Vu de la place Victor Hugo - Page 2

  • (Humble) plaidoyer en faveur d’un Premier ministre (accablé), B. Netanyahou…

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    (Humble) plaidoyer en faveur d’un Premier ministre (accablé), B. Netanyahou…

    Je n’ai pas encore pu lire l’acte d’accusation contre le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahou , mais tout ce que j’en sais par les médias, paradoxalement, me rassure : on parle de corruption, de favoritisme, de cadeaux, de conflits d’intérêts et de que sais-je encore… Mais manquent à cette panoplie d’accusations, fondées ou infondées, deux faits qui changeraient la donne et se seraient à charge contre le Premier ministre : le détrônement d’argent public et l’enrichissement personnel.

    Ces deux accusations, absolument absentes, seraient fatales à l’avenir du Premier ministre, si elles venaient à être articulées contre lui. Or, elles ne l’on pas été. Et ne sauraient être rajoutées après coup, établissant ainsi l’idée d’un complot du pouvoir judiciaire contre un Premier ministre qui a sûrement commis des erreurs mais pas de délits proprement dit. Mais rien qui soit rédhibitoire.

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  • Macron,« le pays (la France) est rrop négatif sur lui-même…»

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    1. Macron,« le pays (la France) est rrop négatif sur lui-même…»

    Cette petite phrase, la dernière saillie en date de l’actuel président de la République, m’a remis en mémoire une autre petite phrase qui m’avait marqué alors que j’étais un jeune étudiant au début des années soixante-dix. Il s’agit du président Georges Pompidou qui stigmatisait la délectation morose des Français qu’il lui arriva aussi de traiter de professionnels de la rouspétance, en d’autres termes, d’être des râleurs. C’est à la fois vrai et faux. Et en effet, pourquoi donc les citoyens français ordinaires ne sont ils pas conscients de leur bien-être, de la sécurité qui règne dans leur pays (exceptés quelques territoires perdus de la République) et de la redistribution social qui représente un «pognon dingue», pour citer à nouveau qui vous savez…

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  • Antoine Faivre, Carl Friedrich Tieman (1743-1802) : Aux carrefours des courants illuministes et maçonniques (Arche, Milan)

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    Antoine Faivre, Carl Friedrich Tieman (1743-1802) : Aux carrefours des courants illuministes et maçonniques (Arche, Milan)

    Voici un singulier personnage que l’acribie et l’érudition écrasante d’Antoine Faivre ont contribué à sauver de l’oubli et à mieux faire connaître. En effet, le volume que nous tenons en main apporte un éclairage des plus érudits sur un personnage aux carrefours des loges maçonniques et des courants illuministes de son temps.

    Né dans une bourgade sans importance, d’un père pasteur luthérien maintes fois rappelé à l’ordre en raison de son piétisme prononcé (on lui interdit de publier certains sermons), notre personnage suivit un cycle d’enseignement supérieur à l’université de Wittenberg, entre autres et se spécialisa en histoire, philosophie et théologie. Ce fut un homme d’érudition puisqu’il maitrisait la quasi totalité des langues européennes (et notamment sa langue maternelle, l’allemand, et le français), et un savant très versé dans l’étude de la Bible hébraïque comme nous l’apprend Johann Georg Hamann, l’adversaire de son contemporain juif Moïse Mendelssohn (1729-1786), qui vante ses mérites. Il affirme même que Tieman le dépasse en matière d’études sémitiques puisqu’il se débrouille mieux que lui en hébreu et en araméen, deux langues qui se trouvent au fondement de la théologie et de la philosophie.

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  • Mais où va l’Iran ?

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    Mais où va l’Iran ?

    C’est la question que tout le monde se pose sans pouvoir y répondre avec une certitude absolue. Une chose ne laisse pas d’étonner, voire d’inquiéter : qui a préconisé cette intempestive augmentation de l’essence en cette période de marasme économique et de restrictions en tout genre ? Comment un gouvernement, conscient de traverser une passe très difficile, e t il pu opter pour une mesure aussi impopulaire, provoquant ainsi une terrible flambée de violence qui aurait fait, selon les uns ou les autres, plusieurs centaines de victimes ? On ne comprend pas vraiment les motivations d’une telle mesure.

