17/08/2018

Est-il sage de marginaliser à ce point Mahmoud Abbas ?

Est-il sage de marginaliser à ce point Mahmoud Abbas ?

 

C’est la question qu’on se pose depuis qu’on sait que le président de l’Autorité Palestinienne (AP) refuse de rencontrer le chef des renseignements égyptiens, qui mène un important ballet diplomatique afin de régler un tant soit peu les relations entre Israël et le Hamas de Gaza.

 

Il faut d’emblée noter un point : la diplomatie israélienne est empreinte d’une certaine opacité volontaire depuis que Gaza a commencé, au mois de mars, à s’en prendre à Israël, poussée par une situation humanitaire catastrophique. Israël avait le choix entre deux options grosso modo : frapper un grand coup, ce qui aurait accru la détresse des populations, ou adopter une sorte de soft power en volant au secours d’une population éprouvée qu’on détacherait ainsi des dirigeants du Hamas qui ne peuvent se prévaloir d’aucun succès marquant. Après près d’une décennie de règne sans partage.

 

A l’évidence, le Hamas a manœuvré avec subtilité puisqu’il présente à la population cette mansuétude d’Israël comme une victoire remportée sur l’ennemi sioniste. Et aux yeux de certains ministres d’Israël, cette politique conciliante d’Israël apparaît comme une prime à l’agression : attaquez Israël, envoyez des cerfs volants etc… et vous obtiendrez ce que vous voudrez. Cette logique n’est qu’apparente, mais pour voir ce qui se cache derrière il faut une analyse stratégique approfondie.

 

Israël ne veut pas d’une Palestine réunifiée, c’est pourquoi il poursuit cette diplomatie par l’intermédiaire de l’Egypte. Mais comment faire confiance à une organisation terroriste qui a pris le pouvoir par la force et retient sous sa férule cruelle près de deux millions de civils ? Et comment agir autrement ?

 

Depuis la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem unifiée comme capitale d’Israël, le président Abbas pratique la politique de la chaise vide. Il s’est lui-même marginalisé. Il est en butte à deux partis : Israël, d’une part, et le Hamas, d’autre part, qui ne veut pas donner les clés de Gaza, c’est-à-dire démilitariser et rendre les armes à l’AP. Or, l’émissaire égyptien négocie avec le Hamas au nom d’Israël et il négocie avec le Hamas une trêve d’assez longue durée… Curieux ! Mais comment le gouvernement israélien peut-il se prêter à une telle manœuvre ? Soit on est en paix, soit on est en guerre. Là, il s’agit d’une période de calme, une houdna. Cela me fait penser à un ancienne ministre soviétique de la culture qui disait ceci : une femme est enceinte ou elle ne l’est pas ; elle ne peut pas être un peu enceinte !! Peut-on se satisfaire d’une situation de ni guerre ni paix ?

 

Notre logique occidentale basée sur le syllogisme d’Aristote opposant deux principes, celui de l’identité et de la contradiction n’a pas cours sous ces latitudes : un est égal à un mais un n’est pas égal à deux ; deux est égal à deux mais n’est pas égal à un… L’Evangile de Saint Matthieu le dit aussi : que votre oui soit un oui et votre non un non. Dans ce Proche Orient arabo-musulman, on en est très loin.

 

Mais le gouvernement israélien va trop loin en isolant à ce point son interlocuteur naturel, l’AP, qui, malgré tous ses défauts et sa corruption, est une entité politique reconnue ; et surtout maintient la coopération sécuritaire avec Israël. Dans cet aspect précis, les deux parties ont un ennemi commun, le Hamas. Enfin, si une trêve est signée, qui va en garantir le maintien et le respect ? Comment faire sans l’AP ?

