06/11/2016

L’actuelle campagne électorale présidentielle aux USA : Du jamais vu…

 

L’actuelle campagne électorale présidentielle aux USA : Du jamais vu…

 

Je n’ai jamais vu ça, jamais, jamais. Cette campagne électorale marquera un dévoiement sans précédent des élections dans le nouveau monde… jamais une campagne ne s’était autant abaissée au point de donner d’innombrables coups en dessous de la ceinture. Et même cette remarque, c’est peu dire. Voir une ancienne première dame insister lourdement sur des déclarations grivoises au sujet des femmes et des relations sexuelles, c’est reconnaître la bassesse d’une telle campagne. Et c’est surtout reconnaître l’absence d’arguments proprement politiques. D’ailleurs quel que soit le vainqueur, car il y en aura un, les Américains reconnaissent n’aimer vraiment aucun des deux candidats, ce sera donc une élection par défaut.

A-t-on déjà vu un candidats traiter sa concurrente de femme dévoyée (nasty woman) de femme corrompue (crooked woman) ? Et la dame, ainsi traitée, répondre en disant qu’on an peur pour nos filles si cet homme passait au bureau ovale… Pire, qu’il ne faut pas lui confier le bouton nucléaire, comme si y appuyer ne dépendait que d’un seul homme !!

 

Pourtant ces deux là ont supplanté tous les concurrents de leur propre camp et sont censés être le résultats d’un écrémage sévère. Seigneur Dieu, alors que devaient être les autres ?

 

Vivement que cette farce électorale prenne fin et sue l’élu puisse enfin se mesurer à la réalité. Et quand on voit le président afro américain voler de ctet façon au secours de Hilary Clinton, on s’interroge sur ses secrètes motivations alors qu’il y a quelques années Hilary faisait contre son protecteur en disat : Shame on you Barack Obama…

 

Franchement vivement la fin de la politique.
De cette politique

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02/11/2016

La Turquie d’Erdogan suscite de plus en plus d’inquiétude...

La Turquie d’Erdogan suscite de plus en plus d’inquiétude...

Les nouvelles venant d’Ankara ne sont vraiment pas bonnes. Erdogan continue sa purge qui dépasse toutes les règles de l’épuration. Les appréhendés se comptent par milliers et les révocations ou les fermeture d’organes de presse, d’arrestations de journalistes par dizaines de milliers. Et à présent, comme pour faire bonne mesure, Erdogan parle du rétablissement de la peine de mort.

Rendez vous compte si l’Europe avait eu la folie d’admettre ce pays en son sein, un pays qui aurait donné à l’Union Européenne une frontière commune avec des pays comme la Syrie et l’Irak… Avec des Kurdes qui se battent presque chaque jour contre l’armée turque. Et aujourd’hui, Erodgan qui envoie des colonnes de chars et de véhicules blindés en direction de Mossoul, entend peser de tout son poids, rabroue publiquement le premier ministre irakien, apostrophe les grands de ce monde et clame haut et fort ne pas prêter l’oreille à ce que dira l’Europe.

Cette méthode du tout répression n’est pas la bonne. Au lieu de prôner une grande réconciliation nationale, une ouverture vers les Kurdes et une refondation de l’identité turque afin d’en élargir le sein, Erdogan embastille, arrête les journalistes, ferme lycées, hôpitaux et universités, bref chamboule tout pour étouffer dans l’œuf toute velléité d’opposition.

Plus le temps passe et plus on se pose de questions sur ce coup d’Etat si hâtivement bricolé. Si les généraux avaient vraiment voulu échouer et se faire prendre, ils n’auraient pas agi différemment. Peut on prouver l’implication de puissances étrangères dans la préparation de ce coup ? Non point, mais certaines puissances savaient et n’ont pas prévenu Erdogan, lequel le leur reproche durement aujourd’hui…

Le caractère turbulent d’Erdogan se manifeste aussi dans sa politique étrangère brouillonne : le voilà qui se rapproche de la Russie alors qu’elle soutien son ennemi juré, Bacahr el Assad… Et en outre, la Turquie, jusqu’à preuve du contraire, fait partie de l’OTAN et se trouve aux avants postes face à la Russie justement, cette même Russie dont l’armée d’Erdogan a abattu un chasseur bombardier à la frontière turco-syrienne…

Comprenne qui pourra ! Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la méthode actuelle appliquée ne peut que nourrir les envies de revanche et de vengeance des putschistes d’hier

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01/11/2016

Jean-Pierre Jouyet, Ils ont fait la Révolution sans le savoir. Le libertinage contre la terreur (Albin Michel)

Jean-Pierre Jouyet, Ils ont fait la Révolution sans le savoir. Le libertinage contre la terreur (Albin Michel)

Ceux qui eurent le privilège de croiser un jour Jean-Pierre Jouyet, inspecteur des finances, ancien patron de la Caisse des dépôts et consignations et aussi ancien ministre des affaires européennes, savaient dès les premiers instants qu’il était l’incarnation, l’essence même de la subtilité et de la nuance ; en le lisant comme je viens de le faire ils découvriront qu’il dispose aussi d’une belle plume et qu’il sait édifier sans jamais ennuyer.

