06/11/2018

Comment s’explique ce grave malentendu entre la France et l’islam ?

Comment s’explique ce grave malentendu entre la France et l’islam ?

C’est, grosso modo, la tâche que s’est assigné un groupe de jeunes apprentis-journalistes, chapeautés par deux de leurs collègues plus âgés et plus connus. Ce groupe d’enquêteurs, non encore diplômés, sont allés enquêter sur le terrain, durant de longs mois, se gardant bien de substituer leurs propres idées sur la question aux résultats de ce sondage grandeur nature. Le livre porte un titre volontairement provocateur, non seulement en vue d’harponner le chaland mais aussi en raison des conclusions et des témoignages recueillis : Inch Allah : l’islamisation à visage découvert. Une enquête spotlight en Seine Saint-Denis (Fayard) Sous la direction de Gérard Davet et de Fabrice Lhomme


Comment s’explique ce grave malentendu entre la France et l’islam ?

 

Le terme islamisation peut effectivement choquer, mais c’est surtout la lecture attentive de tous ces témoignages (vingt et un au total), qui suscite chez le lecteur un sentiment de profond malaise, car si tous ces développements étaient avérés, s’ils reflètent la situation sur le terrain, alors on peut craindre le pire. Toutes les théories, telles le grand remplacement ou l’infiltration salafiste dans les mairies de banlieues, font croire qu’un vaste plan est intentionnellement à l’œuvre, se réalise à l’insu de tous, y compris des autorités compétentes qui reconnaissent n’avoir pris conscience du problème que tardivement. On se souvient de la phrase alarmiste du président Gérard Larcher : les salafistes campent aux portes des mairies.. J’ai été stupéfait de lire sous la plume de certains hauts gradés de la police nationale, aujourd’hui à la retraite, que longtemps le mot d’ordre était le suivant : surtout pas de vagues, ne ciblez pas une communauté en particulier, même si chacun sait ou savait que le terme communautarisme visait un certain groupe et nul autre…

Une région focalise l’attention des jeunes enquêteurs, le département de Seine Saint-Denis dont le chef-lieu n’en est pas moins une célèbre basilique mais qui compte aujourd’hui plus de 50% de musulmans, qu’ils soient français ou étrangers. On doit à la vérité de dire que parmi les témoignages recueillis, certains émanent de bons Français de culture musulmane qui disent, eux-mêmes, (et il n y a pas lieu de douter de leur sincérité) qu’ils ne se reconnaissent plus dans cet islam politique, qui instrumentalise la religion à des fins autres que spirituelles, voire cet islamisme qui prospère sous leurs yeux. Des retraités de l’enseignement secondaire, d’anciens soldats, qui ont défendu la France avant de la servir sur d’autres plans, y compris des petites gens qui ont séjourné dans notre territoire depuis plus d’un demi siècle clament leur trouble, voire leur désarroi. Ils se sentent désarmés face à un processus qui les délégitime, leur commande de se sentir comme des étrangers dans leur pays d’adoption et dont ils ont la nationalité… Ce projet, essentiellement politique, donc non-religieux et tournant le dos à toute spiritualité, rejette, bille en tête, les valeurs de la République, et principalement tout ce qui relève de la laïcité. Ce livre nous démontre sans équivoque la marche suivie par ceux qui veulent que les concitoyens de culture islamique ne se reconnaissent que dans les limites de la tradition religieuse : tenue vestimentaire particulière, interdits alimentaires, scolarisation religieuse, etc…

Ce qui frappe de plus en plus, et ne peut que susciter notre grande inquiétude, c’est cette partition, cet isolément volontaire, ce véritable séparatisme culturel, qui se manifestent de plus en plus ouvertement notamment chez les adultes mais aussi chez les enfants dont la scolarisation dans des établissements publics pose problème. Il s’agit d’un véritable divorce d’avec les institutions : l’école, la justice, la culture, la cité (au sens platonicien du terme). On a tous entendu parler de ces élèves qui refusent d’observer une minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, ou d’assister à un cours d’histoire sur la Shoah, ou qui refusent d’ôter le voile islamique, etc…

Mais ce livre va nettement plus loin, car il montre comment quelques meneurs, quelques idéologues autoproclamés docteur es sciences islamiques, veulent régenter la vie de toute une partie de la population en se faisant passer pour les concessionnaires exclusifs de l’islam authentique. Ce ne serait pas si grave que cela si de telles menées ne retranchaient pas de plus en plus de gens, et notamment des enfants et des jeunes adultes, de la communauté nationale. On nous parle d’enfants, garçons ou filles de moins de dix ans, astreints au respect du jeûne du mois de ramadan ou qui exigent de la viande halal à la cantine, parlent de tables pures ou impures, refusent qu’on leur dise joyeux Noël pour les vacances d’hiver ou se complaisent dans l’acceptation de thèses «complotistes». Le livre cite le cas d’un jeune couple désireux d’acheter un fraisier dans une pâtisserie en précisant : sans gélatine de porc… D’autres gens s’abstiennent de consommer de la viande de porc, sans faire ce fait en trait d’une pertinence absolue ou d’une identité revendiquée…

On nous parle aussi de ces fermetures de boutiques qui ne répondent plus aux demandes des nouveaux arrivants : comme des fleuristes, des boucheries-charcuteries, bref toutes activités économiques qui ne correspondent plus à ce que demandent les salafistes. En revanche, les boucheries halal prolifèrent… En soi, ce n’est pas si grave et pourrait être rapproché du phénomène des boucheries cacher, à cette différence près que ces établissements juifs n’ont jamais fait fuir d’autres commerces pour se tailler sur place une positions hégémonique.