 

Mahmoud Abbas voit d’un très mauvais œil ce qui se passe sous son nez. Ce n’est plus Israël seul qui l’ignore mais bien l’Egypte, principale puissance politique et militaire du Proche Orient arabe… En outre, en négociant avec le Hamas, même indirectement (quand on dîne avec le diable, il faut une longue cuiller), on le renforce, on lui confère une certaine légitimité…

 

Israël le sait en est en conscient. Il fait le pari suivant : en relançant l’enclave palestinienne, en lui assurant une économie stable et viable, en accordant à sa population plus d’eau, plus d’électricité, en laissant émerger un port à Chypre, contrôlé par Israël, on espère que le développement économique générera un autre état d’esprit sur place. Et que graduellement, les gens du Hamas prendront de l’embonpoint, comme ceux de Ramallah dont certains quartiers et centres commerciaux fnt penser à Beverly Hills…

 

Mais tout ceci est un pari sur l’avenir. Je doute que la haine tenace du Hamas puisse s’émousser un jour. Mais je pense bien qu’Israël fait un pari sur l’avenir. J’ai entendu une journaliste américano-israélienne faire une remqrque d’une rare pénétration : dans quel autre pays trouve t on des abris près des cours de récréation des jardins d’enfants ?

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15/08/2018

Les oerles de la sagesse (Pirké Avot)

Les perles de la sagesse :  Les chapitres des Pères (Pirké Avot)

 

Comme on a pu le voir dans ce qui précède, ces quelques remarques sur la vie morale et spirituelle, ainsi que les relations avec autrui et son entourage proche ou lointain (civil, familial, professionnel) occupent une place à part dans la doctrine religieuse juive. Même si l’étude de la Torah est omniprésente dans l’ensemble de ce petit traité talmudique, nous n’avons pas affaire à une énumération mécanique des nombreux préceptes à accomplir concrètement. Les auteurs visaient tout autre chose, l’accès à une éthique baée sur une spiritualité pure. On a plutôt l’impression de prendre connaissance d’une philosophie de la Loi, de la Tora, une réflexion sur le sens des mitswot , donc un approfondissement de la législation divine. Il y a dans ces textes plus de sagesse et de spiritualité que de ritualisme. C’est une véritable raison pratique du judaïsme rabbinique…

 

Le terme Torah lui-même ne connaît d’occurrence significative qu’à partir du second chapitre. Les sages se comportent ici comme des philosophes de l’école stoïcienne qui veulent résumer l’aventure humaine sur terre à quelques principes éthiques solidement établis : comme on l’a vu, les maîtres tentent de résumer tous leurs efforts exégétiques en quelques formules bien frappées, synthétisant le fond de leur pensée. Mais ils ne s’en tiennent pas à des généralités abstraites ou d’ordre métaphysique ; ils mettent par exemple l’accent sur le bon fonctionnement du système judiciaire, montrant ainsi leur souci de l’équité et du bien-être social : lorsque des justiciables se présentent devant la cour, les juges doivent les traiteravec une objectivité totale. Une fois qu’ils ont comparu et qu’ils ont accepté le verdict, la cour doit les traiter avec respect. Mais il existe une disposition majeure dans toute procédure judiciaire, la fiabilité et l’interrogatoire des témoins. Les juges doivent pousser le plus loin possible leurs investigations afin de ne pas commettre la moindre erreur judiciaire qui les déconsidèrent aux yeux de leurs contemporains et les disqualifient aux yeux de Dieu.

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10/08/2018

Peut on parler d'une victoire psychologique du Hamas?

