17/08/2017

De Barack Obama à Donald Trump; esquisse d’un contraste

Essayons de résumer tout le débat en une seule phrase que nous espérons bien pertinente : le statut de grande puissance, et les USA en sont une, peut-être même la plus grande qui soit, est-il compatible avec une position de repli ? C’est la question à laquelle Obama a très mal répondu et qui explique que ses deux mandats aient été de grands échecs au plan de la politique internationale de son pays. Mal secondé par sa secrétaire d’Etat qui a fait le score que l’on sait à l’élection présidentielle, Obama a cru devoir privilégier le soft power dans un monde qui requérait, tout au contraire, un surcroît d’exhibition de la force armée.

Le résultat est bien là : le président afro-américain que les naïfs ont, sans discernement aucun, porté aux nues, a légué à son successeur une Amérique faible et désormais peu fiable. Il est donc normal et prévisible que son successeur républicain s’écarte de la voie tracée par son prédécesseur qu’il traite d’incompétent en privé. Mais commençons par le commencement.


Les états arabes du Proche Orient, réputés pour leur modération et qui ont toujours fait confiance aux USA, ont douloureusement vécu la manière dont l’ancien locataire de la Maison Blanche a lâché le président Husni Moubarrak car la vue à la télévision de manifestations massives lui fit craindre un scénario à l’iranienne sur les bords du Nil. Mais voilà, quand on est président des USA on contrôle mieux son émotivité, ce qui fut heureusement le cas d’un petit général égyptien qui a laissé les islamistes faire un petit tour de piste avant de reprendre solidement les rênes du pouvoir.

Les monarchies pétrolières du Golfe avec à leur tête l’Arabie saoudite ont médité l’exemple de Moubarak -lequel, soulignons le, a été blanchi de toutes les accusations portées contre lui - ; ils se sont dit qu’Obama n’était pas fiable et qu’en cas de difficultés on ne pouvait pas raisonnablement compter sur lui. On connaît la suite : Trump en deux petites journées a soutiré aux Saoudiens des contrats d’armement et autres pour des centaines de milliards…

Obama ne pourrait pas même en rêver, lui qui a réussi ce tour de force peu commun : être la bête noire des Israéliens et de leur gouvernement alors que les liens entre ces deux pays sont en acier trempé. Le second péché véniel d’Obama porte le nom de traité sur le nucléaire iranien. Et cette fois-ci, ce ne sont pas que les Israéliens qui tirent la sonnette d’alarme, ce sont tous les états arabes de la région, Egypte en tête.

Soyons juste, Obama  a raisonné sur des données objectives et fiables ; malheureusement, il n’a pas compris que l’ADN du régime islamiste fait que les Mollahs ne peuvent pas se contenter de rester chez eux, ils veulent exporter leur révolution et c’est pour cela qu’ils sont actifs en Syrie et en Irak où ils actionnent la solidarité des chiites contre les sunnites. Obama ne veut pas comprendre que les lois de la saine raison n’ont pas vraiment de validité au Proche Orient.

Pourtant, Aristote (qu’il n’a sûrement jamais lu ni approché) nous enseigne que si l’on ne peut pas changer le monde, on doit alors changer notre opinion sur le monde… Croyez-vous que les péchés d’Obama s’arrêtent là ? Pas du tout, l’homme était plein de ressources.

Souvenez-vous de la mise en garde adressée à Bachar : si vous franchissez la ligne rouge, l’emploi d’armes chimiques, cela ne restera pas sans conséquences. Alors que l’armée française avait les cibles désignées à frapper en Syrie dès le samedi suivant, Obama arrête tout, plongeant dans la confusion la plus totale ses alliés. Les Arabes qui ont une sainte horreur du régime des Mollahs ont alors perdu toutes leurs illusions… Est ce vraiment étonnant qu’ils aient reçu Trump avec tous les égards ?

Les Arabes sont des fils du désert, ils ont leur propre fierté et leur sens de l’honneur : ils ont favorablement  jugé Trump. Et leur verdict est positif. Après huit années d’Obama, les gens ont pris de mauvaises habitudes car Trump a tiré son pays d’une profonde léthargie dans laquelle Obama l’avait plongé.

Les USA ne sont plus sous anesthésie : par quelques déclarations assez provocantes, je le reconnais, il a remis toutes les pendules à l’heure. Lui n’a pas hésité à défier la Russie et a bombarder au tomahawk des sites militaires en Syrie. Il a multiplié par quatre ou cinq le nombre de conseilleurs militaires en Irak et ils ont hâté la chute de Mossoul.

Avons-nous besoin d’allonger la liste à l’infini ? Non point car les intelligents comprendront. Obama a gravement porté atteinte à la crédibilité de son pays. DE son temps, plus personne ne comptait sur les USA. Pas même Israël : c’est dire. Aujourd’hui, lentement mais sûrement Trump remonte la pente.

