14/11/2017

La Russie de Vladimir Poutine, à la manoeuvre de toutes les déstabilisations du monde libre?

La Russie de Vladimir Poutine, à la manoeuvre de toutes les déstabilisations du monde libre?

Cela commence à faire beaucoup. On voit la Russie ou ses bataillons de redoutables hackers un peu partout, derrière toutes les déstabilisations qui défraient la chronique. Je ne sais pas si cela est fondé mais la fréquence et la multitude des attaques ne peuvent pas reposer sur rien. Et surtout, la mollesse des réactions du Kremlin nous laisse dubitatifs. Reprenons les choses depuis leur genèse. Le premier point de départ, celui qui se situe à l’origine des origines, c’est le déclin (qui rime avec kremlin) de l’empire soviétique qui a donné naissance à une Russie rabougrie, défaite, réduite à une entité devenue l’ombre d’elle-même, et ce, sur tous les plans, pas seulement militaire, idéologique et industrielle, mais aussi aux plans économiques et commerciaux. Sans oublier un aspect qui se révèle catastrophique , la plan démographique.


La Russie de Vladimir Poutine, à la manoeuvre de toutes les déstabilisations du monde libre?

 

Face à cette Russie menacée par un déclin rapide et inexorable, se profile une Amérique affichant une santé insolente, au sommet de sa puissance économique et militaire, même si la cécité volontaire d’un ancien président démocrate mais incompétent l’a empêchée d’occuper des bastions (notamment au Proche et au Moyen Orient) qui lui auraient évité aujourd’hui bien des problèmes, notamment avec l’expansionnisme iranien qu’on va avoir bien du mal à combattre.

La Russie a dû réagir avec les moyens du bord. Confrontée à des sanctions économiques européennes, imposées après son annexion illégitime de la Crimée dont le statut, reconnaissons le, n’a jamais été très clair, elle a choisi de porter le débat sur un terrain plus mouvant, plus clandestin, celui des ingérences informatiques que l’Occident vient tout juste de démasquer, ayant dû reconnaître, si tardivement, l’étendue du désastre. Il est aujourd’hui de notoriété publique que les Russes ont joué un rôle, plus que dommageable, dans les élections présidentielles américaines, sans que l’on sache vraiment si le Kremlin est vraiment à la manœuvre. Mais pour la Première Ministre britannique cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Lors d’un dîner officiel où elle est apparue dans une splendide robe du soir, Térésa May a incendié la Russie qu’elle a accusée nommément de tous les maux qui divisent aujourd’hui tant de parties du monde.

Il est évident que le Kremlin, de par sa nature même, n’est nullement étranger à ces désordres qui commencent à inquiéter la terre entière puisque quelques uns lui imputent même un certain rôle dans les visées indépendantistes catalanes. On sait qu’en agissant ainsi, la Russie affaiblit l’Europe dans son ensemble, cette même entité européenne qui lui impose de graves sanctions dont les effets commencent à peser sur sa santé financière… Or, de tels agissements sur une telle échelle et avec une telle ampleur ne sauraient échapper à la vigilance d’un régime, celui de Monsieur Poutine, qui ne les toléreraient pas, surtout s’ils constituent un début de menace pour ses propres intérêts. Donc, elle les sert.

Lorsque l’on évoque les ingérences russes, bel euphémisme, dans l’élection présidentielle US, cela n’implique nullement l’accord même tacite de l’équipe de Donald Trump, même si certains journaux et des milieux politiques font tout pour l’y impliquer et pouvoir ensuite contester les conditions de son élection. Nous pensons tout le contraire : un homme d’affaires aussi madré que le président Trump, un milliardaire rassis qui a survécu à tant de tempêtes boursières et autres, ne se serait pas laissé entraîner dans des sentiers aussi dangereux. La Russie a simplement voulu couper l’herbe sous les pieds de Hillary Clinton dont elle n’espérait rien de bon.

En somme, la Russie de Monsieur Poutine a tout misé sur les efforts de déstabilisation, n’ayant pas d’autres armes à actionner pour se défendre du déclin, de la décadence et de la mise au rencart dont elle se dit victime.

C’est pourquoi une nouvelle approche s’impose avec ce pays qu’il convient de toujours surveiller comme le lait sur le feu mais qu’on doit réintégrer dans le concert des nations civilisées. Il est dangereux de laisser la Russie frayer avec des pays aussi improbables que l’Iran et la Turquie, sans même parler de la Syrie où, suite à l’incompétence grossière de Barack Obama, la Russie s’est installée pour longtemps. A cause de cette impéritie américaine, voilà l’Iran des Mollahs tout près du Golan israélien, voilà l’Iran des Mollahs niché au cœur d’une région stratégique du monde : le Proche Orient… 

Que veulent les Russes ou plutôt que veut leur gouvernement ? Ils veulent préserver quelques zones d’influence, symbole de leur grandeur passée, aujourd’hui où leurs sous marins lanceurs d’engins rouillent tristement dans les eaux de la Mer noire… Leur flotte de guerre ne pourra jamais concurrencer celle des USA, mais voilà leur capacité de nuisance n’est pas négligeable.

