14/10/2010

Un retour de la sérénité ?

Un retour de la sérénité ?

Pouvons nous rêver, je dis bien rêver, d’un retour de la sérénité, de l’instauration de relations sociales apaisées en France ? Cela serait éminemment souhaitable.

Il est curieux de voir comment les réactions au blog d’hier ont été agressives. Est-il normal que tant de gens ne pensent qu’à leur retraite au lieu de se réjouir d’être en activité ? Le pays a-t-il à ce point vieilli ? C’est vraiment déprimant. Et je ne parle même pas de ces leaders politiques d’opposition qui, à court d’arguments, enjoignent aux jeunes (15-16 ans !) de descendre dans la rue au lieu d’étudier et d’apprendre……

Toutes les opinions sont acceptables, y compris celles qui sont violemment contre toute réforme. Mais ce qui est inacceptable, c’est d’injurier ceux qui ne sont pas d’accord avec vous.

Personnellement, je comprends ceux qui ont perdu leur emploi, ont du mal à joindre les deux bouts, ressentent des difficultés, etc..Je souhaite, du fond du cœur, que cela aille mieux pour tous.

Mais il faut aussi penser à ceux qui souffrent injustement des grèves de gens bien installés dans leur fonction publique, à l’abri de tout licenciement et qui rendent malaisée la vie des autres.

L’actuelle réforme des retraites est une réformette, bientôt on sera contraint d’abandonner le système de répartitions pour se rabattre sur celui, O combien plus dur et plus cruel, de la capitalisation.

Aujourd’hui au moins, la solidarité joue encore entre les classes d’âge et de la société. Mais qu’on y prenne garde : la potion qui nous est administrée aujourd’hui n’est rien en comparaison de ce qui aurait dû être.. et qui nous attend.

Encore une fois, cela ne vient pas de l’auteur de ces lignes. Il suffit simplement de sortir du rêve et d’entrer enfin dans la réalité.

Le déni ne sert à rien. Au risque de me répéter, je le redis : Voyez l’Allemagne !

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13/10/2010

LA France perd-elle les pédales ?

LA France perd-elle les pédales ?

Ce matin, les nouvelles à la radio et à la télévision avaient quelque chose d’irréel. Même l’observateur objectif et impartial ne pouvait se défendre contre cette impression de paradoxe et d’étrangeté : d’un côté, au fin fond de l’Amérique du sud, au Chili, pays de bien moindre importance que le nôtre, tout un peuple uni, galvanisé et solidaire qui arrache aux entrailles de la terre un groupe de trente-trois mineurs bloqués dans une mine à plus de six cent vingt mètres, et de l’autre, chez nous, une France déchirée, divisée, qui conteste avec persistance une réforme salutaire des retraites, à la fois juste et nécessaire ! Quelle paradoxe, quel contraste !

Loin de moi l’idée de manifester le moindre irrespect ou une quelconque absence de considération pour les salariés de mon pays, cher à mon cœur, mais tout de même, comment regarder sans réagir, cette irresponsable initiative qui consiste, pour des syndicats et un parti d’opposition à la dérive, à instrumentaliser la jeunesse et à l’embrigader dans un combat d’arrière-garde qui n’est pas le sien. J’ai entendu hier soir mon ami, le professeur Bernard Debré, qui est aussi le député de mon arrondissement, dire, en qualité de médecin, qu’il ne comprenait pas que des enfants aillent manifester pour leur retraite alors que dans cinquante ans (leur âge de départ prévu) l’homme vivrait… cent ans ! Par ailleurs, tous les pays d’Europe font comme la France car l’alternative est implacable : ou on allonge la durée de cotisation ou on diminue les prestations.

Pourquoi donc les Français ne réussissent-ils pas à dépasser le stade de la confrontation et en viennent-ils immédiatement à la grève ? N’y a-t-tl pas d’autres voies, d’autres moyens ? La nature turbulente d’un pays, jadis révolutionnaire et qui s’en prit à son propre monarque, jadis considéré comme de droit divin, c’est-à-dire comme le représentant de D- sur terre, remonterait-elle à la surface ? On se le demande en constatant la violence incroyable du moindre conflit social. Quand donc aurons nous des comportements sociaux apaisés ?

