29/11/2017

Des Confessions de Saint Augustin à Macron l’Africain

Des Confessions de Saint Augustin à Macron l’Africain..

                  De la vanité des choses de bas monde.

Ce titre involontairement énigmatique va en intriguer plus d’un. Je tiens à l’expliquer : hier soir, comme vous tous, j’ai suivi avec intérêt le show télévisé du président de la République française à l’université de Ouagadougou. Prestigieux numéro exécuté par un jeune dirigeant qui en redemandait, se sentait rajeunir encore un peu plus, provoquant un tantinet son auditoire étudiant, le tutoyant même, oubliant, au gré de certains esprits chagrins en métropole, la fameuse distinction du corps sacré du Roi, expliquée par Kantorowicz… Au vu de toutes ces images et de tous ces commentaires, je m’étais promis de consacrer à ce voyage l’éditorial de ce matin. Mais voilà, je me suis rendu compte que je devais commencer par achever l’exaltante lecture de plus de cent pages des Confessions du père de l’église, Saint Augustin, un livret intitulé L’aventure de l’esprit et publié chez Gallimard.

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28/11/2017

Prague, 111: Franz Kafka assiste à la circoncision de son neveu

Franz Kafka assiste à la circoncision de son neveu à Prague en 1911

Dans un récent ouvrage dont j’ai rendu compte ici même sur Le physique et le vivant dans le judaïsme, je suis tombé sur une longue citation de Franz Kafka qui s’était rendu à Prague en 1911 afin d’assister à la circoncision de son neveu. Son témoignage, consigné dans ses journaux intimes (1948, page 209s), se fait discrètement l’écho de cette pratique qui avait, au cours du siècle précédent, provoqué de très vifs débats au sein des communautés juives, opposant les partisans de ce rite ancestral fondateur (voir les chapitre 15 et 17 de la Genèse) aux rabbins libéraux et réformateurs qui, au cours de maints synodes rabbiniques (entre 1844 et 1845), considéraient qu’il fallait en finir avec cette pratique d’un autre âge.

La seconde partie de la déclaration de Kafka a des relents de la terrible Lettre au père où le fils s’en prend sans ménagement à son géniteur qu’il accuse de lui transmettre une coque vide en guise de tradition religieuse juive. A la fin de cette mention dans son journal intime, l’auteur du Procès souligne qu’il n’eut besoin que d’un bref laps de temps pour comprendre que le rite de la circoncision et même les jours du judaïsme de l’Europe de l’ouest (par opposition à celui d’Europe orientale et centrale) étaient comptés… Les gens, dira t il, se contentaient de porter plus loin ce qu’on leur avait transmis, sans chercher à comprendre.

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27/11/2017

Al-Andalus, un paradis terrestre qui n'aurait jamais existé?

Al-Andalus, un paradis qui n’aurait jamais existé?

C’est bien ce qu’affirme avec force, sur plus de sept cents pages, Sérafin Fanjul, l’auteur de ce véritable pavé, intitulé Al-Andalus, l’invention d’un mythe. Et pour être certain d’avoir été bien compris, il enfonce le clou en ajoutant un sous titre des plus explicites La réalité historique de l’Espagne des trois cultures. Tout est dit avec ces trois termes : l’histoire, à ne pas confondre avec la littérature ou la poésie, l’Espagne dont l’auteur va s’attacher à prouver sur des pages et des pages le caractère spécifiquement chrétien ou hispano-romain ou -wisigothique, et enfin les trois cultures religieuses que sont le christianisme, le judaïsme et l’islam, ces deux derniers ayant été sacrifiés sur l’autel de la monarchie catholique unificatrice, pour faire de la péninsule ibérique ce qu’elle est aujourd’hui.

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25/11/2017

La folie meurtrière des islamistes dans le Nord du Sinaï…

La folie meurtrière des islamistes dans le Nord du Sinaï…

Presque 250 morts, et le chiffre ira hélas en s’alourdissant car nombre de pauvres blessés succomberont à leurs blessures. Des scènes d’apocalypse, des meurtriers agissant méthodiquement, ne laissant aucune chance à leurs victimes. Dont le seul crime était d’être les fidèles d’une mosquée traversée par le courant spirituel des soufis, une secte quiétiste de l’islam. Cette obédience a compté dans ses rangs de grands théologiens musulmans dont le célèbre théologien médiéval Abuhamid al-Ghazali, mort en 1111 après une vie bien remplie. Orphelin à un très jeune âge, il fut élevé par un proche de sa famille. Au bout d’un certain temps, on le confia à une institution qui pourvut à ses besoins, lui donnant une bonne et sérieuse éducation.

