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  • L'téta de la France au lendemain de Brignoles

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    L’état de la France au lendemain de Brignoles

    L’actualité nous dicte sa loi, on doit lui obéir que cela nous plaise ou pas. Ce matin la quasi totalité des unes de la presse écrite sont consacrés à Brignoles et au Front National. On a l’impression que le FN ressemble à une armée qui aurait par acquérir la supériorité aérienne et dicterait sa loi aux partis politiques, qui assistent, impuissants, à sa démonstration de force. Il faudrait peut-être que les deux autres grands partis, l’UMP et le PS, réfléchissent et constituent une sorte de coalition, un gouvernement d’union nationale dont le programme comporterait  quelques points précis : lutte contre la criminalité, l’immigration , le chômage et les inégalités… Redressement des comptes publics et baisse des déficits.

    Malheureusement, on n’en prend pas le chemin et avec tout le respect dû aux fonctions du président Hollande, sa déclaration sur la situation intérieure du pays depuis l’Afrique du sud n’est pas à la hauteur. Cela me coûte de le dire, mais de telles déclarations n’ont aucune prise sur le pays. Il faut le savoir et le dire. Cela aidera la France à se ressaisir.

    Même si je pense qu’il est trop tard pour conjurer le sort, aujourd’hui, les dés sont jetés : on n’aura pas le temps de redresser la barre d’ici les élections municipales et européennes de 2014. Un climat s’est instauré, une dynamique s’est installée qui dynamise le FN et le place, momentanément, au dessus des autres.

    Pourquoi une telle évolution ? Simplement parce que les attentes des Français ont été déçues. Nicolas Sarkozy a été sanctionné par sa défaire mais Français Hollande qui a été élu à sa place ne répond pas aux demandes ni ne réalise les promesses faites, en particulier sur les hausses d’impôts, assimilées au matraquage fiscal. Le gouvernement PS aurait tort de maintenir les hausses d’impôts pour 2014 ce serait l’assurance de perdre les législatives en 2017, et dans la foulée, la présidentielle.

    Rappelez vous de Jacques Chirac et sa démarche cynique : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Il y a tant de choses que Français Hollande pourraient changer, notamment dans ses apparitions publiques… Les Français ont parfois des réactions un peu irrationnelles, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en tenir compte…

  • La France basculerait-elle à droite?

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    La France basculerait-elle à droite ?

     

    Il existe des démons bien français : une simple élection cantonale dans le Var et vola que le pays tout entier se passionne pour les résultats d’une élection, connus d’avance. C’est toute la situation générale du pays qui est responsable de cela : le gouvernement, malgré toute sa bonne volonté, ne parvient pas, malgré certaines formules incantatoires à redonner de l’espoir et de la confiance. Le président de la République et le ministre de l’économie sont probablement les deux seules personnes dans ce pays à croire en un retour de la croissance. Ce que les Français constatent, c’est la crise avec son cortège infini de mises à pied, d’insécurité et de matraquage fiscal. Nous ne disons pas que ce gouvernement pratique une telle politique de gaieté de cœur mais il n’ a guère de prise sur ce qui se passe. Or, les Français sont confrontés aux conséquences de la crise et ne voient rien venir, si ce n’est des discours et des formules incantatoires.. Il faut aussi dire que le combat à Brignole était inégal : avez vous vu le sourire commercial de la candidate UMP, légèrement condescendant et complaisant à l’égard de son challenger plus heureux, jeune, fringuant, bien mis et affichant un sourire net et pas surfait… Certes, la perdante a tout de même fait une remontée spectaculaire mais qui n’a pas suffi. C’est sur ce dernier point, décisif, qu’il faut porter notre attention. J’ai bien regardé les visages des partisans du FN, j’ai bien vu et revu leurs réactions à l’annonce du résultat, j’ai aussi attentivement leurs commentaires et ceux-ci m’ont stupéfait. Ils disaient, entre autres, qu’ils étaient enfin chez eux (On est chez nous)… Tous étaient des sexagénaires ou même des septuagénaires qui ne supportent plus d’être envahis par des étrangers issus de culture et de croyances si éloignées des leurs. Aucun gouvernement n’a voulu les entendre ni prendre un tant soit peu en considération leurs demandes. Moi-même, je n’imaginais l’étendue de ce mal ni l’état d’exaspération de cette population. Pour dégonfler l’expansion du FN il faudrait revoir de manière stricte la politique de l’immigration, et, dans son sillage, celle de la ville et des banlieues. Ce qui m’a frappé, c’est que deux heures avant le résultat, Marine Le Pen a victorieusement tenu tête à trois journalistes de la presse écrite qui tentaient de la déstabiliser sur LCI. Quoi qu’on pense, que l’on soit ou non d’accord avec elle, elle est sortie victorieuse de cette confrontation. Il y a donc fort à parier qu’hier, elle a pu, en plus de Brignole, engranger au moins un demi million d’intentions de votes pour les élections européennes et municipales. Elle a parlé du coût de revient de l’immigration qu’elle relie à la fois au chômage et à l’insécurité. Il y eut peu de réaction de la part de ses intervieweurs … Cette poussée semble inexorable. Un exemple de la situation psychologique du pays : hier une dame dans un supermarché qui ouvre le dimanche gare Saint Lazare a dit ceci : il faut libérer l’économie pour permettre aux gens qui ont encore un peu d’argent, d’acheter ce qu’ils peuvent acheter.. Vous avez bien lu cette dernière phrase… C’est absolument incroyable. Le gouvernement est en place depuis 17 mois. Que faire ?

