19/12/2017

Brûlant secret de Stefan Zweig (Gallimard)

Brûlant secret de Stefan Zweig (Gallimard)

Ou la défense des droits des enfants face aux adultes …

Zweig a bâti son inusable notoriété sur un talent littéraire indiscutable et il est même très probable que le prix Nobel de littérature lui aurait été décerné dans le sillage d’auteurs germaniques comme Thomas Mann et Hermann Hesse, s’il n’avait mis fin à ses jours un sinistre jour de février 1942. Réfugié au Brésil, ayant mis un immense océan entre lui et ses poursuivants nazis qui l’avaient déchu de sa nationalité autrichienne après l’Anschlusse de son pays, il aurait pu attendre encore trois années pour vivre et commémorer la victoire alliée sur les barbares… Hélas, tel ne fut pas le cas. Le désarroi moral l’a anéanti, probablement aussi l’éloignement de ses lecteurs, puisqu’il n’écrivait qu’elle allemand, tout en maîtrisant parfaitement la langue de Voltaire. Avec une minutie toute germanique il commença en cette fatale journée de février par préparer dans des enveloppes séparées, ce qui devait être envoyé à son éditeur (notamment la Schachnovelle : la partie d’échecs) ainsi que d’autres destinataires… Une fois qu’il avait réglé toutes ses affaires, il avala une quantité létale de barbituriques et se mit au lit, suivi par la jeune femme, Mademoiselle Altmann (une fille de rabbin britannique) qui partageait sa vie et l’avait suivi en Amérique du sud… C’est le lendemain qu’un commis découvrit les corps inanimés du couple.

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18/12/2017

Romain Rolland et Stefan Zweig: deux intellectuels au chevet d’une Europe malade…

Romain Rolland et Stefan Zweig: deux intellectuels au chevet d’une Europe malade…

Voici enfin le troisième et dernier volume de la correspondance entre ces deux grands écrivains, couvrant une période névralgique pour l’Europe, le monde et la paix mondiale, l’entre-deux-guerres, soit de 1928 à 1940. C’est tout un monde qui va être englouti par la barbarie nazie, un monde d’hier, comme dira Zweig dans son autobiographie. Le grand écrivain judéo-autrichien va quitter la Grande Bretagne qui lui avait pourtant donné sa nationalité britannique, après avoir fui sa terre natale, il se rend finalement au Brésil où il se suicidera en 1942 avec sa jeune compagne…

On connaît l’amour, l’enthousiasme de Zweig pour la littérature française, les grandes figures auxquelles il consacrera des biographies étincelantes qui ont marqué leur temps. On sent chez Zweig une réelle admiration pour Rolland, grande figure pacifiste, réfugié à Genève car il n’était plus en odeur de sainteté dans son pays, la France. Il obtiendra même le prix Nobel de littérature en 1915.

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17/12/2017

Des gouvernements européens souffrant d’ autisme?

Des gouvernements européens souffrant d’ autisme?

Ces réflexions nous sont dictées par l’évolution récente de l’Autriche, pays membre de l’Union Européenne et qui doit en juin 2018 la présider. Depuis quelques années déjà, ce pays oscillait vers l’extrême droite et déjà à l’époque le parti FPÖ de Jörg Haider alarmait les chancelleries. Et qu’ont elles fait, ces mêmes chancelleries occidentales, depuis lors ? Rien ou presque. Elle sont refusé de s’attaquer aux deux mamelles qui alimentent depuis tant d’années l’extrême droite européenne : l’immigration, l’insécurité et dans leur sillage, l’incertitude économique et financière de larges portions de la population européenne, déclassées par la mondialisation.

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15/12/2017

Le statut du médecin et de la médecine dans la tradition juive

Le statut du médecin et de la médecine dans la tradition juive

Si paradoxal que cela puisse paraître, la tradition juive -qui a pourtant donné tant de brillants médecins (médecins-philosophes ou médecins-exégètes)- aux communautés dispersées de par le monde, n’a pas toujours eu un bon rapport avec ceux qui prêtent le serment d’Hippocrate. Comment s’explique ce qu’il faut bien nommer une opposition au corps médical ? Par l’affirmation primordiale de la supériorité absolue de Dieu sur toute médecin humaine. Dieu, seul, créateur des cieux et de la terre, dispensateur de vie et de santé, peut garantir le maintien de cette dernière, hors de tout concours humain. Poussant plus loin le raisonnement, les gardiens de la tradition ont parfois taxé d’hérésie ou d’incroyance ceux qui exerçaient le métier de médecin ou faisaient foi à la médecine curative.