Cet homme, qui avait reçu aussi une formation philosophique s’avéra être un implacable censeur de toute spéculation rationnelle et jeta son dévolu sur une foi profonde, qui n’avait guère besoin du soutien conceptuel des disciplines de Platon et d’Aristote. Cette vie fut une longue quête de certitude que seule la religion peut donner. IL a laissé dans l’histoire de la pensée le souvenir d’un auteur d’une double somme : les Intentions des philosophes, et la Destruction des philosophes. Ce qui lui attira une vive réplique d’un grand philosophe, Averroès, qui rédigea la Destruction de la destruction.

Mais cela n’a pas suffi à discréditer son enseignement puisque les philosophes juifs du Moyen Age traduisirent une bonne partie de son œuvre et que même un averroïste notoire comme Moïse de Narbonne (1300-1362) commenta ses Intentions des philosophes et alla jusqu’à dire que al-Ghazali n’avait fait que donner le change en se proclamant ouvertement adversaire de l’héritage de l’hellénisme tardif : en réalité, ce théologien-philosophe n’aurait fait que se prémunir contre les foudres des autorités civiles, gardiennes sourcilleuses de la tradition coranique.

C’est donc cet homme qui a le plus marqué au Moyen Age la tradition soufi qui se veut une sorte de quiétisme pacifique musulman, donnant au djihad un aspect pacifique : c’est l’action de pousser jusqu’au maximum de leur puissance les facultés intellectuelles du sujet, progresser parfois même au-delà de soi-même, bref une poursuite de la vérité. Or, le Coran lui-même donne de multiples noms à Dieu, y compris la Vérité (al-Haq). Ce sont donc d’innocents orants ou fidèles qui sont tombés ce vendredi sous les balles des assassins, musulmans comme eux, mais opposés à eux quant aux fins dernières tant de la religion que de la destination de l’homme sur cette terre.

Le Décalogue, charte de l’humanité civilisée, prohibe le meurtre et par là même sacralise la vie. Le Dieu que tous les adeptes du monothéisme vénèrent est une Dieu éthique qui ne saurait commander à quelque homme que ce soit de tuer son prochain en son Nom, au motif que cet Autre, ce prochain ou lointain, pense, prie ou croit différemment.

Mais en écrivant ces quelques lignes qui apparaissent comme une protestation posthume contre des actes inqualifiables, on se demande si de tels malfaiteurs peuvent encore être raisonnés ? Cela me paraît être comme la quadrature du cercle.

Mais d’autres questions se posent hic et nunc et qui mettent en cause le pouvoir égyptien actuel. Depuis que le président al-Sissi a pris le pouvoir, il n’a pas réussi à sécuriser sérieusement autre chose que les grands centres urbains, laissant le reste du territoire, notamment le Sinaï, à l’abandon, et ouverts à tous les trafics dans lesquels même quelques militaires seraient impliqués. On a l’impression que dans ce territoire, négligé au profit de l’Egypte utile, les Bédouins ont pris le parti des terroristes islamistes, considérant que Le Caire est trop loin, qu’il se désintéresse de leur sort et qu’il vaut mieux faire avec les moyens du bord.

Au plan sécuritaire, ce qui est bien plus important que l’aspect économique et social des populations, tant de questions se posent : comment une quarantaine d’hommes lourdement armés ont pu circuler avec une bonne douzaine de véhicules, sans être interceptés par personne, aucun barrage militaire, aucune contrôle, et approcher d’une mosquée bondée, un vendredi, jour de la grande prière, l’encercler, y faire sauter une bombe et tirer tous ceux qui cherchent à s’extraire du brasier ?