Peut-on parler d’une victoire psychologique du Hamas ? Ce qui se passe depuis quelques semaines, voire depuis le mois de mars au Proche Orient, annonce des événements qui ne sont pas comparables à ce que nous connaissions depuis tant d’années : pour la première fois, le gouvernement israélien ne sait pas vraiment où il va, hésite entre plusieurs stratégies et essuie de sévères critiques de la part de sa population, jusques et y compris de certains officiers de son armée. Alors que s’est-il passé au juste ? Depuis quelque temps, tous les commentateurs s’accordaient à dire que le Hamas était au bout du rouleau, qu’il était dans l’impasse, que la crise économique annonçait même une crise humanitaire de très grande ampleur, que l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas avait décidé d’en finir avec ses frères ennemis en leur coupant les vivres. Et en effet, depuis près de sept mois, Ramallah ne paie plus les salaires de ses fonctionnaires à Gaza afin de contraindre le Hamas à lui remettre les clés de la bande côtière, ce que ce dernier se refuse à faire. Du coup, c’est le blocus inter-palestinien qui fait le plus mal… Nous en étions là lorsque le Hamas affaibli, voire moribond, a découvert avec l’aide d’instructeurs étrangers l’arme des cerf volants incendiaires, la marche du retour, les rassemblements agressifs et armés au pied de la barrière de sécurité séparant l’enclave de la terre d’Israël. Et cette énergie du désespoir a fini par payer puisque Israël refusait de tirer sur des femmes et des adolescents que le Hamas plaçait sciemment en tête de ses cortèges. Cette arme du pauvre n’en a pas moins causé de lourdes pertes matérielles à l’Etat juif qui a dû affronter la colère des habitants du sud du pays. Certes, il y eut quelques tirs contre ces incendiaires, mais point de contre offensive digne de ce nom. Visiblement, le haut commandement de l’armée et le gouvernement faisaient preuve d’une retenue que la population, touchée par de tels méfaits, ne comprenait pas. Quel jugement porter sur ces premiers développements ? Le mouvement qui dirige la bande côtière a habilement manœuvré en se faisant le centre de tout ce ballet diplomatique qui s’en est suivi : les Egyptiens, préoccupés par ce qui se passe dans le Sinaï avec les incursions de l’Etat islamique, se sont entremis mais sans pouvoir faire pression sur le Hamas comme à l’ordinaire. Là aussi, c’est le Hamas qui a réussi à imposer la règle du jeu alors que tout le monde civilisé le considère comme une entité terroriste. La première question qui se pose concerne le principal intéressé, Israël ; rejeté dans le rôle du défenseur au lieu d’être, comme il l’a toujours été, celui qui mène la danse. Il y a quelques années, soumis à d’intenses bombardements, c’est le Hamas qui s’est empressé de demander un cessez le feu. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et en plus de cela, le mouvement terroriste va obtenir des centaines de millions de dollars pour se développer. Or, chacun sait, y compris les généreux donateurs, que cet argent ne profitera pas à une population très éprouvée mais ira dans la poche de quelques dirigeants et contribuera à l’effort de guerre. Cela s’appelle un détournement de moyens… En Israël, des voix s’élèvent pour critiquer ce qui ressemble à de l ‘indécision. Quelles sont les causes ou les faits qui expliquent ou expliqueraient cette situation, alors que certains, excédés par ces troubles, parlent même de reconquérir la bande côtière, de la débarrasser de la direction politico-militaire du Hamas et de placer à sa tête des dirigeants plus coopératifs. En fait, bien qu’il ne le reconnaisse pas publiquement, le gouvernement israélien ne veut pas, n’a jamais voulu, la disparition du régime du Hamas à Gaza ; il cherche à l’affaiblir, à le neutraliser, suivant els attaques. Tant que cet état de guerre larvée ne dépasse pas certains degrés et qu’il est supportable, on s’accommode de cette basse tension et d’un niveau résiduel de ce conflit. Souvenons nous de cette phrase provocatrice de Jean Genet au sujet de l’Allemagne et transposons la à la Palestine : J’aime tant l’Allemagne que je suis content qu’il y en ait deux… Il semblerait que sur le long terme, le gouvernement israélien, préfère la division des Palestiniens plutôt que de les voir parler d’une seule voix. Si l’Autorité Palestinienne, aujourd’hui totalement marginalisée et isolée, parvenait à reprendre pied à Gaza, elle se dirait la légitime et unique voix des Palestiniens et se sentirait pousser des ailes au point de réclamer un Etat. Ce qui n’arrange nullement Israël lequel fait dépendre toute son action de ce puzzle. Si Tsahal frappait fort au cœur même du bastion du Hamas, il ouvrirait la voic à deux réalités nouvelles : les autres mouvements terroristes en profiteraient pour s’enraciner sur place, et l’Autorité Palestinienne s’en trouverait elle aussi renforcée, au motif que la nature a horreur du vide. Mais cette politique du grand projet a un prix, la quiétude des habitants du sud du pays. D’autant que ces gens que l’on comprend bien, ne saisissent pas les calculs à long terme des leurs dirigeants… Leurs ennemis sont en face d’eux, à portée de leur puissante armée, laquelle reste l’arme au pied, ou presque. On en arrive à une situation des plus paradoxales : Israël veut développer la bande côtière ; lui fournir plus d’eau et d’électricité, améliorer son niveau de vie et contribuer à son bien-être. Evidemment, ce calcul qui n’est pas sûr de réussir, n’est pas dépourvu d’arrière-pensées : voir les Gazaouis se détourner d’un mouvement qui ne leur a pas apporté la paix ni un minimum de confort , sans même parler de prospérité. Le Hamas a su exploiter cette absence de position nette d’Israël lequel ne pouvait pas dévoiler au grand jour ses propres motivations : supporter un moindre mal pour se préserver d’un mal bien plus grand. Quelques bombardements, quelques récoltes perdues, quelques nuits écourtées mais, au moins, pas de réunification des Palestiniens. Le problème est que le Hamas qui était si isolé et si marginalisé se retrouve au centre du jeu. Il mène le bal, tous sont suspendus à sa décision : va t il opter pour le calme ou aller vers une grave confrontation ? Curieux, le conflit asymétrique vire au profit du Hamas !! L’èaspération est à son comble en Israël au point que des voix s’él èvent pour exiger la neutralisation de la direction politico-militaire du Hamas. Certains commentateurs respectés, tels le colonel Raphaël Yérushalmi, dénoncent sur les plateaux de télévision l’inertie non pas de Tsahal mais de l’échelon politique. Les gens exigent une rapide clarification de la position israélienne. Ils s’émeuvent des airs de victoire qu’entonnent les chefs du Hamas et redoutent cette victoire psychologique, temporaire mais réelle, des ennemis d’Israël. Cela montre aussi, comme si cela était nécessaire, que ce conflit ne porte pas sur des territoires ni sur d’autres intérêts, mais sur des racines religieuses, quasi métaphysiques. Quelques arpents de terre sablonneuse n’auraient jamais pris une telle ampleur dans une autre partie du monde. Tout le monde a droit à tout, sauf les juifs qui n’ont qu’un seul droit ; subir et se faire comme ils l’ont fait durant deux millénaires. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas/

