18/10/2017

Erdogan en Pologne: vers un front anti Merkel?

R.T. Erdogan en Pologne : vers un front anti Merkel ?

Il arrive parfois que l’on se pose des questions sur l’équilibre mental de certains hommes politiques, tant leurs actes semblent s’éloigner de la logique la plus simple et la plus aisée à saisir. Et j’y inclus la réception digne d’un grand chef d’Etat que la Pologne, pays le plus catholique d’Europe et qui s’est montré très réticent à accueillir des réfugiés, vient de réserver au président turc, bien connu pour son islamisme (modéré ?) et ses foucades anti-européennes… Mais pas seulement.

La Pologne dont les démêlés avec l’Allemagne mais aussi la France sont bien connus, cette Pologne qui rechigne à appliquer les traités européens qu’elle a pourtant signés, oui cette même Pologne reçoit le président turc en grande pompe et déclare souhaiter son entrée au sein de l’Union Européenne. On se frotte les yeux pour être sûr d’avoir bien compris : les Polonais qui ne faisaient pas mystère de leur crainte de voir le nombre de musulmans présents en Europe compromettre l’équilibre confessionnel de ce continent, disent souhaiter une entrée de plus de 80 millions de Turcs dans l’UE. Or, chacun sait que si on les autorisait, comme le demande Erdogan, à entrer dans le territoire sans visa, il sera impossible de leur demander de repartir et de rentrer chez eux. Et les Polonais furent les premiers à avoir formulé cette exigence…

En réalité, les Polonais ont voulu indisposer Angela Merkel et régler leurs comptes avec elle. Gravement atteinte par des accusations incroyables et inacceptables du nouveau sultan d’Ankara, la chancelière a demandé clairement que l’on cesse toutes négociations avec la Turquie et ne s’est pas gênée pour le dire publiquement.

En fait, les Polonais ne courent aucun risque de voir les Turcs envahir le continent, en savant très bien que les règles d’admission dans l’UE ne seront pas respectées par Ankara. Donc, d’une pierre plusieurs coups : ils énervent Angela Merkel, ils se placent au mieux sur le marché turc et n’ont aucun souci à se faire.

Mais que dire d’une telle conduite et du cynisme qui la sous-tend ? Eh bien que de telles attitudes rendent la politique détestable aux yeux des simples citoyens que nous sommes.

Au fond, l’UE est victime de sa propre insouciance, elle a admis tout et n’importe qui en son sein. Par exemple, il y a deux choses radicalement différentes : l’appartenance à l’UE d’une part, et l’appartenance à la zone euro d’autre part. Du coup, on se demande : comment avoir admis dans cette dernière la Grèce et le Portugal ? Et même, est ce que la France va avoir les moyens de rester dans cette même zone euro ? Comment avoir la même monnaie sans avoir une politique fiscale ou économique commune ?

Israël a, par exemple une santé économique et financière plus rassurante que celle de certains membres de l’UE et de la zone euro. Et en ce qui concerne la politique étrangère, c’est encore pire.

Dans les prochaines semaines, les Européens répondront en ordre dispersé aux demandes de Donald Trump au sujet de l’Iran… Signe que cette UE est tout sauf unie…

14:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

17/10/2017

Le résultat des élections législatives en Autriche

On a l’air de s’étonner de ce qui se passe en Autriche. Il était absolument prévisible que des petits pays, de forte tradition catholique, comme l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, pour ne citer que les plus connus, réagissent ainsi contre ce qu’ils considèrent comme un danger majeur pour leur identité nationale et religieuse, l’islamisation ou la menace islamiste. Les chancelleries occidentales avaient voulu mettre la Hongrie, la république tchèque, la Bulgarie, etc… à l’index, en raison de leur refus réitéré d’accueillir des réfugiés musulmans ou arabo-musulmans, sans comprendre, je ne dis pas justifier, les causes d’une telle attitude. Pour la Hongrie, il ne faut pas perdre de vue que la magyarisation a été le bouclier anti-ottoman. Pour l’Autriche, il ne faut pas oublier que les armées ottomanes campaient il y a environ un demi millénaire, aux portes de Vienne. Quant à la Pologne, en dépit de ses dérives autoritaires récentes, sa population considère le catholicisme comme le ciment unificateur de l’identité nationale;: il y a une fusion entre l’appartenance religieuse et l’appartenance nationale. En termes clairs, pour être un Polonais authentique, ces gens considèrent qu’il faut être catholique Imaginez ce que cela a impliqué pour les trois millions de Juifs résidant en Pologne avant la seconde guerre mondiale…

