12/01/2018

Emmanuel Macron, un miracle dans le miracle…

Emmanuel Macron, un miracle dans le miracle…

L’idée ou le souvenir de cette expression talmudique qui évoque une sorte de miracle au carré, un miracle dans un miracle, un prodige dans un prodige m’est venu à l’esprit à la lecture d’un mel d’un ancien ambassadeur allemand à Paris qui se félicite de l’activisme diplomatique marquant du président de la République française au moment, chez lui, de l’autre côté du Rhin, c’est l’incertitude, la paralyse depuis le mois de septembre, date à laquelle la chancelière Angela Merkel subit un véritable calvaire…

On pourrait dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Condamnée à expédier les affaires courantes depuis le trimestre dernier, ayant échoué à convaincre les libéraux et les écologistes, elle dut s’en revenir vers les membres du SPD qui entendent lui faire payer assez cher leurs mauvais résultats aux élections. Confrontés à cela, les amis de Martin Schultz hésitent à s’engager, même si, ce matin tôt, il semble qu’une fumée blanche commence à zébrer le ciel gris de la politique intérieure allemande.


Emmanuel Macron, un miracle dans le miracle…

Emmanuel Macron n’en est pas responsable, mais il en est le premier bénéficiaire. C’est presque mécanique : alors que Madame Merkel donnait le ton, décidait pour l’ensemble de l’UE et que Monsieur Macron lui emboîtait gentiment le pas, voilà que depuis quelques mois l’ordre s’est inversé…

Mais une hirondelle fait-elle le printemps ? Ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure et réfléchissons sur ce que les commentateurs avertis nomment le facteur chance. Les croyants y verront le doigt ou la main de Dieu : c’est le cas des membres religieux de la communauté juive qui prétendent déchiffrer les carnets de la Providence et voient, par exemple, en Donald Trump, l’envoyé de Dieu, une sorte de Messie.

Mais revenons au cas Macron et voyons, avec un petit peu de recul, ce qui s’est passé, car cet inconnu, ce non élu a raflé du premier coup la présidence de la république. Chance ? Génie ? Coïncidence favorable ? Alignement impeccable des planètes ? La main ou le doigt de Dieu ?

Quand on regarde les résultats du premier tour de l’élection présidentielle on est frappé par un fait : le taux assez faible de M. Macron qui n’aurait pas franchi le cap du second tout, sans les 4,5% de M. Bayrou et cela aurait provoqué une confrontation terrible entre les extrêmes, sous l’œil effaré de nos voisins et amis allemands. Lesquels prenaient très au sérieux une situation devenue ingérable en France… Souvenez vous des déclarations insensées d’un candidat (qui a tout de même fait près de 19% des suffrages) qui préconisait le non remboursement de notre dette !! S’il était passé, ce qu’à Dieu ne plaise, notre pays aurait eu la même importance et la même réputation que l’Albanie d’Enver Hodja ; c’est dire la terreur des Allemands qui répètent partout qu’ils ne pourraient pas, sans une France engagée à leurs côtés, soutenir la monnaie européenne, ni poursuivre la construction politique du continent.

Grâce à l’apport du Modem, M. Macron est devenu président de la République alors que sa base au premier tour ne lui donnait pas cette assurance d’une victoire absolue. Et pourtant ce fut le cas.

Certes, Marine Le Pen n’avait aucune chance d’accéder en 2017 à la magistrature suprême, mais elle aurait pu engranger plus d’un million de voix supplémentaires , n’était l’orgueil insensé de son ancien vice président qui préconisait l’abandon de l’Euro, ruinant involontairement des millions de petits épargnants. Cette prétendue reconquête de la souveraineté monétaire de la France a en réalité causé le naufrage de la candidate du FN.

Et ce fait est aussi une partie constitutive de ce premier miracle qui joue en faveur d’E. Macron.

La suite est de la même veine : le raz-de-marée aux élections législatives a prouvé que le précédent choix des Fran !ais n’était pas un simplement mouvement d’humeur mais un geste réfléchi et conséquent. Une sorte d’esprit de suite, comme le disent les les philosophes allemands, eine Folgerichtigkeit.