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03/08/2018

Thomas Mann, apologiste du fumage de cigare dans Le montagne maqique

 

 

Thomas Mann, apologiste du fumage de cigare…

 

Dans son célèbre roman, La montagne magique, le prix Nobel allemand de littérature, Thomas Mann, auteur aussi des Buddenbrooks, de La mort à Venise et surtout de l’inoubliable Doktor Faustus, se livre à un incroyable plaidoyer en faveur du fumage de cigare. Ceci est d’autant plus frappant et paradoxal que la scène se passe dans les hautes montagnes suisses vraisemblablement, non loin d’un sanatorium, où l’on tente de soigner des malades pulmonaires. Thomas Mann met dans la bouche de son personnage principal toute une page sur les bienfaits que lui procure son cigare quotidien.

 

La version française de La Montagne magique parut en 1931 aux éditions Fayard. Et cette apologie de la fumée d’un bon cigare ne semble pas avoir provoqué le moindre remous ni même simplement porté atteinte à la bonne réputation de l’auteur. Il en serait tout autrement aujourd’hui.

 

Regardons les choses d’un peu plus près afin d’en préciser le contexte où l’ironie n’est vraiment jamais absente. Un jeune homme prénommé Hans, qui se destine à l’ingénieurie de marine, décide de rendre visite à son cousin Joachim qui soigne sa phtisie dans un sanatorium situé dans les hautes montagnes suisses. L’accueil est plutôt inattendu dans un milieu où la plupart des pensionnaires finissent par succomber à ce mal quasi incurable. Thomas Mann y exhibe son ironie mordante et parfois même tragi-comique puisque même la chambre destinée au nouveau venu, au demeurant en très bonne santé, était encore occupée quelques heures auparavant par une dame, passée de vie à trépas… Mais les autorités médicales assurent à Hans que toutes les dispositions ont été prises pour qu’il ne pâtisse d’aucun désagrément… dans la chambre de la défunte.