Pour l’Autriche, il y a en plus, un élément bien particulier;: pour qui connaît Vienne ou y a séjourné suffisamment longtemps, l’imbrication du pays dans l’arrière-pays de l’Europe centrale (Mitteleuropa, terme forgé par les généraux prussiens) est frappante;: les panneaux indicateurs au cœur de Vienne donnent les noms suivants, Budapest, Prague, Bratislava, etc…. En outre, Vienne est passée de superbe capitale de l’Autriche-Hongrie, la double monarchie, au chef-lieu d’un pays de moins de dix millions d’habitants. Quel rabougrissement;!

Dans l’esprit de l’électeur autrichien moyen, un afflux massif de populations non européennes est proprement inacceptable. D’où la montée en puissance des partis conservateurs et d’extrême droite. Vu de l’extérieur, même en Europe, cela paraît dangereux, inacceptable, mais pour l’Autrichien moyen, c’est presque une mesure de sauvegarde nationale. J’ajoute que les attentats un peu partout en Europe ont montré les limites d’une politique d’ouverture. Même la chancelière allemande dont j’avais signalé le fameux talon d’Achille en la matière récemment et ici-même, a dû modérer ses ardeurs et limiter l’accueil des réfugiés à 200.000 personnes pour l’année suivante. Je rappelle que précédemment, son pays avait accepté de recevoir plus d’un million de réfugiés. Cela a pulvérisé la fameuse raréfaction des visas d’entrée dans l’Union Européenne, d’autant que ces nouveaux venus sont motivés par la situation économique.

Il y aura à Vienne certainement un gouvernement des conservateurs et de la droite extrême puisque, le corps électoral leur a donné la victoire, les social-démocrate, arrivée en seconde position, n’attire plus personne.

Il y a quelques années, du temps de Jörg Haider, l’Union Européenne avait poussé de hauts cris et exclu de facto l’Autriche de toutes les grandes décisions. Il est peu probable qu’il en soit ainsi cette fois-ci. Penchons nous un instant sur la nouvelle situation;: les choses ont changé, les questions de replis identitaires, d’invasion islamique, voire d’islamisation, occupent les esprits. Voyez les 10 millions d’électeurs de Marine Le Pen qui aurait très bien pu crever le plafond de verre, n’;était la thèse de Florian Philippot sur la souveraineté monétaire;: elle aurait fait plus de 40° si elle avait eu le courage de prendre ses distances. Tant d’idées que l’on n’osait pas jadis exposer clairement font la une des journaux. De plus en plus de gens doutent légitimement de l’insertion réussie de toutes ces populations qui se débattent dans des difficultés sans nom.

J’ai entendu hier un ancien ministre de la ville dire son découragement;; il rappelait que le ministère de la ville avec Jean-Louis Borloo avait englouti des dizaines de milliards, (et ce déjà du temps de Michel Rocard), mais sans résultats tangibles. Les choses auraient même empiré selon les spécialistes. On peut s’interroger sur la résistance du corps traditionnel français à intégrer des gens issus d’autres cultures, c’est-à-dire non-judéo-chrétiennes. Tous ces gens se sont retrouvés parqués dans des cités sans âme, déshumanisés, pleins de rancœur à l’égard d’une socio-culture qui les rejette, sans le dire vraiment.

Vous comprenez mieux à présent les hésitations, voire les refus des Autrichiens d’accueillir des gens chez eux, qui ne sont pas de la même culture. Faut-il condamner cette attitude? Cela ne servira à rien. Leurs idées se sont enracinées dans l’esprit des gens dont on a fait vibrer la fibre nationaliste et religieuse. Allez faire comprendre à quelqu’un que les églises resteront des églises, les synagogues des synagogues et des temples protestant des temples…

L’Europe doit comprendre qu’il faut appeler un chat un chat. L’Etat Islamique est en très mauvaise posture dans la zone syro-irakienne. Des milliers de djihadistes battus et haineux vont chercher à regagner les pays d’Europe dont ils sont devenus les ressortissants. Et déjà la crainte d’attentats étreint les gouvernements. Au point que la ministre française des armées a clairement souhaité que ces combattants soient tués sur place… Et personne n’a osé le lui reprocher.