Je me souviens d’une phrase du défunt président Georges Pompidou, entendue durant mes années d’études . Il disait, en substance, que cette opposition au sein de la société française perdurerait jusqu’à ce que vienne, un jour, «un homme casqué et botté qui trancherait ce nœud gordien.» Incroyable ! Il disait cela avant 1974, aujourd’hui, cela n’a pas vraiment changé. Près de quatre décennies après cette triste prédiction. Signe des temps : des salariés bloquent des raffineries et tout le monde trouve cela normal ! Un petit groupe cherche à paralyser l’ensemble de ce pays et personne ne réagit. La SNCF se met en grève alors qu’elle demeurera intouchée jusqu’en 2017 !! Mais pourquoi donc ?

Ce n’est pas à moi de le dire, mais le président de la République, le Premier Ministre et le gouvernement ont raison de rester fermes : il ne faut pas céder. Toutefois, il y a tout de même un déficit d’information de leur côté : comment se fait-il que le gouvernement soit en passe de perdre la bataille de l’opinion alors que son dossier est en granit ? L’équation est simple : la crise, la baisse des ressources et presque plus d’argent pour financer les retraites. Il faut soit baisser les pensions soit travailler plus.

Mais en France, la tradition historique (ou plutôt la paresse, l’indigence intellectuelles) veut que l’on suive une autre logique : faire payer les riches ! On oublie que d’un simple clic les sociétés, les entreprises déplaceraient sans sourciller leurs sièges sociaux, privant ainsi le trésor public d’appréciables revenus…

Et quand on entend les déclarations de certains salariés à la télévision, si jeunes et apparemment sensés, on s’interroge: la France est-elle en train de perdre les pédales ?

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12/10/2010

LES GRÈVES, LA PRESSE ET L’AMPLIFICATION

LES GRÈVES, LA PRESSE ET L’AMPLIFICATION

L’information, disait Lénine, est un combat ! Tout dépend de la façon dont vous présentez les choses. Vous pouvez annoncer à quelqu’un une mauvaise nouvelle en la présentant comme un pis aller et en faisant valoir que cela aurait pu être bien pire… C’est ce que font tous les gouvernements de la terre en dressant un bilan économique, pourtant peu flatteur de leur action. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ont échoué, que tout va mal, etc..

C’est exactement la même chose avec les journées de grève et les moyens d’information.

Depuis au moins une bonne trentaine d’années, la presse a flairé la bonne affaire et donne à des sujets chauds et d’actualité une dimension que ces faits n’ont pas. A l’époque de la Renaissance, on appelait cette inflation du discours l’amplification (amplificatione). On s’ingénie à donner du relief à des événements ou des actions qui en sont dépourvus

Aujourd’hui, on commence la veille à emboucher la trompette et on annonce qu’on va voir ce qu’on va voir. Ce qui fait que les honnêtes gens qui travaillent, vaquent à leurs occupations pour gagner leur vie, sont conditionnés, entièrement dépendants de ces canaux d’information dont ils ne peuvent pas vérifier, faute de moyens, la véracité ni la fiabilité. Et c’est ainsi que l’on crée un climat qui n’a plus rien à voir avec la réalité. Or, comment voulez vous lutter contre un climat ? C’est comme tenter de saisir de l’air !

Percevoir un climat, une ambiance, une atmosphère est une affaire de perception. Et la perception, c’est la subjectivité. Comment je vous les choses, comment je les ressens à l’aide de ma sensibilité propre. Si l’on ne faisait pas un tel battage médiatique, on pourrait très bien se rendre à son lieu de travail, faire ce qu’on a à faire, ressentir quelques gênes inhabituelles et ne pas dramatiser. Mais si on martèle tous les quarts d’heure que le ciel va nous tomber sur la tête, cela finit par nous arriver.

