09/09/2011

QUELLE SAGESSE POUR NOTRE TEMPS ? COLLOQUE DE LA FONDATION OSTAD ELAHI

QUELLE SAGESSE POUR NOTRE TEMPS ?

 

 

COLLOQUE DE LA FONDATION OSTAD ELAHI

SAMEDI 10 SEPTEMBRE DE 9H À 17H 30

10 rue Alfred de Vigny 75008 PARIS

 

 

 

Sagesse, éthique et philosophie dans la tradition juive…

Par Maurice-Ruben HAYOUN

Introduction.

On s’attachera à dégager des principes généraux qui caractérisent cette recherche de sagesse dans la tradition juive à travers les siècles.

Le principe fondamental est que c’est la foi en Dieu qui motive, cautionne et guide la recherche de la sagesse par l’individu.

La Bible souligne maintes fois qu’en suivant les préceptes divins, l’homme est assuré de trouver le bonheur et l’harmonie sur cette terre.

Le document qui constitue le sommet de ces prescriptions est paradoxalement peu juif, je veux dire qu’il ne porte pas mention de rites ni de pratiques typiquement juifs. Il s’agit évidemment du Décalogue, les Dix commandements, à la seule référence à une prescription juive apparaît dans le commandement de respecter et de sanctifier le repos et la solennité du chabbat, le samedi.

Pouqruoi donc ? Parce que la tradition juive a vu dans ce monument de l’éthique le condensé de son message, destiné non plus à un seul groupe humain, un seul peuple, mais à l’ensemble de l’humanité/ IL Y ALLAIT DE L’UNIVERSALITÉ DE LA LOI MORALE. Le terme Israël, juif ou autre n’y apparaît jamais.

Je disais que seule l’observance du chabbat était spécifiquement une observance juive, mais le Talmud dans ses commentaires relèvent que même l’observance du chabbat comporte une dimension universelle, puisque D s’est arrêté d’œuvrer le samedi, pour la création dont l’humanité entière profite et pas uniquement les enfants d’Israël…… Là les talmudistes parlent du chabbat de la création (chabbat de-beri’a) et non plus du chabbat du peuple d’Israël…

Cet intérêt pour l’écrasante majorité de l’humanité non-juive, ce que Lévinas nommait intelligemment le souci de l’autre, apparaît de manière lumineuse, dans le Talmud lorsqu’il élabore le code moral de cette humanité, non touchée par Révélation du Sinaï, et qu’il nomme LES FILS DE NOÊ, en référence aux rescapés du Déluge, le ferment d’une humanité nouvelle puisque l’engeance dévoyée qui infectait précédemment la surface de la terre avait été implacablement détruite.

Les lois de Noahides, au nombre de sept, sont les suivantes : ne pas blasphémer, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère (débauche) ne pas consommer de membre d’un animal encore vivant (d’où les règles d’abattage rituel), ne pas pratiquer l’idolâtrie, instituer des tribunaux afin que la société humaine repose sur le droit.

On peut dire que c’est la charte de l’humanité civilisée, une humanité pensante mais pas nécessairement croyante.

La sagesse dans la Bible :

Littérature sapientiale : Les Proverbes, l’Ecclésiaste, Job.

Il s’agit de textes provenant soit des sagesse antiques du Proche Orient ancien, soit de traités qui furent relus et en quelque sorte «cachérisés» par des rédacteurs postérieurs plus religieux… C’est ainsi que l’Ecclésiaste qui va très loin dans sa recherche du sens de la vie sur terre n’hésite pas à contester l’immortalité de l’âme (même si dans le ch. XII il semble l’affirmer).

Quant à Job dont l’interrogation s’adresse à l’humanité tout entière, sans distinction de race ni de religion, il cherche désespérément à percer le secret de la théodicée, de la justice humaine……

Ce livre m’offre une transition vers la philosophie médiévale juive dont Maïmonide fut le plus beau fleuron. Dans son exégèse du livre de Job, Maimonide introduit ses propres conceptions de la Providence divine : l’homme est mortel, dit-il, il ne doit pas s’étonner des maux qui s’abattent sur lui, ils sont indissociables de la nature humaine dont le mal, la matière font partie.