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12/12/2017

Le «Kafka» de Saül Friedländer (C.H. Beck Verlag de Munich)

Le «Kafka» de Saül Friedländer (C.H. Beck Verlag de Munich)

Sur Kafka, on croyait avoir tout dit, tout entendu et tout interprété. Pourtant ce dernier livre de Friedländer que j’ai reçu en version allemande a déjà été traduit en français aux éditions du Seuil (lesquelles ont omis de me l’envoyer), car son auteur l’a rédigé en langue anglaise. D’aucuns pourraient se demander ce que vient faire l’historien de la Shoah, du pape Pie XII et le IIIe Reich dans la littérature allemande du début du XXe siècle… Eh bien, ce n’est pas du tout une incursion indue dans un domaine qui n’est pas le sien. C’est que l’un comme l’autre, Kafka et Friedländer ont un lien constant avec la ville de Prague, l’un y a grandi, l’autre y est né, avant de fuir sa ville natale et de se réfugier à Paris après d’incessantes tribulations.

Ce livre réussit à nous apprendre bien des choses nouvelles, ce qui est un tour de force car la bibliographie de l’auteur du Procès et de la Métamorphose se chiffre par  milliers de titres. En moins de deux cent cinquante pages l’auteur se concentre sur l’essentiel : les exécrables relations avec le père, relevant de la psychanalyse, comme chacun sait, surtout après la fameuse Lettre, écrite avec passion et une liberté rarement atteinte, mais jamais délivrée à son destinataire lequel ne l’a donc jamais lue, la relation aux femmes, notamment aux prostituées (un peu comme Stefan Zweig) où apparaît à la fois un sentiment de culpabilité et de honte, lui faisant préférer les prostituées et les femmes se trouvant dans des bordels (qu’il fréquente un peu partout en Europe, chez lui à Prague, mais aussi à Paris, à Milan et ailleurs, parfois en compagnie de son ami et légataire testamentaire universel Max Brod) ; après ces chapitres importants, nourris de larges renvois aux œuvres mais aussi aux journaux intimes de Kafka ainsi qu’à sa correspondance, Friedländer se livre à une très fine analyse de l’auteur dans a relation avec le judaïsme, sa religion de naissance. Au fond, sans vouloir donner une exégèse globale de l’œuvre, laquelle aurait pu ne jamais exister sans l’intervention de l’ami Max Brod, la relation au judaïsme, la façon dont il fut vécu et la personnalité du père dans cette affaire, occupe une position centrale dans l’existence et l’œuvre de Kafka.

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Le «Kafka» de Saül Friedländer (C.H. Beck Verlag de Munich)

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11/12/2017

L’Europe et Israël

L’Europe et Israël

En écoutant tôt ce matin sur les chaînes d’informations continues les deux discours, respectivement celui de la ministre italienne chargée de la politique étrangère de l’Union et celui du Premier Ministre de l’Etat d’Israël, on avait l’impression de vivre un décalage de grande ampleur : alors que la représentante européenne récitait sur un ton saccadé ses récriminations envers l’Etat juif, à peine laborieusement adoucies, en apparence, par un tardif et crispé bonne fête de Hanoukka (oubliant que c’est là un hommage à la sanctification du temple de Jérusalem !!), le Premier Ministre israélien lui a asséné sans ciller tous les accomplissements, les progrès, les innovations, le régime démocratique et la joie de vivre de son pays. On avait l’impression que ces deux là ne vivaient pas dans le même monde, ni sur la même planète : mais comment donc, ce continent que certains historiographes décrivent parfois comme un vaste cimetière juif, à l’échelle de tout le continent, tant les persécutions sanglantes y furent nombreuses, ne parvient on pas à traiter l’état juif autrement qu’en lui adressant des reproches permanents, à l’accuser de tous les péchés d’Israël (c’est bien le cas de la dire !) ?

L’histoire politique de l’Europe, un continent qui doit toute sa culture à la Bible hébraïque et au christianisme, plutôt au judéo-christianisme, puisque le Décalogue en inspire toutes les valeurs sur lesquelles il se fonde, a dévié de sa trajectoire première. Et les ministres de l’UE devraient s’en souvenir de temps en temps. Toutes ces persécutions, toutes ces conversions forcées, toutes ces expulsions, toutes ces spoliations (dont la toute dernière remonte à moins de 70 ans), tous ces malheurs n’ont pas réussi à combattre victorieusement ce penchant soit proc arabe soit anti israélien.

Rashi, le grand exégète-vigneron champenois du XIIe siècle, avait repris une métaphore talmudique qui parle des pierres du mur , pierres, qui, si elles pouvaient parler, porteraient témoignage de tout le mal fait aux juifs sur ce continent. Et pourquoi donc ? Parce qu’ils ont préféré la mort à la conversion. Cette force de caractère, cette indomptable conviction, cette fidélité à la fois des ancêtres et des patriarches, toutes ces mâles vertus se sont réincarnées dans ce peuple d’Israël qui livre au quotidien un combat pour sa survie. En Israël, depuis près d’un siècle, exister ou continuer d’exister, relève d’un héroïsme quotidien. Jamais peuple sur cette terre n’a dû être sur ses gardes dans son propre pays, sur sa terre ancestrale.