Le défunt chancelier Helmut Kohl avait reproché à l’UE d’être un club chrétien car on refusait d’y admettre la Turquie… Je crois qu’il ne mesurait pas l’étendue de l’inquiétude des gouvernements et des populations. S’il y avait un référendum sur question en France, les électeurs voteraient non à plus de 80%.

L’Europe devait renforcer son identité culturelle. Elle doit retrouver son âme.

08:59 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

15/10/2017

Heinrich Gerlach, Eclairs lointains. Percée à Stalingrad (Editions Anne Carrière)

Heinrich Gerlach, Eclairs lointains. Percée à Stalingrad (Editions Anne Carrière)

Splendide ouvrage que ce roman qui retrace les derniers moments de plus de 300. 000 soldats allemand, commandés par un maréchal du Reich Paulus et pris dans la nasse devant Stalingrad en feu et en ruines. Ce livre eut un destin assez incroyable puisqu’il fut confisqué par les Soviétiques lorsque son auteur quitta le camp de prisonniers, près de Moscou où il était interné, pour regagner enfin le sol de la mère patrie. Une Allemagne en très mauvais point puisqu’elle avait dû accepter une capitulation sans conditions.

L’auteur, lieutenant de la Wehrmacht, se met en scène dans le livre puisqu’il fit partie de cette fameuse 6eme armée allemande commandée par le Generaleldmarschall Paulus qui, après moult hésitations, finit par capituler afin de ne pas livrer presque un demi million d’hommes à la destruction. Hitler lui avait pourtant promis des renforts de troupes fraîches et des divisions blindées qui n’arrivèrent jamais. Quant aux soldats transis de froid devant Stalingrad, ils furent livrés à leur sort sans pouvoir ni contre-attaquer ni se défendre valablement face à des divisions soviétiques qui ne reculaient pas même devant des sacrifices humains énormes. Les soldats de l’Armée rouge couraient vers les tranchées allemandes qui les hachaient menu avec leurs mitrailleuses ; mais les ordres étaient les ordres.

Du côté allemand, le général hiver décida du sort de la bataille : pas d’équipement approprié, pas de ravitaillement suivi, par d’arrivages de munitions. L’auteur qui partagea le calvaire de ses camarades d’infortune avant de se retrouver dans un camp de prisonniers raconte comment on abattait les chevaux pour s’en nourrir, comment on ne recula même pas devant l’égorgement d’un chien qui fit les délices de soldats et d’officiers affamés. Mais le pire, c’était le froid. La neige, le manque de bottes en feutre, les uniformes d’hiver n’étaient pas encore là et surtout l’aviation et l’artillerie russes qui attaquaient presque sans arrêt.

Le livre contient aussi quelques réflexions sur les débats qui allaient agiter l’Allemagne et les survivants de la catastrophe. Pris dans le chaudron ( der Kessel en allemand) de Stalingrad, soldats et officiers ne croyaient plus en rien et tournaient les ordres d’Hitler en dérision. Dans bunker surchauffé de Berlin, il n’avait aucune idée de ce que vivaient les soldats, transis de froid et mourant de faim.

Un jour, le pasteur de la division est interpellé par des hommes qui lui demandent comment il arrive à concilier sa vocation ecclésiastique et la violence qui ravage le monde. Comment bénir les armes qui tuent, estropient et ravagent toute vie, tant physique que morale… Le pasteur s’en tire par une pirouette en parlant de l’état d’imperfection de ce bas monde : partant, comment exiger d’un tel homme une conduite parfaite et irréprochable dans un monde si imparfait ?

Lorsqu’un officier inconscient ordonne à son subordonné d’exécuter froidement un soldat soviétique fait prisonnier mais qui ne veut pas répondre aux interrogatoires, l’homme clame qu’il ne le fera pas, même s’il doit comparaître devant une cour martiale.