On a parlé de l’impréparation de l’armée égyptienne, équipée de matériels dernier cri par les USA mais qui n’est pas faite pour ce genre de combat. Or, cela fait longtemps que les terroristes tuent des soldats égyptiens dans le Sinaï, sans que cette armée n’ait jamais pu mener une offensive d’envergure contre ses ennemis. On parle du nord su Sinaï comme d’une zone entièrement investie par les survivants de l’Etat islamique, fuyant sa débâcle en Irak et en Syrie. Les autorités égyptiennes n’ont rien vu venir et il est donc grand temps qu’elles se ressaisissent… Faute de quoi on considérera que le président al-Sissi a échoué dans sa tentative de museler une fois pour toutes les velléités déstabilisatrices de ses ennemis.

Est à dire qu’il faut sans cesse renforcer le volet sécuritaire, sans se soucier du reste ? Non point, il faut agir sur les deux leviers en même temps. Mais sur le plan sécuritaire il est évident que l’armée n’est pas prête actuellement. Il lui faut un concours extérieur qui tarde à venir. Plusieurs options seraient à l’étude.

Peut-être que le petit mais très puissant voisin serait le bienvenu, quoique très discrètement. Il dispose d’une grand expertise dans le domaine de n’anti terrorisme.. Mais l’Orient est trop compliqué…

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24/11/2017

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Lorsque Coluche, que son nom soit béni, a créé ce qui est devenu,
trente ans plus tard, une véritable institution à l’échelle nationale,
à savoir les restos du cœur, il ne se doutait pas que son œuvre
caritative lui survivrait. Et pourtant, le petite poignée de
nécessiteux des débuts, s’est transformée en interminables cortèges,
de gens touchés de plein fouet, soit par la crise soit par la
pauvreté, le chômage, la maladie ou plus globalement les accidents de
la vie.
Quand on regarde des reportages sur ce grave sujet on se rend compte
qu’il s’agit de gens comme tout le monde, Monsieur et Madame tout le
monde, parfois, il est vrai, de maghrébins ou d’Africains ou
d’immigrés qui sont frappés par le chômage ou par d’autres
vicissitudes de l’existence. Mais la misère ni couleur ni nationalité
spécifiques. Elle s’abat sur n’importe qui, indépendamment de ses
origines, de sa couleur de peau ou de lieu de naissance, voire de
milieu social.
Il faut rendre hommage à tous ces bénévoles qui se mettent au service
de leurs congénères, frappés par les aléas de la vie. On a affaire
principalement à des femmes seules, à des familles dites
monoparentales où il faut faire face avec des petits moyens. Des
personnes retraitées dont le logement accapare plus de la moitié des
revenus, déjà modestes en soi.
Ce problème des retraites est incroyable. Rappelons nous que François
Hollande lui-même évoquait le fait suivant quand il présidait aux
destinées de ce pays : plus de la moitié des retraités reçoit moins de
1200 € brut, mensuellement. Comment voulez vous vivre normalement avec
une telle somme à Paris ou en banlieue ou même en province ? Et que
dire de son successeur qui pense qu’avec cette somme, 1200 € par mois,
brut, on doit vous taxer plus que les autres au niveau de CSG ?!
Pour tous les retraités, c’est l’angoisse d’être déclassés, chassés
des centres urbains, rejetés vers la périphérie, généralement mal
desservie par les transports en commune, à un âge où la plupart n’ont
plus les moyens de s’offrir un véhicule, tant son entretien et son
paiement deviennent très difficiles ?
La plupart des retraités sont affiliés au régime de la répartition,
c’est-à-dire un système où les plus aisés cofinancent ceux qui moins
bien lotis. C’est-à-dire des nantis… Même si les intéressés contestent
à juste titre ce terme. Nous nous préparons des lendemains très
difficiles car eu égard au vieillissement de la population et à
l’allongement de la vie, des millions de nos concitoyens vont devoir
se réfugier dans des maisons de retraite dont les frais sont très
onéreux : parfois plus de 2000€ mensuellement… Or, avec 1200€
mensuellement, il faudra nécessairement des compléments. Qui va les
apporter ? La famille, les amis ? Qui ? Surtout si les revenus
n’augmentent pas afin de faire face…
Certains ont eu la prévoyance de prévoir des compléments comme, par
exemple, des appartements achetés durant les années d’activité
professionnelle. Mais pour cela, il faut avoir eu des revenus propres
aux classes moyennes supérieures, comme médecins, avocats, professeur,
hauts fonctionnaires, etc… C’est une frange de plus en plus réduite de
la population.
Comment faire pour tous les autres ? Surtout à une époque où les
grands parents sont tenus de soutenir leurs petits enfants car leurs
parents n’y suffisent plus. Franchement, je ne vois pas comment on
peut sortir de cette quadrature du cercle : de plus en plus de
personnes âgées avec des poly-pathologies onéreuses et répandues,
d’une part, et des ressources en nette diminution, d’autre part. Des
affections de longue durée touchent de plus en plus de gens. Les
laboratoires pharmaceutiques ne sont pas des institutions
philanthropiques ; par ailleurs, pour découvrir de nouveaux
médicaments il faut investir massivement dans la recherche. Et pour ce
faire, il faut réaliser de gros bénéfices… C’est le serpent qui se
mord la queue…
A propos de la pauvreté, un verset biblique me revient en mémoire : ki
lo yhdal ha évoyon mi-qérév ha aréts, car l’indigent ne disparaitra
pas  du cœur de la terre… Donc, le problème ne date pas d’hier. Il
nous poursuivra encore longtemps. Et il est intéressant que ce fut une
sorte de marginal qui a mis sur pied cette œuvre de bienfaisance que
sont les restos du cœur.
En effet, c’est le cœur de l’homme qui doit s’émouvoir de ce cette
plaie du monde contemporain où des hommes et des femmes, et souvent
aussi des enfants, ne mangent pas à leur faim, sont mal logés ou
souffrent du froid. Et je ne parle même pas des SDF qui dorment dehors
à Paris dans le froid…
 Il faut donc réagir.
Gloire à la mémoire de cet amuseur public que fut Coluche, ce fils
d’immigré italien, qui prit cette initiative bénie : voler au secours
des plus démunis, faire de leur cause une cause sacrée, une cause
personnelle de tous ceux et de toutes celles qui donnent de leur
temps, de leur argent et de leur solidarité.

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Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Les restos du coeur, le visage de la misère contemporaine…

Lorsque Coluche, que son nom soit béni, a créé ce qui est devenu,
trente ans plus tard, une véritable institution à l’échelle nationale,
à savoir les restos du cœur, il ne se doutait pas que son œuvre
caritative lui survivrait. Et pourtant, le petite poignée de
nécessiteux des débuts, s’est transformée en interminables cortèges,
de gens touchés de plein fouet, soit par la crise soit par la
pauvreté, le chômage, la maladie ou plus globalement les accidents de
la vie.
Quand on regarde des reportages sur ce grave sujet on se rend compte
qu’il s’agit de gens comme tout le monde, Monsieur et Madame tout le
monde, parfois, il est vrai, de maghrébins ou d’Africains ou
d’immigrés qui sont frappés par le chômage ou par d’autres
vicissitudes de l’existence. Mais la misère ni couleur ni nationalité
spécifiques. Elle s’abat sur n’importe qui, indépendamment de ses
origines, de sa couleur de peau ou de lieu de naissance, voire de
milieu social.
Il faut rendre hommage à tous ces bénévoles qui se mettent au service
de leurs congénères, frappés par les aléas de la vie. On a affaire
principalement à des femmes seules, à des familles dites
monoparentales où il faut faire face avec des petits moyens. Des
personnes retraitées dont le logement accapare plus de la moitié des
revenus, déjà modestes en soi.
Ce problème des retraites est incroyable. Rappelons nous que François
Hollande lui-même évoquait le fait suivant quand il présidait aux
destinées de ce pays : plus de la moitié des retraités reçoit moins de
1200 € brut, mensuellement. Comment voulez vous vivre normalement avec
une telle somme à Paris ou en banlieue ou même en province ? Et que
dire de son successeur qui pense qu’avec cette somme, 1200 € par mois,
brut, on doit vous taxer plus que les autres au niveau de CSG ?!
Pour tous les retraités, c’est l’angoisse d’être déclassés, chassés
des centres urbains, rejetés vers la périphérie, généralement mal
desservie par les transports en commune, à un âge où la plupart n’ont
plus les moyens de s’offrir un véhicule, tant son entretien et son
paiement deviennent très difficiles ?
La plupart des retraités sont affiliés au régime de la répartition,
c’est-à-dire un système où les plus aisés cofinancent ceux qui moins
bien lotis. C’est-à-dire des nantis… Même si les intéressés contestent
à juste titre ce terme. Nous nous préparons des lendemains très
difficiles car eu égard au vieillissement de la population et à
l’allongement de la vie, des millions de nos concitoyens vont devoir
se réfugier dans des maisons de retraite dont les frais sont très
onéreux : parfois plus de 2000€ mensuellement… Or, avec 1200€
mensuellement, il faudra nécessairement des compléments. Qui va les
apporter ? La famille, les amis ? Qui ? Surtout si les revenus
n’augmentent pas afin de faire face…
Certains ont eu la prévoyance de prévoir des compléments comme, par
exemple, des appartements achetés durant les années d’activité
professionnelle. Mais pour cela, il faut avoir eu des revenus propres
aux classes moyennes supérieures, comme médecins, avocats, professeur,
hauts fonctionnaires, etc… C’est une frange de plus en plus réduite de
la population.
Comment faire pour tous les autres ? Surtout à une époque où les
grands parents sont tenus de soutenir leurs petits enfants car leurs
parents n’y suffisent plus. Franchement, je ne vois pas comment on
