11/12/2017

L’Europe et Israël

L’Europe et Israël

En écoutant tôt ce matin sur les chaînes d’informations continues les deux discours, respectivement celui de la ministre italienne chargée de la politique étrangère de l’Union et celui du Premier Ministre de l’Etat d’Israël, on avait l’impression de vivre un décalage de grande ampleur : alors que la représentante européenne récitait sur un ton saccadé ses récriminations envers l’Etat juif, à peine laborieusement adoucies, en apparence, par un tardif et crispé bonne fête de Hanoukka (oubliant que c’est là un hommage à la sanctification du temple de Jérusalem !!), le Premier Ministre israélien lui a asséné sans ciller tous les accomplissements, les progrès, les innovations, le régime démocratique et la joie de vivre de son pays. On avait l’impression que ces deux là ne vivaient pas dans le même monde, ni sur la même planète : mais comment donc, ce continent que certains historiographes décrivent parfois comme un vaste cimetière juif, à l’échelle de tout le continent, tant les persécutions sanglantes y furent nombreuses, ne parvient on pas à traiter l’état juif autrement qu’en lui adressant des reproches permanents, à l’accuser de tous les péchés d’Israël (c’est bien le cas de la dire !) ?

L’histoire politique de l’Europe, un continent qui doit toute sa culture à la Bible hébraïque et au christianisme, plutôt au judéo-christianisme, puisque le Décalogue en inspire toutes les valeurs sur lesquelles il se fonde, a dévié de sa trajectoire première. Et les ministres de l’UE devraient s’en souvenir de temps en temps. Toutes ces persécutions, toutes ces conversions forcées, toutes ces expulsions, toutes ces spoliations (dont la toute dernière remonte à moins de 70 ans), tous ces malheurs n’ont pas réussi à combattre victorieusement ce penchant soit proc arabe soit anti israélien.

Rashi, le grand exégète-vigneron champenois du XIIe siècle, avait repris une métaphore talmudique qui parle des pierres du mur , pierres, qui, si elles pouvaient parler, porteraient témoignage de tout le mal fait aux juifs sur ce continent. Et pourquoi donc ? Parce qu’ils ont préféré la mort à la conversion. Cette force de caractère, cette indomptable conviction, cette fidélité à la fois des ancêtres et des patriarches, toutes ces mâles vertus se sont réincarnées dans ce peuple d’Israël qui livre au quotidien un combat pour sa survie. En Israël, depuis près d’un siècle, exister ou continuer d’exister, relève d’un héroïsme quotidien. Jamais peuple sur cette terre n’a dû être sur ses gardes dans son propre pays, sur sa terre ancestrale.

Mais ce qui est largement intolérable, c’est de voir les représentants d’Etat civilisés, à la tête d’une très longue histoire et d’une brillante culture, nier les évidences historiques et reprocher à un Etat souverain, d’avoir la capitale qu’il a, il n’en a pas d’autre, d’ailleurs. C’est presque une obscénité.

Il est rare que je prenne ainsi la plume pour m’exprimer aussi vertement. Mais je le répète : il y a quelque chose de choquant dans cette attitude qui n’est pas celle de gens policés, bien élevés et instruits. J’ai déjà dit ici même ce qu’il fallait en penser ; plusieurs fois par jour, dans ses prières (matin, midi et soir, sans oublier les prières annexes), l’orant juif évoque le souvenir inoubliable de Jérusalem… Le Psalmiste lui-même, l’homme le plus religieux que la terre ait jamais porté, ne dit-il pas : si je t’oublie Ô Jérusalem……… Quel autre peuple a maintenu une telle fidélité au lieu où il est né, durant près de deux millénaires qui furent tout sauf une période de bonheur, ou une promenade de santé à travers le monde…

Dans sa réponse au discours de la ministre italienne, Benjamin Netanyahou a vanté, à juste titre, toutes les prouesses technologiques de son pays dans d’innombrables domaines. Il n’a nullement exagéré les conquêtes d’Israël dans tant de domaines. Alors que face à lui, des gens mal intentionnés dépensent des fortunes pour forger des armes de destruction. Avez vous jamais vu que l’on sélectionne un contingent de bons étudiants afin de les envoyer étudier dans des pays européens ou aux USA ? Je parle des ennemis d’Israël. Savez vous tout ce que les ennemis d’Israël pourraient faire, de bien, avec toutes leurs réserves en énergie et milliards de dollars ? Et pourtant, c’est toujours le même discours de haine et de refus.

