• Pourim , Analyse et signification symbolique

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    Pourim , Analyse et signification symbolique

     

    Quelles sont les vraies origines de cette célébration extra biblique (comme Hanoukka et Tisha be-av) qui a si fortement conquis la sensibilité juive au point que personne ne se pose même plus la question ? Pourim (ou le jour de Mardochée pour parler comme les Evangiles) ne figure pas dans les calendriers liturgiques prévus par le chapitre 23 du Lévitique, et en dépit de cela, même la tradition talmudique, généralement incarnée par des sages à l’esprit rassis, affirme qu’à l’époque messianique, tous les textes de la Tora auront perdu leur valeur prescriptive, à l’exception du Pentateuque et du rouleau d’Esther ! Bien plus tard, après la clôture de la littérature talmudique, le fondateur du mouvement hassidique HaBaD, Shnéour Zalman de Liadi (ob. 1812) a jugé qu’à l’époque messianique, l’obscurité sera transformée en lumière. En termes plus clairs, il jugeait miraculeux le basculement du roi Assuérus qui était passé de la haine exterminatrice à l’attitude la plus favorable et la plus conciliante à l’égard des juifs de son immense empire. Un peu comme on dit de Dieu qui prouve ainsi à un être humain l’amour qu’il lui porte : il transforme ses ennemis en amis. (Mé-Oyev lé ‘ohev)

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  • Notre civilisation occidentale face à la pandémie : un colosse aux pieds d’argile…

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    Notre civilisation occidentale face à la pandémie : un colosse aux pieds d’argile…

    J’ai longtemps hésité avant de saisir cette terrible question à bras le corps : fallait il exercer une ingéniosité exégétique sur ce mal mystérieux qui nous frappe tous, tant que nous sommes, et qui se joue de nous, d’un bout à l’autre de notre monde. Chaque jour apporte son lot de morts de l’épidémie ou d’infectés par ce terrible coronavirus : que ce soit dans les Emirats arabes unis, en Iran, en Israël ou en Australie, voire même dans toute l’Asie du sud (car c’est de Chine qu’est parti l’épidémie), partout dans notre monde civilisé, aucune région n’est épargnée et même notre voisine l’Italie a dû faire face à ces développements à la fois imprévus et très inquiétants.

    Je n’ai nullement envie de faire une lecture théologique ou religieuse de ce mal qui s’abat sur nous et qui fait penser soit à l’horrible grippe espagnole des débuts du XXe siècle et qui emporté des millions d’hommes, soit à d’autres épidémies comme la peste noire du XIV e siècle. A ce propos, je ne résiste pas à la tentation de citer un témoin oculaire de l’époque, le philosophe post maimonidien de Provence, Moïse ben Josué de Narbonne (1300-1362) qui dit ceci dans l’un de ces commentaires : Androlomasia (la peste) s’est abattue sur le monde, elle tue à la fois les bons et les méchants… C’est-à-dire que la maladie ne fait pas le tri, elle emporte quiconque se trouve sur son chemin…

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  •   Pour Laura-Sarah HAYOUN et Clara-Lise MOOS Le cantique synagogal Ygdal Elohim hay…

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                                                                                            Pour Laura-Sarah HAYOUN et Clara-Lise MOOS

    Le cantique synagogal Ygdal Elohim hay…

    Ce cantique synagogal qui clôture le service religieux du chabbat et des jours de fête se veut un résumé lyrique des treize articles de foi de Moïse Maimonide (1138-1204). Il reprend les grandes thèses développées dans le Guide des égarés de l’auteur, ce qui constitue son testament philosophique. C’est aussi un écho dur premier livre du Mishné Torah, le Livre de la connaissance (Sefer hamadda’) L’auteur ou le compilateur médiéval a voulu mettre tous ces thèmes philosophiques à la portée de l’orant moyen, qui doit devenir familier des thèses cardinales de sa religion juive.

    Nous avons donc à faire à un condensé musical, pourrait-on dire, de la foi juive et de sa théologie. C’est Dieu, célébré en tant que Créateur et roi de l’univers qui fait l’objet des toutes premières louanges de ce beau cantique que certaines communautés ont même intégré aux prières du samedi matin.

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  • Marie Dosé, Les victoires de Daech. Quand nos peurs fabriquent du terrorisme (Plon), Faut il rapatrier tous les anciens membres de Daech?