Mais le miracle au sein du miracle, le miracle au carré, c’est le vide dans lequel se débat l’Allemagne de Madame Merkel depuis près de cinq mois et dont profite E. Macron. L’Allemagne est devenue inaudible et c’est son brillant second (le mot est de Bismarck concernant l’Autriche) qui monte en première ligne. L’Europe, elle-même, privée de son leader naturel allemand, est dans l’attente. Et pendant tout ce temps, M. Macron se déploie. Il est resté trois jours en Chine où le président Xi l’observait avec ce sourire si impénétrable des Asiatiques, mi affectueux mi sournois, mais toujours indéchiffrable. L’empereur rouge, modèle inégalé de ruse et de prudence, se demande comment M. Macron a pu parvenir si jeune à la magistrature suprême. C’est que la patience des Chinois est devenue proverbiale et cela contribue à faire du cas Macron une énigme à leurs yeux.

L’Européen qui scrute la politique française de ces dernières semaines se dit que la France et son président sont devenus les porte paroles de l’Union Européenne dans son ensemble. Il semble loin le temps où l’on accusait ce président de suivisme, de docilité, d’effacement presque, derrière son mentor d’outre-Rhin….

Alors quelle est la part du hasard chanceux et celle du génie politique ? On dit que Napoléon demandait toujours si un général -auquel il voulait confier des responsabilités- avait de la chance ? En effet, M. Macron a de la chance. La main de Dieu semble planer sur lui. Il est jeune, talentueux, en bonne santé. On dit de lui qu’il dort peu et travaille beaucoup.

Combien de temps cela va t il durer ? On lui souhaite que cela dure longtemps. Mais la chance peut changer de camp, comme la peur, comme la bonne santé, comme les bonnes idées. L’Allemagne finira bien par retrouver sa place, la première en Europe, on le lui souhaite mais durant cet intervalle béni des dieux, la France s’est affirmée, elle a marqué des points, fortifié son économie, développé ses exportations et surtout elle a fait entendre sa voix dans le monde.

Qu’on l’admette ou non, tout ceci est à porter au crédit de son nouveau président. Est ce que cela va durer ? L’avenir nous le dira. La chancelière a beaucoup perdu de sa crédibilité aux yeux de ses concitoyens. Sa politique à l’égard des migrants y est pour beaucoup. Elle va former le nouveau gouvernement mais son aura ne sera plus la même. Ira t elle jusqu’u bout de la législature ? C’est peu probable. Mais une chose est sûre ; en 2022, d’autres visages apparaitront tandis que M. Macron sera toujours là.

C’est cela le miracle dans le miracle (nés be-tokh nés)….

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Commentaires

La "chance" n`est pas forcément synonyme de hasard et les memes causes n`entrainent pas forcément les memes effets. Le ras-le-bol des partis politiques conventionnels et du pouvoir établi a méchamment décoiffé la Chanceliere tout en soufflant du vent dans les voiles du Président. Cela dit, les foules veulent maintenant du concret en matiere d`amélioration de la qualité de vie et la "chance" pas plus que le messianisme n`auront pas le premier role dans la suite de l`histoire. Du reste, j`ai suis d`avis que l`on a les messies que l`on mérite.

Écrit par : JJ | 12/01/2018

Merkel récolte les fruits qu'elle a semé avec sa politique migratoire : l'instabilité politique quelque peu inhabituel en Allemagne.
Quand à Macron, dit Napoléon le néant (par moi), désolé mais je n'y crois toujours pas. La soi disant croissance française, totalement dépendante du reste de l'Europe, n'a aucun fondement solide. Il n'y a qu'à voir la non politique de la formation professionnelle et la non politique de l'emploi avec le non financement du chômage qui sont, je n'ose pas dire, mises en place. Elles sont le triste reflet de l'état de non réel gouvernement qui non gère notre pays. Ce sont des politiques de réformes à la Louis XVI. Cela a amené la Révolution, la Terreur et l'Empire...

Écrit par : Alain | 12/01/2018

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