  • L'Afrique noire et le Tribunal Pénal International de La Haye

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    L’Afrique noire, incomprise ? De la noyade des réfugiés aux protestations de l’Union Africaine contre le Tribunal Pénal International.

    Je voudrais faire un rapprochement entre deux faits de l’actualité ce matin : d’une part, encore un drame de réfugiés noyés en haute mer entre la Sicile et Malte, et les états de l’Union Africaine qui s’estiment maltraités par le TPI de la Haye qui, selon eux, ne s’en prendrait qu’aux Africains. En gros, ces chefs d’Etat dont la plupart ont été mal élus ou simplement des auteurs de coups d’Etat, accusent le TPI de préjugés racistes… Voire.

    Je ne comprends pas la protestation des ces chefs d’Etat noirs. Ils ont sous les yeux, au moment même où ils protestent, le cas de centaines d’hommes, de femmes et d’enfants qui préfèrent braver une mort quasi certaine dans le fond des océans plutôt que de mener une vie qui n’en est plus une depuis longtemps, dans ces mêmes Etats dirigés par ces mêmes hommes su lesquels planent de graves chefs d’accusation du TPI.

    Où donc se passent les graves restrictions des droits de l’homme, les assassinats politiques, les prises du pouvoir par la violence et tant d’autres choses, sinon dans ces mêmes pays ? A la rigueur, on pourrait évoquer le cas de certains dirigeants russes qui tordent le droit et contournent la loi, mais rien de comparable avec ce qui passe en Afrique et dans certains pays du Proche Orient. Comment voulez vous qu’on inculpe des Finlandais, des Suédois ou des Belges, alors que tous ces régimes sont démocratiques et se soumettent à des élections régulières dont ils acceptent le résultat sans problème ? Les Africains se sont fourvoyés en s’en prenant à une juridiction internationale qui est le seul moyen d’instaurer un tout petit peu de justice et d’équité dans ces pays… C’est à l’unanimité que ces Africains ont soutenu le leader soudanais et le leader kenyan, accusés de crimes très graves. Que la justice passe et s’ils sont reconnus innocents, justice leur sera rendue.

    Je le répète : quels autres pays voient leurs nationaux braver la mort au lieu de continuer à vivre sur place ? Il faut se rendre à l’évidence. Mais lorsqu’on tient un tel discours, bien disposé à l’égard de ces populations accablées par tous les maux de la terre, on prend en pleine figure l’accusation de racisme, etc… Ce n’est pas la bonne méthode d’aider au développement ni de favoriser l’émergence de régimes démocratiques dans ces pays. Certains observateurs vont jusqu’à susurrer  que ces mêmes pays, jadis des colonies européennes, ne sont toujours pas mûrs pour l’indépendance et l’autonomie, plus d’un demi siècle après la fin du colonialisme. Henri Guaino avait bien raison de dire que tous les maux qui frappent l’Afrique ne viennent pas hors d’Afrique… Et vous vous souvenez des protestations qu’une telle affirmation avait soulevées.

    Je reviens donc à ma question initiale : comment faire pour que des populations entièrement déshéritées n’aillent pas mourir cruellement au fond des océans, abandonnées de tous ? Songez qu’en moins d’une semaine, il y a eu plus de quatre cents noyades ! Il y a nécessairement quelque chose à faire. Si les Africains s’en prennent au TPI, qu’ils nous expliquent alors pourquoi leurs populations respectives profèrent mourir sous les flots plutôt que de continuer à vivre chez eux une existence qui n’en est pas une…

    L’Union Africaine a commis une grave erreur. Les citoyens de pays comme le Soudan ou le Kenya ont le droit de savoir si leurs dirigeants actuels ont bien ou mal agi.