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    Marie Dosé, Les victoires de Daech. Quand nos peurs fabriquent du terrorisme (Plon)

    Faut-il traiter les repentis de Daesh  autrement que ne le font certains juges actuellement, en leur refusant toute remise en liberté dans l’attente de leur jugement  ? Est-ce la meilleure façon de fabriquer de futurs terroristes, en somme est ce une attitude contreproductive ? C’est la principale thèse de l’auteure qui s’appuie sur un certain nombre d’exemples assez émouvants.

    Faut-il leur faire confiance lorsqu’ils affirment ne pas avoir bien discerné ni compris la vraie nature de ce groupe terroriste qui a ensanglanté au moins deux pays du Proche Orient et commis aussi des attentats meurtriers en Europe et ailleurs dans le monde ? Je m’interroge toujours, même avoir lu ce petit livre de la première à la dernière ligne…

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  • Jean-Marie Nicolle, Le laboratoire mathématique de Nicolas de Cues (Beauchesne)

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    Jean-Marie Nicolle, Le laboratoire mathématique de Nicolas de Cues (Beauchesne)

    Quel personnage exceptionnel que ce cardinal Nicolas de Cues (1401-1464) car il m’avait déjà séduit lors de mes jeunes années d’étudiant en germanistique. C’était la première fois, en année de licence d’allemand, que je suivis une conférence sur lui. Plus tard, lors de mes traductions des livres de Gershom Scholem sur l’histoire de la kabbale, la mystique juive, j’avais été intrigué par ses recherches sur la quadrature du cercle et aussi, surtout, sur la docte ignorance et la neutralisation des contraires ou coïncidence des opposés… Et voici que les éditions Beauchesne publient un bel ouvrage, sérieux et bien documenté, le concernant.

    Excellent ouvrage, rédigé dans un style élégant et sobre, qui relate la vie et la pensée d’un homme qui marqua son temps et même les périodes suivantes et en lequel certains spécialistes veulent voir un précurseur de la modernité. L’auteur Jean-Marie Nicolle établit une subtile distinction entre la modernité, l’actualité et l’originalité. Il a probablement raison de ne pas suivre ceux qui voient dans le Cusain un précurseur de la modernité. D’après ce que je lis chez l’auteur, le terme modernité est peut-être un peu galvaudé de nos jours, peut-être veut-on simplement dire qu’il était en avance sur son temps ou qu’il incarne, dans une certaine mesure, le passage du Moyen Âge à l’époque suivante, dite moderne. Il me semble, cependant, qu’il reste un fils de son temps. Car ses catégories mentales ne peuvent pas faire abstraction d’un univers créé et dominé par Dieu.

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  • La prière Alénou le-chabéyah… ( Il nous incombe de louer le maître de Tout…)

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                                                                                                        Pour Eitan CHOUCROUN et ses chers parents

    La prière Alénou le-chabéyah… ( Il nous incombe de louer le maître de Tout…)

    Voici une traduction littérale, aussi fidèle que possible, de cette prière qui clôture les trois services religieux quotidiens du judaïsme. Et contrairement au kaddish, cette prière qui compte parmi les plus anciennes de la liturgie juive, est rédigée en hébreu exclusivement. Elle se compose de deux parties de longueur à peu près similaire. Son contenu vise à magnifier la royauté divine et à souligner l’authenticité du message judéo-hébraïque..

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  • Ernst Kantorowicz ; Les Deux Corps du Roi. Essai sur la théologique politique au Moyen Age (Gallimard)

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    Ernst Kantorowicz ; Les Deux Corps du Roi. Essai sur la théologique politique au Moyen Age (Gallimard)

    Nous avons affaire à une substantielle contribution à la théologie politique médiévale. Il s’agit de montrer à l’aide d’une documentation très érudite comment s’articulent les deux personnes en une seule, en l’occurrence celle du roi qui a un corps naturel comme tout le monde, mais qui, en sa personne royale, participe aussi à un autre ordre, celui politique ou mystique qu’il est le seul à pouvoir incarner. Ceci est à la fois simple à comprendre et difficile à concevoir.

    En sa qualité de corps naturel, physique, le roi peut mourir, tomber malade, se tromper, bref être soumis au régime normal de l’humanité. Mais en tant que corps politique ou mystique, le roi ne meurt jamais, ne se trompe jamais, ne cesse jamais d’exister. Et quand il passe à l’éternité, la transmission se fait automatiquement sans que l’on puisse décrire conceptuellement le passage de relais Que se passe t il lorsque l’on dépose sur la tête ou le front de l’homme la couronne royale ? L’heureux bénéficiaire ou héritier se dédouble en quelque sorte puisqu’il continue d’être comme tout le monde, comme ses sujets, mais cumule avec cela un tout autre statut, celui de roi. Il n’a ni âge ni jeunesse en son corps politique, celui-là même par lequel il régit et gouverne son peuple.