peut sortir de cette quadrature du cercle : de plus en plus de
personnes âgées avec des poly-pathologies onéreuses et répandues,
d’une part, et des ressources en nette diminution, d’autre part. Des
affections de longue durée touchent de plus en plus de gens. Les
laboratoires pharmaceutiques ne sont pas des institutions
philanthropiques ; par ailleurs, pour découvrir de nouveaux
médicaments il faut investir massivement dans la recherche. Et pour ce
faire, il faut réaliser de gros bénéfices… C’est le serpent qui se
mord la queue…
A propos de la pauvreté, un verset biblique me revient en mémoire : ki
lo yhdal ha évoyon mi-qérév ha aréts, car l’indigent ne disparaitra
pas  du cœur de la terre… Donc, le problème ne date pas d’hier. Il
nous poursuivra encore longtemps. Et il est intéressant que ce fut une
sorte de marginal qui a mis sur pied cette œuvre de bienfaisance que
sont les restos du cœur.
En effet, c’est le cœur de l’homme qui doit s’émouvoir de ce cette
plaie du monde contemporain où des hommes et des femmes, et souvent
aussi des enfants, ne mangent pas à leur faim, sont mal logés ou
souffrent du froid. Et je ne parle même pas des SDF qui dorment dehors
à Paris dans le froid…
 Il faut donc réagir.
Gloire à la mémoire de cet amuseur public que fut Coluche, ce fils
d’immigré italien, qui prit cette initiative bénie : voler au secours
des plus démunis, faire de leur cause une cause sacrée, une cause
personnelle de tous ceux et de toutes celles qui donnent de leur
temps, de leur argent et de leur solidarité.

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23/11/2017

De l’esclavage aujourd’hui et jadis…

De l’esclavage aujourd’hui et jadis…

Les journalistes œuvrent parfois, mais pas toujours, en faveur d’une meilleure sensibilisation aux problèmes de notre temps. Ce n’est pas toujours le cas, ils concourent le plus souvent à gonfler des nouvelles qui n’en sont pas ou diffusent des informations qui ne méritent pas une telle ampleur. Mais depuis quelques jours, ces images de CNN montrant un abject marché aux esclaves en Libye nous ont ouvert les yeux.

C’est très bien, pour une fois un scoop qui n’est pas une tromperie sur la marchandise. Il convient à présent de ne pas instrumentaliser ces révélations et d’agir afin de mettre un terme à ce honteux trafic d’êtres humains : après plus de deux millénaires de judéo-christianisme , après l’humanisme, les Lumières de Cordoue à Berlin, la création de l’ONU succédant à la Société des Nations, on a toléré de telles choses qui signent une inacceptable dégradation de l’image de l’homme. Au seul motif de la couleur de sa peau. Souvenons nous de Voltaire qui condamnait, en vain, le commerce triangulaire, et attirait ironiquement l’attention des esprits éclairés en disant en substance ceci : mais avec une couleur de peau comme celle-là on ne peut qu’avoir une âme noire……… Et pourtant, cela n’a pas suffi.

Je me souviens d’une visite que je fis il y a une bonne quinzaine d’années à Dakar à l’invitation du gouvernement sénégalais. Je fis une conférence sur le talmud dans les locaux de la chambre de commerce, devant de grands chefs religieux enturbannés. L’idée fut exprimée de me faire visiter l’île de Gorée, point de départ africain le plus près des rivages du Nouveau Monde. Je m’y rendis en effet dès le lendemain et je visitai sous la conduite d’un guide la maison de l’esclave. Par delà les mises scènes, destinées au touriste de passage, je n’ai jamais oublié cette visite.