En somme, une sorte de sagesse qui tient compte des limites de notre intellect et de notre vie. Mais Maimonide tout comme Hermann Cohen (ob. 1918) vont bien au-delà des conceptions traditionnelles. Ce qui représente vraiment la tradition juive, ce sont la Bible et son interprétation talmudique. Ce qui n’équivaut nullement, sous notre plume, à un rejet de prolongements particulièrement fécondes de cette tradition au moins trimillénaire.

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08/09/2011

En Syrie, la répression sanglante continue

En Syrie, la répression sanglante continue

Selon des informations émanant de représentants de la ligue des droits de l’homme, les forces de sécurité auraient tué hier près de 20 personnes qui manifestaient à Homs pour plus de liberté et de droits. Mais aussi pour la chute du régime. Lequel réagit en réprimant violemment de telles aspirations, somme toute légitimes.

Le ministre français des affaires étrangères Alain juppé est à Moscou où il tente, vainement à ce jour, de faire changer d’avis les Russes sur la situation en Syrie. Le gouvernement russe a avec Damas des liens, avouables et inavouables, qui ne datent pas d’hier. Commerces d’armes, de matières premières, accords de défense, etc, tout un héritage du temps de l’ancien régime soviétique.

Mais le plus frappant reste l’attitude de l’ONU et le silence presque complice des démocraties : pendant les premières semaines de la répression, la France était presque seule à dénoncer ces exactions inacceptables alors qu’elle avait tenté, il y a peu, de réintégrer le régime syrien dans le concert es nations civilisées.

Aujourd’hui, plus aucun doute n’est permis puisque même le secrétaire général de la Ligue arabe s’est vu refuser l’accès au territoire syrien : sa visite a été reportée sine die, ce qui en dit long sur les intentions profondes des Syriens.

Ce régime ne partira pas comme cela, sans autre forme de procès. La seule chose qui puisse l’ébranler est une désertion en masse de ses troupes et l’émergence de forces armées dissidentes, capables de faire face à la répression des forces de sécurité, majoritairement alaouites.

Mais dans ce cas ce serait la guerre civile (harb ahliya). Encore une effusion de sang dans une région qui en a déjà beaucoup.

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07/09/2011

Les laboratoires pharmaceutiques et la préservation de la santé

Les laboratoires pharmaceutiques et la préservation de la santé : Vers une mercantilisme effréné ?

 

C’est la question que nous sommes en droit de nous poser depuis au moins la journée d’hier, au cours de laquelle des révélations (justes ou inventées ?) ont paru dans la presse et qui accréditent l’idée qu’un certain laboratoire pharmaceutique aurait falsifié des rapports d’experts médicaux pointant les effets nocifs de certains médicaments.

Pareilles nouvelles ou rumeurs figent le sang de ceux qui en prennent connaissance : ainsi un cardiologique qui préside une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur les agissements de ce même laboratoire a insisté sur les méfaits qui lui sont reprochés allant jusqu’à dire qu’il n’excluait pas une mesure de nationalisation-sanction du dit laboratoire, en raison de ses mensonges répétés et du peu de cas qu’il ferait de la santé des hommes.

Cette relation entre les professions de santé et l’argent m’ont toujours choqué, même si je comprends fort bien que la recherche privée, notamment des laboratoires, stimule et encourage la recherche menée par le secteur public, moins rentable et moins bien rémunéré, ce qui conduit les chercheurs à se vendre aux grands industriels. Loin de moi l’idée de le leur reprocher. Mais la santé n’est pas une marchandise comme les autres.

Les faits incriminés aujourd’hui sont accablants, s’ils étaient avérés. Et quelle fut la motivation majeure de tous ces agissements peu recommandables ? Le profit. Celui-ci est nécessaire, mais il ne devrait pas reléguer à l’arrière-plan tout le reste, et notamment le soin des êtres malades.

Certains d’entre vous penseront que je me berce d’illusions et que les hommes resteront ce qu’ils sont : insensibles, froids et calculateurs. C’est possible. Ce matin en prenant très tôt une tasse de café, j’ai vu France 24 des enfants du Soudan avec des yeux crevés, des bras arrachés par les bombes…… Insoutenable.

Mais on nous a tant habitués à ce choc que nous le supportons, alors qu’il est littéralement insupportable.

