• Juif, autrement ? Comment être juif en Israël …

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    Juif, autrement ? Comment être juif en Israël …

    Au fond, rien n’est simple quand il s’agit du peuple d’Israël et des juifs en général. Est ce un peuple, une religion, les deux à la fois ? Nul ne le sait vraiment car tout change et tout bouge. Chaque fois qu’on revient d’un séjour plus ou moins long dans ce pays, les observateurs les plus attentifs sont contraints de réviser leurs précédentes analyses, et partant, de modifier leurs précédentes conclusions. C’est ainsi. Cela revient à chercher la quadrature du cercle. Pourquoi en suis-je venu à reposer cette question aujourd’hui même ? C’est tout simplement en raison de cette insupportable campagne électorale, provoquée par quelques politiciens avides de pouvoir et peu concernés par le bien-être du peuple qu’ils prétendent représenter au parlement.

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  • Jean Kahn, président d'honneur du Consistoire central israélite de France, in memoriam.

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    Jean Kahn, président d'honneur du Consistoire central israélite de France, in memoriam.

    Jean KAHN, L’obstination du témoignage.( Paris éditions Plon)

     

             Une fois la lecture de ce beau livre de mémoires et de témoignage achevée, on ne peut que bénir la Providence qui a permis à des hommes tels que Jean Kahn de mettre leur talent au service de la communauté juive qu’il a toujours servie. Il ne s’agit pas ici d’une prose dont certains hommes, nostalgiques d’un passé glorieux, se croient autorisés à régaler un public avertu. En s’attachant à une telle lecture, j’ai découvert beaucoup de choses concernant un homme, un grand dirigeant que je croyais déjà bien connaître et dont l’action va bien au-delà des quatre coudées de la communauté qui l’a vu naître…  Mais il y a aussi et surtout dans cet ouvrage des passages poignants sur la Shoah qui revient comme un leitmotiv, mais sans mièvrerie. Qu’on en juge : Ces enfants que l’on chassait, nus, tremblants, effrayés, vers les chambres à gaz, ce sont nos enfants. Nous, survivants, qu’avons-nous à répéter aujourd’hui sinon que la Shoah est une tragédie juive, exclusivement juive, et qu’Auschwitz est exclusivement un lieu de mort. (p 36)

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  • Comment le judaïsme est devenu une nomocratie

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    Le destin du judaïsme dans son ensemble, avant même qu’il ne devienne rabbinique, c’est-à-dire inscrit dans deux cercles concentriques (loi écrite et loi orale), s’est joué à une époque où l’exil et la destruction du second temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère, faisaient encore partie de l’histoire récente,  douloureusement vécue par des milliers de survivants de cette double catastrophe : la disparition du temple de Jérusalem et, partant, la cessation forcée du culte sacrificiel, un double événement qui fut très mal ressenti par la population juive et qui entraîna le désarroi même au plan théologique ; l’occupation par la puissance victorieuse romaine de tout le territoire rappelait de sinistres souvenirs.

    Les Judéens avaient perdu et leur lieu de culte majeur et leur autonomie ou indépendance politique. Aucune institution ancienne ne fut épargnée : la famille royale avait été décimée et ses rares rescapés  contraints de vivre dans la clandestinité, les forces armées étaient vaincues et la caste sacerdotale qui gérait le culte sacrificiel ne servait plus à rien  Et comme si cela ne suffisait pas à discipliner ce peuple de Dieu, les Romains accélérèrent la déportation des vaincus, donnant naissance à un exil qui allait durer pas moins de deux millénaires. Seule une classe nouvelle émergente, celle des Docteurs ou érudits des Ecritures, semblait répondre aux exigences du temps présent. Cette classe qui va donner naissance aux commentaires talmudiques et à une abondante littérature exégétique, tenait entre ses mains l’avenir de tout le peuple.

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  • Gustav Meyrink et son livre le Golem (III) 

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    S’intéresser à la kabbale, même lorsqu’on voulait s’en servir pour démontrer la véridicité du message du Christ n’était pas sans danger. Cette fâcheuse expérience fut le lot de Raymond Lulle, grand missionnaire chrétien tant auprès des musulmans que des juifs. Cet ecclésiastique avait écrit dans son Ars magna que la kabbale juive était la quintessence de la Révélation naturelle et qu’elle trouvait sa forme la plus achevée dans le christianisme. L’accusation d’hérésie ne se fit point attendre.

    Il en fut de même de Pic de la Mirandole dont l’une des thèses stipulait que la kabbale et la magie démontraient mieux que toute autre science la divinité de Jésus et la vérité de la religion chrétienne…Outre les circonstances obscures de sa mort prématurée (les soupçons se portèrent sur son secrétaire qui l’aurait empoisonné sur ordre), une commission pontificale condamna ses thèses.

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  • Gustav Meyrink et  son Livre Le  Golem (II)

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    Dans la littérature talmudique, le terme Golem ne revet pas encore de signification mystique ni ésotérique. Il signifie simplement un écervelé, un etre dépourvu de raison, ou aussi une femme en age de procréer mais qui n’a toujours pas d’enfant. En revanche, sans jamais recourir au terme Golem dans le sens qui nous intéresse, cette littérature nous parle (Traité Sanhedrin fol. 65b) de deux illustres sages qui créèrent un veau et le mangèrent durant le sabbat ! Ces deux érudits des Ecritures seraient parvenus à leurs fins à l’aide de profondes spéculations sur les lettres du Nom divin Mais le talmud nous  parle aussi d’un homuncule créé par Rabba. La phrase est lapidaire et étonnante. La voici dans sa formulation araméenne originale : Raba bera gavra : Raba a créé un homme !! Il l’envoya chez rabbi Zéira qui s’adressa à lui sans jamais obtenir la moindre réponse. Il en conclut que cette création n’était pas une œuvre divine puisque privée de la parole et donc de la pensée. Là encore, nous retrouvons le facteur discriminant, la séparation hermétique entre le créer divin et le créer humain. L’œuvre humaine ressemble à celle de Dieu sans jamais pouvoir l’égaler.

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  • Alexandre Safran, hommage à l’un des plus grands penseurs juifs de notre temps

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    La réédition en version hébraïque, revue et augmentée, de deux ouvrages majeurs du grand rabbin Alexandre Safran, ancien guide spirituel du judaïsme de Roumanie et par la suite, la plus haute autorité religieuse de Genève, constitue un événement majeur, auquel il faut donner le lustre qui convient. Nos lecteurs ont déjà eu la possibilité de lire dans ces colonnes une présentation de la   vie et de l’œuvre de ce penseur religieux éclairé, solidement ancré dans la foi biblico-talmudique et ouvert aux apports de la culture en général.   Les deux ouvrages présentés ici sont une sorte d’essence du judaïsme, en hébreu Israël we-shorashaw (Israël et ses racines) et une présentation de la kabbale, Huqqat Olam we-razé olam : ha-niglé we-ha-nistar be-hishtalwutam ba-qabbala  (La règle et les mystères de l’univers : histoire du sens obvie et du sens ésotérique dans la kabbale).

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