    Et cela, seule une cour de justice internationale peut le dire. Même si on ne comprend pas toujours certains revirements de cette haute cour, notamment en ce qui concerne des prisonniers détenus en Libye.

  • Le Front national, encore et encore…

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    Le Front National, encore et encore…

    On a l’impression depuis quelque temps que la politique intérieure française respecte très fidèlement une constante : parler du F.N. puisqu’il n y a rien d’autre, que les élections municipales et européennes n’auront lieu que dans de nombreuses semaines. Même ceux parmi les électeurs qui n’ont pas l’intention de voter pour ce parti commencent à se poser sérieusement la question, d’autant que le premier hebdomadaire de gauche, Le nouvel Observateur consacre sa couverture au FN, devenu, selon un dernier sondage, le premier parti politique de France. Et ce, avec 24 % d’intentions de votes, ce qui place le parti de Marine Le Pen devant l’UMP et devant le PS…

    Essayons de réfléchir sans a priori sur ces chiffres et cherchons à comprendre ce qu’ils reflètent. Il y a d’abord l’effondrement des partis de gauche qui, s’il devait se poursuivre ne manquerait pas de poser un problème de nature constitutionnelle : peut-on continuer de gouverner avec une si faible majorité. La majorité parlementaire a t elle encore une représentativité ? Je ne suis pas un spécialiste de la Constitution, mais si le PS ne se redresse pas, la question se reposera inéluctablement. Comment s’explique cette situation ? Lors de sa campagne électorale, Français Hollande avait affirmé qu’il redresserait le pays sans augmenter les impôts. Or, le pays tout entier hurle vers le ciel contre ce qu’il juge être une fiscalité confiscatoire. De son côté, le gouvernement répond qu’il ne retarde pas la pause fiscalité  de gaieté de cœur et que l’effort doit encore se poursuivre durant au moins deux ans supplémentaires. Cet aveu de vérité est louable mais il est peu probable que la population le supporte encore un peu plus… Face au gouvernement, l’UMP, parti d’opposition , ne sorte pas de sa bataille d’ego et de rivalités de personnes. Le seule canal accessible aujourd’hui n’est autre que le FN qui présente des jeunes gens sans expérience, absolument inconnus mais qui feront d’excellents scores. Pourquoi ? Parce que c’est tout sauf l’UMPS… C’est la dernière trouvaille de Marine Le Pen et cela marche.

    J’ajoute qu’il ne se passe de jour sans qu’ l’on annonce des fermetures d’usines et des mises au chômage : des travailleurs qui ont tout donné durant des décennies apprennent par la radio que leur usine va fermer et qu’il leur faudra changer de vie, de lieu de résidence, d’école pour leurs enfants, etc… Bref, un véritable chamboulement  dans l’existence quotidienne des gens. Face à cela, le FN présente un programme économique que les experts regardent avec des yeux ronds, mais surtout insistent sur deux ou trois points absolument inusables : l’immigration, l’insécurité et la préférence nationale.

    La France a toujours été une terre d’accueil, un havre de paix, un espace de liberté pour tous les opprimés du monde. Mais aujourd’hui, elle n’a pas pu assimiler tout le monde car l’immigration sur son sol n’est plus majoritairement européenne. Ce matin encore, on pouvait suivre sur BFM TV un reportage sur des trafiquants de drogue en plein air dans le 93. Les habitants  français de cette cité disaient leur exaspération et dénonçaient l’inaction des forces de l’ordre… Comment voulez vous que ces pauvres gens ne se tournent pas vers porte d’accès qui leur promet de mettre bon ordre dans tout cela ?

    Quand on leur dit que Marine Le Pen ne pourra pas réaliser son programme économique, ni sortir de l’Euro ni même renvoyer chez eux ceux des étrangers qui viennent ici, attirés par ces pompes aspirantes que sont les minima sociaux, ils répondent que les socialistes, non plus, n’ont pas présenté un programme fiable et qu’ils font le contraire de ce qu’ils ont promis…

    Que faire, ou plutôt que penser, puisque tous les leviers ne répondent plus et aucun bouton sur lequel on appuie ne produit plus aucun effet ?

    J’avoue mon ognorance.