Mais ce qui me frappe aujourd’hui, c’est l’émotion feinte de nos gouvernements européens qui étaient au courant de ces marchés aux esclaves, de ces viols, de ces meurtres, bref de toutes ces horreurs, et qui ne réagissent qu’aujourd’hui car la nouvelle s’est répandue aux quatre coins du globe.

Pourtant, nous disposons en Europe de la Bible et de ses prescriptions vétérotestamentaires concernant l’inaliénable dignité humaine. Les mythes fondateurs de la religion d’Israël s’en réfèrent justement à la condamnation de l’esclavage : les Hébreux, retenus en Egypte après plus de deux siècles d’esclavage, sont libérés par l’intervention divine ! Ce n’est pas le fruit du hasard si l’histoire du judaïsme antique fait fond sur cette problématique. Le midrash, allié et compagnon inséparable de la Torah, fait même dire à Dieu la phrase suivante, brève mais Ô combien dense : ce sont mes esclaves (les enfants d’Israël) et non point des esclaves au service d’autres esclaves. Ceci constitue la plus belle déclaration ou proclamation concernant l’inaliénable dignité humaine.

Interprétant les tout premiers versets du livre de la Genèse, le Talmud s’interroge sur un point intéressant : pourquoi Dieu n’a t il créé qu’un seul ADAM et pas plusieurs, puisqu’il en avait le pouvoir, suite à sa toute-puissance ? La réponse arrive dans toute sa clarté : Dieu n’a créé qu’un seul ADAM primordial afin que nul ne puisse ne puisse dire à son voisin qu’il procède d’une lignée supérieure, d’Adam numéro 1 alors que les autres seraient de la ligné d’un Adam numéro 7 ou 18 !

Cette exégèse coupe l’herbe sous les pieds de toute théorie raciste ou ségrégationniste.

Mais quittons un instant le domaine des idées et des théories pour nous diriger vers la vie concrète, les relations pragmatiques, la vie de tous les jours. La blessure non cicatrisée de l’esclavage est encore vive, même de nos jours. Souvenons nous du livre qu’une ancienne garde des sceaux de la République française a publié il y a quelques années. Certains passages sont glaçants et nous invitent à l’examen de conscience, même si l’auteur en question est parfois excessive.

J’ai écouté hier soir l’actuel ministre de l’éducation nationale condamner une réunion syndicale réservée aux non blancs, c’est-à-dire dédiée à des Africains, au motif qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre de quoi il s’agit. Le ministre a dit en substance : en voulant combattre le racisme, on adopte soi-même une attitude qualifiée de raciste… Ce n’est pas faux.

Mais comme ce marché aux esclaves (n’oublions pas Daesh qui vendait les femmes Yazidis) s’est passé dans un pays musulman, je me souviens d’une longue étude publiée par Bernard Lewis sur la question. Il y était question de la shu’ubiya.

Ce qui se passe aujourd’hui montre que nous devrions respecter un peu plus les commandements et les préceptes d’un lointain passé. Les choses changent mais pas la nature humaine.

Je vous propose de méditer sur ce vers de Charles Baudelaire : Le cœur des villes change plus vite que le cœur des hommes… Mais les anciens prophètes d’Israël l’avaient précédé lorsqu’ils font dire à Dieu qu’il nous donnera un cœur de chair pour remplacer un cœur de pierre…

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En ce jour d’indépendance, le Liban veut son indépendance…

