusieurs semaines : Angela Merkel a cru masquer l’admission massive de réfugiés chez elle sous le couvert de l’humanitaire alors qu’il s’agissait de combler le déficit des naissances de l’Allemagne qui aura dans quelques années besoin de millions de bras...

La chancelière a cru combler ce déficit en recevant plus d’un million et demi de non Européens qu’elle croyait pouvoir assimiler et intégrer à une forme a minima de culture allemande, la plus éloignée des cultures européennes de l’Orient dont proviennent de tels réfugiés ; c’était un très hardi pari sur l’avenir. Les choses paraissaient si simples au point que les réfugiés n’étaient plus des demandeurs d’asile (Asylbewerber) mais des réfugiés économiques.

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18:39 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

25/09/2017

Une France ingouvernable ?

2017-09-25T093001Z_1681122019_RC1312361780_RTRMADP_3_FRANCE-REFORM-TRUCKS-BLOCKADES.JPGVoilà quelques années j’avais déjà utilisé ce titre pour un papier qui fit florès : plusieurs milliers de réactions en quelques heures. Et je pensais que cette époque-là était révolue, mais non, elle revient périodiquement dès que les intérêts catégoriels de certains Français sont touchés. Comment réformer le pays qui en a bien besoin, si les gens sont vent debout contre toute idée de réforme ? Et d’abord les formes d’opposition. La loi travail va passer devant le parlement qui l’adoptera, les décrets vont être signés, alors que reste-t-il pour s’y opposer ?

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14:54 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

24/09/2017

Donald Trump et la Corée du nord : démonstration de force 

En envoyant toute une armada voler aux confins de la Corée du nord, le président Trump a agi comme il devait. Il était impossible d’assister sans réagir aux provocations du tyran sanguinaire de la péninsule coréenne. C’eût été baisser les bras devant un véritable danger public, un homme qui menace publiquement de précipiter la péninsule et au-delà dans un drame nucléaire.

Depuis quelques jours, on s’attendait à quelque chose et les twitt du président américain avaient agi comme un révélateur. Il fallait montrer que l’ère Obama était morte et enterrée, que la patience stratégique avait fait son temps et que désormais on entrait dans le dur, pour reprendre une expression à la mode. Que va-t-il se passer à présent ? L’homme de la Corée du nord va se rendre compte qu’il est au pied du mur, sa défense antiaérienne ne fait guère le poids face aux chasseurs- bombardiers US parfaitement indétectables, ni face aux missiles lancés par des sous marins parmi les plus perfectionnés au monde.

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23/09/2017

 Irons nous tous à l’université ? 

universite chapeau.jpgC’est probablement le plus dangereux de tous les défis qui se présentent et que Emmanuel Macron et son gouvernement doivent relever, l’admission dans l’enseignement supérieur de tous les bacheliers de France et de Navarre. Avant d’aborder le sujet, je dois faire un aveu : il est douloureux pour moi de développer ce que j’ai à dire car après trente-huit années de bons et loyaux services dans les universités française, allemandes et suisses, je pense, en effet, que certains bacheliers, notamment de l’enseignement technique ou professionnels perdent leur temps à l’université ou viennent à embouteiller des filières peu «professionnalisantes» et peu lucratives.

Je sais que cette expression n’est pas politiquement correcte et pourtant elle s’impose. C’est une partie de la sociologie française qu’il faut revoir de fond en comble car si l’on vous écarte de la voie royale, l’enseignement classique, littéraire ou philosophique, voire scientifique, mathématiques, physique et chimie, les élèves et leurs parents vivent cela comme une rétrogradation, un handicap dès de le départ dans la vie…

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17:00 Publié dans France, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook