11/02/2018

L’incident dans le ciel syrien avec l’Iran, un tournant dans la confrontation avec les Mollahs?

L’incident dans le ciel syrien avec l’Iran, un tournant dans la confrontation avec les Mollahs?

A l’évidence, les Iraniens jouent avec le feu. Il semble même, si on analyse sans hâte et en profondeur, la réaction de Hassan Rouhani, que c’est l’aile dure du régime, celle des Gardiens de la révolution, qui est aux manettes en Syrie et qui a voulu délibérément provoquer Israël dans l’espoir d’une réelle déflagration, laquelle ferait alors oublier les problèmes de politique intérieure et ressouderait le peuple tout entier autour de ses gouvernants.

En effet, Rouhani n’a pas, comme à son habitude, fulminé d’anathème contre Israël ni contre les USA. Il a disserté vaguement sur le terrorisme (sic), mis en garde ceux qui croient résoudre les problèmes par la violence, au point qu’on ne sait pas très bien qui il visait… Etait-ce ceux qui ont téléguidé le drone vers Israël ou s’en tenait-il à la violence de la réaction israélienne qui s’en est suivie ? Difficile de le dire avec exactitude.

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08/02/2018

La question corse: de la dignité de Madame Erignac à la fermété d’Emmanuel Macron

La question corse: de la dignité de Madame Erignac à la fermété d’Emmanuel Macron

Ceux qui ont entendu le digne discours de la veuve du regretté préfet Claude Erignac ne pouvaient que saluer la noblesse d’une dame qui a évoqué la mémoire de son défunt mari, lâchement assassiné, alors qu’il se rendait sans protection spéciale à une représentation ou à un concert. Cette femme a parlé sans haine ni acrimonie alors qu’elle aurait légitimement pu le faire. Elle a d’ailleurs dit, fort calmement, que cette journée affreuse avait fait d’elle une veuve et de ses deux enfants des orphelins… Et j’ajouterai que de mémoire d’homme on n’avait jamais vu cela : l’assassinat de sang froid d’un préfet, d’une haut représentant de la République.

Pudeur et dignité, deux valeurs, en perte de vitesse et dont on fait peu de cas aujourd’hui, où la réussite individuelle, recherchée à tout prix, ne recule devant aucune bassesse ni aucun compromission. Une grande dame, l’autre jour, revenait en Corse pour la première fois depuis ce drame, et le président de la République a fait preuve d’une profonde solidarité en la laissant parler en premier pour évoquer la mémoire de son défunt mari, mort dans l’exercice de ses fonctions. Et quand on pense que cet homme a été tué de deux balles dans le dos et d’une dernière dans la tête, on se demande s’il existe encore dans cette région française des hommes d’honneur. Il faut dire qu’on entend si souvent parler d’honneur pour excuser, voire légitimer des actions qui en sont à des années-lumière …

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07/02/2018

Bible et méditation (Aryeh Kaplan, Albin Michel): Comment devient on prophète?

La méditation de la parole divine conduit-elle à la prophétie?

                Bible et méditation (Aryeh Kaplan, Albin Michel)

En dépit de quelques imperfections, dues plus à l’inexacte traduction française de certains termes techniques hébraïques qu’à une quelconque impéritie de l’auteur, ce livre américain, opportunément réédité en français par les éditions Albin Michel, pose une vraie question, celle des rapports entre la Bible et la méditation, une activité qui est l’apanage exclusif de l’espèce humaine.

Le terme technique qui connote l’idée même de méditation en tant que telle ne me semble pas, dans sa forme propre, faire partie du corpus biblique. Certes, il y a le verbe hébraïque présent dans le livre de Josué (wé-haguita bo yomama wa layla : tu le méditeras ou l’étudieras jour et nuit).

Nous voulons parler de la hitbodédout. La racine est effectivement biblique et définit même, selon le livre du Deutéronome, le statut spécial et l’essence particulière du peuple d’Israël, un groupe ethnique qui réside seul (donc en solitaire) et qui n’est pas décompté parmi les nations. Il s’agit donc de la racine trilitère BDD qui a donné l’épithète et l’adverbe badad et le verbe à la forme pronominale mitbodéd (s’isoler, s’esseuler). Dans la philosophie médiévale juive, pour traduire le titre arabe d’un traité du philosophe andalou Ibn Badja (l’Avempace des Latins), premier penseur à avoir contesté la philosophie politique d’Aristote à son époque, intitulé Le régime du solitaire, en arabe Tadbir al-mutawahid, et en hébreu Hanhagat ha-mitbodéd, on a eu recours à cette même racine… Et dans ce sens précis on trouve l’idée d’un esseulement, commandé par la nécessité de la méditation. Le traducteur anonyme de ce traité (longtemps, on a cru à tort que Moïse de Narbonne qui en a donné un résumé en était aussi le traducteur) a donc eu recours à cette racine hébraïque plutôt qu’à une autre…

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05/02/2018

Les Juifs au miroir des sources chrétiennes anciennes…

Les Juifs au miroir des sources chrétiennes anciennes…

Voici un sujet qui retenait mon attention depuis un certain temps et qui vient d’être magistralement traité dans le dernier numéro de l’excellente revue SENS (416, janvier-février 2018 par le Père Dominique Cerbelaud).

Je me souviens encore des leçons du regretté et très érudit Bernard Blumenkranz qui s’était spécialisé dans les relations entre juifs et chrétiens au temps de la première croisade (1096) mais qui avait, au lendemain de la seconde guerre mondiale, présenté une thèse de doctorat en allemand à l’université de Bâle sur la prédication d’Augustin concernant les Juifs (Augustins Judenpredigt)= «il ne fallait pas tous les tuer afin que leur misérable condition et le sort peu enviable portât témoignage de leur refus du message du Christ…»

Comme le note l’auteur de cette belle étude parue dans SENS, cette position ne laisse pas d’être paradoxale : d’un côté, elle imputait aux Juifs une faute qu’ils allaient traîner avec eux durant des siècles, de l’ autre, elle préservait un peu la vie de certains d’entre eux…

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03/02/2018

Les deux corps du roi par Ernst Kantorowicz, juif de Posnanie (Les Belles Lettres)

 

Les deux corps du roi par Ernst Kantorowicz, juif de Posnanie (Les Belles Lettres)

Dans nos pays d’Europe et du monde civilisé, il n’existe pas une seule personne qui n’ait jamais entendu parler, au sujet de l’essence propre à chaque monarque, de cette différence majeure, entre l’aspect normal, banal et ordinaire d’un simple mortel qu’est le roi, et le corps sacré, l’entité charismatique ; elle échappe à nos instruments de mesure et d’appréciation du roi, lequel semble provenir d’une région inaccessible au commun des mortels que nous sommes… D’où cette dissociation entre les deux corps du roi… Il y a là une sacralité dont l’auteur, E. Kantorowicz, a tant parlé dans sa biographie de ce monarque atypique que fut Frédéric II Hohenstaufen.

Les sociologues, les politologues, les anthropologues ont tous adopté cette différenciation établie par ce petit Juif autodidacte, originaire d’un petit patelin de Posnanie mais qui, à force de travail et de persévérance, a tout de même fini son existence dans la peau d’un éminent professeur de Princeton. Cette judéité se révéla être un véritable boulet. Ce Juif né dans l’aire culturelle germanique à laquelle, comme tant d’autres avant lui mais aussi après lui, a voulu devenir enfin un Allemand comme tous les autres, tout en étant et en restant l’adepte d’une autre religion … Vers la même époque, un autre Juif allemand, son exact contemporain, Gershom Scholem ne commettra pas ce leurre de soi-même et comprendra clairement que la socio-culture germanique n’était pas disposée à accueillir généreusement en son sein les fils et les filles d’une autre «tribu», celle d’Israël.

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01/02/2018

La Pologne redevient-elle antisémite?

La Pologne redevient-elle antisémite?

A notre profonde tristesse, la question peut vraiment se poser. Certes, il y a, pour commencer, plus de maladresse que de malice ou de volonté de se montrer hostile aux Juifs et à Israël, sans même parler des USA où vivent tant et tant de descendants des victimes de l’Holocauste. Or, si les USA se mettent de la partie, et je pense que les Polonais ont négligé cet aspect des choses, pour la Pologne une seule possibilité sera alors envisageable ; la capitulation en rase campagne. Mais nous n’en sommes pas encore là.


Voyons rapidement l’arrière-plan historique de cette question si sensible, les relations judéo-polonaises à travers non point l’Histoire mais plus modestement à travers les temps les plus récents, ce qui, en matière d’Histoire mondiale, peut englober plusieurs siècles…

Lorsque les croisades s’abattirent sur les communautés juives d’Europe, notamment dans toute la vallée du Rhin, traversée par des hordes de croisés qui se firent la main sur les communautés juives traversées, les victimes qui se sacrifièrent par centaines, voire par milliers, afin de ne pas abjurer leur foi sacrées, une foi qui comptait plus que leur vie à leurs yeux, migrèrent plus à l’est et au centre de l’Europe, afin de se soustraire aux vagues d’exterminateurs sanguinaires. Je n’exagère point. Il suffit de feuilleter les chroniques de témoins visuels, réunies dans un Memorbuch intitulé Sefer Guesérot Tsarfat we-Askénaze (Tel Aviv, Editions Habermann, 1947/48), pour voir l’incroyable bestialité et l’inimaginable cruauté des croisés qui tuaient, violaient, brûlaient tout sur leur passage, au nom du … Christ ! Au motif que les Juifs l’auraient jadis crucifié.

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