Avec tout le respect dû aux organisations syndicales qui défendent les intérêts légitimes des travailleurs, la grève va être un échec car les Français savant bien qu’il n’existe pas d’autre moyen de financer leurs vieux jours et que ces cessations de travail à répétition n’auront plus d’effet.

2010 n’est pas 1995. Et ce n’est plus le même homme qui trône à l’Elysée. Et en plus, la loi a été votée.

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11/10/2010

POURQUOI DONC LA FRANCE EST-ELLE SI SOUVENT EN ETAT PRE INSURRECTIONNEL ?

POURQUOI DONC LA FRANCE EST-ELLE SI SOUVENT EN ETAT PRE INSURRECTIONNEL ?

C’est bien le cas, à s’y méprendre ! Comment peut-on, pour défendre des intérêts catégoriels, empêcher le redressement durable d’un pays qui peine à rétablir l’équilibre de ses finances publiques, à renouer avec la croissance et assurer à ses habitants une retraite décente et garantie ?
Comment peut-on admettre que des leaders syndicaux entament avec persistance une véritable épreuve de force avec le gouvernement légitime, démocratiquement élu du pays ?
Que signifient tous ces blocages, ceux des raffineries, des transports, des camionneurs et autres,  sinon que l’on cherche à paralyser le pays ? Et tout cela, pourquoi ? Parce qu’on refuse de travailler un peu plus, alors qu’on sait bien, que les retraites ne seraient plus financées si l’on continuait sur notre désespérante lancée ?
Il est étrange de constater que l’on ne parvient pas à guérir les Française de cette affection de longue durée, qui a pour nom la contestation sociale permanente ? Je pense aux réflexions désabusées de Francis Mer, ancien ministre des finances, qui, venu du secteur privé, constatait la gravité du mal français…
Peut-être faudrait-il ouvrir les yeux et voyager un peu plus pour prendre conscience de ce qui se passe ailleurs ? En Allemagne, notamment, où l’influence et la crédibilité de la France s’érodent inéluctablement.
Aucun gouvernement ne pourra faire l’économie de cette réforme. Les cas de pénibilité et d’entrée précoce dans la vie active ont été pris en compte. Que veut-on de plus ? Mettre à bas le gouvernement ? Les grèves n’y arriveront pas. Désorganiser ce pays encore et toujours ? Cela, oui, assurément.
Mais dans ce cas il faut appeler les choses par leur nom. Ce n’est plus une revendication salariale, c’est une contestation politique.

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10/10/2010

L’ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE A 150 ANS !

L’ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE A 150 ANS !
L’AIU a cent cinquante ans ! Bon anniversaire ! La vieille dame du judaïsme français se trouve dans un magnifique immeuble, rue La Bruyère dans le 9 e arrondissement de Paris. Nous sommes tous passés par là, à un moment ou à un autre de notre vie.
Comment est elle née et dans quelles circonstances ? L’Alliance a d’abord voulu combattre l’antisémitisme qui a pris au XIXe siècle en Europe des formes à la fois cruelles et disproportionnées. On a même osé reprendre l’infâme accusation de meurtre rituel. Et il y eut cette incroyable affaire Mortara où une famille juive italienne se voit ravir un enfant que sa nourrice chrétienne prétendait avoir converti en secret par attachement pour lui.. Au regard d’un droit canon d’un autre âge, un tel enfant ne pouvait plus demeurer dans une famille juive : c’eut été, au gré de nos kidnappeurs d’enfants juifs, inacceptable.. L’enfant fut donc arraché à ses parents, placé dans un couvent et enfin envoyé dans un séminaire où il fut ordonné prêtre.
L’Alliance a voulu réagir à cette curieuse conception de l’amour du prochain tel que développé par l’église catholique de ces temps là.. Grâce soit rendue au Ciel, l’Eglise a appris, depuis ce temps. Elle a médité les graves crimes commis par le passé. Certes, il y eut l’affaire Finaly, mais cette fois ci l’issue fut heureuse. Pour la plus grande gloire de l’Evangile qui, sans être notre bréviaire, n’en fait pas moins partie de l‘histoire religieuse du judaïsme et demeurer un authentique livre d’amour et de bonté…
Je me demande souvent ce que ce pauvre Jésus aurait pensé des conversons forcées et des bûchers enflammés en son nom.. Et ces viols de la conscience, pour sauver l’âme des gens !!!
Ce sont toutes ces choses infâmes que l’AIU a voulu supprimer. Cette institution a été l’instrument de la pénétration de la francophonie depuis le Maroc jusqu’en Iran, depuis la Syrie jusqu’à la Grèce. J’ai moi même fréquenté l’école de l’AIU à Agadir avant que le tremblement de terre ne me chasse de ma ville natale. Et à Paris, lorsque j’entamais mes études, l’AIU, bénie soient son nom et ses fondateurs, m’a octroyé, comme à tous mes camarades, un petit prêt d’honneur (que j’ai remboursé depuis) pou me permettre de me consacrer à mes études. Malgré l’aide vigoureuse de mes propres parents.
Enfin l’AIU a joué un rôle fondamentale pour la création de l’Etat d’Israël