Si ce petit Etat juif n’était pas entouré de toutes parts par des ennemis qui se sont juré sa perte, il serait dans le top five des Etats les plus avancés du monde.

Pour conclure : alors que la plupart des Etats arabes ont mollement réagi à la saine déclaration du président Trump, l’Europe, pourtant victime du terrorisme (en France, en Allemagne en Grand Bretagne, en Espagne, en Italie, en Suède, au Danemark, en Belgique et ailleurs) s’en prend… à Israël !

Une dernière note d’optimisme : les pays d’Europe centrale et orientale portent sur les progrès de l’Etat juif un autre regard. Enfin, toute l’Europe n’est pas frappée de cécité. C’est comme cette presse mondiale qui encourageait presque un large soulèvement et qui en fut pour ses frais. A peine, ça et là, quelques escarmouches… Et elle attend toujours, appelant de ses vœux une vraie déflagration. Ce n’est pas bien

La presse mondiale pourrait être aussi une force de paix.

Maurice-Ruben HAYOUN

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Commentaires

"...mais comment donc, ce continent que certains historiographes décrivent parfois comme un vaste cimetière juif (...) ne parvient on pas à traiter l’état juif autrement qu’en lui adressant des reproches permanents." Ce qui m`étonne, c`est qu`un homme intelligent comme vous s`étonne... Ou est-il écrit que la souffrance passée d`un peuple puisse l`absoudre des souffrances qu`elle-meme provoque? Absoudriez-vous les Palestiniens au nom de leur souffrance présente s`ils devaient un jour infliger a un autre peuple ce qu`ils se voient infliger?

Écrit par : JJ | 11/12/2017

Le nouveau rédac'chef de 24 heures nous a livré son analyse de la dernière décision de Trump il y a quelques jours :
"En reconnaissant unilatéralement que Jérusalem était la capitale d'Israël, Donald Trump ne met pas seulement le feu à une poudrière. Il sort le lance-flammes pour carboniser la paix sur la planète".
C'est vrai que considérer Jérusalem comme capitale d'Israël, c'est vraiment scandaleux. Enfin, cela dépend pour qui...
Question que le rédac'chef ne semble pas se poser.

Excellent billet, M.Hayoun, que vous avez eu bien raison d'écrire. Il y a juste un point avec lequel on peut être en désaccord :
"L’histoire politique de l’Europe, un continent qui doit toute sa culture à la Bible hébraïque et au christianisme, plutôt au judéo-christianisme".
On s'accorde généralement à reconnaître que la culture européenne est faite d'hellénisme, d'esprit de Rome et de judéo-christianisme.

Écrit par : Géo | 11/12/2017

Il n'y que trois chefs d'état occidentaux qui ont un peu de courage politique : Poutine, Trump et Netanyahou.
La Russie est en train de se retirer de Syrie. Cela laissera la possibilité à Poutine de reconnaître aussi Jérusalem comme capitale d'Israël dès qu'il en aura la possibilité. Et aussi de se retourner contre l'Iran.
Beaucoup de pays : Europe de l'est, Afrique, Amérique latine ont ou vont reconnaître Jérusalem et déménager leurs ambassades.
Et si un jour l'Arabie veut une ambassade en Israël, où devra-t-elle l'installer maintenant, à votre avis ?
Tant que l'>UE se laissera terrorisée, à tous les sens du terme, il n'y a rien à attendre de bon de cette U L P (Union des lâchetés pétrifiées).

Écrit par : Alain | 11/12/2017

Ces lignes pour sortir la tête des médias hors du sable !

Souvenez-vous! C'est vieux de 10 ans : Obama : "Jérusalem sera la capitale d'Israël"

https://tempsreel.nouvelobs.com/monde/la-presidentielle-americaine-2008/20080723.OBS4114/obama-jerusalem-sera-la-capitale-d-israel.html … via @LObs

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""En reconnaissant unilatéralement que Jérusalem était la capitale d'Israël, Donald Trump ne met pas seulement le feu à une poudrière. Il sort le lance-flammes pour carboniser la paix sur la planète".

Pour sauver sa peau il sacrifierait celle des Juifs!

Hitler s'est acharné sur les Juifs, mais cela ne l'a pas empêché de vouloir être le maître du monde!? Aujourd'hui nous avons le même schéma sans les Allemands.... mais avec l'aide des médias!