  • Mais quelle mouche a piqué François Fillon?

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    Mais quelle mouche a bien pu piquer François Fillon ?

    Après, on se demandera d’où vient la désaffection qui frappe la politique depuis tant de décennies ? On se demandera aussi pourquoi un nombre de plus en plus d’électeurs refusent d’accomplir leur devoir électoral ? La réponse est là, sous nos yeux : le combat politique a changé de nature avec l’active complicité de la presse qui en fait ses choux gras.

    Le dernier exemple de ce qu’il ne faut pas faire nous est livré par l’ancien Premier Ministre Fillon Fillon qui rue dans les brancards et pense pouvoir supplanter son ancien patron en tirant sur lui à boulets rouges dans la presse. Hier soir, le journaliste de Valeurs Actuelles qui l’a interviewé a révélé des détails un peu gênants. M. Fillon aurait sollicité la direction de cet hebdomadaire afin de faire la couverture d’un prochain numéro. Il fait l’interview, mais sans révéler qu’il faisait coup double et quil avait déjà dit des choses au JDD… Ce qu’apprenant, Valeurs Actuelles décide en quelque sorte de se venger et de révéler ce que les journalistes nomment le OFF, c’est-à-dire ce qui a été dit sous couvert de la confidentialité…

    Je parle ici de François Fillon même si j’ai pour cet homme un certain respect mais il y en a d’autres, beaucoup d’autres qui placent le combat des egos devant le combat d’idées. En règle générale, les hommes politiques nous déçoivent car ils se battent plus pour leur situation personnelle que pour les idées qu’ils exposent le jour de leur campagne électorale. Un certain cynisme s’est emparé des hommes politiques qui considèrent que nous évoluons dans un monde sauvage où la seule valeur qui est celle-ci : se faire élire et profiter de tant d’avantages. Une telle mentalité nous conduira tout droit au fascisme.

    Une autre catégorie de politiques nous a tous déçus, il s’agit de ces prétendus écologistes qui voulaient faire de la politique autrement et qui s’accrochent à leurs demi maroquins, avalent toutes les couleuvres possibles et imaginables, mais restent au pouvoir tant les places sont bonnes. Je me surprends moi-même en écrivant ce que j’écris, mais comment en serait-il autrement ?

    Voyez ces personnes à l’allure de concierges de banlieues, ces élus à l’allure de commis de coiffeurs qui ne rêvent que d’une chose : être sur les plateaux de télévision, sur les radios, dans les journaux, etc…

    C’est probablement ce triste constat qui a poussé François Fillon a descendre ainsi dans l’arène. C’est regrettable. Cela le dessert et cela compromet la politique.

    Mais d’un autre côté, aurait il des chances d’aboutir s’il n’agissait pas de la sorte ?  La nature humaine étant ce qu’elle est, on ne la changera pas. Or, ce sont des hommes et des femmes qui font de la politique…

  • Nicolas Sarkozy, les dessous d'un non lieu

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    Nicolas Sarkozy, les dessous d’un non-lieu

    Il n’est nullement question ici de s’en prendre à l’institution judicaire ni même à ceux qui sont chargés de la servir. Il n’est pas question, non plus, de dilapider le reste de confiance et de capital de sérénité que l’on est censé placer dans la justice d’un pays. Mais tout de même, une fois ces deux ligne-frontières bien délimitées, on ne peut pas ne pas se poser des questions sur le comportement de la machine judicaire.

    Commençons par le commencement :Nicolas Sarkozy a été haï par un certain nombre de corps constitués qu’il avait voulu moderniser et les membres de ces catégories ont considéré cette action comme une agression délibérée. Ce fut notamment le cas des juges dont l’ancien président ne pensait pas le plus grand bien. Il avait peut-être été excessif, ce que les juges ne lui ont pas pardonné.

    Enfin, il y eut les résultats de l’élection présidentielle : malheur aux vaincus disaient les Romains… Et voilà que l’on exhume un certain nombre de dossiers qui commencent à fuiter, comme on dit aujourd’hui, dans la presse. Mais soyons sérieux : voit-on un candidat à la magistrature suprême, s’introduire chez une dame à l’âge canonique pour lui soutirer de l’argent en vue de financer sa campagne électorale ? C’est pourtant le chef d’accusation retenu par les juges. Je ne suis pas juriste, je n’ai pas eu connaissance du dossier, mais outre le fait que cela est très malaisé à prouver, une telle charge, si elle avait été retenue, eût durablement désacralisé la fonction et, surtout, tous les anciens présidents de la République auraient eu à faire face à des juges qui ne sont pas vraiment dans le vif du sujet quand il s’agit d’assumer le pouvoir exécutif.

