01/11/2017

Vers la fin du conflit israélo-palestinien?

Vers la fin du conflit israélo-palestinien?

C’est peut-être ce que nous sommes entrain de vivre. Cela me fait penser au titre du livre de mon ami Jean-Pierre Jouyet, Ils ont fait la révolution sans le savoir… Il est actuellement ambassadeur de France à Londres.

Que se passe-t-il en fait, entre les deux frères ennemis d’hier, le Fatah et le Hamas ? Comment se fait-il que la direction politico-militaire du Hamas a fini par se sentir contrainte de rendre les clés de la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne, seule autorité reconnue par la loi israélienne et internationale ?

Il semble, à moins que tout ne trompe, que Mahmoud Abbas a reçu de fermes assurances de la part des USA mais aussi d’Israël, qu’un nouveau chapitre allait bientôt s’écrire dans leurs relations bilatérales. Il ne faut jamais mettre de côté la sensibilité, pour ne pas l’extrême susceptibilité des Arabes : sur les devants de la scène, ils expriment ce que la vox populi veut bien entendre, mais en coulisses ils sont moins regardants et veillent sur ce qui est leur intérêt compris.

Une rapide rétrospective : depuis quelques semaines, tout au plus quelques mois, Abbas a décidé de serrer la vis au Hamas de la bande de Gaza : restrictions des produits médicamenteux, de l’électricité, du paiement des fonctionnaires sur place, etc…. Bref, un étranglement à petit feu qui aura provoqué le déchaînement de l’opinion publique internationale si Israël en avait été l’auteur. Mais comme c’est un dirigeant arabe qui fait souffrir une population arabe, personne n’a rien dit…

La question qui se pose, avant tout, est la suivante : mais pourquoi donc Abbas a-t-il attendu plus d’une décennie pour user de tels moyens envers le Hamas qui s’est emparé du pouvoir à Gaza, les armes à la main, tuant sans pitié tout adhérent du Fatah, désormais renversé ? Il semble que l’Egypte, soutenue par les USA, ont pris des engagements auprès d’Abbas, notamment sur le plan économique. Car le chef de l’Autorité a enfin compris que même si un état palestinien voyait le jour, la question économique, i.e. la survie de cette enclave palestinienne se poserait.

C’est donc fort de ces assurances qu’Abbas a fait monter la pression sur le Hamas. Tous les observateurs ont noté que cette fois ci, le Hamas avait le dos au mur. On se souvient de toutes les tentatives de réconciliations en Arabie, au Qatar ou ailleurs. Aucune n’a abouti, toutes ont avorté, faute de la tenue des engagements par le Hamas.

Mais là, deux éléments apportent la preuve que l’on entre dans une nouvelle ère, même si de nouvelles velléités d’attaque par une faction palestinienne extrémiste ne sont hélas pas à exclure.

Je pense tout d’abord à la remise des points de passages avec l’Egypte et Israël, restitués ces jours ci à la police palestinienne de Ramallah. Pour les dirigeants du Hamas qui récoltaient des millions de dollars en taxes douanières grâce à ces points de passage, c’est une perte considérable. Je rappelle que Khaled Meschal, lui aussi grand dirigeant du Hamas, passe pour avoir accumulé une grande fortune au cours de ses différents mandats. Il est certain que Ismaïl Haniye et ses camarades n’ont pas renoncé à cette manne sans avoir reçu des assurances claires dans ce domaine. C’est bien connu : dans ces régimes, on défend d’autant plus les intérêts du peuple s’ils coïncident avec les siens propres…

Le second élément prouvant, sans conteste, qu’on change d’époque, est que Tsahal a fait sauter un tunnel offensif aboutissant en territoire israélien, causant la mort d’une demi douzaine de terroristes ; cela n’a pas été suivi par une dénonciation des accords entre les factions palestiniennes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura de représailles, ultérieurement. Dans ce contexte, on a senti une certaine gêne dans le communiqué de Tsahal qui disait n’avoir pas cherché à tuer intentionnellement ces terroristes. Donc, cette retenue du Hamas marque son déclin et le constat de son échec.

Cette milice palestinienne armée, soutenue par l’Iran, a échoué pour une raison simple : l’absence de tout agenda politique. Même Arafat avait fini par comprendre qu’il ne pouvait lancer la lutte armée que pour aboutir ensuite à la table des négociations. Le Hamas en était conscient mais ne pouvait pas changer de cap puisqu’il faisait encore croire qu’il voulait fonder un Etat sur les ruines d’Israël et faire de Jérusalem sa capitale. Il ne faut pas se payer de mots car il arrive aussi que les mots se jouent de vous. C’est ce qui est arrivé au Hamas qui n’a pas su évoluer avec la situation politique.

En effet, la cause palestinienne est devenue un codicille, une sorte de note infra-paginale dans l’agenda des pays arabes qui ont subi les affres des guerres civiles, sans que l’Etat juif y soit pour quelque chose : le Liban qui se remet à peine, la Libye, la Syrie, l’Irak, tous trois à moitié en ruines, la Tunisie tentant de gérer ses islamistes, l’Egypte en proie à de violentes attaques terroristes dans le Sinaï et même au Caire ! Comment voulez vous que tous ces pays s’occupent de la cause palestinienne ?

Je pense qu’Abbas qui dispose d’une certaine expérience de la politique et des relations internationales a fini par comprendre : l’amélioration de la situation de son peuple ne peut venir que des USA, d’Israël et de… Dieu ! Autant dire de soi-même ! Et c’est là que nous arrivons au point nodal : les parties ont compris que le développement économique était la clef de voûte de tout le problème. Le sage représentant de Donal Trump, Jason Greenblatt s’agite dans l’ombre et prépare des plans de développement économique, des joint venture. C’est un bon début : quand les hommes bâtissent quelque chose, ils ont quelque chose à perdre. Et ils tiennent à préserver leurs acquis et ceux de leurs enfants.

Certes, tout n’est pas déjà gagné pour autant. Mais je maintiens qu’on est sur la bonne voie. Abbas a demandé qu’on lui remettre les armes, pour le moment le Hamas refuse catégoriquement et se permets même des rodomontades, du style on peut détruire Tel Avi, feignant d’ignorer que la moindre velléité conduirait Tsahal à en finir avec la direction politico-militaire du Hamas et récupérerait toute la bande de Gaza au profit d’Abbas.

La direction actuelle du Hamas a dû obtenir de sérieuses garanties sur son propre sort. C’est que des familles dont les membres ont été assassinés par ce même Hamas se sont constituées parties civiles et demandent des comptes. Il a fallu leur promettre une amnistie.

La situation a changé, mais le Hamas n’a pas changé. Il a dû se soumettre aux événements. Sauf en cas de scission du mouvement, je ne vois pas que le Hamas puisse un jour reprendre le contrôle de la bande côtière.

Israël a fini par l’emporter car il a su agir, avancer, construire, développer et prospérer. Alors qu’il est entouré d’ennemis, vivant tous sous l’état d’urgence (en arabe : hal al tawarek) depuis des décennies, il est resté sioniste et démocratique. Et est devenu la Start up nation.

Un jour, peut-être, les ennemis d’hier se rapprocheront de lui pour profiter de ses leçons et de ses bienfaits.

 

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