 

Alors qu’ils entreprennent une longue marche afin de s’aérer et de désintoxiquer les poumons du malade Joachim, Hans se moque un peu du médecin chef qui parle du thermomètre, instrument dont aucun pensionnaire ne se sépare jamais, comme du cigare en vif-argent , ce qui est une manière assez imagée de bannir toute idée de fumer dans ce sanatorium et ses environs. Et pourtant…

 

La conversation qui s’engage entre les deux cousins est assez asymétrique : Hans qui n’est pas du tout malade, allume un cigare, un vrai, dit-il, comme en réponse au jeu de mot du médecin, et en propose un à son cousin qui refuse tout net et trouve cette offre saygrenue. C’est alors que Hans entonne une véritable plaidoyer en faveur de ce doux plaisir dont il ne peut plus se passer.

 

Je comprends pas, dit-il, je ne comprends vraiment pas que l’on puisse ne pas fumer/ La formulation un peu alambiquée de la phrase, la première de tout l’argumentaire, n’est pas le fruit du hasard. Car dès la suivante, Hans dit posément : c’est se priver de toute façon de meilleure part de l’existence et en tout cas d’un plaisir tout à fait éminent… On se demande ce que diraient aujourd’hui les défenseurs de l’écologie, de l’interdiction de fumer dans les lieux publics et de tant d’autres choses. Quelle évolution en moins d’un siècle ! Jamais un auteur, même de la renommée de Thomas Mann, n’oserait écrire une telle page qui se veut une apologie du tabagisme. Car la suite de toute cette page est encore plus éloquente : Hans dit qu’au réveil il se réjouit déjà à l’idée qu’il va savourer le plaisir du cigare : et même en mangeant, il ne savoure vraiment son repas qu’en se disant qu’il va fumer après. Je mange avec l’idée que je vais fumer un bon cigare. Et il ajoute qu’il est persuadé de ne pas exagérer. A quoi ressemble une journée sans cigare ? Mais un jour sans tabac, ce serait pour moi le comble de la fadeur, ce serait une journée vide et absolument insipide, et si le matin, je devais me dire : aujourd’hui, je n’aurai rien à fumer, je crois que je n’aurai pas le courage de me lever, je te jure que je resterai couché.

 

Mais Hans n’est pas un simple fumeur d’occasion, c’est un fin connaisseur, un spécialiste de ce genre de plaisir. Il évoque le cigare de qualité, un cigare qui tire bien, car, à quoi bon fumer un cigare de piètre qualité, c’est de la torture et il conclut son propos ainsi : Lorsqu’on a un bon cigare, un cigare qui tire bien, on est en somme à l’abri de tout. Il ne peut vous arriver littéralement rien de fâcheux. C’est exactement la même chose que lorsqu’on est étendu au bord de la mer, alors on est étendu et l’on n’a plus besoin de rien, ni travail ni distractions.

 

Hans poursuit en disant que grâce au ciel, le monde entier fume, sur toute la surface du globe, c’est un plaisir que les hommes savourent sous toutes les latitudes. Même les courageux explorateurs qui sillonnent durant de longs mois les contrées les plus inexplorées, prennent soi, avant d’entamer leur périple, de se pourvoir largement en tabac : en effet, comment feraient-ils sans tabac ? Même malade, même, dit il, dans un état lamentable, tant que j’aurai mon cigare, je le supporterai ; il m’aiderait à tout surmonter.

 

En un peu moins d’un siècle, les mœurs ont bien changé. Aucun auteur ne pourrait se permettre de parler ainsi du plaisir de fumer qui coûte chaque année à la sécurité sociale des centaines de millions d’Euros. Et est responsable de la mort prématurée tant de pauvres gens. Chaque année, ou presque, l’état augmente le prix des paquets de cigarettes, sans même parler des cigares lesquels, disons le in petto, font tout de même passer de très agréables moments.

 

Mais il ne faut surtout pas le dire…

 

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