20/12/2017

Des chorales dans tous les établissements scolaires, petits et grands…

Des chorales dans tous les établissements scolaires, petits et grands…

S’il est un ministre, un seul, que le président Macron a été très bien inspiré de nommer, c’est, sans conteste, celui qui veille sur l’éducation nationale. L’homme est issu du sérail et son dernier poste, avant de rejoindre le gouvernement, fut le rectorat de l’académie de Créteil, une académie, qu’on me permette de le dire, qui est plus proche de celle de Seine Saint-Denis que de … Versailles !

Ceci pour dire clairement que cet homme est au fait des choses, s’est confronté à la réalité, sait quels dangers pèsent lourdement sur notre système éducatif et ne se laissera pas anesthésier par son administration pléthorique qui a appris à masquer les choses et à pratiquer l’immobilisme. Ceci peut aussi se comprendre dans un ministère où chaque nouveau titulaire n’avait de cesse, dès son arrivée, que de détricoter l’œuvre de son prédécesseur pour attacher son nom à une loi, ne servant à rien, guère plus que les précédentes empilées par ses nombreux devanciers.

Plus que tout autre pays au monde, les Français sont très attachés à cette éducation qui se veut encore nationale, car elle les rassure par son aspect national, égalitaire, donc non élitiste, même si tous les régimes ont conduit une politique à deux voies : les lycées, les grandes écoles pour les élites, les collègues et les universités pour la masse. La devise nationale place l’égalité en second place, c’est dire combien les citoyens de ce pays y sont attachés, même s’ils confondent souvent égalité et égalitarisme…

Là, le ministre s’attaque, non plus uniquement aux choses extérieures mais à l’intime, au dedans des structures mêmes de l’école. Il a, en plus d’autres mesures, décidé qu’on apprendrait aux enfants à chanter. Quelle bonne idée. Mais pourquoi personne n’y a pensé avant lui ? Cette carence pointe une crise morale profonde : la France a perdu son homogénéité sociale depuis belle lurette et une telle initiative, faire chanter ensemble des enfants venus d’une douzaine de pays différents (parfois, même plus) eût été un vœu pieux. Et puis, il y aurait eu les cris d’Orfraie des belles âmes de gauche, dénonçant un embrigadement ou un enrégimentement des enfants ! Surtout si l’on faisait chanter la Marseillaise ! Quelle honte ! Faire chanter l’hymne national par des enfants… Quelle horreur !

On en était là, on avait honte du drapeau français, de l’esprit français ; ce fut ce qu’un philosophe judéo-français a taxé d’identité malheureuse. Et voilà qu’un courageux ministre arrive et décide que pour forger une nation, ce fameux lien spirituel dont parlait Ernest Renan au XIXe siècle, on doit aussi chanter ensemble. C’est une symphonie et non une cacophonie.

Encore un mot d’inventaire : l’école a tant perdu de son lustre auprès des gens que de nombreux parents préfèrent confier leurs enfants à l’école privée, payante, alors que l’éducation dite nationale engloutit des milliards prélevés sur leurs impôts.

Le ministre sait, même s’il ne le dit pas, que sa devancière a commis de lourdes erreurs et a remplacé l’efficacité et l’intérêt de l’institution par une posture politique désuète et que les valeurs de la laïcité n’ont pas toujours été mises en avant. Alors, il faut créer un esprit de groupe, créer ou recréer une cohésion entre les citoyens français de demain, leur apprendre le collectif, arriver à l’heure, se préparer à temps, respecter le programme, le tout en tant qu’activité parascolaire, un peu comme la pratique du sport lorsque les leçons des matières académiques deviennent lassantes, insupportables. Je le souviens avec émotion de l’équipe de handball de mon lycée ; chaque jeudi après midi on s’entraînait on affrontait d’autres équipes. Près d’un demi siècle après, je me souviens encore des noms et prénoms de mes camarades.

Une chorale, c’est de cela qu’il s’agit, est un groupe, un ensemble où l’on apprend tant à se connaître qu’a connaître les autres camarades. On travaille à l’ombre protectrice du drapeau français et on exalte le fond littéraire et musical de la France.

Le ministre, homme de terrain, sait qu’il y aura des élèves qui refuseront de chanter des chants de Noël ou des hymnes chrétiens (même l’hymne à la joie contient des références), ne se sentiront pas concernés par une tradition culturelle qui n’et pas la leur, etc… Je crois qu’il le sait et qu’il a prévu des mesures pour y répondre.

On s’est souvent demandé si la politique d’intégration n’a pas échoué. Elle a échoué puisque des forces centrifuges cherchent à se placer en travers de ce qui doit devenir une unité nationale. Le ministre doit combattre l’attitude de ceux qui, en France, se contentent d’habiter, sans y vivre. En d’autres termes, refusent de s’identifier à l’histoire nationale de ce pays qui les accueillis, eux et leurs parents. Tout en profitant de tous les avantages offerts.

Tout commence à l’école, il faut traiter le mal à la racine, prendre le taureau par les cornes. Comme tout autre pays, la France a le droit absolu de veiller sur son identité et accueillir ceux qui veulent vraiment s’y joindre.

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Commentaires

"de l’esprit français"
Dans l'émission de Ruquier il y a de cela quelques semaines, Alain Finkielkraut se désolait du fait que "l'identité française" était en souffrance. Il a clairement expliqué qu'il n'entendait pas par ce terme un quelconque nationalisme d'exclusion, mais un ensemble de qualités (au sens premier du terme) culturelles issues de l'histoire particulière de la France et de ses penseurs et artistes.
Un jeune participant (j'utilise cet adjectif parce qu'une partie des réactions adverses aux propos du philosophe ont paru motivée par un certain mépris du "vieil" homme) a affirmé à plusieurs reprises et avec grande conviction qu'il ne se reconnaissait absolument aucune identité française, bien qu'il soit de cette nationalité et ait enseigné le français dans les pays du Magreb et ailleurs.
Il n'est venu à l'esprit de personne de lui demander si dans les pays auxquels il faisait allusion les gens auraient eu la même réaction face à leur propre identité, celle du rejet. J'ai très souvent fait l'expérience au cours de nombreux voyages dans le monde, que nous autres Européens (je pense à la Suisse, mon pays et vous parlez de la France, le vôtre, qui me paraissent particulièrement touchés par ce phénomène) sommes devenus très vite oublieux et blasés de la chance que nous avons de vivre dans une région du monde si favorisée depuis plus de 50 ans.
Au point de penser et d'agir que la seul attachement au pays, à son histoire, à sa culture et à ses particularités ne pouvait appartenir qu'à de sortes de naïfs ou d'imbéciles habitants ou venus d'ailleurs. Nous racontons leurs moeurs et leurs fêtes avec enthousiasme, nous les filmons et les photographions, allons jusqu'à nous joindre à eux dans leurs réjouissances et, revenus chez nous, avons honte d'éprouver ce que tous les autres éprouvent.
Ayant laissé (et délaissé) le sentiment d'appartenance à des partis qui en font souvent un usage indigne, nous nous lamentons ensuite de "la montée des extrémismes" et autres identitaires, qui ont fait leur, en le trahissant, ce que nous avons laissé de côté.

Écrit par : Mère-Grand | 20/12/2017

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