Un jour, on confie deux prisonniers russes à une escouade laquelle revient en disant que leurs prisonniers ont tenté de s’évader et qu’ils furent donc abattus… Mais l’auteur ne se faisait pas d’illusion sur ce qui s’était vraiment passé…

Un mot du sort de ce livre : comme on le notait plus haut, son auteur, Gerlach, le rédigea dans son camp de prisonniers en Russie. En franchissant la frontière après sa libération, le manuscrit est confisqué au grand dam de l’auteur qui, après tout ce qu’il a vécu et dans le Kessel et au camp, ne désespère pas de faire connaître sa terrible histoire. De tous les journaux auxquels il demande de l’aide et de l’argent, seul une publication à gros tirage réagit. Comment ? En lui proposant le marché suivant : on lui finance une série de séances d’hypnose chez un médecin munichois afin qu’il retrouve la mémoire, grâce auquel l’auteur retrace environ 150 pages sur 650 au total !

Revigoré par cette aide imprévue, notre auteur se remet au travail et retrouve progressivement la mémoire. Il complète son ouvrage qui devient vite un best seller. Il y a même des contrats de traductions, jusques et y compris en Pologne. Mais voilà, notre médecin, alerté par de telles ventes, sent la bonne affaire et attaque en justice Gerlach, lui réclamant 10% sur tout le chiffre d’affaire. L’auteur refuse et dit que le contrat signé après hypnose ne vaut rien. En fait, sans le dire, il plaide l’abus de faiblesse !

Le médecin sera finalement débouté. Il est intéressant de lire les longues annexes qui clôturent le livre. On y apprend que Michail Souslov, l’idéologue du régime, avait mis en garde contre la restitution de ce manuscrit dont la publication viendrait renforcer les revanchards allemands…

Quelle Histoire, mais aussi quel livre !

14:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

La prise de parole du président Macron ce soir sur TF1

La prise de parole du président Macron ce soir sur TF1

Ceux qui prévoient une sorte de capitulation d’Emmanuel Macron face aux médias et à leur diktat se trompent assez lourdement. Certes, le président fait preuve de pragmatisme, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, mais il reniera pas sa décision dite jupitérienne : ne pas descendre dans l’arène médiatique, redonner un pouvoir aussi exorbitant que dévastateur des journalistes et suivre son chemin. En réalité, il fait une pause car sa chute constante dans les sondages commençait à l’inquiéter et devenait un thème de prédilection des médias. Il va donc parler sur TF1 ce soir pendant une bonne heure. Est ce la bonne solution ? Oui, si cela ne devient pas un rituel auquel il faudra sacrifier régulièrement ; cela signerait une sorte de défaite face à la toute puissance des médias. La presse est un contre-pouvoir, ce n’est pas un pouvoir.

Prenons un exemple, même s’ il faut saluer l’action dissolvante des journalistes, maillon indispensable de toute vie politique démocratique. Vous savez que le président du groupe parlementaire des marcheurs à l’Assemblée nationale a été blanchi par la justice qui a vraiment pris son temps. Le procureur général a classé le dossier sans suite et on peut comprendre que le principal intéressé ait poussé un soupir de soulagement. Et voici que ce pauvre homme est interviewé par une journaliste connue qui le met littéralement sur le gril… Elle veut lui faire comprendre que les choses ne vont pas s’arrêter là, que l’avocat de quelques parties civiles clame son intention de faire appel, bref d’aller plus au fond, si tant est qu’il y ait encore quelque matière à investigation…

Ceci est une inacceptable judiciarisation de la vie politique.

On comprend que les avocats fassent de la procédure, après tout ils en vivent et ils sont là pour cela. Eux aussi constituent un maillon indispensable de la vie civile dans un Etat démocratique. Imaginez en effet que vous soyez arrêté dans la rue ou sur la route par des policiers qui vous placent en garde à vue ; vous serez bien content de voir arriver un avocat qui vous tirera de cette mauvaise passe. J’ajoute qu’il est le seul à pouvoir le faire car la loi lui en donne le droit.

