15/09/2017

 Paris et les Jeux Olympiques de 2024 

Sans chercher à jouer aux Cassandre (tout en sachant que ceux qui ne les écoutèrent pas ont mal fini), il faut bien reconnaître que cette acquisition des JO par la capitale française et le faux suspens qui l’a accompagnée laissent transparaître un esprit authentiquement français. C’est-à-dire un sentiment de supériorité incroyable, une assurance de soi tout aussi incommensurable, ce sentiment si français de se croire irremplaçable. Comment les choses se sont elles passées ?

Quelques capitales européennes qui s’étaient plus ou moins mises sur les rangs ont eu la sagesse de renoncer et de se retirer. Il ne restait plus que Paris et Los Angeles, cette cité américaine eut l’intelligence de reconnaître qu’elle ne serait jamais prête dans les sept ans à venir. Le CIO eut la sagesse de répartir les rôles : Paris en 2024 et Los Angeles quatre ans plus tard. On dit : A vaincre sans péril on triomphe sans gloire… Je revois cette larme ostensiblement essuyée par Anne Hidalgo, alors qu’elle savait pertinemment bien et depuis belle lurette que l’affaire était conclue et qu’il suffisait d’attendre les premières semaines de septembre pour l’oracle, envoyé depuis Lima au Pérou, aborde nos rivages…


Toujours cet effort porté sur la communication, sur le paraître. Et Macron ne fait rien à Saint Martin en bras de chemise, touchant les gens, etc… Ensuite, nous eûmes droit, dans l’indifférence générale, à des tas d’émissions magnifiant l’événement alors que, je le répète, tout était réglé depuis longtemps.

Est-ce que les JO sont une bonne affaire pour Paris et pour ka France ? Franchement, j’en doute. Tout d’abord pour l’enveloppe financière : tous les JO, les plus anciens comme les plus récents ont outrageusement dépassé le budget prescrit. Et je ne parle même pas des menteurs et voleurs, l’ancien gouvernement d’Athènes, qui a falsifié les comptes et délibérément menti au monde entier… avec les répercussions que l’on sait. Un vieil adage talmudique nous enseigne que les mensonge a de courtes jambes. Comprenez : il ne va pas très loin…

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, l’économie générale de ce pays commence à aller un peu mieux mais l’état de ses finances est encore le même. Les JO sont présentés comme générant des bénéfices mirifiques, des retombées économiques exceptionnelles, une lutte contre le chômage, un afflux inégalé de touristes, une publicité incroyable pour la France et sa capitale… Et la liste est longue. Or, cela aussi est loin d’être vérifié : les JO promettent toujours plus qu’ils ne tiennent…

Jetons à présent un coup d’œil sur cette mentalité si typiquement française qui consiste à se croire à part, comme dans l’expression si gauloise : l’exception française !! Le peuple français est un vieux peuple. Depuis la fin de guerre et depuis la vague de la décolonisation, tous les gouvernements, je dis bien tous, n’ont pas réussi à rallumer cette batterie qui, selon qu’elle est chargée ou déchargée, sépare les peuples jeunes et dynamiques, des peuples vieux et atones. Cette situation connaît des occurrences même au-delà de nos frontières. Prenons l’exemple des USA du temps du président Kennedy.

Le jeune président et ses conseillers décelèrent dans le comportement général du peuple US des éléments attestant une crainte de l’avenir, une démobilisation des principaux acteurs et de leur activité… Ils en vinrent à penser que depuis la fin du mouvement vers l’ouest (Westward movement) le peuple US n’avait plus de dessein national, ni de légende nationale donnant espoir en l’avenir, mobilisant les énergies, etc… Ainsi naquit l’idée d’une conquête de l’espace. Il fallait une nouvelle frontière au peuple américain.

Au début, ce fut la conquête de l’ouest, ensuite la nouvelle frontière fut l’espace. Désormais, le peuple US avait un projet et il était animé d’une vision. L’idée d’une nation conquérante bénie par Dieu et ne connaissant plus aucune limite a fini par s’imposer. Les gouvernants français sont animés par cette même idée. Depuis des décennies, depuis le départ de Fr Mitterrand, la crise sévit

A chaque élection présidentielle, les candidats ont voulu redonner confiance à la France, lui dire qu’elle avait tous les atouts pour réussir, qu’elle devait, qu’elle pouvait…. Et on connaît les résultats… les forces de l’inertie l’ont jusqu’à présent emporté sur tout le reste. Sans doute l’épuisement de l ‘idée nationale et le déclin, lent mais inexorable du pays. 

A présent, un éclairage politique : deux personnalités actuelles mais dont on ignore où elles seront en 2024 se voient prêtées des arrière-pensées dans l’effectuation des JO en France. Il s’agit de Emmanuel Macron et de Anne Hidalgo. Tous deux espèrent tirer profit de cette manifestation, pour 2024, année de la prochaine élection présidentielle française. Franchement, il m’étonnerait que Anne Hidalgo, simple ancienne inspectrice du travail puisse faire le poids face à E. Macron qui est un petit génie de la finance. Mais qui sait où nous serons en 2024…

15:48 Publié dans France, Information, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

La France aura de lourdes dettes avec ses J.O. car il faut se souvenir que, lors des J.O. de Albertville en 1992, la dette des J.O. de Grenoble en 1968 n'était par payée !!

Écrit par : Gedeon Teusmany | 15/09/2017

Cher Professeur,
Etes-vous sûr que ces jeux olépiques valent le moindre billet de votre part ?

Écrit par : Alain | 16/09/2017

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