Ce qui retient durablement l’attention de l’ actuel secrétaire général de la présidence de la République, jusqu’à lui arracher des considérations de  grande sagesse  et parfois de gravité, sur le sens de l’Histoire, sur la responsabilité des gouvernants de ce pays, sur l’animosité quasi historique, pour ne pas dire perpétuelle, qui oppose les groupes sociaux  les uns aux autres qui le constituent, c’est cette volonté de comprendre ce siècle dont la dernière décennie a donné la Révolution avec ces années d’une terreur inimaginable où l’on guillotinait comme d’autres se promenaient, mangeaient ou dormaient…

JPJ s’interroge : aurait-on pu éviter toute cette mare de sang, tous ces massacres que la Révolution dut perpétrer pour soi-disant défendre et pérenniser ces rares conquêtes ? C’est ce qu’on peut lire au début de ce chapitre VII, si dense et même digne de grands moralistes ou de philosophes de l’histoire. En lisant ces quelques lignes je n’ai pu m’empêcher de penser à Hegel et à sa philosophie de l’Histoire, mais aussi à cet absolutisme qui caractérise aussi bien la totalisation conceptuelle du savoir du philosophe d’Iéna et de Berlin que le jusqu’auboutisme sanguinaire de ceux qui ont fait régner la terreur, jusques et y compris dans leurs propres rangs…

Ce qui frappe dans ces moments tragiques de l’Histoire, c’est le faible nombre d’acteurs, le dévoiement de celles et ceux qui incarnent l’idéal le plus pur (…)  avec en arrière-plan cette énigme jamais résolue : la logique de l’Histoire se veut-elle implacable, ou l’homme, par précipitation ou égarement, la précipite-t-elle dans d’indicibles horreurs ? Sans doute concoururent ils, en 1793, à passer d’une révolution au totalitarisme.

On l’a compris JPJ se demande s’il eût été possible de faire l’économie de la Terreur au cours de laquelle la Révolution, ou ce qui en tenait lieu, a dévoré ses propres enfants. Hegel, quant à lui, ne pensait pas différemment, lui qui parle d’une ruse de l’Histoire qui s’ingénie, à notre insu, à nous mener dans la direction que l’on croit avoir soi-même choisie en toute liberté.

Eu égard aux fonctions qu’il occupe depuis plus de deux ans, incomparable point d’observation d’un Etat qui n’a jamais entièrement quitté la monarchie, JPJ ne peut s’empêcher de dresser maintes comparaisons entre son siècle de prédilection, le XVIIIe siècle, et l’histoire immédiate qui se déroule sous ses yeux, chaque jour que Dieu fait…

Qu’aurait été le cours de l’Histoire si la sagesse de Barnave avait convainc ?. Quel bénéfice retirerait notre France si les différents candidats à la présidence retenaient ces sages principes ?

L’Histoire ou la Providence, mieux encore son absence totale en décida autrement : l’homme fut arrêté, condamné et guillotiné alors qu’il n’avait que trente-deux ans.

D’autres considérations désabusées (mais non blasées) de l’auteur le font apparaître à la fois comme un mémorialiste et un moraliste (dans le sens le plus noble de ce terme hélas galvaudé). Ces révolutionnaires qui se muèrent en despotes sanguinaires sont pourtant ceux qui rédigèrent les principes qui nous régissent aujourd’hui encore : ils ont écrit des constitutions, rédigé des déclarations de droits et même, peut-on dire, bâti la République…

Mais cet idéal commun ne leur évitera pourtant pas l’autodestruction. Telle est la principale leçon de notre XXIe siècle, sans doute tout aussi fanatique qu’il y a  deux cents ans.

Lisant ce stimulant petit ouvrage le crayon à la main, j’ai relevé en deux endroits différents, d’une part le nom du lieutenant général de police La Reynie, et d’autre part de Bossuet, l’inoubliable évêque de Meaux. Il y avait à cette époque là un sage et érudit Oratorien du nom de Richard Simon. Bien que moine, notre Oratorien (un ordre auquel JPJ n’est pas vraiment indifférent) s’intéressait à la critique biblique qui a toujours senti le fagot  dans tous les milieux religieux, qu’ils fussent juifs (Spinoza) ou chrétiens. Richard Simon commit l’erreur de faire passer un manuscrit de son livre Histoire critique du vieux Testament à Bossuet qui subodora l’hérésie dans tout cela ; Il chargea alors La Reynie de confisquer tous les ouvrages disponibles de cette Histoire critique… afin de les détruire… Un seul exemplaire réussit à échapper à l’hécatombe et servit à la reproduction anastatique de Rotterdam, un siècle plus tard. Mais, comme le déplorait Renan, cette plaisanterie de si mauvais goût a infligé à nos recherches bibliques plus d’un siècle de retard sur nos voisins hollandais et surtout allemands !