En ce jour d’indépendance, le Liban veut son indépendance…

On pourrait penser qu’il s’agit là d’un simple jeu de mots, pourtant
cela recouvre une triste réalité qui risque de conduire ce petit pays
à l’équilibre instable vers une nouvelle guerre civile dont on se
souvient que la précédente fut ravageuse et très meurtrière.
Inutile de relater les choses par le menu. Tenons nous en aux tout
derniers développements :
Le jeune Premier ministre Hariri est convoqué à Ryad par ses
protecteurs saoudiens, furieux de découvrir que le Hezbollah est actif
aux côtés des rebelles yéménites et qu’il leur a prêté main forte pour
tirer un redoutable missile contre l’aéroport de la capitale
saoudienne. Le jeune prince héritier veut impressionner son protégé et
le retient envers et contre tout sur place. Il le convint même de
donner sa démission depuis Ryad et lui fait prononcer un discours où
il reprend mot pour mot les accusations de ses protecteurs saoudiens :
l’Iran et son bras armé au Liban, le Hezbollah, menace la souveraineté
libanaise, il se conduit comme en terrain conquis et il force les
autorités libanaises légitimes à accepter ce que Léonid Brejnev avait
jadis appelé la souveraineté limitée, parlant des états du glacis
soviétique. En clair : leur divine protectrice l’ancienne URSS
s’arrogeait le droit d’intervenir chez eux chaque fois que les
conquêtes du socialisme (sic) seraient menacées…
Au Liban, depuis plusieurs années et notamment depuis l’élection à la
présidence du général maronite Aoun, c’est le Hezbollah qui mène la
danse. Il se permet de provoquer Israël, il fait la guerre au nom de
l’Iran tant en Syrie qu’en Irak, voire même au Yémen. Bref, il mène sa
propre politique étrangère et de défense comme bon lui semble. La
dernière fois, lors de sa confrontation avec Israël, déclenchée à
l’instigation de son maître iranien, le Hezbollah a précipité le Liban
dans une guerre avec Israël, occasionnant au Liban dont il
s’autoproclame le bras armé et la divinité tutélaire de lourdes
pertes. Or, que l’on sache, personne ne lui a rien demandé. C’est la
lâcheté du général-président qui a avalisé cette tendance au motif de
faire face à une éventuelle agression israélienne. Au fond, ce n’est
plus le gouvernement libanais qui décide pour lui et pour son pays,
c’est la milice chiite armée, parfaitement illégale.
Qu’à cela ne tienne : le Hezbollah décide quand et si il doit
entraîner le Liban tout entier dans sa petite guerre personnelle
contre Israël, sur les ordres de ses maîtres iraniens.
Alors que vient faire l’Arabie dans cette affaire ? C’est elle qui est
visée, bien plus qu’Israël. Les Iraniens veulent occuper la place de
l’Arabie et font tout pour miner sa puissance.. Au Yémen et à Bahreïn,
les Mollahs soutiennent et arment les rebelles qui luttent contre les
alliés des Saoudiens.  Ce qui explique le rapprochement avec Israël et
la timide rétractation télévisuelle du ministre saoudien des affaires
étrangères ne change rien au fond du problème. L’alliance, déclarée ou
réservée, avec Israël fait partie de ce qu’on nomme une tendance
lourde car elle est dictée par des réalités stratégiques. On sait que
la logique au Proche Orient est assez élastique : entre le oui, d’un
côté, et le non, de l’autre, il n( a pas assez de place pour la tête
d’une épingle…
On comprend mieux, dès lors, l’exaspération saoudienne qui a donné un
coup de pied dans la fourmilière libanaise la privant de son
gouvernement pour précipiter la chute du Hezbollah, qui concentre sur
lui toutes les attaques, en sa fonction de perturbateur du jeu
politique libanais. On est stupéfait de découvrir qu’un président
chrétien remet à une milice chiite armée, donc illégale, les clés du
camion, si l’on ose dire. Il imagine une attaque israélienne
hypothétique et remet sa défense entre les mains des chiites.
Or, lors de la pacification de la vie politique libanaise, toutes les
milices avaient remis leurs armes aux autorités, hormis le Hezbollah
qui a même menacé d’user de la force armée si l’on voulait le désarmer
de force…
A quoi sert l’armée libanaise ? Là à nouveau, nous retrouvons
l’Arabie. L’analyse de cette dernière est la suivante : l’armée
libanaise doit être rééquipée, car elle n’a pas la parité avec la
milice qui défie le pouvoir. Les Saoudiens ont donc accepté de payer
la facture de gros contrats d’armement français au bénéfice des
Libanais afin que les soldats du pays du Cèdre puissent se mesurer à
la milice chiite qui nargue tout le monde et peut déclencher le chaos
du jour au lendemain.
Mais quel pays pourrait bien vivre avec cette épée de Damoclès
au-dessus de sa tête ? Aucun. D’autant que les Saoudiens ont décidé
d’extirper la main mise iranienne sur le Liban. Et cela n’augure rien
de bon.
Ce qui frappe, par ailleurs, l’observateur attentif, c’est la montée
en puissance de Poutine au Proche Orient et l’évanescence de Trump. On
se défend mal de l’impression que les USA ne s’intéressent plus au
Proche Orient ni au monde arabe. C’est l’Asie et ses énormes marchés
qui retient toute leur attention.
Mais un autre foyer se déclare au Liban et le Hezbollah, condamné
avant hier par la Ligue arabe comme mouvement terroriste, est la cible
de toutes les critiques et de toutes les attaques. Une majorité de
Libanais refuse de se voir entraîner dans une guette qui n’est pas la
leur. Ils demandent l’exécution d’une résolution de l’ONU exigeant le
désarmement du Hezbollah que l’Iran alimente en armes et en munitions.
Décidément, l’Orient nous étonnera toujours.
Le général Aoun s’est entretenu avec son premier ministre
démissionnaire et l’a convaincu de suspendre sa démission. Une
manœuvre se cache là-derrière : si le Hezbollah est acculé par
d’autres que par le président Aoun, celui-ci pourra sauver son
gouvernement, sa tête et celle de son Premier Ministre. Mais ce n’est
pas sûr, car les astuces ne durent jamais très longtemps…
L’heure décisive approche à grands pas car Hariri exigera, pour rester
en poste, des changements importants. Et qui dit que ses ennemis ne
recourront pas à la même méthode qui a définitivement neutralisé son
père Rafic ?
Golda Méir avait raison : Le Moyen Orient est un endroit dangereux,
parmi les plus instables du monde.