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Commentaires

On ne peut vous en vouloir d'afficher ouvertement vos sympathies, mais votre analyse reste très complaisante et partielle.
Les rapports de forces sont toujours mouvants et fragiles et si nous observons l'histoire au long cours du siècle passé, nous pouvons mesurer les dégâts qu'ont occasionné les politiques interventionnistes des USA dans le monde.
Aujourd'hui un va-t-en-guerre est un fou qui s'ignore tant les moyens disponibles sont démesurés.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/08/2017

C'est curieux tout de même de reprocher à B. Obama d'avoir usé de "soft power" plutôt que d'avoir exhibé sa force armée comme la situation internationale l'exigerait, toujours selon vous.

Ce qui me paraît paradoxal, lorsqu'on parle les Etats-Unis, c'est soit qu'ils en font trop et sont traités d'impérialistes, soit il n'en font pas assez et se déconsidèrent au yeux du monde.

Cela dit, il est plus que douteux que D. Trump soit la solution des Etats-Unis. Cet homme n'a aucune cohérence, n'agit pas mais réagit à tout ce qui bouge autour de lui.

Le peuple américain n'a pas fini de se mordre les doigts. Trump et ses conseillers, c'est la Commedia dell'Arte...sans l'Arte !

Écrit par : Michel Sommer | 17/08/2017

http://www.newsmax.com/US/obama-charlottesville-tweet-popular/2017/08/15/id/807758/

Ce n'est que le début d'une longue série de regrets qui va s'égrainer tout autour de la planète.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/08/2017

Trump vanté pour son pacifisme avant les élections, devient pour ses supporter, vanté pour sa violence.
Trump ne contrôle pas grand chose, et son caractère que vous vantez est celui d'une maladie qui est le trouble de la personnalité narcissique. Maladie dangereuse pour un Etat dirigé par un chef d'Etat atteint de cette maladie.

C'est la maladie qui le contrôle, pas ses réflexions. Les réponses rageuses de ses tweets, en est que la partie émergée de l'iceberg.

Écrit par : motus | 17/08/2017

C'est vrai que les interventions militaires étasuniennes en Afghanistan puis en Irak ont été couronnées du succès que l’on connait et elles n'ont donc absolument pas contribué à la situation tragique actuelle.

D’ailleurs, même Trump semblait convaincu, lors de sa campagne en tout cas…, que moins les Etats-Unis interviennent militairement mieux c'est pour tout le monde (sauf peut-être, et encore ça se discute, pour Israël je vous le concède).

Maintenant libre à vous de croire que par sa manière d'être et de faire, D. Trump est en train de redonner une nouvelle crédibilité aux Etats-Unis, vous me permettrez toutefois d'en douter….

Écrit par : Vincent | 17/08/2017

Wep! Les anti-Trump?

Vous jugez Trump d'après la désinformation des médias gauchistes et des gauchistes "démocrates" qui n'ont pas encore avalés leur défaite!

Fou? Cela n'engage que vous! Changez vos sources Pierre Jenni! ! Désolée! Mais pas d'accord avec vos commentaires assez étonnants.....mais bon.... on ne peut l'être sur tout :)

Mes liens seront mis ce soir du Mac, ce que je ne peux de l'iPad.....

Écrit par : Patoucha | 17/08/2017

Patoucha, je vais vous sembler violent mais je pense que Trump est un envoyé de Dieu pour accélérer la chute et nous faire gagner du temps.
C'est la version optimiste. L'autre, plus pragmatique, consiste à endurer cette chute vers les abimes jusqu'au point où il ne sera plus possible pour quiconque d'envisager enfin une autre option.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/08/2017

Je ne sais pas si Trump est un envoyé de Dieu (à vrai dire, j'en doute fort) mais en tout cas il est bien le reflet de sa sagesse, qui consiste à conduite l'humanité à sa perte.

Écrit par : Mario Jelmini | 17/08/2017

Je ne sais pas si Trump est un envoyé de Dieu (à vrai dire, j'en doute fort) mais en tout cas il est bien le reflet de sa sagesse, qui consiste à conduire l'humanité à sa perte.

Écrit par : Mario Jelmini | 17/08/2017

Mes excuses pour mon commentaire précédent, qui est passé à double.

D'ailleurs, depuis lors, j'ai révisé mon jugement. Je pense maintenant, en effet, que Donald Trump est le Messie annoncé par l'Ancien Testament. Dieu n'a-t-il pas prévenu (Psaumes 2:9) qu’il enverrait un Messie pour “broyer les nations avec une masse de fer” et les “réduire en pièces comme un vase de potier”? Et que ce même Messie serait chargé de défoncer les têtes [autre traduction possible: d’écraser des chefs de par la terre entière], d’accumuler les cadavres en de vastes pays (cf. Psaumes 110:6)?