Cela me fait penser à un vers de Baudelaire qu’il faut comprendre dans son double sens : le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes… C’est ce que disaient les anciens prophètes d’Israël quand ils opposaient le cœur de chair au cœur de pierre……

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06/09/2011

Pitié pour Jacques Chirac. Non à l’acharnement judiciaire

Pitié pour Jacques Chirac. Non à l’acharnement judiciaire

 

Trop d’impôt tue l’impôt ! Trop de rigueur dans la poursuite de la justice tue la justice. Il faut laisser Jacques Chirac tranquille car il incarne une partie, un morceau de France. Qui oserait imaginer l’ancien chef de l’Etat déclinant, debout, devant un simple tribunal correctionnel, son nom, prénom, adresse et revenus ? Il faut savoir s’arrêter et juguler enfin cette haine sociale, cet esprit revanchard qui caractérisent tant, hélas, le Français moyen d’aujourd’hui, lequel se réjouit tellement de l’abaissement des puissants…

Je n’ai pour l’ancien chef de l’Etat français ni admiration ni haine, je reconnais même qu’il fut assez cynique dans ses campagnes électorales et dans l’exercice du pouvoir. Mais ce n’est pas de sa faute, c’est la nature même du combat politique qui l’y a contraint.

Je vois déjà un certain nombre de personnes hurler que la justice est la même pour tous, que nul n’est au-dessus des lois etc… Mais qui peut encore y croire ? Ce n’est pas vrai. Selon que vous pouvez rémunérer les meilleurs avocats ou que vous en êtes réduit à l’assistance juridictionnelle (AJ), vous n’avez pas la même justice. Il faut enfin le comprendre.

En scrutant l’état de santé de cet homme qui a été le chef de l’Etat pendant douze ans, et qui aurait dû, soit doit en passant, s’arrêter dès la survenue de son accident vasculaire cérébral (AVC), on ne peut s’empêcher de méditer sur la vanité du pouvoir humain…

La poursuite de la justice n’est pas l’acharnement judiciaire, de même que la bonne médecine n’est pas l’acharnement thérapeutique. Ce qu’une loi (humaine) a fait, une autre loi (humaine) peut le défaire.

Laissez donc cet homme vivre en paix le temps que D- lui a imparti de vivre.

Comme l’écrit le livre du Lévitique, je me montrerai grand et saint. Un si haut exemple dont les haineux et les méchants devraient s’inspirer.

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05/09/2011

La France, malade de ses politiques (Chirac, Strauss-Kahn etc..)

La France, malade de ses politiques (Chirac, Strauss-Kahn etc..)

 

L’idée de ce blog m’est venue, comme cela, en buvant une tasse de café, les yeux fixés sur l’écran de télévision, étonn de voir ce que notre pauvre monde nous réserve chaque matin que Dieu fait. Et voici que je contemple un Jacques Chirac titubant, cherchant appui sur l’épaule d’un de ses accompagnateurs. L’image me déplaît, je la trouve cruelle : voici un homme qui a effectué un demi siècle de carrière politique dans tous les ministères régaliens et douze années au sommet de l’Etat, concentrant entre ses mains l’esssentiel du pouvoir… Et regardez le aujourd’hui, poursuivi par une justice qui semble s’acharner, provoquant chez les Français une vague de sympathie pour l’ancien président.

A mes yeux, nous devrions faire grâce à cet homme pour ses supposés péchés et classer l’affaire : mais reste le cas de ses co accusés : ferions nous une double justice, à la carte ? Là, la justice butte contre ses propres limites, il faut une autorité capable de lui dire de déroger à la règle dans certains cas…

La France, malade de ses politiques ? Tout le monde pense à ce cher DSK qui a vraiment la baraka, il a réintégrer son intérieur douillet de la Place des Vosges alors qu’il y a quelques semaines, de sombres nuages bouchaient un ciel, le sien. Je me demande s’il réalise ou s’il est une sorte de gros bébé joufflu auquel sa mère (A.S.) pardonne tout, même ses frasques les plus douteuses. Mais lui au moins, respire la bonne santé et n’a pas l’aire de s’en faire trop. Curieux pays que celui-ci qui réagit de manière fort imprévisible.

Je vous garantis que dans moins de trois mois, DSK sera de nouveau en vogue et entièrement fréquentable. Je ne dis pas que c’est bien, je ne dis pas que c’est mal. Je dis ce qui risque de se produire.