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21/11/2017

Le long calvaire d’Angela Merkel

Le long calvaire d’Angela Merkel

Elle semblait indéboulonnable. Elle semblait être comme un roc et pourtant les électeurs allemands ne lui ont plus accordé leur confiance comme ils avaient coutume de le faire depuis douze ans. Est ce la fin ? Est ce l’usure du pouvoir ? Est ce une excessive confiance en soi ? Il ne fait pas l’ombre d’un doute que la chancelière allemande n’a pas tenu compte du désir des Allemands moyens de ne plus accueillir plus d’un million de réfugiés ou prétendus tels, disons des migrants dont la socio-culture n’a rien de commun avec les citoyens du bord du Rhin. Certes, cela partait de bons sentiments, quoiqu’à l’arrière-plan il y avait aussi le souci de pallier au manque de bras et de mains d’oeuvre dont l’industrie allemande va avoir besoin dans la prochaine décennie. Or, l’Allemagne n’a plus d’excédent des naissances depuis de nombreuses années. Je me souviens d’il y a quelques années lorsque un autre gouvernement avait décidé de recruter des informaticiens venus des Indes ; cela avait soulevé une grande vague de protestations avec ce slogan, pas mal trouvé, que j’ai retenu tant il m’amusait : Kinder statt Inder (Des enfants plutôt que des Indiens)

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19/11/2017

Mohammed ben Salman: La mencace iranienne passe avant la question palestinienne

Mohammed ben Salman: La mencace iranienne passe avant la question palestinienne

Les choses se bousculent au Proche Orient. Cela va très vite car le jeune prince héritier impose son propre tempo à ses interlocuteurs, ayant soudain pris conscience de la gravité du danger représenté par l’Iran et son bras armé libanais, le Hezbollah. Nous ne nous répétons pas, les choses ont évolué très vite depuis deux jours : Saad Hariri qui, visiblement, n’a pas les épaules assez larges pour faire face à la situation, n’a dû sa remise en liberté et son exfiltration d’Arabie qu’à l’action diplomatique de la France, va devoir affronter la réalité : il va se rendre dans sa capitale, prendre part aux festivités du jour de l’indépendance de son pays mais l’incertitude plane sur son avenir : je doute qu’il renie ce qu’il a dit à Riyad car les enjeux sont trop importants et surtout la détermination du prince héritier saoudien est absolue. Il ne peut plus se taire sur le rôle néfaste joué par la même puissance étrangère déstabilisatrice de la région, toujours la même, et faire comme si de rien n’était. C’est impossible. Ce qui signifie qu’il va assurer son propre intérim et expédier les affaires courantes. Mais ce qui va être intéressant à observer, c’est l’attitude de ceux qu’il a dénoncés.

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