Mais ce qui est largement intolérable, c’est de voir les représentants d’Etat civilisés, à la tête d’une très longue histoire et d’une brillante culture, nier les évidences historiques et reprocher à un Etat souverain, d’avoir la capitale qu’il a, il n’en a pas d’autre, d’ailleurs. C’est presque une obscénité.

Il est rare que je prenne ainsi la plume pour m’exprimer aussi vertement. Mais je le répète : il y a quelque chose de choquant dans cette attitude qui n’est pas celle de gens policés, bien élevés et instruits. J’ai déjà dit ici même ce qu’il fallait en penser ; plusieurs fois par jour, dans ses prières (matin, midi et soir, sans oublier les prières annexes), l’orant juif évoque le souvenir inoubliable de Jérusalem… Le Psalmiste lui-même, l’homme le plus religieux que la terre ait jamais porté, ne dit-il pas : si je t’oublie Ô Jérusalem……… Quel autre peuple a maintenu une telle fidélité au lieu où il est né, durant près de deux millénaires qui furent tout sauf une période de bonheur, ou une promenade de santé à travers le monde…

Dans sa réponse au discours de la ministre italienne, Benjamin Netanyahou a vanté, à juste titre, toutes les prouesses technologiques de son pays dans d’innombrables domaines. Il n’a nullement exagéré les conquêtes d’Israël dans tant de domaines. Alors que face à lui, des gens mal intentionnés dépensent des fortunes pour forger des armes de destruction. Avez vous jamais vu que l’on sélectionne un contingent de bons étudiants afin de les envoyer étudier dans des pays européens ou aux USA ? Je parle des ennemis d’Israël. Savez vous tout ce que les ennemis d’Israël pourraient faire, de bien, avec toutes leurs réserves en énergie et milliards de dollars ? Et pourtant, c’est toujours le même discours de haine et de refus.

Si ce petit Etat juif n’était pas entouré de toutes parts par des ennemis qui se sont juré sa perte, il serait dans le top five des Etats les plus avancés du monde.

Pour conclure : alors que la plupart des Etats arabes ont mollement réagi à la saine déclaration du président Trump, l’Europe, pourtant victime du terrorisme (en France, en Allemagne en Grand Bretagne, en Espagne, en Italie, en Suède, au Danemark, en Belgique et ailleurs) s’en prend… à Israël !

Une dernière note d’optimisme : les pays d’Europe centrale et orientale portent sur les progrès de l’Etat juif un autre regard. Enfin, toute l’Europe n’est pas frappée de cécité. C’est comme cette presse mondiale qui encourageait presque un large soulèvement et qui en fut pour ses frais. A peine, ça et là, quelques escarmouches… Et elle attend toujours, appelant de ses vœux une vraie déflagration. Ce n’est pas bien

La presse mondiale pourrait être aussi une force de paix.

Maurice-Ruben HAYOUN

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09/12/2017

Un homme de lettres et un chanteur relèguent les politiques à l’arrière-plan

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Un homme de lettres et un chanteur relèguent les politiques à l’arrière-plan

Un homme de lettres et un chanteur relèguent les politiques à l’arrière-plan

Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Les cérémonies en l’honneur de deux grandes personnalités, qui viennent de nous quitter et qui étaient si aimées des Français, rendent ce constat incontournable… La politique ne mobilise plus, les gens veulent autre chose. La politique n’enchante plus, plus aucune légende nationale n’anime les foules. Celles que l’on a vu cet après midi défiler derrière un corbillard ou celles, réunies dans la cour d’honneur des Invalides renforcent le même constat.

Le regard du philosophe n’est jamais innocent ; il n’est pas cruel mais il est comme la chouette de Minerve qui sort la nuit pour contempler le monde tel qu’il est et non comme le voudrait le moindre processus d’idéalisation. On se souvient du mythe de la caverne où des hommes enchainés à leurs préjugés, à leurs habitudes et à leur routine quotidienne observent le reflet de la lumière solaire sur les parois de leur obscure demeure… Ils voient donc le reflet et non la lumière dans sa somptuosité, dans son éclat premier. Plus tard, plus de deux millénaires plus tard, chez Kant, mort en 1804, cela débouchera sur l’impossibilité de toute métaphysique…

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07/12/2017

Albert Speer, architecte d’Hitler par Martin Kitchen (Perrin)

Albert Speer, architecte d’Hitler par Martin Kitchen (Perrin)

Qui se souvient encore de cet architecte, compagnon de route des Nazis, qui avait su séduire le dictateur du Troisième Reich, profitant habilement des frustrations de ce dernier qui n’était rien de plus qu’un artiste-peintre raté, mais éminemment sensible à toute déclaration laudative d’un bâtisseur plus jeune et surtout plus talentueux que lui.  La biographie, très érudite et très élaborée de Martin Kitchen est plutôt critique et ne prend pas pour argent comptant les déclarations compatissantes de ce grand criminel de guerre qui eut la grande chance, de sauver sa tête au tribunal de Nuremberg, là où la quasi -totalité des grands criminels nazis furent condamnés à mort. A la grande surprise même de son propre avocat.

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