Écrit par : Patoucha | 12/12/2017

Israël n'a pas besoin de qualifier Jérusalem capitale pour exister. De même que l'islam n'a pas besoin de la décrété ville sainte pour continuer à exister.
Jésus a rappeler que l'important n'est pas sur terre, mais au Ciel. La création de Dieu n'appartient qu'à Dieu. Nous ne sommes que des locataires.

Quant à Trump, qu'elle est l'intérêt des USA, aucun. Il fonctionne au narcissisme au détriment des intérêts de son pays.

Jérusalem, c'est le veau d'or de certains juifs et musulmans. Autour du veau d'or, il y a le malheur, la punition que l'homme s'inflige à lui même. Certain devrait relire la bible pour se rappeler de certain de ses enseignements symboliques.

La destinée de Jérusalem dans son entier est certainement d'être la capitale de 2 pays. Une capitale pour un Dieu unique. Et c'est la-dessus qu'il faudrait y travailler.

En attendant, Jérusalem est le symbole de notre planète : Une terre, plusieurs peuples et la guerre.

Écrit par : motus | 12/12/2017

A la lecture de David Horowitz dans le Times of Israël du 18 juillet 2017,
« la Jordanie, qui occupait la Vieille Ville avant qu’Israël ne s’en saisisse en 1967, pays auquel Israël a permis de continuer à administrer le mont du Temple via le Waqf religieux depuis lors, puisse se trouver en tête des dénonciations publiques à l’encontre d’Israël.
Israël revendique sa souveraineté sur la Vieille Ville et empêche pourtant les Juifs de prier sur le mont, consentant à ce qu’une administration musulmane assure la gestion des lieux. Israël a choisi de ne pas pleinement assurer son contrôle sur le mont du Temple en 1967 parce que l’état avait voulu éviter une guerre sainte avec le monde musulman en raison du caractère unique de ce site.
L’Etat juif a utilisé le consensus rabbinique qui interdit aux Juifs de poser le pied sur le mont par crainte de souiller par inadvertance le saint des saints des temples bibliques. Il a opté pour le compromis, il y a un demi-siècle, la nation juive ressuscitée, ayant vaincu ses ennemis durant une guerre qui lui avait été imposée et ayant libéré le lieu le plus saint de son patrimoine religieux, a renoncé à ses droits religieux en les accordant aux représentants de ses ennemis défaits.
Israël a fait un choix il y a 50 ans. L’Etat juif a choisi de ne pas insister sur la liberté religieuse des Juifs au mont du Temple. En fait, le pays a choisi de ne pas insister sur la liberté religieuse sur le mont du Temple, point.
Aucun compromis qui sera consenti par Israël aujourd’hui ne pourra se comparer dans ses retombées à l’impact de cet accord passé il y a 50 ans, qui a permis de donner de la vigueur à un narratif palestinien et musulman. En affirmant que les Juifs n’ont, en fait, aucune connexion avec le mont du Temple, la retenue d’Israël, – sa realpolitik religieuse, en d’autres termes, – a été considérée comme une preuve de notre illégitimité. Et de notre duplicité. Nous n’avons pas été les libérateurs sur leur terre, nous avons été les intrus, à qui il fallait résister jusqu’à ce que nous retournions d’où nous venions.
Aucune histoire ici, aucune légitimité là – et, a fortiori, aucune légitimité souveraine non plus en Israël.
Pourquoi la concession faite par le ministre Moshe Dayan le 10 juin 1967 a-t-elle attisé ce narratif mensonger ? Parce que – c’est ainsi qu’elle a été appréhendée dans une grande partie du monde musulman – les Juifs n’auraient pas pu – et n’auraient pu – renoncer à leur autorité sur le site s’il constituait véritablement le point focal physique le plus sacré de leur foi. Voilà Israël délégitimé, nié depuis des décennies.
Israël s’est reporté sur les sensibilités musulmanes en raison de ses intérêts plus larges, qui visaient (toujours le cas) à oeuvrer à la normalisation de sa présence souveraine dans un Moyen-Orient hostile – toujours hostile. »

Écrit par : Christian Rayet | 12/12/2017

C'est curieux ce flot d'injures.

Écrit par : vincent fleury | 13/12/2017

"C'est curieux ce flot d'injures."

J'ai raté quelque chose!?

Écrit par : Patoucha | 13/12/2017

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