Mais revenons à ce journalisme qui ne sait plus quoi inventer pour renforcer l’audience, véritable épée de Damoclès placée sur le maintien ou la disparition de telle émission ou de telle autre : si son indice d’audience ne se redresse pas, elle est condamnée à disparaître… Et ceci est souvent la loi d’airain de ce type d’émissions… D’où leurs excès et leur volonté de survivre à tout prix : les souffrances occasionnées aux familles ou aux principaux intéressés ne les préoccupent guère…

Tout ceci pour dire que ce soir E. Macron ne se reniera pas, il n’avalera pas son chapeau, ni ne remettra le pouvoir entre les mains des médias. Comme le fit son malheureux prédécesseur qui a fini par récolter ce qu’il avait semé. Le fameux livre avec les deux journalistes d’un grand quotidien du soir lui a été fatal. E. Macron fut, nous dit-on, horrifié par ces étranges confessions dont certaines étaient vraiment incompréhensibles. Et qui est sorti vainqueur de ce match ? Les deux journalistes, évidemment. Le perdant avait tout simplement oublié qu’il était (pour peu de temps encore) le président de la République.

L’actuel président a un imposant train de réformes à faire passer. Il sait pertinemment que nos compatriotes ne se laisseront pas faire. Il l’a vu avec les nouvelles ordonnances sur la loi travail. Il a dû les atténuer quelque peu mais l’essentiel a désormais force de loi. Il s’apprête à présent à en faire autant avec les autres déficits (sécurité sociale, indemnité de chômage, retraites, etc…). Cependant, il a commis une petite erreur en réclamant cette baisse de cinq euros qui touche des gens en bas de l’échelle sociale et qui réagissent. Je dois dire que je comprends leur réaction, d’autant que cela renforce l’étiquette injuste de président des riches et qui ponctionne le maigre budget des pauvres. J’ai entendu des dames dire ce matin que 60€ par an, c’était important pour elles. Et je n’ai aucune raison de les soupçonner d’indignation infondée…

  1. Macron a compris que ce ne sont ni les salariés du privé ni les fonctionnaires qui constituent la richesse d’un pays. Ils en sont les forces vives, on ne peut rien faire sans eux mais ils n’ont pas de capitaux à investir pour créer des emplois ou des richesses. Il faut des investisseurs puissants, des chefs d’entreprises courageux qui prennent des risques.

Or, aujourd’hui, nous vivons un bouleversement total des anciennes structures, notamment de protection sociale. Et le soi-disant modèle social français ne pourra pas poursuivre sur sa lancée si on ne jugule pas les déficits. Il suffirait d’un petit accident (que nul ne souhaite) dans la conjonction internationale pour que tout s’écroule : que le prix du baril de pétrole remonte, que les taux d’intérêt des emprunts français sur les marchent grimpent pour que la croissance retombe en panne.

Ce qui explique la célérité avec laquelle E. Marcon pousse son train de réformes. Donc, ce soir, on aura affaire à un président proche des Français, conciliants avec tout le monde mais fidèle à ses engagements.

09:02 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

13/10/2017

L’Iran et la réconciliation inter-palestinienne : est-ce crédible ?

L’Iran et la réconciliation inter-palestinienne : est-ce crédible ?

Chaque fois qu’un accord est en vue au Proche Orient, des imprévus, des difficultés insoupçonnées surgissent et réduisent à néant tous les efforts accomplis pendant des mois, voire des années. C’est comme si une fatalité accablait cette région du monde qui sombre à intervalles réguliers dans la guerre et une violence endémique. Mais laissons cette pensée pessimiste de côté et tentons de progresser vers un avenir un tant soit peu prévisible concernant cette région si disputée du monde.

L’accord qui se dessine entre les frères ennemis de Ramallah et de Gaza n’est pas un pur fruite du hasard. C’est la conséquence d’une politique systématique de Mahmoud Abbas dont la patience était à bout. C’est lui qui a mis à genoux la direction politico-militaire du Hamas en prenant des mesures draconiennes, mesure, qui, si elles avaient été prises par le gouvernement d’Israël, auraient soulevé une tempête d’indignation. Mais là, avec le président palestinien, c’est passé comme une lettre à la poste.