     

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  • ichel Abitbol, Histoire des juifs (Perrin)

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    Michel Abitbol, Histoire des juifs (Perrin)

    Voici un ouvrage qui ne manquera pas de devenir un classique de la bibliothèque historique puisqu’il embrasse dans une même synthèse de qualité, tant de siècles de l’histoire des Juifs. En outre, j’aime ce titre car il e fait immédiatement penser à celui choisi jadis par le père-fondateur de l’historiographique juive moderne, Heinrich Grätz. Il y a de nombreuses années j’avais traduit de l’allemand en français la Construction de l’histoire juive de ce dernier qui y livrait une sorte de discours programmatique. Mais dans ce discours, l’auteur n’envisageait que l’histoire intellectuelle, ce qui répondait aux attentes du philosophe-historien que je suis. Le sacant historien s’est aussi concentré sur la période talmudique dans son thèse de doctorat (Gnosticisme et Judaïsme, Krotoschin, 1845), thèse traduite dans le même volume que la Construction de l’histoire juive.

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  • Brian A. Catlos : Al-Andalus, Histoire de l’Espagne islamique (Geschichte des islamischen Spanien) C.H. Beck, Munich, 2019

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    Brian A. Catlos : Al-Andalus, Histoire de l’Espagne islamique (Geschichte des islamischen Spanien) C.H. Beck, Munich, 2019

    Voici une œuvre historique solide, très attendue, richement documentée et qui remet à l’endroit bien des visions idéologiques, identitaires, romanisées ou romancées d’un phénomène de civilisation unique en son genre, puisqu’il met en présence des représentants des trois monothéismes, judaïsme, christianisme et islma dans uns région stratégique de notre continent européen, l’Espagne musulmane dont les premiers pas se situent vers 711.

    J’ai déjà eu l’occasion de parler des origines controversées de cette Hispanie, appelée depuis une bonne douzaine de siècles, l’Espagne, et qui se constitue de plusieurs régions ou principautés, unifiées sous la férule de la couronne espagnole. Une unité qui se fit contre les Maures, considérés comme des envahisseurs et des occupants. Cette Hispanie mythique et sa région la plus disputée, le plus commentée en raison de son destin historique, n’est autre que l’Andalousie, al-Andalous en arabe. Dans l’historiographie moderne, ce dernier terme est devenu l’équivalent de l’Espagne musulmane ou islamique, bien que le terme maure soit très fréquent dans ce contexte.

    Qu’il y ait eu dans cette péninsule ibérique une très longue présence mauresque ou musulmane, imprégnant tous les secteurs de la vie, voire de la pensée philosophique et religieuse, est une réalité incontestée. Ce qui est, en revanche, contesté depuis l’émergence de la critique historique, c’est l’apparition d’une Andalousie rêvée, mythique, habitée par de purs esprits, attachés à la recherche du Vrai et vivant en très bonne intelligence les uns avec les autres.. Donc, une grande tolérance religieuse, des gouvernants éclairés par la spéculation philosophique, bref une sorte d’humanité paradisiaque.

    Une certaine historiographique très islamophile a développé cette thèse, arguant que tout s’est transformé dans un sens contraire lorsque les armées chrétiennes ont reconquis le terrain qu’elles estimaient avoir perdu. En somme, tout se passait bien jusqu’à l’arrivée des chrétiens qui introduisirent dans le territoire les tribunaux de l’Inquisition, rendant toute coexistence religieuse impossible entre chrétiens, juifs et musulmans. Cette vision n’est absolument pas historique même si elle traîne dans une grande partie des manuels d’histoire.