Prenons le cas du proche Orient, Benjamin Netanyahou est devenu un abonné de la ligne Tel Aviv Moscou et les états-majors des deux pays se connaissent bien. Ce qui explique qu’Israël intervienne dans le ciel syrien chaque fois qu’il le juge nécessaire. Alors que faire ? Ou plutôt que faut il éviter absolument de faire ?

Nous avons fait une erreur en tentant d’encercler la Russie. J’étais en Lettonie, à Riga, il y a trois semaines ; ce pays, et c’est son droit, a opté pour l’Europe et pour l’Otan. La Russie n’a pas apprécié. L’Ukraine, de son côté, a voulu en faire de même, mais on voit ce que cela lui a coûté et continue de lui coûter. Il faut donc trouver une solution afin que la Russie, partenaire incontournable dans les négociations internationales, joue un rôle positif.

Si nous ne le faisons pas, cela ira de mal en pis. Je sais bien que les Etats sont des monstres froids, que les intérêts les guident avant tout autre chose, mais il faut changer d’attitude à l’égard de la Russie.

La préservation de la paix mondiale est à ce prix. Songez simplement à la déflagration qui pourrait menacer le Proche Orient si la Russie laissait le Hezbollah manœuvrer à sa guise en Syrie. Cela déclencherait inéluctablement une guerre préventive de la part d’Israël.

A bon entendeur, salut.

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Commentaires

Poutine se trouve affublé du même costume que Trump : celui d'épouvantail de la pensée politiquement correcte. Celle qui soutenait Hillary Clinton, celle qui soutient l'antisionisme par pur et simple antisémitisme, celle qui prône le pas d'amalgame consensuel et qui défend l'islam terroriste au nom du droit de l'hommisme.
Poutine et Trump ont en commun le souci de la défense des intérêts supérieurs de leur nation. En ce qui me concerne, je ne vois qu'un saine vision de la chose politique en la matière. Les deux compères connaissent leur ennemi : l'islam. Si les gouvernants européens avaient une vision équivalente des intérêts supérieurs de leurs pays et de l'Europe, nous n'en serions pas là. C'est-à-dire en voie d'islamisation et de régression civilisationnelle. L'Europe ne supporte tout simplement pas que Trump la renvoie à ses responsabilités dans la crise qu'elle traverse. Quant à Poutne, l'Europe lui reproche tout bêtement d'avoir le courage de défendre les intérêts supérieurs de son pays. Ce qu'elle est incapable de faire.
Les moyens tactiques que nos deux compères utilisent font peur. Mais la politique, la géopolitique est un domaine effrayant, à juste titre. Son risque est le triomphe des totalitarisme. Les USA sont encore une démocratie et c'est pourquoi Trump a pu être élu. La Russie est un empire qui n'a jamais connu la démocratie, mais qui a une forte conscience de son identité. C'est pourquoi Poutine est toujours au pouvoir.
Après, le jeu des alliances, parfois contre nature, n'est qu'affaires conjoncturelles et tactiques.
Peut-être les commentateurs ont-ils, là aussi en géopolitique, trop souvent tendance à confondre les objectifs et les moyens.

Écrit par : Alain | 14/11/2017

Il y a plusieurs contradictions surprenantes dans cette analyse. En particulier celle-ci: il faudrait continuer à se méfier de la Russie tout en la ramenant amicalement dans le concert des nations « civilisées » – donc occidentales, la Russie n’étant au passage pas considérée comme civilisée.

Annexion illégitime de la Crimée (dont cependant vous reconnaissez que son statut n’a jamais été clair)? Non: référendum au moment de la vacance du pouvoir en Ukraine, et volonté des habitants de se rapprocher de la Russie. On aurait pu souhaiter des observateurs internationaux, ou l’accord du pouvoir de Kiev. Mais justement il n’y avait plus de pouvoir à Kiev lors du coup d’État du Maidan.

Le rôle supposé ou réel de la Russie dans les élections américaines n’est pas encore prouvé, le conditionnel et la prudence devraient être de rigueur. De plus Trump a mené une campagne efficace, qu’on l’aime ou non. Sa stratégie de provocation était sans doute nécessaire pour dévisser les Démocrates qui avaient tendance à s’approprier le pouvoir moral – et sa manne politique. Hillary Clinton a de plus largement contribué par elle-même à sa propre chute.

Attribuer à Moscou tous les points de déstabilisation du monde est téméraire, sans preuves (qui seront certes difficiles à obtenir, quelle que soit la réalité). Et c’est oublier que les nations dites civilisées ont largement déstabilisé le Moyen-Orient depuis des décennies.

Les sanctions ont été une erreur, maintenant on regrette d’avoir isolé la Russie. No comprendo.

Écrit par : hommelibre | 14/11/2017

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