Abbas a donc décidé de ne plus payer la facture d’électricité de Gaza, de restreindre la livraison des médicaments, il a veillé à ce que les points de passage soient encore plus hermétiques qu’auparavant, de restreindre aussi le paiement des salaires des fonctionnaires sur place, bref il a mis en marche une véritable stratégie d’étranglement de la bande de Gaza et de ses habitants, lesquels contestent fortement désormais la conduite politico-militaire du Hamas… Le Hamas n’avait plus le choix, il n’a pas été soudainement touché par la Grâce : tous ses alliés ou ses soutiens lui ont fait comprendre qu’il vivait ses derniers instants et que la population risquait de se soulever en raison de ses dures conditions de vie.

Assurément, nous ne sommes pas à l’abri de mauvaises surprises. Que de fois le Hamas n’a t il pas signé des accords de réconciliation pour ensuite les dénoncer ou ne jamais les appliquer alors que l’encre du document n’était pas encore sèche. Ce succès, s’il venait à se confirmer, est l’œuvre de la diplomatie égyptienne. Le président égyptien dont le pouvoir est sérieusement contesté par les attentats islamistes est un militaire qui a compris que les Arabes ne portraient jamais détruire Israël et qu’ils s’étaient engagés dans une impasse. Mais surtout il a compris que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens n’était plus l’essentiel, la priorité. La priorité urgente, c’est l’Etat islamique et la menace qu’il représente dans la région. Il faut donc régler cette affaire pour peser ensuite de tout son poids sur la question palestinienne.

C’est l’armée égyptienne qui a contribué à étrangler économiquement le Hamas de Gaza. Abbas et Al-Sissi ont pris le Hamas en tenaille, et l’aide iranienne n’a pas pu inverser le rapport de forces. Or l’Iran est devenu le sujet de préoccupation numéro un des états arabes modérés de la région ; l’Arabie saoudite l’a bien compris qui multiplie de plus en plus ouvertement les contactes, voire les rapprochements avec l’Etat hébreu. Et ceci peut changer du tout au tout le rapport de forces dans la région. Imaginez simplement que l’armée de l’air israélienne puisse emprunter l’espace aérien saoudien… Cela pourrait empêcher de dormir certaines personnes à Téhéran.

Cette unité palestinienne, si elle devait aboutir, créera une autre perspective. Certes, suivant la tendance orientale à masquer les problèmes et à faire une confiance un peu aveugle à l’articulation du temps et de la vie, les diplomates égyptiens ont isolé de l’accord le sort des armes du Hamas. Or, si Hamas et Fatah fusionnent à Gaza, quid de leurs programmes respectifs ? Ramallah accepte l’état d’Israël, Gaza veut le détruire.

Si j’ai bien compris, ils vont commencer par envoyer quelques milliers de policiers de Cisjordanie à Gaza ; ces hommes vont assurer le maintien de l’ordre ainsi que la sécurité aux frontières. Si tout se passe bien, les Egyptiens rouvriront les points de passage en vérifiant qu’aucune arme n’entre dans la bande. Comme les services de sécurité du Fatah collaborent avec les Israéliens, cela devrait, en principe, augurer une ère de calme à défaut d’une paix véritable. C’est mieux que rien…

Les Egyptiens font une pari sur l’avenir : la dynamique de paix, l’amélioration des conditions de vie devraient pousser au désarmement de la branche armée du Hamas. Est ce réaliste ? Les Egyptiens disposent de bien des moyens de pression. Ils sauront isoler le Hamas lui montrant quel est, selon eux, son intérêt bien compris. Et les choses devraient se régler rapidement.

Reste l’Iran qui ne renoncera pas si facilement à sa position dans la région où il est loin d’être un facteur de paix et de stabilité. Et cela nous conduit à évoquer le refus du président Trump de certifier l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. L’Iran joue sur plusieurs tableaux : d’un côté, il a en apparence ralenti ses recherches sur l’arme nucléaire, mais d’un autre côté, il soutient les groupes terroristes de la région. Donald Trump affirme donc que l’Iran prétend respecter la lettre de l’accord, tout en péchant contre son esprit. Il n’a pas tort et les essais portant sur les missiles balistiques constituent en effet une violation de l’esprit de l’accord…

Certains régimes totalitaires ne parviennent pas à lutter contre leurs propres démons : alors qu’ils s’apprêtent à récupérer des dizaines de milliards de dollars pour développer leur pays et renforcer leur emprise sur une jeunesse qui pourrait leur échapper et menacer leur survie, les Mollahs n’en démordent pas et veulent à tout prix exporter leur révolution et s’installer en Syrie et au Liban, aux frontières d’Israël. C’est une voie dangereuse.