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04/09/2011

Le discours de François Fillon

LE DISCOURS DE FRANÇOIS FILLON DEVANT L’UMP A MARSEILLE

En véritable homme d’Etat, François Fillon vient de nous faire l’aubaine d’un très beau discours, prononcé devant le campus de l’UMP à Marseille. Laissons de côté les attaques ou les pics à l’égard du programme électoral du PS pour nous concentrer sur l’essentiel : une analyse globale et très pertinente des problèmes de la France d’aujourd’hui et des défis auxquels elle doit faire face.

Enfin, un Premier Ministre qui en authentique homme d’Etat qu’il est, n’hésite pas à dire à ses compatriotes d’être fiers de ce qu’ils sont, des Français, un Premier Ministre qui exalte justement et avec le ton qui convient, les réalisations de ce peuple, à la fois vieux et grand, dont l’âme, dit-il, a toujours été partagée entre un fond pessimiste et un volontarisme qui lui a permis de franchir les siècles sans trop d’encombre. 

Pour une fois, un chef de gouvernement qui fait appel au patriotisme sans que l’on n y voie la moindre note de xénophobie, ni de rejet de l’autre. En un mot, un discours rassembleur, adressée à la nation française dans son ensemble, qui rappelle à ses auditeurs que la désunion et les dissensions partisanes occupent trop de place dans l’histoire ancienne et présente de la France.

En écoutant le chef du gouvernement, on percevait nettement des accents rappelant le fameux discours de JF Kennedy fixant à la nation une nouvelle frontière, un grand projet mobilisateur, une raison de continuer à espérer et à croire en l’avenir.

On a rarement vu un chef de gouvernement aussi convaincu, aussi déterminé et aussi clair que près de cinq années passées à Matignon n’ont guère usé ni affaibli. Pas l’ombre d’une dissension avec les leaders de la majorité ni avec le président de la République auquel François Fillon a maintes fois rendu un vibrant hommage. Les partisans de l’intégration européenne apprécieront aussi l’articulation subtile de la nation française au sein de ce grand ensemble qu’est le vieux continent. En termes mesurés, François Fillon a fustigé le nombrilisme hexagonal auquel peu de nos compatriotes résistent vraiment. La France doit vivre l’Europe comme un moteur et non comme un frein

Il y a dans ce discours un souffle qui nous entraîne, on sent un homme animé d’une vision et porteur d’un projet, un homme qui occupe mieux l’espace, qui a pris du poids (et pas seulement politique, mais cela lui va bien) et qui a les coudées plus franches…

Les nations dont les racines, comme c’est le cas pour la France, plongent dans un lointain passé, ont régulièrement besoin qu’on les rassure, qu’on les rassérène en leur rappelant que leur avenir n’est pas derrière eux, que leur futur n’est écrit nulle part et que ce sont leurs hommes et leurs femmes qui le graveront dans le marbre, pour peu qu’ils consentent à s’en donner les moyens. En somme, un discours qui confère à l’action politique un arrière-plan moral et intellect que l’on n’espérait plus.. Les hommes politiques commettent une erreur en occultant ce volet éthique dans l’action politique, alors que complément est absolument indispensable.

Je pense au texte de Renan intitulé La réforme intellectuelle et morale (1871) où le célèbre philosophe-historien voulait préserver l’avenir de son pays face à une Prusse victorieuse. Renan, tout comme Nietzsche de l’autre côté du Rhin, tenait à montrer que la défaite militaire de la France n’impliquait nullement une défaite de la culture française face à la culture allemande. En somme, que l’âme du peuple français recelait encore suffisamment de ressources et de richesse pour se redresser et affronter l’avenir.

Parler des valeurs, de l’intellect, de l’esprit, comme vient de le faire François Fillon, enrichit le discours politique qui ne devrait plus se limiter à des algarades ou à des déclarations cyniques : le Premier Ministre tourne résolument à ce genre de discours qui n’a plus sa place dans la France d’aujourd’hui. Espérons que d’autres l’imiteront.

L’avenir, la foi en l’avenir, en l’ingéniosité et en la sagesse du peuple français : c’est ce qu’on retiendra d’un discours si inspiré.