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ENFIN, DE BONNES NOUVELLES A LA TELEVISION ET DANS LES MEDIAS

ENFIN, DE BONNES NOUVELLES A LA TELEVISION ET DANS LES MEDIAS

Depuis quelques semaines, j’attendais l’issue heureuse pour parler des 33 mineurs chiliens bloqués sous terre à près de 700 mètres de profondeur. Ils vont être bientôt délivrés, D- voulant. Mais comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, notre spéléologue coincé sous terre en France, à près de 200 mètres sous terre, a lui aussi donné des signes de vie et devrait être bientôt délivré : c’est rare que l’on ait ainsi une gerbe de bonnes nouvelles. Pourvu que cela se poursuive !
Nous devrons tous un jour rejoindre les entrailles de la terre et nous fondre en elle, elle qui nous a nourris depuis notre venue au monde. Il est symbolique de voir que nous parvenons à lui arracher des êtres vivants qui furent emprisonnés en elle par accident ou par mégarde.
Il y a sous terre plus d’hommes qu’il n’y en a sur la terre. Mais le cas de ces mineurs et de ce spéléologue donne à réfléchir. Quand on est ainsi retenu prisonnier à de telles profondeurs, on peut penser à la vie intra utérine de l’enfant. Mais heureusement, le giron maternel est très rarement une tombe, c’est plutôt un jardin destiné à la vie.
Quelle chaîne de solidarité humaine : cet engin de forage ramené d’Australie, ces cosmonautes de la NASA appelés en renfort, bref toute cette mobilisation de tous les coins du globe pour sauver des vies. Il en est de même du spéléologue français.
André avait bien raison de dire qu’une vie n’est rien mais que rien ne     vaut une vie… Des décennies plus tard, Jean D’Ormesson lui fait écho en publiant un livre au titre évocateur : c’est une chose étrange que la vie..

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09/10/2010

LES LYCÉENS, LES RETRAITES, LE FMI ET L’ANCIEN PREMIER MINISTRE PIERRE MAUROY

LES LYCÉENS, LES RETRAITES, LE FMI ET L’ANCIEN PREMIER MINISTRE PIERRE MAUROY

 

J’ai lu avec l’intérêt que vous devinez certaines réactions à mon article d’hier. Mais je maintiens mes positions tout en respectant celles des autres : un lycéen, et même un étudiant, peut, certes, se préoccuper de son avenir, mais la meilleure façon de le faire, c’est de le préparer. Je répète qu’il est immoral d’impliquer des êtres encore si jeunes dans des manifestations où ils n’ont rien à faire. Quand je vois que les syndicats, faute de mieux, planifient des ballades du samedi (le mot n’est pas de moi mais d’un syndicaliste un peu lucide, il y en a !) à la seule fin de faire venir les familles (hommes , femmes et enfants), je me demande si ces parents sont devenus inconscients..

Il y a ici une responsabilité directe des partis politiques et notamment du PS. On a pu voir hier sur les écrans de télévision Monsieur le Premier Ministre Pierre Mauroy, au pouvoir avec François Mitterrand, et responsable de l’introduction de la retraite à 60 ans. L’homme a tenté de se lancer dans des envolées socialo-lyriques qui nous firent rêver, il y a trente ans, même si le réveil fut brutal. Hélas, ce n’était que l’ombre de l’ombre. IL a parlé de vie, de combat, de ceci et de cela, un peu comme François Mitterrand qui après toutes ces réformes (dont certaines étaient bien vues) a failli sortir du serpent monétaire européen, nous rendant comparable à un pays comme l’Albanie. L’homme n’a, avec tout le respect dû à sa personne, qu’il a tenu un discours vieux de trente ans en octobre 2010 !!

Il faudrait même revoir de manière intelligente les 35 heures ! Il suffit de voir ce qui se passe en Europe…

Mais heureusement, face à des déclarations nostalgiques et rétrogrades, un autre socialiste, désormais à la tête du FMI, a redressé la barre en disant publiquement que l’on ne pouvait pas en rester là. Et qu’il fallait travailler au delà de 60 ans !

Ce qui me frappe le plus ici, c’est que personne n’aime travailler, ni n’aime ce qu’il fait. Je crois que c’est là que le bât blesse : si les gens effectuaient un travail qui leur plaît et s’ils étaient convenablement payés, cela irait mieux.

Mais je le répète, les lycéens prépareraient mieux leur avenir en étudiant : les partis politiques d’opposition les instrumentalisent, mais une fois au pouvoir, ils leur expliqueront qu’ils ne peuvent faire mieux que leurs prédécesseurs.

La jeunesse, disait Ernest Renan, sacrifie souvent la critique à l’amitié. C’est normal, elle est encore tendre.

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LE PRIX NOBEL DE LA PAIX DÉCERNÉ À UN DISSIDENT CHINOIS EN PRISON

LE PRIX NOBEL DE LA PAIX DÉCERNÉ À UN DISSIDENT CHINOIS EN PRISON

C’est une très bonne décision, même s’il y avait d’autres nobélisables bien plus méritants. Mais le comité du Nobel a été bien inspiré de voter en faveur d’un homme dont la voix est étouffée dans son propre pays, la Chine.

Est-ce qu’une telle décision, courageuse et louable de la part d’un petit pays face à ce mastodonte qu’est la Chine, va précipiter la décomposition d’un régime autoritaire et qui ressemble tant à celui de la Corée du nord, voisine ? Les dirigeants chinois devraient comprendre qu’ils ne pourront jamais atteindre leurs objectifs de grande puissance ni concurrencer les USA s’ils persistent dans cette situation d’Etat non démocratique ? Ils se souviennent des graves controverses lors des Jeux Olympiques qui se sont tenus chez eux : une immense levée de boucliers les avait entourés et pourtant les autorités chinoises avaient fait des efforts surhumains pour être à la hauteur de l’enjeu.

Une si grand puissance comme la Chine qui a même les moyens de racheter une partie de la dette publique grecque, en gros, sans vexer personne, de satelliser tout un pays, voire de l’acheter, devrait comprendre que son régime représente presque une tache dans son image. On pressent des tensions dans l’exécutif restreint qui dirige au sommet ce pays de plus d’un milliard d’habitants : parviendront-elles à dessiller les yeux des plus anti-démocratiques ? Je ne sais.

Mais ce que je sais c’est que le comité du Nobel a tenté de désentraver les entravés et de redonner une voix à ceux qui sont condamnés au silence. La Chine doit se comporter comme une grande puissance qu’elle est et faire enfin honneur aux idéaux démocratiques. Enfermer les gens avec lesquels on n’est pas d’accord est une pratique qui relève d’une autre âge.