Mais ce qui fait aussi le grand intérêt de ce livre, c’est qu’il ne se limite pas à examiner de manière stérile le passé, il en transfert les enseignements à ce que nous vivons hic et nunc. Il ne s’agit pas de se cantonner à l’archéologie de la science politique ou historique, comme des épigraphistes déchiffrant de vieilles pierres tombales, mais d’une confrontation bien vivante, pleine d’énergie et d’esprit, avec la situation présente. Et dans ce contexte il faut bien reconnaître que JPJ manie l’humour avec talent. Il n’hésite pas à parler des personnalités politiques actuelles, distribue des bons et des mauvais points mais jamais de coups de griffes… L’homme est trop fin, trop subtil, trop bien élevé pour cela. A la lecture de certaines pages, fort croustillantes, surtout lorsqu’il est question des égéries, des courtisanes, des favorites et de la gent féminine en générale, je n’ai pu m’empêché d’esquisser un sourire, parfois même plus…

Car les femmes ont joué un rôle plutôt considérable pour faire reculer la terreur. C’est bien connu : faites l’amour, pas la guerre. Mais là, d’après tout ce que j’ai pu lire et apprendre dans ce livre, certains n’avaient vraiment pas besoin d’encouragement dans ce domaine. Aucune moralité, même chrétienne, aucune règle ne ralentissait les ardents transports des unes et des autres. Certes, le XVIIe siècle a aussi connu le libertinage érudit et d’autres le libertinage tout court. Et cette distinction donne une nouvelle opportunité à JPJ de montrer son sens de la nuance: parlant de DSK il dit sagement  que le libertinage n’est pas la débauche : quelle serait l’opinion des maîtres Oratoriens sur ce point ?

Mais revenons à la problématique principale du livre : pouvait on, à l’époque, épargner à la France cette Terreur qui l’a tant affaiblie, perverti sa réputation de pays des droits de l’homme et jeté sur les routes de l’exil des dizaines de milliers de ses fils, partis proposer leurs services à des souverains plus ouverts et plus éclairés ? JPJ n’est pas loin de le penser et espère, en tout cas, que l’on tirera profit de l’histoire passée. Il juge assez sévèrement les derniers moments de la monarchie qui n’a pas su se réformer, s’amender à temps. Allusion subtile à ce que nous vivons présentement dans ce beau pays ?

Au fond, la question se pose : contrairement à tous les autres pays d’Europe qui sont des démocraties aussi avancées que la nôtre, tout en n’ayant jamais connu une Révolution si couteuse et si ravageuse, nous avons suivi une pente nettement plus rude avec un résultat sensiblement équivalent. Habitué des réunions européennes de Bruxelles, JPJ se gausse de cet esprit français si répandu qui entend se présenter comme un modèle, un paradigme à imiter.

Il reste un dernier point à évoquer : les manœuvres de déchristianisation effectuées par des révolutionnaires qui avaient pourtant été formés par le magistère. Je ne parle pas seulement  des prêtres qui firent allégeance à la Révolution, fondèrent une famille ou rejetèrent la foi dans laquelle ils avaient été élevés, mais de simples citoyens, soucieux de ne pas nager à contre courant…

Parlant dans sa conclusion de Bonaparte, JPJ loue son sens politique et sa prompte réactivité :

Mais comme toutes les grandes figures françaises, il sut saisir la chance dans l’Histoire (à défaut d’être celle de l’Histoire). Est ce moral ? Mais la moralité a-t-elle quelque à voire avec l’Histoire ?

Non, évidemment. Mais je reprendrai un terme de Martin Heidegger qui traite de ce sujet : quel sort nous est réservé ici-bas et pouvons nous agir, peser sur ce qui semble être une destinée ? Heidegger dit que nous sommes geworfen (jetés, projetés) dans un monde dont nous ne savons encore rien. C’est presque la loi d’airain du déterminisme, mais Levinas n’est pas d’accord. Si Heidegger semble penser que nous n’avons pas une histoire mais un destin, Levinas opte, quant à lui, pour le dialogue avec notre prochain, notre indéfectible solidarité avec lui, au point d’en être l’otage.

N’allons pas si loin mais réaffirmons avec force notre capacité à agir sur les événements.

Maurice-Ruben HAYOUN

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