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LA TURQUIE ET ISRAËL

LA TURQUIE ET ISRAËL
Ceux qui pensaient que la publication par l’ONU du rapport tant attendu sur le grave incident maritime opposant la flottille turque à la marine de guerre israélienne apaiserait les tensions entre les deux pays, en seront pour leurs frais ! Rien n’est réglé, tout au contraire, la Turquie et surtout son Premier Ministre qui se prend encore pour Soliman le magnifique, se dressent sur leurs ergots pour donner le change à une opinion publique chauffée à blanc…

Le premier Ministre turc n’a pas suivi l’avis des diplomates chevronnés de son pays qui lui conseillaient la modération face à Israël et plus de discernement dans le choix de ses allié régionaux. Or, l’homme, d’un tempérament bouillonnant, s’est cru assez fort pour renverser les alliances, se rapprocher des deux régimes les plus pestiférés  du coin et isoler Israël afin de se gagner les faveurs d’un monde arabo-musulman, jadis simple satellite de l’empire ottoman, jusques et y compris la Terre sainte. Mais les temps ont changé, ou comme disait jadis Alexandre Soljenytsine : essayez la poussière qui masque le cadran de votre montre…
On connaît la suite : l’Iran est dans le collimateur de l’ONU et des USA qui guettent la moindre occasion pour le ramener à la raison, quant à la Syrie, il suffit de relever que l’on approche hélas des 2500 morts depuis le soulèvement des opposants dans ce pays et que désormais même l’option militaire est désormais à l’étude ! Et j’allais oublier : pour la première fois, un président des USA en exercice a exige le retrait de son homologue syrien… Du jamais vu.

Au lieu de se saisir du rapport de l’ONU pour calmer la situation, le Premier Ministre qui était manifestement allé trop loin dans la surenchère, met littéralement le feu aux poudres : pour ne pas perdre la face devant l’opinion, une opinion orientale hyper susceptible et accordant tant d’importance à l’apparence et au nationalisme, notre homme décide  de renvoyer l’ambassadeur d’Israël et de geler les accords militaires entre les deux pays. Et pourquoi donc ? Parce que le rapport de l’ONU n’exige pas des excuses d’Israël et reconnaît enfin la légitimité du blocus israélien de Gaza,  nommée entité terroriste.

Que faut-il retenir de tout cela ? Avec tout le respect pour la grandeur passée de l’empire ottoman, il faut bien reconnaître que la Turquie contemporains ne se trouve plus dans la même situation : confrontée, au plan militaire, à la sécession kurde, empêtré, au plan diplomatique, dans la reconnaissance du génocide arménien, frappant désespérément à l’huis de l’Europe qui ne veut pas l’accueillir en son sein, il lui fallait bien trouver une issue, se raccrocher à quelque chose pour redonner confiance à une opinion un peu désorientée.

On peut la comprendre, mais est ce vraiment la bonne voie ? Grâce à Israël, allié indéfectible des USA, eux mêmes bailleurs de fonds d’une Turquie en perte de vitesse, ce pays pouvait subtilement émergence comme le leader incontesté de la région, surtout à un moment où les Arabes traversent une crise après l’autre et où l’Iran est en voie de neutralisation par l’Occident (USA et UE).. Or, c’est le contraire que fait l’actuel Premier Ministre, et de manière tonitruante.

Que l’on ne se méprenne point sur nos propos. On ne devient pas une puissance hégémonique, même dans ce petit coin du monde, en claquant dans ses doigts, ni en se prenant pour la réincarnation de tel ou tel grand personnage du passé. Vous rendez vous compte que cet homme avait même caressé le projet fou de forcer le blocus en empruntant l’un des bateaux de la flottille, mais heureusement des gens sains d’esprit (et la Turquie en a beaucoup) l’en ont dissuadé.

Il est temps de se ressaisir et de méditer ce mot de l’authentique sagesse de Haroun al-Rachid, le gouverneur de Bagdad aux IX-Xe siècles, selon lequel l’approche politique des problèmes et le recours à la sagesse ont raison des machines de guerre…… (al-kiyassa wa al fahama yaghlaboun harakat al harb….