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08/10/2010

Mais que viennent faire de tout jeunes lycéens dans manifestations contre la loi sur les retraites ?

Mais que viennent faire de tout jeunes lycéens dans manifestations contre la loi sur les retraites ?

Décidément nous vivons une drôle d’époque ; des adolescents qui n’ont pas même encore leur bac et qui prétendent faire des démonstrations de rues au sujet des retraites. Sont-ils déjà vieux à 16 ans ? Honte à ceux qui les manipulent et qui savent pourtant que le pouvoir ne reculera pas sur ce point. Peut-être supprimera-t-il le bouclier fiscal et l’ISF mais jamais il ne reviendra sur l’allongement de l’âge de départ à la retraite. Même 62 ans , cela ne suffira pas, il faut aller au moins jusqu’à 65-67 ans !

Assurément, le régime des femmes qui ont donné naissance à des enfants, la pénibilité de certaines professions, tout ceci doit être pris en compte, mais sans que cela ne revienne à l’adoption de régimes spéciaux honnis..

Mais que des lycéens profitent d’être manipulés , instrumentalisés par des adultes inconscients, uniquement pour sécher les cours, c’est incroyable. Décidément, les séquelles de mai 68 ne partiront jamais de ce pays.

Il faut se ressaisir : quand on est encore au lycée on doit se concentrer sur ses études et sur rien d’autre.

Une anecdote racontée par un ami, chasseur de tête : il auditionne de jeunes polytechniciens pour les orienter vers de grandes carrières. Les auditions vont bon train jusqu’au moment où il tombe sur un candidat qui s’enquiert du salaire et … de sa retraite ! Il n’a que 22 ans, mais son père qui en a 60 lui a sottement recommandé ceci : surtout, n’oublie pas de parler de la retraite !

Le chasseur de tête remercie aussitôt le jeune homme : on n’a pas besoin de types comme cela !

Que cela serve de leçon…

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Qu’est-ce que la kabbale ?

CONFERENCE A LA MAIRIE DU XVIE ARRONISSEMENT DE PARIS

Jeudi 7 octobre

Introduction : qu’est-ce que la kabbale ? Comment devient-on kabbaliste ?

Qu’est-ce que la kabbale ?

Une mystique intégrale ? Un courant ésotérique ?  Ou simplement un recueil de traditions, une collection de midrashim comme il en existe tant, mais que l’on a opportunément rehaussés d’un incontestable saveur mystique ? Pourtant, quelle que soit la réponse à cette question, une autre reste posée : D’où peut bien provenir cette inspiration mystique dont se réclament les kabbalistes ? Généralement du prophète Elie, un visionnaire dont la Bible n’a conservé aucun oracle écrit et dont les révélations doivent être transmises oralement de maître à disciple… Dans un texte manuscrit édité par Gershom Scholem, un kabbaliste insiste sur l’extrême subtilité de ces sujets et sur l’impossibilité de les consigner par écrit. Ils doivent, conclut-il, être reçus de bouche à oreille (d’une bouche s’adressant à une autre bouche : tsarikh shé-yequbbal péh el péh).[1] On peut dire que la communication mystique exige au préalable une communion des êtres. Le discours mystique jaillit du fond de l’âme humaine mais pour le vivre vraiment, il faut qu’il soit déjà présent au plus profond de soi-même.

Sans qu’il soit permis de poser la moindre question. C’est bien ce que nous apprend dans ses mémoires (De Berlin à Jérusalem) le fondateur des études kabbalistiques de Jérusalem, Gershom Scholem, qui relate qu’avant d’être reçu dans un cénacle de kabbalistes dans la cité du roi David, on lui rappela sèchement l’unique condition à son admission dans ce cercle très fermé : écouter sans poser de questions ! Mais des questions sur la kabbale, Scholem s’en posera pendant près de soixante années d’un inlassable labeur…