    Que l’on me comprenne bien ou plutôt que l’on ne se méprenne pas sur le sens réel de mes propos : il n’est pas question, je le répète, de s’en prendre aux juges, mais simplement de rappeler que c’est le président de la république qui est le gardien des institutions, ce qui ne le met pas à l’abri des poursuites à la fin de son mandat, si toutefois, les charges étaient avérées. Visiblement, ce ne fut pas le cas et ce sont les mêmes juges instructeurs qui le reconnaissent. La question qui se pose est alors : pourquoi cette mise en examen ? N’a-t-on pas cédé à l’instinct de vengeance mais au moins au désir de revanche ? Durant les mois écoulés, la France entière, voire le monde entier, ont entendu parler de cette accusation (abus de faiblesse !!) particulièrement déshonorante… On veut bien croire en l’expertise et en l’impartialité des juges, mais pourquoi se sont ils soudain ravisés, d’autant que N. Sarkozy est le seul à bénéficier de ce non-lieu qui est une divine surprise pour le principal intéressé… Justice sélective , traitement asymétrique ?

    J’avoue ma perplexité de philosophe. Je suis convaincu de l’honorabilité absolue du corps judicaire et les radiations pour malhonnêteté dans ce grand corps de l’Etat sont rarissimes. J’ai entendu des juges à la télévision menacer de poursuites des députés qui s’en prenaient violemment à eux. Mais ce n’est pas ainsi que l’on doit agir : on explique, on raisonne, on cherche à convaincre, à expliciter le mécanisme judiciaire, on ne menace pas les élus de la nation… Il m’a semblé alors que le pouvoir judiciaire cherchait à freiner, voire à prendre le dessus sur le pouvoir législatif et exécutif… Est-ce bien ? Je ne le crois pas. Certes, je ne revendique pas pour les anciens présidents ou pour les anciens ministres une justice spéciale, mais tout de même ! Souvenons nous du calvaire enduré par certains lors de l’affaire du sang contaminé, toutes ces années à traîner ces mises en examen comme un boulet. Je n’oublie pas non plus les souffrances des familles des victimes…

          Si on revient au cas de Nicolas Sarkozy, je n’arrive pas à trouver de solution : les juges ont, dans leurs attendus du non lieu, reconnu que les charges et les indices étaient trop ténus pour pouvoir se muer en accusations.. Dont acte. Mais pourquoi avoir mis tout ce temps à l’établir ? Une personnalité du ministère m’avait dit un jour en parlant de ses collègues qu’avant de mettre en examen il fallait réfléchir, et non l’inverse. Certains esprits vont jusqu’à émettre l’hypothèse que les motivations ayant conduit à innocenter l’ancien président sont diverses et variées. Qu’est ce qui se cache derrière une telle formulation ? Je ne dispose d’aucun moyen pour le savoir et il est risqué d’avancer des spéculations.

          Je renvoie, par contre, au vieil adage latin fiat justicia, pereat mundus : que la justice soit, le monde dût il en périr. Les philosophes allemands se sont saisis de ce mot et ont émis la réflexion suivante : l’homme, écrivait Aristote dans l’Ethique à Nicomaque, est un animal social, il ne peut vivre que dans le cadre social. Or, pour régler les relations entre les humains, il faut des règles et la justice est là pour cela. Mais la justice ne doit pas perdre de vue que l’idéal social dont chacun rêve , c’est le bonheur, et si cette justice le menace au point de le rendre inatteignable, elle ne joue plus son rôle. La rigueur implacable du jugement n’est concevable que dans la justice divine.

                                La justice humaine en est très loin. Un ancien premier vice président de la cour de cassation avait dit un jour, dans sa grande sagesse, en s’adressant à ses jeunes collègues : nous devons rendre la justice les mains tremblantes…… Et ce grand humaniste, bien que juriste, ajoutait : la personne assise en face du juge, celle que l’on prétend juger est un autre moi-même………

                               Emmanuel Levinas ne disait rien d’autre en s’exclamant : mon moi, ce sont les autres… Si tous en tenaient compte, il y aurait moins d’erreurs judiciaires.