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03/09/2011

Pour ou contre l’euthanasie ? Quel dilemme

Pour ou contre l’euthanasie ? Quel dilemme…

 

Je pense assurément à la controverse qui fait rage à Bayonne et dans le reste de la France : un médecin urgentiste a aidé un patient gravement atteint à mourir afin de lui éviter d’indicibles douleurs. Jusque là rien de spécial, mais voilà, le conseil de l’ordre de ce lieu a été saisi et a décidé, à la majorité, de ne pas poursuivre le médecin qui a donné la mort afin d’alléger les souffrances d’un malade condamné…

Le président de ce conseil de l’ordre a crié au scandale et a même dit qu’il avait honte. Le conseil national a, quant à lui, décidé de prendre des sanctions contre le médecin incriminé. Tels sont les faits.

Que fallait-il faire ? Assister imperturbable à l’agonie douloureuse d’un patient, lui injecter de la morphine en attendant sagement que mort s’ensuive ? OU, au contraire, hâter la fin en vue de lui épargner d’insupportables douleurs ? Impossible de trancher.

Le respect de la vie est intangible, mais quand la personne est condamnée et que rien n’est plus à espérer, faut-il nous laisser subir de telles souffrances ? D’un autre côté, si l’on s’en remettait au bon vouloir ou à l’appréciation des médecins, ne risquons nous pas des débordements et de graves bavures (le mot est faible) ?

J’avoue ne pas savoir. Dans le milieu médical que je connais un peu, on me susurre à l’oreille que cela arrive tous les jours, que le personnel médical débranche les appareils, ne donne plus d’eau, plus d’alimentation et attend un peu que la vie s’arrête. Si l’on s’interroge soudainement aujourd’hui, c’est à cause d’une médiatisation excessive ou, peut-être, pour forcer les pouvoirs publics à légiférer de nouveau.

Je ne sais absolument pas ce qu’il faut faire. Mais il faudra bien, un jour, réviser notre conception de ce qui gît au fondement même de notre existence.

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02/09/2011

Le conflit en Libye : un incontestable succès diplomatique (et militaire) pour la France

Le conflit en Libye : un incontestable succès diplomatique (et militaire) pour la France

 

C’est incontestable et même ceux qui regardaient le déclenchement de l’intervention franco-britannique en Libye avec un certain scepticisme sont obligés de s’incliner devant les faits : les analyses de la situation sur le terrain et le mode opératoire se sont révélés exacts ! Pas d’enlisement, pas de guerre civile de grande envergure, pas de troubles considérables dans les pays arabes, fâchés de voir l’OTAN, perçue comme une force militaire christiano-occidentale, intervenir dans un pays frère. Qu’on le reconnaisse clairement ou pas, les Occidentaux ont pratiquement délogé par la force un régime arabe tyrannique et s’apprête à dicter aux vainqueurs une sorte de version européenne des quatorze points Wilson à la fin de la Grande guerre…

Nicolas Sarkozy a bien vu les choses et les a pilotées avec adresse : alors que la France était encore prise dans la traditionnelle torpeur du mois d’août, le président de la République annonçait que dans les toutes prochaines semaines le conflit connaîtrait une fin victorieuse pour le CNT et pour ses alliés occidentaux. Au plan de la stratégie militaire, l’idée de s’introduire à Tripoli par la mer a porté ses fruits puisqu’il n’y eut pas de combats de rues dans la capitale libyenne…

Saurons nous un jour comment les choses se sont réellement passées ? J’ai tenté –en vain- de remonter le cours des événements, réexaminé les déclarations des uns et des autres, à l’affût du moindre indice permettant d’aller au-delà de la version officielle des faits qui est, à peu de choses près, la suivante : à Benghazi, ville frondeuse dont les habitants se sont toujours méfiés de Khaddafi, le mécontentement grondait et les manifestations contre le clan au pouvoir à Tripoli se faisaient de plus en plus violentes. La réponse sanglante de Khaddafi était presque inéluctable, promettant de noyer la révolte dans le sang. Les puissances occidentales, la France et la Grande Bretagne en tête, décident de tout faire pour empêcher le massacre qui se préparait… On connaît la suite : l’armée française commence à bombarder l’armée libyenne, suivie de près par les Britanniques, appuyés, au début, par une vigoureuse intervention américaine contre les sites militaires libyens les plus dangereux pour la coalition… Je ne crois pas vraiment en cette version des faits mais je suis soulagé en constatant le résultat obtenu : la chute d’un tyran particulièrement dangereux qui avait confisqué le pouvoir de son clan.