Les kabbalistes recouraient à différentes sources d’inspiration. Outre le prophète Elie sus nommé, il y avait différents moyens, comme le sommeil nocturne au cours duquel, selon une vieille légende talmudique, l’âme effectue une ascension céleste. Elle entre alors en relation avec de vénérables autorités religieuses défuntes qui l’instruisent des secrets de la Tora. Ce tréfonds de l’âme, ce moi profond peut se révéler un excellent vecteur pour communiquer avec des puissances surnaturelles. Et c’est cette relation qui garantit au kabbaliste l’authenticité de son inspiration. A en croire certains sources kabbalistiques, tel fut bien le cas du fondateur de la kabbale lourianique : chaque nuit, lisons nous dans un témoignage contemporain, l’âme du AR’I (Ashkénazi rabbi Isaac = Louria) montait au ciel et les anges du service la conduisaient aussitôt vers l’académie céleste. Les anges lui demandaient à quelle académie elle voulait aller : parfois elle jetait son dévolu sur celle de rabbi Siméon ben Yochaï, parfois sur celle de rabbi Aqiba ou sur celle d’un prophète. Et au réveil, Louria exposait aux sages ce qu’on lui avait confié durant la nuit.[2]

Les anciens kabbalistes préconisaient aussi une autre méthode qui pourrait surprendre quelque peu : les larmes ! Il était recommandé de se lever après minuit et de fondre en larmes car les pleurs favorisent, selon eux, une abondante inspiration mystique.

Parfois aussi, le mystique bénéficie d’une véritable illumination, il est soudain entouré d’un halo de lumière durant son étude. Le fait est attesté maintes fois dans la littérature zoharique. Mais c’est encore Louria qui en est ici aussi le bénéficiaire principal : même si j’avais étudié pendant quatre-vingts ans d’affilée, je ne serais pas parvenu à vous communiquer ce que j’ai appris durant cet instant où la lumière m’a entouré de toutes parts… Louria poursuivait en ces termes : les sages d’Espagne me prièrent de rédiger un ouvrage sur ces révélations durant cette extase mystique. Même si tous les océans se transformaient en encre, tous les roseaux de la terre en calames et tous les firmaments en parchemins, ils ne suffiraient pas pour vous exposer ce que j’ai alors appris. Et lorsque je me mets à exposer un tant soit peu de cette science mystique, je suis littéralement submergé de lumière au point de ne pas pouvoir porsuivre… Je dois alors trouver un petit subterfuge pour vous communiquer ce que je sais par un tout petit canal afin que vous ne soyez pas comme le nourrisson qui s’étrangle en raison d’un trop plein de lait qui afflue dans sa gorge… C’est dire !

Enfin, une autre méthode consistait à écouter une voix intérieure, appelée magguid, (en hébreu un récitant), quelqu’un qui vous parle et vous confie des choses excogitées (si je puis dire) par votre moi profond… Le plus célèbre magguid fut celui du rabbin et codificateur religieux Joseph Caro qui faisait aussi partie des kabbalistes de Safed. Il nous a laissé un recueil des communications surnaturelles de ce magguid qui se manifestait lorsqu’il étudiait la mishna (partie législative du talmud) alors que pour d’autres, le magguid ne se manifestait que durant l’étude du Zohar.

Une autre question se pose : pouvait-on commenter les traditions mystiques reçues ou était-il instamment recommandé de n’y rien ajouter et de n’en rien retrancher ? Les deux options sont représentées au cours de l’histoire ; mais le simple survol d’une liste de commentaires du Zohar, véritable Bible de la kabbale, montre que la veine des kabbalistes ne s’est jamais vraiment tarie…

Au fond, cette littérature exégétique d’un type assez particulier qu’on nomme kabbale ou mystique juive, tente, comme dans les autres religions monothéistes (christianisme et islam) de rendre compte, à sa façon, de la divinité, de la question du monde (émanation ou création ?) et de la destination de l’homme. Mais c’est bien Dieu et le mystère de la foi (en araméen raza de-méhémnouta) qui occupent la place centrale, tous les autres thèmes traités n’en sont que des ramifications. Et pour apporter des réponses à toutes ces questions, la kabbale s’écarte des voies de la philosophie à laquelle elle s’était, dès l’origine, fortement opposée, mais qu’elle tentera aussi, plus tardivement, d’assimiler en la repensant dans un esprit conforme au sien.