Comment socialiser des enfants issus de ces milieux dans de telles conditions ? Ceux qui propagent une telle conception de l’altérité musulmane ou islamique, altérité rituelle ou simplement sociale et pas du tout théologico-philosophique ne veulent pas d’une assimilation de leurs coreligionnaires à la socio-culture française, fondée sur la fraternité, la tolérance et la diversité. Bref l’idéal républicain.

Au plan philosophique ou simplement sociologique, cette situation pose la question suivante : l’identité arabo-musulmane est elle compatible avec la culture européenne en général ? Au fond, oui, si l’on s’en réfère aux pères spirituels de l’Europe parmi lesquels figure, aux côtés de Maimonide et de Thomas d’Aquin, un certain ibn Rushd, dit Averroès dont l’apport à notre culture est indiscutable. Mais il n’est pas le seul. Le précédèrent des hommes comme Al-Farabi, Ibn Tufayl, Ibn Sina et même le vieux Ibn Badja, l’Avempace des Latins.

Reste un aspect qui est loin d’être anodin, c’est l’antisémitisme qui fleurit dans ces banlieues qui se vident de leurs juifs. On se souvient des attentats sanglants en plein Paris mais aussi des agressions en banlieue… Avec les réactions set les appels du premier Ministre de l’poque, Manuel Valls…

Ce que les extrémistes n’ont pas compris car cela ne les intéresse pas, c’est que la France et / ou l’Europe peut être une chance pour l’islam. Pour en faire une des religions d’Europe vivant paisiblement aux côtés des autres.

Mais pour ce faire, il faut reprendre à son compte les valeurs de la culture européenne.

 

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Commentaires

"... l’identité arabo-musulmane est elle compatible avec la culture européenne en général?" La question a-t-elle du sens, sachant que les identités culturelles ne sont immuables que dans l`esprit des politiciens ultra-nationalistes? Au contact l`une de l`autre, l`une et l`autre identité culturelle va se modifier comme cela s`est toujours produit depuis la nuit des temps.

Écrit par : Jean Jarogh | 06/11/2018

Le danger du salafisme a été sous-estimé, comme en Suisse d'ailleurs. Ce mouvement politico-religieux est fasciste. Comment peut-il y avoir un islam paisible, si ils ont la liberté de répandre leur idéologie.
Ici en Suisse, il y a le même raisonnement d'une partie de la gauche qui les soutient en oubliant qu'ils sont fascistes et antisémites. Cette gauche dans cette théorie stupide comme quoi les musulmans sont discriminés ferme les yeux devant ce fascisme.

La France est confronté à un dilemme. Sa fierté d'être le pays des droits de l'Homme, l'empêche d'agir avec efficacité. Tant que le salafisme est considéré comme une religion et non comme une secte fasciste, rien ne s'améliorera.

L'islam ne doit pas être vu comme une religion, mais comme un mouvement politique et il faut agir en conséquence par des expulsions des salafistes et illégaux qui alimentent l'extrémisme. La France ne peut plus se permettre de faire le bisounours.

Écrit par : motus | 06/11/2018

Malgré "un certain ibn Rushd, dit Averroès dont l’apport à notre culture est indiscutable. Mais il n’est pas le seul. Le précédèrent des hommes comme Al-Farabi, Ibn Tufayl, Ibn Sina et même le vieux Ibn Badja, l’Avempace des Latins" il y a eu Poitier, Lépante, et Vienne. Justement pour arrêter la "culture" musulmane telle que finissent par la reconnaître Gérard Davet et de Fabrice Lhomme et leur équipe d'apprentis journalistes dans leur enquête dans le 93.
L'hirondelle ne fait pas le printemps, même arabe, Profeseur Hayoun.

Écrit par : Alain | 06/11/2018

Les non musulmans n'auront qu'un seul choix, se soumettre ou se battre. A 15% de la population les musulmans pourront par le jeux des alliances islamiser la république.
Certains français l'acceptent déjà, d'autres croient encore pouvoir l'éviter tout en laissant la communauté musulmane augmenter en nombre et ceux qui ont compris mais ne veulent pas se laisser faire sont taxés de fascistes. Pourquoi la France est elle devenue schizophrène au point de ne pouvoir se regarder en face? La peur ...

Écrit par : norbert maendly | 06/11/2018

Il n'y a pas le moindre malentendu entre la France et l'islam. Seulement chez vous et chez Jean Jarogh...