    On présente la survie de Grenade jusqu’en 1492 comme le dernier ilot de liberté et de tolérance religieuse, régie par des souverains éduqués, amoureux du progrès et dévoués à leurs administrés. On prétend aussi qu’après chaque victoire des armées chrétiennes, il était procédé à des expulsions massives. Ce ne fut pas toujours le cas ; après le conquête de Grenade, nombre de Maures (comme on disait alors) ont accepté de rester sur place et de vivre dans leur environnement naturel. Après la Reconquista, des centaines de milliers de sujets musulmans ont continué de vivre en Hispanie. Ce n’est qu’après que les rois catholiques procédèrent à des expulsions massives de Juifs et de Maures, sous la pression d’un clergé catholique fanatisé et obnubilé par l’unité religieuse de la péninsule.

    Mais cette présence mauresque a laissé d’incontestables traces tant au plan humain (les Morisques), qu’au plan architectural, linguistique et culinaire. Il est délicat de trancher tant les enjeux sont souvent imbriqués les uns dans les autres et tant nous sommes, même en notre qualité qu’historiens, dépendants de nos idées préconçues et de nos préjugés. L’auteur insiste dans sa longue introduction sur la nécessité de bien analyser les sources primaires car elles émanent d’hommes qui détenaient alors le pouvoir dans cette région de l’Europe du sud. Les exclus, les persécutés, les humbles, n’ont laissé aucun témoignage faisant état des épreuves subies et qui auraient contrebalancé les témoignages officiels.

    Autant de dangers que l’historien doit apprendre à éviter ; il doit aussi se garder des délivrer des blâmes ou des satisfécits, ne pas se faire moralisateur ni se croire supérieur, mais adopter une approche critique. Par exemple, l’importance que revêt à cette époque l’appartenance concessionnelle  : comment en mesurer la portée ? Est ce que cela excluait toute entente, toute alliance, même de circonstance, entre princes ou aristocrates de religion différente ? Evidemment, cela s’est maintes fois produit que des alliances contre nature soient nouées afin de servir ses intérêts propres qui ne coïncidaient pas toujours avec les intérêts supérieurs de la Cause… qu’elle soit chrétienne ou mauresque.

    Maos la présence musulmane en Espagne n’a pas entièrement disparue dans les premiers décennies du XVIIe siècle, date de l’expulsion définitive des derniers maurisques .

    Quelques millions de musulmans vivent toujours en Espagne, soit des convertis, soit des migrants originaires d’Afrique du nord, notamment du Maroc voisin.

  • Pierre Vermeren, Déni francais, Albin Michel

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    Pierre Vermeren, Déni francais, Albin Michel

    Pour beaucoup de gens dans l’Hexagone, ce livre était ardemment attendu. Certes, il se range parmi tous les précédents ouvrages qui traitent du même thème : où va la France ? Que reste t il de l’identité française proprement dite, c’est-à-dire de la civilisation chrétienne ou judéo-chrétienne qui lui a donné naissance ? La question se pose depuis un certain temps puisque Nicolas Sarkozy avait créé un département ministériel de l’identité nationale… Et par la suite, lorsqu’il s’était présenté à la candidature il avait fait appel à un thème spécifique, la France de toujours. En d’autres termes, une France fidèle à la matrice judéo-chrétienne qui lui a donné naissance. Et en effet, que serait la France, fille aînée de l’Eglise, sans ses racines chrétiennes ?

    Le présente ouvrage remonte à la guerre d’Algérie et au passé colonial de la France pour mettre à nu ce qu’il nomme les failles politiques et intellectuelles de la gouvernance de ce pays qui n’a pas d’autres zones d’influence que sa façade méditerranéenne : en d’autres termes les trois pays d’Afrique du nord, d’une part, et l’Afrique subsaharienne, d’autre part. La France a donc vécu sur cet héritage qui devient un frein, une charge après avoir été, dans le monde d’hier et d’avant hier, un moteur et un marché prometteur.