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  • Stéphanie Roza, La gauche contre les Lumières ? (Fayard)

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    Stéphanie Roza, La gauche contre les Lumières ? (Fayard)

    On pourrait penser avant d’entamer la lecture sérieuse de ce sympathique petit ouvrage que le titre accrocheur ne dissimule rien de nouveau et qu’il se veut simplement accrocheur. Il n’en est rien car si l’on fait fi de discours féministes militants qui n’apportent rien de neuf, il attire notre attention sur l’ambiguïté, réelle ou feinte, des idéaux du siècle des Lumières. En effet, un débat philosophique a passé au crible l’intention profonde de ces mêmes idéaux avec des résultats contrastés, notamment dans des quartiers inattendus où l’on aurait cru que les valeurs les plus emblématiques de la gauche auraient reçu un meilleur accueil, comme la tolérance, l’universalité, l’égalité, la souveraineté infinie de la Raison, la haine de la persécution, la lutte contre la superstition, etc…

    Ces valeurs étaient censées être de gauche et voilà que la droite classique les reprenait à son compte en les tirant singulièrement vers elle. Se pose donc avec une certaine acuité la question suivante : quelle est la nature exacte des valeurs véhicules depuis près de deux siècles par les Lumières ? Et notamment au XIXe siècle et au cours du XXe ?

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  • Stefan Zweig, solidaire de ses frères d’Allemagne, persécutés par les Nazis.

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    Stefan Zweig, solidaire de ses frères d’Allemagne, persécutés par les Nazis.

    Les éditions Albin Michel viennent de publier un bel ouvrage consacré aux préoccupations politiques, au sens large du terme, de ce grand écrivain judéo-autrichien, Stefan Zweig, allant de 1911 à 1942, date de son suicide à Petrópolis, au Brésil, où il s’était réfugié avec fidèle secrétaire, devenue son épouse, Liselotte Altmann, la fille d’un grand rabbin anglais. Déjà ce suicide en commun, avec une femme juive alors qu’il avait toujours eu des aventures avec des femmes qui ne l’étaient pas, montre une sorte de fidélité au judaïsme, par delà la pratique religieuse et les signes ostentatoires… Pour reprendre la déclaration d’un autre juif de renon, alsacien celui-ci, qui dit à la veille de son exécution par les Allemands pour faits de résistance : le rendez vous avec la mort est le moment de la vérité suprême, le moment où l’on se résume pour comparaitre devant l’éternité… Il s’agit de Marc Bloch, fondateur avec Lucien Febvre des Annales.

    Mais cet attachement à son peuple ( c’est lui-même qui utilise ce terme et proclame sa solidarité avec l’ensemble de s juifs de sa génération) fut aussi mis en œuvre pour la vie, la survie et l’émigration des enfants juifs allemands, menacés dans leur innocence et leur pureté. Dans oublier leur vie dans les camps de la mort.

     

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  • tefan Zweig, Pas de défaite pour l’esprit libre : Ecrits politiques (1911-1942)

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    Stefan Zweig, Pas de défaite pour l’esprit libre : Ecrits politiques (1911-1942)

    A voir les livres et les œuvres de cet auteur judéo-autrichien qui paraissent ou réapparaissent à intervalles réguliers, on serait tenté de croire que le stock est inépuisable. Aujourd’hui, ce sont des écrits épars, d’assez petite taille qui sont mis sur le marché, pour notre plus grande joie. Il s’agit ici d’écrits politiques, c’est-à-dire de contributions destinées à éclairer des problématiques du temps présent et qui touchaient les contemporains au plus profond d’eux-mêmes. Surtout quand on pense que peu après 1911, éclatait la Grande Guerre qui allait durer quatre longes années, laissant derrière elle une Europe en ruine et exsangue : plusieurs dizaines de millions de morts et un nouvel ordre géopolitique qui portait en germe une nouvelle épreuve, bien plus dévastatrice que la précédente, ls seconde Guerre mondiale. On omet parfois de le rappeler, mais c’est bien cette déflagration mondiale qui a détrôné les anciennes puissances européennes (La Grande Bretagne et la France) et les remplaça par les USA… L’Europe ne s’est jamais remise de cette saignée à blanc.

    Les tout premières contributions qui ouvrent ce nouveau volume portent sur des sujets assez banals Il est question de plaider en faveur des quinquagénaires, de demander à l’Etat d’aider les gens de lettres qui ne peuvent pas vivre de leur plume tant qu’ils n’ont pas encore obtenu la consécration de leurs nombreux lecteurs, etc…

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