Définir l’essence de la kabbale est chose relativement aisée mais nécessite, parallèlement, la mobilisation d’un vaste spectre d’interprétations et de conceptions qui n’en faisaient pas vraiment partie à l’origine et qui ne s’y sont greffées qu’au cours d’une longue évolution. Le symbolisme de l’exégèse kabbalistique de la Bible a inspiré tant de gens qui voulurent y puiser la justification de leurs propres idées ; ainsi, par exemple, des kabbalistes chrétiens[3], des Francs-maçons et des adeptes de l’alchimie : peu importait que cette dernière fût vraiment matérielle et vouée à la transmutation des métaux, ou, au contraire, spirituelle et soucieuse de sublimer les passions humaines… Car avant de devenir une theologia mystica, la littérature kabbalistique fut d’abord une receptio symbolica.

Gershom Scholem, déjà cité supra, a décrit le grand étonnement du Moyen Age chrétien en voyant apparaître cette stupéfiante floraison mystique dans un judaïsme considéré comme une survivance du passé, un vieux tronc desséché dont la sève avait été captée par le nouveau rameau chrétien. Cette fécondité, aussi vigoureuse qu’inattendue, prouvait que le judaïsme pouvait encore abriter en son sein une riche vie intérieure et dépasser le cadre étroit du sens littéral. La phrase qui, aux yeux des chrétiens de l’époque, caractérisait le plus souvent -mais pas forcément le plus justement- le judaïsme médiéval, s’énonçait ainsi : sensus judaicus sensus carnalis (le sens juif est le sens charnel). Partant, pas d’allégories, ni de formes figurées ni même de simples symboles chez les juifs. Rien qu’une doctrine sclérosée, pétrifiée, exclusivement centrée autour d’une pratique mécanique des préceptes divins que l’Eglise avait, pour sa part, entièrement allégorisés et vidés de leur contenu. En somme, le judaïsme devenait une pure orthopraxie, incapable de générer la moindre pensée mystique. Or, celle-ci finit par naître ou ressurgir et prit le nom de kabbala, la tradition authentique.

Cet arrière-plan de polémique chrétienne a incontestablement pesé de tout son poids sur le développement de la doctrine ésotérique chez les juifs. Avant cette période médiévale où les exégètes chrétiens se grisaient de mystères et d’allégories, pour justement s’écarter du sens obvie des Ecritures et s’affranchir ainsi de la Loi, le judaïsme n’avait encore jamais utilisé autant de termes pour désigner ce qui est caché, mystérieux et occulte, comme cette nouvelle littérature mystique allait le faire en hébreu ou en araméen. N’était-ce pas là une réponse indirecte aux reproches des théologiens chrétiens qui se grisaient de mystères là où les juifs semblaient incapables de transcender le sens littéral des Ecritures ? Cette propension nouvelle devient littéralement jubilatoire sous la plume de Moïse de Léon, l’auteur de la partie principale du Zohar, qui s’y réfère sans cesse dans ses exégèses. Cette terminologie exégétique pour l’occulte et le mystérieux est très diversifiée : satoum (fermé), hatoum (scellé), néélam (occulte), ganouz (enfoui), amok (profond), tamir (caché), tseniout (occultation), sod (secret), raza[4] (mysère). Signalons aussi ce syntagme araméen qui connut un vif succès et eut des équivalents en latin et en arabe : raza de-razin, le secret des secrets, secretum secretorum, et en arabe sar al-asrar… Pour désigner le couple antithétique exotérique / ésotérique, la tradition juive utilise les termes suivants niglé / nistar. Et pour caractériser l’ésotérisme en général on dit torat ha-sod ou torat ha-nistar. Ou tout simplement, hochmat ha-kabbala : la doctrine kabbalistique

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