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  • De la théodicée à l’individualisme religieux …

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    De la théodicée à l’individualisme religieux …

    La théodicée, la justice divine, occupe une place de choix dans la Bible qui la considère comme l’attribut le plus prégnant de l’essence divine. Un exemple parmi tant d’autres mais qui se situe dans un contexte précis, à savoir le vibrant plaidoyer du patriarche Abraham en faveur les deux villes pécheresses Sodome et Gomorrhe . Abraham négocie vraiment avec l’Eternel et, en conclusion de son argumentaire, il s’interroge de manière directe : est il concevable que le juge de l’univers ne pratique pas la justice ? C’est le terme hébraïque Mishpat qui est ici utilisé.

    La justice divine, donc la théodicée, a préoccupé les philosophes européens, même en plein dix-huitième siècle, si l’on en croit le philosophe allemand bilingue Leibniz, (il écrivait à la fois en allemand et en français) qui publia en 1710 ses Essais de théodicée. C’est donc un thème philosophique d’importance, situé au carrefour de plusieurs autres comme le mal, la nature humaine et le libre arbitre.

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  • Bjorn Berge, Atlas des pays qui n’existent plus… (Ed. Autrement)

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    Bjorn Berge, Atlas des pays qui n’existent plus… (Ed. Autrement)

    Un livre sur tous ces pays disparus sans laisser de traces ou… presque

    Voici un beau livre, un livre que l’on peut offrir à l’occasion des fêtes de fin d’année et qui vous apprendra tant de choses sur des pays ou de simples principautés, disparus soit à cause de guerres, soit par simple abandon, ou, enfin, parce qu’ils ont aiguisé la convoitise de superpuissances, comme l’empire colonial français, l’empire britannique ou l’empire allemand. Sans oublier la Belgique qui s’est, elle aussi, offert une petite part du gâteau.

    Le sous-titre de cet ouvrage fait référence à l’Histoire, l’Histoire mondiale qui n’est jamais très tendre avec ceux qui s’engagent dans des processus incontrôlés, sans savoir si cette décision ne va pas leur coûter cher, voire même leur coûter la vie. Dans certains cas envisagés ici, la chose est avérée… Ceci vaut des pays mais cela inclut aussi des peuples : si l’on en croit la Bible, la Terre promise a d’abord appartenu à sept peuplades disparues à cause de la malédiction divine, châtiant des pratiques idolâtres comme les sacrifices humains, interdits depuis la ligature d’Isaac et décrite dans le chapitre 22 du livre de la Genèse.

     

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  • Rabbi Shim’on bar Yohaï dans le Zohar : En ce qui me concerne, tout dépend de l’amour ( Ana bahavivouta talya milleta)

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    Rabbi Shim’on bar Yohaï dans le Zohar :

    En ce qui me concerne, tout dépend de l’amour ( Ana bahavivouta talya milleta)

    En 1978, du 24 au 25 kislev, se tint à Jérusalem une session sur la mystique juive à l’occasion des quatre-vingts ans de Gershom Scholem. Les actes de ce colloque furent publiés en 1982 par M. Shmuel Réem dans le cadre de l’Académie Nationale d’Israël. Outre des contributions fort intéressantes, ce recueil contient une très longue étude fondamentale de Yehuda Liebes, intitulée Le Messie du Zohar : sur la personnalité mystique de Rabbi Shim’on bar Yohaï (p. 87-237).

    Attendu que nous avons déjà rédigé un long compte-rendu de l’ensemble de ce volume, dans la Revue des Etudes Juives (Paris) nous allons nous concentrer sur certains aspects spécifiques de l’article de Liebes qui remettent en question une analyse héritée de Scholem et généralement reprise depuis. Notre propos consistera à interroger les idrot zohariques pour voir si elles sont, elles aussi, des documents à valeur messianique.

    Selon Scholem il y avait deux attitudes de la kabbale face à l’idée messianique :

    1. La première période qui va jusqu’à l’expulsion d’Espagne n’avait pas pour préoccupation centrale une rédemption historique et nationale. Ceci signifie que l’idée messianique était reléguée à l’arrière-plan.

     

    1. En revanche, la kabbale lourianique, dite de Safed, place la rédemption messianique et cosmique au centre même de ses préoccupations.

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