L’Iran commettrait une lourde erreur en tentant de saboter l’accord inter palestinien. Il devrait tout faire pour asseoir son intégration dans le concert des nations. Les semaines à venir nous diront sir la région va enfin changer et la raison affirmer tous ses droits.

09:49 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

12/10/2017

La guerre allemande de Nicolas Stargardt

La guerre allemande de Nicolas Stargardt (Librairie Vuibert)

Ce qui se cache derrière ce titre n’a rien de mystérieux ; il s’agit de voir comment les Allemands vivaient la guerre de l’intérieur. Comment et à l’aide quoi ont-ils pu supporter tant d’années de souffrances et de privations ? Eh bien, en lisant les échanges épistolaires entre les soldats sur le front et leurs parents, leurs épouses, leurs fiancées, leurs pasteurs ou leurs curés, etc… On trouve dans ce type de documents de la matière brute, à nulle autre pareille. Les gens qui écrivaient de telles missives ou échangeaient de tels propos n’obéissaient à aucun à priori ; je veux dire qu’ils n’adaptaient pas leur discours pour complaire à tel ou tel. Ils disaient, parfois au péril de leur vie, ce qui leur tenait à cœur. Certes, la Gestapo et les SS n’ont jamais, jusqu’à la dernière minute, relâché la surveillance exercée sur la population allemande. Les rapports de ces organes de sécurité ont été conservés et l’auteur de beau livre y a puisé de précieux renseignements. On est littéralement sidéré de lire ce que vivaient les soldats sur le front de l’est et on comprend mieux le nombre croissant de déserteurs ou de défaitistes.

Lire la suite

12:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/10/2017

Les Singer, une famille de grands écrivians yiddish

Les Singer, une famille de grands écrivians yiddish

Le monde entier connaît Isaac Bashevis Singer, le prix Nobel de littérature dont la totalité de l’œuvre a été traduite en anglais, en français et dans tant d’autres langues européennes. Moins de gens connaissent son frère aîné qui avait au moins autant de talent que son frère cadet mais qui fut, hélas, terrassé par une crise cardiaque à New York le 10 février 1944. Son œuvre lui a survécu et peut se targuer d’avoir au moins autant de lecteurs que son frère nobélisé… Les éditions de l’antilope nous font l’aubaine de deux très beaux volumes, intitulés Et Wolf fils de Hersh devint Willy (2016) et Printemps et autres saisons (2017), bien plus sombre et plus réaliste. Mais ces deux livres se lisent de manière très agréable tant la traductrice à livré une copie des plus remarquables : un style lisse, élégant et sobre qui ne laisse pas soupçonner un instant que le travail en français n’a jamais transité par une autre langue, en l’occurrence le yiddish.

.

Lire la suite

18:20 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Les Singer, une famille de grands écrivains yiddish

18:17 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

L’irresponsable président actuel de la région catalane…

09:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

L'irresponsable président actuel de la Catalogne

L’irresponsable président actuel de la région catalane…

En scrutant l’exemple de la Catalogne qui défraie la chronique à la suite d’un incroyable malentendu, je me suis interrogé sur certaines prières cultuelles qui implorent Dieu de donner aux hommes que nous sommes des dirigeants vertueux, lucides et éclairés. Trois qualités fondamentales dont l’actuel président catalan semble cruellement dépourvu. On s’étonnera peut-être de la rudesse du propos, mais ce n’est rien, eu égard à la crise que cet homme et ses compagnons ont provoqué au sein de l’Europe. Et tout d’abord, interrogeons nous sur le sens du mot indépendance : qu’implique-t-il ? Qu’entend il et que sous entend il ?