  • La montée du Front National

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    La montée du Front National dans le Var

     

    Comme on le disait dans un précédent article, le FN connaît une poussée inexorable. Et ceci n’est pas à porter à son crédit actif, je veux dire qu’il lui suffit de se laisser porter par cette puissante vague de mécontentement qui domine aujourd’hui en France. Certes, Brignoles est une petite commune du Var. Mais c’est aussi un signe avant coureur, un syndrome= ce qui va se passer aux élections municipales n’est pas très encourageant pour les grands partis que sont le PS et l’UMP.

     

     

     

    Alors comment en sommes nous arrivés là ? Il est évident que la politique, notamment fiscale, menée par le gouvernement actuel, explique beaucoup de choses. Imaginez vous une simple famille française traditionnelle, ne vivant pas des minima sociaux, qui rentre de vacances, vacances modestes mais tout de même ; et qui trouve un montant exorbitant d’ipôts à payer. Et ensuite, ce sont les impôts locaux et la taxe d’habitation, et pour finir les vacances de la Toussaint ! Cette famille ne pourra pas supporter cet excès de charges. Les entreprises sont elles aussi touchées. Et pour couronner le tout, il y a cette cacophonie des ministres, cette indécision au sommet… Comment s’étonner de la désertion des électeurs des grands partis, ceux l) mêmes qui ont été balayés au premier tour ?

     

     

     

    Il faut bien comprendre que ce n’est pas le FN qui progresse grâce à je ne sais quel programme apte à guérir la France de tous ses maux : l’immigration, la criminalité, le chômage et la crise civilisationnelle… Le FN progresse pour une seule raison : l’inaction des politiques qui n’osent pas affronter la réalité et ne nomment les choses par leur nom.

     

     

     

    Quand tous les sondages montrent sans l’ombre d’un doute que les gens ne supportent les Roms ni l’immigration subie, les vols, les incivilités, il convientde prendre des mesures ad hoc. Pourquoi Manuel Valls est il plébiscité à plus de 70% alors que le reste du gouvernement est nettement plus bas ? Pour la bonne raison qu’il est, lui, à l’écoute de la base et des préoccupations quotidiennes des Français.

     

     

     

    Ce matin, un journaliste signalait qu’on était à 150 jours des élections municipales… C’est très peu, beaucoup trop peu pour redresser la barre. Au lendemain du second tour des élections municipales de2014, le paysage électoral français sera constellé d’élus du FN. Et il faudra faire avec. Ils prendront des mesures qui marqueront une changement. Sera t il bon ? Je ne le sais pas. Mais cette fois ci, le FN ouvrira une page nouvelle de son histoire. Qui sait, peut-être le conduira t elle à une mutation de sa ligne et de son programme. Une chose est sûre : la France glisse lentement mais sûrement vers la droite.

     

  • Titre de la noteLes opérations commando US l'Amérique se réveille?

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    Les opérations commando US contre les terroristes islamistes

     

     

     

    Les USA sortiraient-ils de leur léthargie qui fut vivement dénoncée en raison, il y a peu, de leurs atermoiements concernant la Syrie ? Ce n’est pas impossible et il est sûr que c’est l’Etat major des forces armées US qui a dû forcer un peu la main d’un président dans l’expectative. Et comme ces deux opérations lancées à la fois en Libye et en Somalie semblent avoir été un succès, cela ne va pas manquer de redorer le blason d’une Amérique critiquée de toutes parts pour son inaction.

     

     

     

    Ce qui frappe le plus, c’est que patiemment la CIA a retrouve le responsable des attentats contre les ambassades de Tanzanie en 1998. Les terroristes se voient infligés une grave leçon par les USA : ceux qui attaquent l’Amérique seront pourchassés jusqu’à leur capture ou leur neutralisation. C’est ce dernier sort qui semble avoir été réservé à l’homme recherché lors du raid en Somalie.

     

     

     

    Il semble que ces deux raids aient aussi un arrière-plan purement politique et aussi stratégique. Le monde ne pouvait pas rester sur cette impression d’un fiasco américain. Les alliés des USA commençaient à se poser de sérieuses questions sur la crédibilité militaire de leur protecteur. Ils doutaient même du sérieux des USA, surtout après l’offensive de charme des Iraniens. Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais au moins les USA ont enfin apporté la preuve qu’on ne les attaque pas impunément et que, comme ils l’ont fait pour Ben Laden, ils sont capables de se faire respecter et de châtier ceux qui menacent leur sécurité/

     

     

     

    Il y a aussi le contre coup médiatique : pendant des semaines, voire des mois, les journaux du monde entier vont couvrir ce procès du chef d’al-Qaida capturé. L’Amérique de M. Obama redonner donc l’impression d’une nation debout qui se bat et se venge de ses agresseurs.

     

     

     

    Dans un sens, cela est rassurant et montre que le bon sens a fini par l’emporter à Washington.

     

  • Le drame de Lampedusa aurait-il pu être évité?

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    Le drame de Lampedusa

     

     

     

    On fait rarement le rapprochement, mais voilà l’un des ingrédients majeurs du terrorisme qui menace le monde civilisé : la misère qui se trouve aux portes de l’Europe et du monde libre occidental. La vie est si dure, si impossible dans un nombre croissant de pays que des gens sont prêts à tout pour rejoindre des rivages qu’ils croient plus accueillants et des cieux qu’ils s’imaginent plus cléments. Et voilà le résultat. Il est dramatique. Le pape François a été bien inspiré de parler de honte et de décréter une journée de pleurs. Dans le talmud, on dit que lorsque D) est en colère contre l’humanité, il se barricade au ciel afin qu’une prière, aucun acte de contrition d’aucune sorte ne puisse l’atteindre et le ramener à de meilleurs sentiments. Mais, dit-on, une voie d’accès reste praticable, celle des larmes (sha’aré dim’a lo nin’alou).

     

     

     

    Mais que peut faire l’Europe, que peut faire l’ONU contre la malgouvernance, la corruption, le népotisme, les détournements des aides de toutes sortes ? Certains pays d’Afrique du nord ou de l’ouest sont plus riches en minerais et en ressources, et aussi en réserves d’or et de devises étrangères, et pourtant leur jeunesse ne rêve que d’une chose : partir, car sur place on ne leur offre aucune perspective d’avenir. Mais ces laissés pour compte ont, dans leur misère, au moins une chose ; une antenne parabolique qui leur montre une société d’abondance, des femmes belles et désirables, des enfants en bonne santé, un régime démocratique, un système de santé à leur portée, bref tout ce dont ils rêvent chaque jour que D- fait.

     

     

     

    Pour éviter durablement de tels drames, il faut agir de l’intérieur, sur place, fixer les gens chez eux,, mais cela prendra du temps et il faudra des décennies d’aide renforcée pour que la situation change vraiment. Et pendant ce délai nécessaire à une amélioration, il y aura d’autres drames, d’autres victimes, car les gens vivant dans la msière ne peuvent pas attendre continuellement.

     

     

     

    Cela me remet un souvenir en souvenir : il y a quelques années, lors de la journée du livre des auteurs du XVIe arrondissement, jétait assis à côté d’une dame rwandaise qui s’était parfaitement intégrée en France, mariée et m !re de deux enfants charmants qu’elle m’a présentés en présence de leur père. Elle m’a expliqué que l’Europe aura beau s’entourer d’un limes encore plus perfectionné que celui des Romains, les populations affamées, déshéritées viendront braver tous les dangers, voire mourir aux portes de l’Europe, mais elles viendront car rien ne pourra les arrêter. Cette discussion m’avait sécoué au plus profond de moi-même. Mais que faire ? Même les gouvernements les plus à gauche d’Europe n’envisagent pas d’ouvrir les portes de leurs états à ces populations. La seule solution praticable est de les fixer chez elles en leur concédant des conditions de vie décentes. Il n y a aucune aucune autre solution. Par contre ; il est une mesure que l’on pourrait mettre en application immédiatement, même si elle limite un peu less droits des personnes : contraindre les élites africaines, une fois formées en France, à revenir chez elles pour soulager le fardeaux de leurs concitoyens restés sur place.

     

     

     

    Mais qui osera vraiment le faire ?

     

  • Le Front NAtional

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    La nature du Front National ?

     

     

     

    Depuis la publication d’un très récent sondage plaçant Marine Le peine en troisième position, avec trente-trois pour cent d’opinions favorables, juste derrière Nicolas Sarkozy, la question est sur toutes les lèvres. Mieux : depuis hier la présidente du F.N. fait part de son intention de poursuivre en justice tous ceux qui utiliseraient l’expression parti d’extrême droite pour parler de son mouvement. La question se pose donc : Est ce que le F.N. est un parti d’extrême droite ou bien qu’est il au juste ? Puisque les partis dits traditionnels le jugent essentiellement (au sens philosophique du terme) différent d’eux depuis sa création.

     

     

     

    Pour juger de la nature d’un parti politique ou de tout autre phénomène socio-politique ou culturel il faut se pencher sur ses fondements idéologiques et sur le programme qu’il entend promouvoir s’il venait à exercer le pouvoir.

     

     

     

    Depuis que j’étais jeune étudiant à la Sorbonne, je voyais des affiches dénonçant ce parti qui, selon ses détracteurs, promouvrait des idées d’extrême droite, en l’occurrence une certaine xénophobie, un repli sur soi, le rejet de tout ce qui ne lui ressemblait pas, bref une volonté de rester entre soi et de préserver la France de deux choses, l’immigration incontrôlée (on dit aujourd’hui : choisie) et la criminalité puisque l’on semblait établir un rapport de cause à effet entre ces deux points. Le F.N. avait alors, à la suite d’autres défunts parti de l’entre deux guerres, adopté un slogan très porteur : la France aux Français. Mais peut on puiser chez les adversaires d’un parti politique la bonne définition de sa nature ? C’est un peu comme si on voulait déterminer la nature de la gnose valentinienne d’après des citations de son ennemi juré, Clément d’Alexandrie ?

     

     

     

    Le problème est qu’aujourd’hui ces deux thèmes (immigration, insécurité) sont repris par un nombre croissant de Français qui voient en Marine Le Pen une femme d’avenir, une dirigeante prometteuse ;  il ne sert donc à rien de chercher à la diaboliser comme on le fit stupidement pour son père. Si l’on veut que cela change, il suffit de prendre les mesures souhaitées ardemment par de plus en plus de Français. Or, les partis traditionnels, ceux là mêmes à l’aune desquels on classe le FN à l’extrême du spectre poltique, n’ont pas agi, peut-être par crainte, peut-être par ignorance ou simplement parce qu’ils pratiquaient une politique de l’autruche. Mais leurs électeurs qui les quittent vivent chaque jour que Dieu fait les mêmes problèmes d’insécurité, d’incivilité, en une phrase se trouvent confrontés à des situations intolérables sans que les autorités, qu’elles soient de droite ou de gauche, ne réagissent.

     

     

     

    Tous les gouvernements successifs, toutes tendances politiques confondues, ont échoué dans leur politique de la ville. Les petites gens qui peuplaient jadis les banlieues ne sortent plus de chez elles et voient prospérer au grand jour des trafics en tous genres ; elles sont même parfois contraints de déménager suite aux exactions de malfaiteurs d’origine étrangère. Et ces mêmes citoyens ne trouvent personne vers qui se tourner, si ce  n’est ce même parti qui semble, par ses discours et ses slogans, prendre leurs protestations en considération.

     

     

     

    La question n’est donc plus, est ce que le F.N. est un parti d’extrême droite mais plutôt comment s’est opérée cette lepenisation (Robert Badinter) des esprits au point que plus d’un Français sur quatre se dit prêt à accorder son suffrage à Marine Le Pen ? Peut-on encore parler d’extrémisme lorsque le corps électoral d’un pays démocratique comme la France se trouve dans une telle situation ? Comment se fait-il que certains Français de souche (voici un néologisme qui a fait florès) disent ne plus se sentir chez eux dans certaines régions ou banlieues du pays ? Et surtout, comment se fait-il qu’un ministre de l’intérieur, particulièrement lucide, soit si populaire, même dans des milieux de droite ou du centre droit, alors qu’il appartient depuis des années au parti socialiste ? L’explication est que, comme l’affirme l’intéressé en personne, la sécurité, l’ordre public, la bonne gouvernance, ne sont ni de droite ni de gauche, mais relèvent d’une analyse saine et objective de la situation.

     

     

     

    Partant, la question semble mal posée, c’est la société qui semble, dans des proportions plus grandes, appeler de ses vœux une politique plus ferme, voire autoritaire, en vue de remédier à une situation qu’elle juge inacceptable.

     

     

     

    Le problème n’est pas la nature de tel ou tel parti mais l’état de la société. Tout le monde se souvient de l’infléchissement, on a parlé de droitisation, de la campagne de M. Sarkozy quelques semaines seulement avant le vote : et un tel changement avait permis à l’ancien président d’améliorer un petit peu son score…  L’explication est simple même si elle est un peu inquiétante : une fraction plus importante du corps électoral a été sensible à ce changement de ton.

     

     

     

    En somme, le F.N. qui s’en est tenu, durant des décennies, à un comportement purement protestataire, veut aujourd’hui et de manière claire, assumer le pouvoir, voire exercer des responsabilités gouvernementales. Et au train où vont les choses, ce n’est pas un débat académique sur la sémantique qui l’en empêchera.