Quels enseignements pouvons nous tirer de tous ces événements, tout en sachant que les Etats sont des monstres froids et calculateurs ? Tout d’abord, les révolutions dans la plupart des pays arabes changent radicalement la donne : les Occidentaux avaient jusqu’à présent favorisé la stabilité, entendez que nous avons toujours soutenu les autocrates, les régimes en place, car ils nous servaient de protection contre l’islamisme, l’immigration sauvage et le terrorisme. Nous n’aurons pas la cruauté de citer, un à un, les pays concernés, mais il suffit de scruter les invités présents hier après-midi à l’Elysée pour comprendre que les illustres convives n’étaient pas tous des défenseurs acharnés de la démocratie et des droits de l’homme..

Et ceci nous conduit au second enseignement : la réunion du 1er septembre à Paris a clairement énoncé que l’aide et le soutien à la nouvelle Libye étaient liées à une clause suspensive : la promesse et la garantie d’instaurer la démocratie, de respecter les droits de l’homme et de combattre le terrorisme. A moins que tout ne trompe, c’est la première fois que les Occidentaux, les USA en tête, disent aussi clairement aux Arabes qu’ils exigent une organisation sociale et politique semblable à la leur. C’est la première fois que l’on dit, au niveau des Etats et sans la moindre hésitation, que l’islam est soluble dans la démocratie.. Nous tenons ici un moyen inédit de peser sur l’évolution positive des pays arabo-musulmans et de favoriser l’émergence d’un islam pacifique, en paix avec lui-même et avec les autres.

Certes, les choses se feront lentement, si elles devaient vraiment se faire. Les Occidentaux, qui viennent de donner au monde un avant-goût de ce qu’ils savent faire, ne se bercent pas d’illusions: tous les dirigeants de la Libye nouvelle sont d’anciens caciques du régime déchu et le tout nouveau gouverneur militaire de la capitale est un ancien djihadiste formé en Afghanistan…

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01/09/2011

Débat autour de l’homosexualité dans un manuel soclaire

Débat autour de l’homosexualité dans un manuel soclaire

 

Voici un débat dont les descendants de Vercingétorix ont le secret : se quereller autour d’un non événement. De quoi s’agit-il et quel est le corpus delicti ?

Quelques dizaines de députés de la majorité (UMP) ont découvert dans un manuel de classe de Première quelques lignes expliquant que l’appartenance sexuelle n’était pas exclusivement définie par le physique mais aussi par le milieu socio-culturel… Ce qui induit évidemment une certaine largesse d’esprit concernant l’homosexualité et la négation d’un dogme selon lequel l’orientation sexuelle est fixée une pour tous à la naissance. En plus clair encore : votre naissance en qualité de garçon ne veut pas obligatoirement dire que vous devez avoir une vie sexuelle de garçon mais que, les circonstances aidant, vous pouvez très bien évoluer vers une sexualité de femme, par exemple. Ou l’inverse. Mais vous n’êtes pas nécessairement déterminé une fois pour toutes…

Un tel raisonnement sous-jacent n’a pas manqué de heurter des gens qui ne souhaitent pas que les enfants, en l’occurrence les lycéens, se voient ainsi «orientés» vers une idéologie ouvrage la voie à des déviances sexuelles. Ou à ce qui pourrait être considérées comme telles.

C’est un débat de société et on ne peut pas nier que l’évolution des mœurs placent parfois les parents dans des situations plutôt délicates. Comment expliquer ces choses là à des enfants dont on souhaiterait qu’ils aient la même vie que nous, qu’ils se marient et aient des enfants ? Partant, l’idée exposée dans ce manuel a fini par choquer les députés en question. Mais le ministre de l’éducation nationale a refusé de faire retirer ce manuel de la circulation, précisant que ce ne sont pas les pouvoirs publics qui fixent le contenu des livres d’école.

La France est un pays très divisé. Sur tout. On dit parfois : deux juifs, trois synagogues, là on pourrait en dire autant des Français chaque fois que se posent des choix de société.

Reconnaissons tout de même que l’amour dans nos civilisations judéo-chrétiennes a toujours connu l’orientation que nous connaissons. Et que sans jamais tomber dans l’homo phobie qui est une atteinte à la dignité humaine, il ne faudrait pas chercher à peser anormalement sur des êtres malléables et aisément influençables.

 

 

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