La villa SAYER Le Bauhaus au cœur du bocage normand…

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Qui aurait pu s’y attendre ? Une telle villa, la superbe villa SAYER, véritable joyau d’architecture, se situe à moins de dix kilomètres des planches de Deauville ; elle est encore plus près de Beaumont en Auge d’où nous partons pour la visiter en cette belle journée du patrimoine. Sur  les conseils avisés du talentueux architecte Jonathan MOOS nous mettons le cap sur cette incomparable villa au cœur même de la Normandie. Du Bauhaus, cette tradition architecturale allemande qui a fait florès autour des années vingt, en Normandie ! C’est un événement à ne pas manquer. D’autant que depuis 2005 la villa a été classée monument historique…  En moins d’une dizaine de minutes, nous nous engageons dans ces magnifiques prairies qui nous conduisent vers la ville SAYER, située dans un très beau domaine, verdoyant et parfaitement entretenu. Après avoir garé le véhicule, nous nous dirigeons vers la villa ; les visiteurs précédents que nous croisons nous encouragent à poursuivre, tant le style architectural est unique et original : du style Bauhaus dans toute sa pureté, des formes épurées, un côté élancé, bref une bâtisse d’un genre tout particulier. Au terme de leur visite, ces gens nous disent qu’en dépit de l’impossibilité de visiter l’intérieur de la villa, cela vaut tout de même la peine de contempler ce chef d’œuvre. De l’extérieur !

Au bout de l’allée, nous sommes accueillis par deux charmants messieurs, deux frères, les héritiers de la villa de leurs parents qui eurent cette idée géniale d’implanter ici une telle œuvre architecturale.

Sans avoir jamais eu l’opportunité de m’intéresser à l’architecture (sauf aux pyramides), j’ai été ici saisi par ce style épuré sans fioritures inutiles que je n’avais vu qu’à Berlin où je fus professeur associé à la Freie Univesrität, et à Tel Aviv où le centenaire du Bauhaus (1929-2029) a été commémoré la semaine dernière. Mais cette vision m’a rappelé une devise ornant le fronton de l’école philosophique d’Athènes : Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre… Adaptons la formule et disons : que nul n’entre ici s’il n’est architecte !

Ces propriétaires nous remettent un petit dossier relatant les origines de l’édifice. Ils en résument succinctement la genèse ; oralement t notre intention : c’est leur mère qui a eu l’idée de se rapprocher de l’architecte brésilien, Oscar Niemeyer, dont le nom et les œuvres sont liés à Brasilia.

 Après maintes tentatives infructueuses d’approcher le célébrissime architecte, Madame Sayer et son époux décident de faire appel à un autre architecte dont le style se rapproche de celui de son illustre collègue, Marcel Breuer (1902-1981).

La petite histoire veut que cette villa était à l’origine la copie d’une commande de l’acteur Peter Ustinov, lequel, victime d’un divorce, a trouvé le projet trop onéreux. Mais comme le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, ce bâtiment qui devait se dresser sur le bord du lac Léman fut en définitive édifié à Glanville, en Normandie. Les travaux se sont échelonnés entre 1972 et 1975 pour le rendre habitable. Il s’agit de deux corps de bâtiments qui se font face, l’un destiné aux parents et le second à leurs enfants. Le deux messieurs y firent allusion en parlant de leur enfance sur place… Ce qui conféra à notre passage une connotation personnelle particulièrement bienvenue.

Les pierres, nous apprend une civilisation orientale fort  ancienne, peuvent porter témoignage, elles peuvent se faire accusatrices, mais elles peuvent aussi commémorer le souvenir et défier la fugacité de l’existence.

Parfois le hasard fait bien les choses et lorsque la visite fut achevée, Jonathan et Danielle, en allant chercher le véhicule, me laissèrent seul à contempler cet îlot, ce havre de paix et de sérénité.

L’un des deux frères vient me trouver pour me demander l’orthographe exacte de mon nom et aussi mon lieu de naissance. Je répondis volontiers à sa demande et il se confia sur sa récente visite dans un cimetière lointain où il alla fleurir les tombes de ses ancêtres les Sayer.

Il faut faire mémoire car les ancêtres sont nos racines et nous lèguent les beautés et les richesses de la vie.

 

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