Quelques autres passages de l'Ancien Testament qui attestent des intentions destructrices du Dieu tout-puissant:

• “J’exterminerai de la surface de la terre l’homme que j’ai créé”
(Genèse 6:7);

• “L’Éternel va dépeupler la terre et la rendre déserte: il en bouleversera la face et en dispersera les habitants. Un même sort atteindra aussi bien le prêtre que le peuple, le maître que le serviteur, la maîtresse que la servante, le vendeur que l’acheteur, le prêteur que l’emprunteur, le créancier que le débiteur. La terre sera entièrement dépeuplée et livrée au pillage; car l’Éternel a prononcé cet arrêt”
(Ésaïe 24:1-3);

• “Je les briserai l’un contre l’autre, pères et fils tous ensemble, dit l’Éternel; je n’aurai ni compassion, ni pitié, ni miséricorde; rien ne m’empêchera de les détruire”
(Jérémie 13:14);

• “Je ferai périr par l’épée tous les habitants de la terre, dit l’Éternel des armées”
(Jérémie 25:29);

• “Il [l’Éternel] fera périr hommes vaillants et guerriers, juges et prophètes, devins et anciens, chefs militaires et notables honorés, conseillers, artisans habiles et magiciens experts. (...) Le peuple se ruera homme contre homme, voisin contre voisin; le jeune homme attaquera le vieillard”
(Ésaïe 3:2-5);

• “Il [l’Éternel] les voue [toutes les nations] à l’extermination, il les livre au carnage. Leurs blessés à mort seront laissés étendus sur le sol; leurs cadavres exhaleront l’infection; les montagnes ruisselleront de leur sang”
(Ésaïe 34:2-3);

• “L’épée de l’Éternel est pleine de sang”
(Ésaïe 34:6);

• “Malheur à ceux qui désirent voir le jour de l’Éternel! (...) Ce sera un jour de ténèbres et non de lumière, d’obscurité et non de clarté”
(Amos 5:18 et 5:20);

• “Qui pourra supporter le jour de sa venue? Qui subsistera quand il [le messager de l’Éternel] paraîtra? Car il sera comme le feu du fondeur”
(Malachie 3:2; par "messager", il faut sans doute comprendre Donald Trump);

• “un jour de colère, un jour de détresse et d’angoisse, un jour de ruine et de dévastation”,
(Sophonie 1:15) ;

• “Je ferai périr entièrement tout ce qui existe sur la surface de la terre, dit l’Éternel. Je ferai périr les hommes et les animaux, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer (...) et j’exterminerai les hommes de la surface de la terre, dit l’Éternel”
(Sophonie 1:2-3; voilà qui démontre à l’envi que Dieu n’a jamais abandonné le projet qu’il avait en tête à la veille du déluge, révélé en Genèse 6:7);

• “Je jetterai les hommes dans le désespoir (...). Leur sang sera répandu comme de la poussière et leur chair comme de l’ordure”
(Sophonie 1:17);

• “Toute la terre sera dévorée par le feu de sa jalousie car il [l’Éternel] détruira - et ce sera terrifiant - tous les habitants de la terre”
(Sophonie 1:18);

• “Car j’ai résolu de rassembler les nations et de réunir les royaumes pour répandre sur eux mon courroux, toute l’ardeur de ma colère; et toute la terre sera dévorée par le feu de ma fureur” (Sophonie 3:8; c’est l’Éternel qui parle);

• “Le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang avant que vienne le jour de l'Éternel, ce jour grand et terrible” (Joël 2:31 ou 3:4, selon la numérotation adoptée);

• “Il viendra comme un fleuve en furie” (Ésaïe 59:19);

• “Ce sera un temps de détresse tel qu’on n’en aura jamais vu de pareil depuis qu’il existe des nations jusqu’à ces jours-là” (Daniel 12:1);

Et le Nouveau Testament, que déclare-t-il à ce sujet?

• “Ce seront des jours d’une détresse telle qu’il n’y en a jamais eu de pareille depuis le commencement, quand Dieu créa le monde”
(Marc 13:19; dans le même sens: Matthieu 24:21 et Luc 21:23; cette prévision émane d'un éminent prophète nommé Jésus);

• “Le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister?” (Apocalypse 6:17; cf. I Samuel 6:20 : “Qui pourrait subsister devant l'Éternel?”);

• “Il est vêtu d’un manteau teint de sang, et il s’appelle: la parole de Dieu. (...) De sa bouche sort une épée tranchante dont il va frapper les nations"
(Apocalypse 19:13).

Sombres perspectives...

À ce stade, un conseil: lire «Le mythe de Sisyphe», d'Albert Camus, un essai consacré à la problématique du suicide.

Écrit par : Mario Jelmini | 17/08/2017

Là où on voit que Trump est un mauvais président, c'est qu'il a donné l'ordre à la CIA de ne plus soutenir les rebelles syriens.

Écrit par : David | 18/08/2017

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