On a l’impression que le gouvernement central du royaume occupe, tourmente, spolie, exploite une région qui est dans le malheur, qui ne jouit d’aucune liberté, etc… alors que cette région jouit de considérables marges d’autonomie, que le gouvernement ne l’opprime pas et qu’au fond, la question est une non-question.

Que pourrait obtenir la catalogne si elle venait à rompre avec Madrid (ce qui n’arrivera pas, tous le savent bien), que pourrait elle obtenir qu’elle n’ait déjà ? Bien au contraire, si le cordon ombilical avec l’Espagne était rompu ce serait la ruine, le désastre ! Voici une poignée de dirigeants qui précipitent leur région et ses habitants (parmi les plus éduqués et les plus cultivés d’Europe, j’ai pu m’en rendre compte en faisant une conférence en français à Barcelone en 1992 pour le 500ème anniversaire de l’expulsion des juifs d’Espagne) dans l’inconnu. Ils n’ont même pas calculé que leur sortie du royaume entraînerait eo ipso leur expulsion de l’Euro, de l’Union Européenne et du grand marché.

En clair, la rupture avec Madrid priverait les Catalans de la monnaie nécessaire pour acheter leur baguette de pain (je ne sais pas comment se dit croissant au beurre en catalan) !! Ces mêmes dirigeants ne rappellent pas que leur région est l’une des plus endettées d’Espagne et d’Europe. Vers qui se tourneraient ils alors ? En fait, ils seront l’Albanie de l’Europe, et ce du temps d’Enver Hodja…

Ils n’ont même pas pris l’avis de Bruxelles pour être fixés sur la viabilité de leur projet. Mais au fond que cherchent-ils ? Je me refuse à croire qu’ils appréhendaient le sujet de l’indépendance avec sérieux. Ils n’ont même pas prévu que les grandes banques, les grandes sociétés, les grands groupes quitteraient Barcelone du jour au lendemain. Et d’ailleurs, le mouvement est déjà lancé…

Alors que faut-il faire ? Madrid a commencé par être assommée par une telle démarche, elle a mis du temps à réagir mais elle s’est finalement ressaisie. La manifestation des anti indépendantistes a été massive, les gens se sont mis à parler. Aucun n’a prôné la violence, aucun n’a recommandé la sécession. Mais les choses ne seront plus comme avant.

L’actuel Premier Ministre espagnol doit réagir fortement. Il doit prendre en main l’administration directe de cette région et doit aussi demander des comptes à ceux qui ont provoqué cette crise. Si, par malheur, l’actuel président catalan proclamait l’indépendance ce soir, même du bout des lèvres, il devrait en répondre devant les tribunaux. De même, on ne comprend pas que les chefs de la police catalane soient ressortis libres du tribunal où ils furent cités à comparaitre.

L’été de droit n’est pas un moulin où l’on entre et d’où l’on sort comme on veut.

Le préjudice causé au renom et à la beauté de la Catalogne n’est pas négligeable. Cela va laisser des traces. Les gens vont avoir peur pour leurs économies, leur pouvoir d’achat et leur avenir. Avec un parti indépendantiste comme celui-ci, la moindre concession serait considérée comme un aveu de faiblesse.

Tous les gouvernements de la zone ont prévenu : jamais ils ne reconnaîtront cette indépendance, il faudrait être fou pour croire qu’on a raison contre tous. Que feraient les épargnants pour sauvegarder leurs économies ? En quelle monnaie pourraient ils les convertir ? Quelle serait la place d’une telle économie dans le système monétaire international ou simplement européen ? On le constate aisément, ces Messieurs n’ont rien prévu.

Il faut voir loin et prévoir ce qui peut se produire dans l’avenir : si on ne remet pas ces dirigeants catalans à leur place, ils pourraient donner des idées à d’autres, un peu partout en Europe et dans le monde.

Oui, il faut vraiment prier la Providence divine afin qu’elle confie à d’humaines mains, un peu plus expertes qu’à Barcelone, la direction des affaires sociales et politiques. Tout ce que les Catalans peuvent obtenir, c’est un peu plus d’autonomie fiscale et financière. Et rien d’autre.

L’Espagne est une monarchie constitutionnelle…

09:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook