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  • MESSIANISME ET RÉDEMPTION DANS LA BIBLE

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    MESSIANISME ET RÉDEMPTION DANS LA BIBLE

    CONFÉRENCE DU JEUDI 14 JUIN 2012

    A LA MAIRIE DU XVIE ARRONDISSEMENT DE PARIS

    Par Maurice-Ruben HAYOUN (MRH)

    Préliminaires :

    Comment et pourquoi ces deux notions sont-elles nées ?

    Elles revêtent une importance capitale dans le judaïsme et le christianisme.

    Il faut remonter aux origines de l’histoire de ces deux grandes religions pour le comprendre

    Dans les tout premiers chapitres du livre de la Genèse, on nous présente une origine idyllique de l’univers et de l’humanité : C’est un D- tout puissant qui crée l’univers à partir du néant. Au terme de sa création du monde physique, il constate qu’il n’y a pas d’homme pour cultiver et travailler la terre. Il crée donc un ADAM androgyne et l’installe dans un paradis, appelé le jardin d’Eden. Au début, on ne voit qu’Adam, c’est seulement ensuite qu’apparaît Eve car, là aussi, la divinité s’est rendu compte que l’homme ne devait pas rester seul. Il crée une femme à partir de la côte de l’homme qu’il avait préalablement plongé dans une profonde léthargie.

    Mais ce tableau idyllique va subir un grave dommage lorsque le serpent, incarnation de l’esprit du mal, convainc Eve de transgresser l’interdit divin de consommer le fruit d’un arbre, pourtant proscrit par l’Eternel. Cette faute entraîne l’expulsion du paradis, la chute d’Adam qui perd sa nature angélique exclusivement bonne. Et positive. Le mal a fait brusquement irruption dans le monde.

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  • Crimes contre l’humanité en Syrie

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    Crimes contre l’humanité en Syrie

     

    Rien n’arrêtera donc les crimes du régime syrien. On vient d’apprendre que els soldats de l’armée régulière placent des enfants et des petites filles devant les vitres de leurs engins blindés afin de s’en servir comme de boucliers humains.

     

    Avant d’écouter Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, j’avais su, grâce à al-jazeera, que les hommes de main du régime enlevaient des enfants des deux sexes pour s’en servir comme boucliers. C’est absolument abject et l’on comprend l’indignation des autorités tant françaises qu’américaines.

     

    Madame Clinton a haussé le ton face aux Russes qui seraient en passe de livrer au régime syrien des hélicoptères de combat pour réduire toujours plus les insurgés. J’ai aussi entendu un porte-parole de l’Armée syrienne libre que la Russie étaient considérée désormais comme l’ennemi numéro 1 du peuple.

     

    On ne comprend pas l’attitude de M. Poutine si ce n’est en faisant le raisonnement suivant : lorsqu’il regarde ce qui se passe dans le monde arabe et chez son allié syrien, M. Poutine établit un lien, consciemment ou inconsciemment entre ces troubles et ce qui s’est passé en Tchétchénie. Il pense aussi au Caucase russe. Mais surtout, il est tétanisé par la vague de contestations qui s’amplifie chez lui, à Moscou, sous les fenêtres du Kremlin.

     

    Le peuple russe qui a une culture et une grande histoire ne devrait pas permettre que son gouvernement devienne l’allié d’un régime barbare. Mais ce frappe le plus, c’est l’impuissance de l’ONU.

  • La très belle garden party du Saint-James Paris, hier

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    La très belle garden party du Saint-James Paris, hier

     

    Connaissez vous ce très bel et très distingué établissement, le Saint James Paris, affilié depuis quelques années à la chaîne des relais & châteaux ? Situé à égale distance du Trocadéro et de l’arc de triomphe, Il donnait hier dans ses jardins et ses splendides salons (le bar du Saint-James contient encore les livres de Thiers) entièrement rénovés, la garden party annuelle, réservée à tous ses membres.

     

    Même la pluie qui se mit à tomber dès l’ouverture de la réception, n’a pas réussi à gâcher l’ambiance festive. Le directeur du Saint James, M. Yves MONNIN, habillé pour la circonstance en marquis et exhibant un magnifique volatile apprivoisé, avait bien préparé les choses, imité en cela par un personnel souriant et stylé, comme d’habitude dans ce prestigieux établissement.

     

    Christian et Pascal, les deux concierges de l’établissement, ainsi que la quasi totalité du personnel, étaient, eux aussi déguisés et ce fut très agréable de les saluer dans cet appareil un peu inhabituel. J’ai ainsi pu revoir, mais en tenue de ville cette fois-ci, un bon nombre de sportifs de ce club qui s’entraînement dans la même salle de gymnastique que moi… D’habitude, bous sommes tous vêtus d’un jogging et chaussés de baskets ou de tennis. Sans même parler des dames qui étaient alors vraiment méconnaissables mais toujours très élégantes.

     

    Ce fut une très belle fête, très animée, avec des attractions de qualité, d’immenses tortues, des paons juchés sur des échasses et faisant la roue pour la grande joie des jeunes et des moins jeunes, des dames arpentant gracieusement les couloirs et les allées dans des costumes d’époque, et, le plus important, peut-être, de somptueux buffets regorgeant de mets raffinées. Le champagne, très frais et abondant, était de qualité. Personnellement, j’ai bien apprécié (pour accompagner ce champagne) les petits gâteaux au fromage, notamment au chèvre et au roquefort , ainsi que les crèmes glacées, surtout au chocolat…

     

    Mais le clou du spectacle, mis à part l’orchestre et les danseurs, fut le passage parmi les convives d’un alligator pesant, m’a-t-on dit, 55 kilogrammes ! Suivi de près par son maître dresseur, le crocodile, long de plus d’un mètre et demi, n’était ni muselé ni tenu en laisse. Il avançait, hébété par les flashs des appareils et le bruit des tambours… A un moment donné, il a essayé de dévier de sa trajectoire, conduisant son maître à le porter à bout de bras jusque dans les jardins…

     

    Cette fête fut très réussie du début à la fin. Tous les convives ont passé quelques heures à ne penser à rien, à discuter les derniers événements du jour, notamment un certain twitt, mais rien n’a pu contrarier la bonne humeur et la joie d’être là.

     

    On peut, sans façons, adresser à la direction du Saint James et à tout son personnel, des félicitations très méritées : l’époque que nous traversons rend ce genre de manifestation aussi indispensable que l’air que l’on respire.

     

    Alors, l’an prochain au Saint James Paris…

  • Pitié, grâce pour le président Hosni Moubarak

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    Pitié, grâce pour le président Hosni Moubarak

     

    Oui, il faut user de grâce et de mansuétude envers le vieux Raïs déchu qui ne saurait être tenu responsable, exclusivement, de la manière dont les troubles de février dernier ont été réprimés en Egypte. Certes, comme tous les potentats orientaux, il a exercé le pouvoir avec une forte dose d’autoritarisme et n’a pas vraiment respecté le libre choix des Egyptiens. Mais que l’on nous cite, de grâce, un seul pays de cette nature, ayant respecté peu ou prou les règles démocratiques… Le vieux Raïs a accordé à son pays une grande stabilité politique, lui a redonné un regain d’honorabilité sur la scène internationale, optant pour un rapprochement déterminé avec l’Occident.

     

    On ne peut pas effacer d’un seul trait de plume les centaines de manifestants (un peu moins de 900), morts dans les rues sous les balles des forces de l’ordre. Mais comment fallait-il réagir, sous un tel régime, devant la montée en puissance des manifestations qui menaçaient de tout emporter ? C’est vrai, ce fut un drame, mais est-il glorieux de laisser mourir dans une cellule un homme qui a tout de même mis toute son énergie pour la défense de son pays ?

     

    Aujourd’hui, les clameurs qui réclament son exécution confondent justice et vengeance. Mais je le répète, je comprends fort bien la peine de ceux dont les pères, les frères, les sœurs et les fils sont tombés sous les balles des forces de l’ordre. Il ne faudrait pas que cette révolution égyptienne eût, elle aussi, du sang sur les mains. Nul ne comprendrait qu’on laissât mourir dans une cellule exiguë et surchauffée (il est incarcéré au sud du Caire où la chaleur est étouffante en cette saison) un vieillard malade, affecté par une double détresse cardiaque et respiratoire. J’ai entendu dire qu’il refusait de s’alimenter et que ses médecins l’avaient réanimé à deux reprises, suite à un arrêt cardiaque. Il est en proie à une grave dépression et accuse ses anciens collaborateurs, les généraux, de vouloir le tuer…

     

    Sa famille demande qu’on l’admette dans un hôpital afin qu’il reçoive les soins nécessaires mais les généraux hésitent, craignant qu’une telle mesure humanitaire ne provoque de graves émeutes qu’il faudrait ensuite réprimer, ce qui accroitrait le nombre de morts et relancerait le cycle infernal.…

     

    Suprême supplice pour cet homme, véritable pharaon d’Egypte durant plusieurs décennies, et qui se retrouve, aujourd’hui, seul, emprisonné, abandonné de tous alors qu’il fut à l’origine de la promotion de tous ces hauts gradés de l’armée, seule maîtresse du pays.

     

    Il faut gracier cet homme qui, en tout état de cause, aura une fin amère, de chef d’Etat aux pouvoirs absolus le voici devenu un objet odieux pour tout son peuple.

     

    Par delà ce cas individuel, l’armée risque d’avoir encore des jours très difficiles devant elle. Favorisera-t-elle le dernier premier ministre du Raïs déchu, Ahmed Chafiq ? Ou tolérera-t-elle la victoire de M. Morsi, dont l’élection plongerait tout le pays dans le chaos ?

     

    Nous souhaitons beaucoup de courage aux membres du Conseil suprême des forces armées.

  • Les leçons d’un scrutin.

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    Les leçons d’un scrutin.

    La gauche l’a incontestablement emporté. Les deux concepteurs ou inventeurs de cette victoire presque éclatante sont assurément le président de la république et son premier ministre. Il suffit de comparer leur style à celui du président défait pour s’en convaincre : pas de tintamarre médiatique, pas d’envahissement des écrans de télévision, pas de narcissisme étouffant les autres, mais, au contraire, un silence assourdissant, mais bien pensé et contrôlé de la part du nouveau couple de l’exécutif, autant de qualités qui ont cruellement fait défaut à l’ancien locataire de l’Elysée qui n’écoutait que lui-même, n’en faisait qu’à sa tête et était, comme l’aurait dit le regretté Raymonde Barre, «frappé d’incontinence médiatique». Au vu des résultats déjà connus, et qui seront amplifiés par le second tour, bipolarisation oblige, l’ancien président aura tout le temps qu’il faut pour méditer sur les causes de son échec.

     

    Au plan général, le PS s’en sort très bien puisqu’il aura certainement la majorité à lui seul, ou à quelques unités près, se dégageant ainsi de l’emprise étouffante du front de gauche qui menaçait de lui forcer la main et réduisant au strict minimum les ambitions des verts et de leur tête de file qui réclamait rien moins que la légalisation du cannabis, une mesure que la prudence empêchera le président de la République de prendre… François Hollande a eu tout le temps de méditer sur l’essence politique profonde de la France : il sait que ceux là mêmes qui l’adulent aujourd’hui furent, il y a deux ans ou moins, de chauds partisans de son adversaire. Les Français sont assez imprévisibles et le président a sûrement entendu parler de la loi des deux ans…

     

    En conclusion, le gouvernement actuel avec à sa tête le premier ministre Jean-Marc Ayrault, pourra appliquer sa politique, sans crainte ni opposition véritable, et surtout sans risque de zizanie dans son propre camp. Ce qui nous conduit à voir les résultats plus en détail et sur un plan individuel.

     

    Passons en revue le sort de quelques têtes d’affiche : le premier à mordre la poussière et avoir tout perdu n’est autre que Jean-Luc Mélenchon. Grisé par ses fugaces faveurs médiatiques, ayant perdu la tête depuis ses rassemblements apparemment gigantesques à la Bastille et à Toulouse, il est sévèrement distancé par son ennemie jurée Marine Le Pen et a dû presque piteusement reconnaître sa défaite sur un ton pathétique. Même le parti communiste auquel il a servi de bouée de sauvetage va revoir son attitude à son égard. M. Mélenchon a eu tort d’adopter son ton offensif et arrogant, cette brutalité envers les journalistes et tous se adversaires. Et surtout, il a cru que le PS le laisserait constituer une menace pour sa majorité parlementaire.

     

    En fait, toute la subtilité de l’analyse politique de François Hollande a consisté à ne pas heurter frontalement des alliés encombrants tout en contrôlant leur montée en puissance.

     

    Marine Le Pen a incontestablement marqué des points, et en tout premier lieu, contre son adversaire à Hénin-Beaumont. Sera-t-elle élue ? Ce n’est pas à exclure, surtout si certains à l’UMP venaient à traverser le Rubicon ou le Jourdain…

     

    Deux autres cas, fort dissemblables mais assez intéressants, se présentent à nous, François Bayrou et Ségolène Royal. Le premier va probablement disparaître de la vie politique nationale, dès la semaine prochaine. C’est un peu regrettable mais c’était prévisible, l’homme a désarçonné ses amis et ses partisans en votant pour François Hollande. Certes, il a fait preuve de sagesse et de prévoyance politiques, mais cela n’a pas été compris par ses électeurs qui lui en font payer le prix aujourd’hui. Il y a chez François Bayrou qui est un homme intelligent une sorte de vision mystique, d’élan de l’âme, qui peuvent se révéler catastrophique dans la vie politique. En politique, il n y a pas de place pour un Maître Eckhard ni un François d’Assise…

     

    Reste le cas de Ségolène Royal qui est vraiment menacée à La Rochelle. Voici une femme politique qui a fait ses preuves contre l’ancien chef de l’Etat, qui avait envoyé au tapas des poids lourds comme DSK et Laurent Fabius, mais qui est menacée, de l’intérieur, par une candidature dissidente. Aurai –je la cruauté d’insinuer que certains aux PS ne seraient pas marris qu’on lui fît une mauvaise manière, ce qui libérerait la présidence de l’assemblée nationale ? Ce serait effectivement triste de voir cette femme dynamique et encore jeune ne pas intégrer l’assemblée nationale. Gageons que le père de ses enfants saura se saisir de son téléphone et trouver les bons arguments pour convaincre un «camarade» récalcitrant…

     

    Au terme de cet article, je m’interroge sur ce que la politique peut apporter à la philosophie et ce que cette dernière peut vraiment en attendre. Les élections gagnées, cela tient à si peu de choses. La politique est l’art de l’instantané, du fugace, la philosophie est lancée depuis des temps immémoriaux dans la recherche du vrai. Mais quelles sont les relations entre la politique et la vérité ? La première des conditions est de tenir ses promesses, et la seconde de dire la vérité sur l’état du pays.

     

    Gageons que François Hollande et Jean-Marc Ayrault voudront le faire. En tout état de cause, nous l’espérons pour la France et pour l’Europe.

  • Les Français, saturés de politique…

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    Les Français, saturés de politique…

     

    C’est un fait absolument indiscutable : il y a en France une cascade d’élections, au point que l’on envisage de réunir en une seule journée plusieurs types de vote (législatives, municipales et présidentielles). Il faut dire aussi que les institutions de la Ve république ont fait de l’élection présidentielle la clef de voûte des institutions, rendant secondaires toutes les autres consultations électorales.

     

    C’est la seule façon d’expliquer le caractère atone des élections législatives qui débutent ce dimanche. Résumons la situation : il y eut les primaires socialistes qui sont loin d’avoir été un échec. Ensuite, il y eut l’élection présidentielle proprement dite avec une campagne fracassante au point que les Français n’attendaient plus qu’une chose : c’est que tout cela s’arrête… Et voici que moins de trois semaines après cette élection majeure, on redemande aux Français de se mobiliser et d’aller voter…

     

    Or, une telle proximité temporelle ne peut que favoriser le parti qui a emporté la présidentielle : en d’autres termes, ce qui va se passer ne peut qu’être une confirmation du premier vote. Comment les Français pourraient-ils se déjuger en moins de trois semaines ? Viendraient ils à désavouer un président qu’ils viennent d’élire, en envoyant à l’assemblée une majorité qui le gênerait dans ses choix ? C’est peu probable…

     

    On s’étonnera après cela de voir s’accentuer la dépréciation du parlement dont le rôle devient vraiment secondaire puisque seule compte l’élection présidentielle. En fait, il faudrait instiller une certaine dose de proportionnelle afin de donner des couleurs au parlement. Si l’assemblée reflète réellement les forces en présence au sein de la société, le parlement est mieux à même de contrôler le gouvernement alors que la bipolarisation escamoté cette mission.

     

    Si le général de Gaulle a donné à la France un tel régime par la constitution de 1958, c’était pour mettre fin à l’instabilité gouvernementale. Après tant d’années, plus d’un demi siècle, il n’est pas exclu de revoir certains articles de la Constitution dans un esprit plus parlementariste. Mais retomber dans les excès de jadis : les Français doivent faire preuve de maturité politique.

  • Hommage à Antoine Bernheim : un génié de la finance

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    Hommage à Antoine Bernheim : un génié de la finance

     

    Je tiens à rendre un hommage largement mérité à un homme qui a marqué son temps et dont j’ai été, de longues années durant, l’mai de son fils, le regretté Pierre-Antoine, mort l’année dernière à l’âge de 59 ans ! Depuis quelques jours, c’est son père Antoine, qui nous a quittés, laissant madame François Bernard et sa fille, Martine, princesse Orsini, dans une cellule familiale assez réduite, si l’on omet les petits enfants et les nièces et neveux.

     

    J’ai plus connu Pierre-Antoine, François et Martine que Antoine Bernheim en personne. Mais je voyais régulièrement son fils, mon ami, et aussi sa mère, avec laquelle nous dînions parfois, en compagnie de ses petits enfants, les Meyer, dont la mère est justement l’actuelle princesse Orsini.

     

    On savait peu de choses sur la vie privée, l’histoire personne d’Antoine Bernheim jusqu’à la publication d’une biographie en 2010. Né en 1925 à Paris, Antoine fuira la capitale pour Grenoble où ses parents seront raflés suite à une dénonciation. Ils seront envoyés à Auschwitz d’où ils ne reviendront jamais. Le jeune Antoine a lors 20 à la fin de la guerre. Cette prodigieuse carrière dans les grandes entreprises et la finance internationale est connue : en peu d’années, il gravit tous les échelons devenant associé-gérant de la puissante banque d’affaires Lazard à la président d’une compagnie d’assurances, Generali. Le fait que son mandat de président n’ait pas été prolongé, pas même pour un an, l’avait beaucoup miné. C’est pourtant qui a fait la fortune des deux plus grandes fortunes françaises actuelles : Bolloré et Arnaud.

     

    Le personnage était parfois bougon et parfois aussi enjoué, décochant des jugements à l’emporte-pièce qui lui donnaient raison bien avant tout le monde. Comme tout un chacun dans ce bas monde, il a vécu son lot d’épreuves dont la plus terrible fut la disparition prématurée de son fils, Pierre-Antoine. Lorsque ce dernier, auquel j’étais très lié, me fit connaître son intention dans se lancer dans l’édition et d’abandonner le poste de vice-président de la banque à Londres, il ajouta dans un grand éclat de rire qui caractérisait les hommes jeunes que nous étions alors : Tu sais ce que m’a dit mon père quand je lui ai fait part de ma décision ? Mon fils : jusqu’à présent, je t’ai grassement payé sans tu aies trop à trop, désormais tu va beaucoup travailler sans rien gagner…

    Un trait de bon sens que Pierre-Antoine et moi-même avons largement vérifié
  • Que va-t-il se passer en Egypte ?

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    Que va-t-il se passer en Egypte ?

    C’est là une question cruciale et de sa réponse dépendra en grande partie l’avenir de cette région du monde, déjà bien accidentée et perturbée par de sempiternels conflits. L’Egypte est le plus fort pays du monde arabo-musulman et le jour où la paix fut signée avec Israël, les autres Arabes ont compris que plus jamais ils ne pourraient défier l’Etat juif, sans le concours du Caire. Imaginez donc : près de 90 millions d’habitants, certes, vivant, pour une large part, dans des conditions de vie déplorables, mais une grande nation, dotée d’une armée pléthorique (certes mal équipée) mais soutenue par Washington dont les prébendes et les subsides lui permettent de vivre. En gros, un pays qui, s’il était bien gouverné et mieux géré, pourrait être un ilot de paix et de prospérité.

     

    C’est dire combien le reste du monde attend avec angoisse les résultats du second tour de l’élection présidentielle qui verra s’opposer les deux forces politiques majeures dans le pays, les Frères musulmans (al-Ikhwane) représentés par M. Morsi et l’aile libérale (parti néoconservateur pro Moubarak) incarné son dernier premier ministre, M. Chafik. Pour de multiples raisons, ce sera ce dernier qui l’emportera. Comment préjuger d’un vote réputé libre, transparent et démocratique ?

     

    L’armée, rempart intérieur et extérieur, ne permettra pas la victoire d’un Frère musulman dont elle se méfie et qui cherche ouvertement à démanteler ce qu’elle a mis plus de 60 ans à constituer : une classe de privilégiés, un vivier de dirigeants et une idéologie, toutes choses dont le fanatisme des Frères ne s’accommodera jamais.

     

    Mais il y a aussi une grande quantité d’Egyptiens des classes moyennes qui ne veulent pas d’un gouvernement religieux ni d’une théologisation du régime politique. C’est une vieille tradition égyptienne que d’aimer l’ironie, la libre parole et la libre pensée, l’impertinence et le bonheur. Certes, si l’on donne un coup de pouce ce ne sera pas dans des proportions scandaleuses car, je le répète, une part non négligeable de l’électorat égyptien votera pour M Chafik. Avec, assurément, tous les risques inhérents à un tel choix : manifestations monstrueuses, contestations, désordres etc… Mais le régime résistera et ne s’effondrera pas sous le choc.

     

    Le calme pourra redevenir durablement si le pays connaît une sorte de new deal, une vaste réforme économique qui donne du travail à une jeunesse nombreuse mais désœuvrée.

  • Les massacres en Syrie et le fiasco de la mission Anan

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    Les massacres en Syrie et le fiasco de la mission Anan

     

    Depuis avant-hier, c’est l’émotion grandissante qui prévaut dans les programmes des télévisions arabes, à la suite des massacres de populations civiles en Syrie. Hier soir, j’ai même pu voir, en direct ou presque, un bombardement des banlieues de Hama par des hélicoptères de combat de l’armée. Des enfants pleuraient dans les bras de leurs mères, hurlaient de peur dans le bruit assourdissant des explosions. Il faut beaucoup d’aplomb au régime de Bachar el Assad pour prétendre que ce sont les insurgés qui seraient les responsables des massacres.

     

    On ne voit pas comment les insurgés iraient bombarder leurs amis, leurs frères et leurs compagnons d’armes. En fait, c’est le régime qui dévoile, sans fard, sa vraie nature, un régime prêt à tout pour se maintenir au pouvoir et rétablir l’ordre en sa faveur. Mais il n’y arrivera pas car tous les observateurs (sauf peut-être Kofi Anan) savent que le régime tombera.

     

    Kofi Anan n’aurait jamais dû lancer sa fameuse mission qui est un véritable fiasco, nous l’écrivions ici même dès le début. Je porte un jugement sévère sur cet homme que j’avais croisé il y a peu d’années à Genève errant dans les rues de la vieille ville, suivi d’un garde du corps… Depuis qu’il a conduit cette pseudo mission, il y a eu plus de mille morts et les massacres ont pris une ampleur inacceptable. Je ne dis pas qu’il en est responsable, mais ce fut une perte de temps. Il a enfin compris qu’il lui fallait reconnaître son échec, ce qu’il a fait en toute honnêteté à la tribune de l’ONU hier après-midi. Cet homme qui passait pour un diplomate hors pair a cru qu’on pouvait raisonner un tel régime, que sa signature avait une quelconque valeur. Je pense qu’il a compris son erreur. On ne dialogue pas avec un tel régime.

     

    Une interview de Bernard-Henri Lévy donne à penser que le président Hollande ne rejette pas d’emblée l’idée d’une intervention militaire. Mais si celle-ci se faisait, la France ne pourra pas intervenir seule, il lui faudrait l’appui des USA, des monarchies du Golfe et l’aide, même indirecte, d’Israël, qui surveille ce qui se passe en Syrie comme une cuisinière surveille le lait sur le feu…

     

    Reste un problème de grande importance dont les télévisions arabes parlaient hier : la désunion des partis qui constituent l’opposition syrienne. Tant qu’elle ne se fera pas, ce sont le chaos et la guerre civile qui menacent.

  • Comment peut-on vendre une église ?

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    Comment peut-on vendre une église ?

     

    Et pourtant, cette triste solution est souvent celle à laquelle doivent se résoudre maintes associations diocésaines lorsque les communautés villageoises, notamment rurales, se révèlent incapables d’entretenir les biens sacrés de la communauté chrétienne. Certes, aucun lieu sacré, une église en l’occurrence, ne peut être vendu sans l’autorisation de l’évêque local. Mais ce phénomène prend de l’ampleur ces derniers temps. Bien que n’entrant dans une église que pour écouter un concert de musique ou pour en admirer l’art architectural (comme je le fis à Bologne, par exemple, il y a quelques semaines), je trouve triste que l’Eglise soit amenée à se défaire de certains de ses édifices sacrés.

     

    Et puisque je parle de sacralité, je dois dire un mot de la façon dont un édifice devient un lieu de culte, en d‘autres termes, comment un lieu devient saint ou sacré. Comment s’effectue la dévolution de la sainteté, de la sacralité à un lieu ?

     

    J’avoue ne pas connaître dans les détails l’état de la question au sein de l’église catholique, n’était pas au fait du droit canon. Je sais, en revanche, que lorsqu’une église est cédée à une destination laïque ou profane, les acquéreurs s’engagent à en respecter au moins l’architecture et à ne pas pratiquer dans ce même lieu des activités déshonorantes ou dégradantes.

     

    Dans le judaïsme talmudique, c’est encore plus précis. Tout d’abord, eu égard au style dépouillé des synagogues (en effet, aucune règle n’est prescrite quant à la construction de l’édifice ni à la disposition du mobilier, seule l’arche sainte doit être positionnée dans la direction de Jérusalem, vers l’est, mizrah), on peut prier n’importe où : l’essentiel étant d’atteindre le quorum religieux de dix hommes âgés de 13 ans révolus.

     

    Quand les circonstances exigent de se défaire d’une synagogue, on peut le faire mais l’acquéreur doit s’engager à en respecter l’ancien caractère religieux, notamment en n’en faisant pas une tannerie, en raison de la mauvaise odeur qui embaumerait l’air et dégagerait des remugles, des relents de puanteur. La deuxième interdiction stipule qu’on ne peut pas en faire un lieu de plaisir, par exemple une maison close ou autre.

     

    Pour le judaïsme, un lieu est sacré ou saint par destination, il le devient, il ne l’est pas nécessairement, dès l’origine. Tout lieu, s’il respecte certaines conditions, peut devenir sacré par vocation. C’est un peu différent dans le cas des églises.

     

    Il n’en demeure pas moins triste de voir des églises devenir des Fast food ou autres… Je pense que cela correspond aussi à un phénomène de déchristianisation et de désacralisation, héritées d’une lointaine société de consommation qui a enseigné aux plus faibles et aux plus démunis intellectuellement d’acheter toujours plus, d’être fasciné par l’argent facile (des footballeurs incultes ou de vulgaires chanteurs de music hall, etc) et de ne croire qu’en l’avoir et non plus en l’être.

     

    Je reconnais bien volontiers que ce type d e raisonnement est l’œuvre de ceux qui sont repus, bien au chaud dans des quartiers cossus et bien protégés, mais tout de même !

     

    L’église chrétienne, que j’aime mais qui n’est pas mon église, a rendu d’incommensurables services à l’humanité, lui apprenant à mourir en lui expliquant qu’en quittant ce monde on ne sombre pas dans le néant, elle lui a aussi enseigné, dans le sillage de la synagogue, à aimer son prochain et à protéger les faibles. Autant de conditions qui sont indispensables pour le vivre ensemble.

    Même un juriste aussi peu casher que Carl Schmitt a reconnu dans un ouvrage oublié (mais traduit en français : Politische Theologie) que les idéaux républicains actuels étaient en réalité des théologoumènes sécularisés.

     

    Chaque village, chaque bourg de France a sa Place de l’église. Elle doivent continuer d’exister.