Écrit par : Géo | 06/11/2018

Tapper sur google "La vidéo choc d'amar lasfar!" Ce monsieur dirige l'association "les musulmans de France"! Que dire après la diffusion de cette vidéo??????

Écrit par : Dominique Degoumois | 06/11/2018

l'islam aujourd'hui veut coloniser le monde entier, difficile de dialoguer avec une religion qui est dans ce type d'opération!

Écrit par : Dominique Degoumois | 06/11/2018

Comment des enfants garçons et filles de moins de dix ans se permettent-ils d'exiger de la viande halal à la cantine?

Comment sont-ils éduqués?

On mange ce qui est préparé et présenté.
Un point c'est tout.

Charge aux parents astreignant et soutenant leurs enfants de les inscrire dans une école privée.

On peut s'abstenir de manger du porc.
Rien d'autre à la place.

Le laxisme des autorités pour ne parler maintenant que des cantines scolaires concernées pis que consternant est inquiétant de plus en plus en attendant de mal en pis.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 06/11/2018

"Au contact l'une de l'autre, l'une et l'autre identité culturelle va se modifier comme cela s`est toujours produit depuis la nuit des temps."
Vous devriez savoir que le problème n'est pas là, mais dans le fait que chacune des deux cultures en question estime avoir raison, mais qu'une seule des deux admet la discussion libre, alors que l'autre, au nom de ses valeurs religieuses, l'interdit.
Pour cette raison là, elle n'admet pas la "modification", mais cherche la "soumission".

Écrit par : Mère-Grand | 08/11/2018

Il n'y a pas de malentendu entre l'Islam et la France.
Le seul fléau est l'ignorance universelle et le mensonge entretenus par des gouvernants laïques ou religieux en luttent depuis des siècles et qui, de manière encore plus évidente aujourd'hui, font preuve d'un déficit total de compétence en terme de solutions à apporter aux graves problèmes de l'humanité (éducation, morale, justice, économie, écologie, etc.). Pire ! Ils aggravent la situation par leur corruption en n'œuvrant quasiment plus qu'en faveur d'intérêts privés ou personnels.
Rappelons à nos enfants qu'à partir du XIIIème siècle, la civilisation revenait en Occident de différentes manières, par les Arabes, par les Juifs, par les Cathares, par tous les hérétiques, par les idées rapportées d'Orient lors des Croisades.
L'influence de la civilisation arabe surtout se faisait sentir. Elle avait déjà sa littérature, ses arts, sa poésie, et surtout sa brillante architecture. Les Arabes avaient fondé des écoles en Egypte, au Maroc, en Syrie, en Perse, en Andalousie ; ils avaient une philosophie qui se développait et qui s'inspirait de la philosophie indienne et de la philosophie grecque. C'est ce mouvement qui, remontant vers le Nord, vint apporter aux écoles de Paris le germe de toutes les grandes idées nées et cultivées autrefois en Orient.
C'est ainsi que les écrits d'Aristote, connus et enseignés depuis longtemps dans les écoles de Cordoue et de Séville, furent introduits en France en 1215 par un Espagnol nommé Maurice. C'est à la civilisation arabe que la France doit ses arts, ses sciences, ses mathématiques, son architecture, c'est-à-dire tout ce que l'Église laissa passer.
Seule la Vérité peut ramener la concorde entre les peuples.
Cordialement.

Écrit par : Anwen | 11/11/2018

Plusieurs ouvrages à lire qui démontrent les inepties de Anwen!

"Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chrétienne" de Sylvain Gouguenheim

"Les racines de notre Europe sont-elles chrétiennes et musulmanes ?" de Guy Rachet

"Al-Andalus, l’invention d’un mythe" de Serafin Fanjul

Trois ouvrages différents qui montrent que l'apport de la "culture" arabo-musulmane n'est pas aussi importante qu'on nous le chante sur tous les tons.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 11/11/2018

Comment croire que les autorités françaises n'ont pris conscience que tardivement de ce problème alors qu'habitant même pas en France et ne disposant que des informations médiatiques depuis quelques années déjà nous nous demandons quand nos autorités prendront enfin les décisions qui s'imposent: soit l'islam est une religion qui s'aligne fraternellement dans l'amitié et le respect à côté des autres religions en respectant également la laïcité... soit l'islam est une idéologie intolérable désormais interdite dans nos pays.


Une petite fille en entendant islam ressentait is comme est en anglais et lam…comme l'âme… soit l'islam est l'âme...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/11/2018

@G. Vuilliomenet

Exact, j’abonde. La culture arabo-musulmane n’est pas née de génération spontanée, elle s’est amplement « inspirée » de celle de l’Ancienne Egypte, de l'Inde, de la Perse et surtout du monde gréco-latin. Ne pas prendre les moines copistes des scriptoria pour des truffes. Les textes des Anciens se sont transmis bien avant que Mahomet ne fasse ses premières dents. Ne restent plus que les ignares endoctrinés pour affirmer sans rougir que le Moyen-Âge fut une période obscurantiste. Bonnes références biblios.

Écrit par : Gislebert | 11/11/2018

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