17/08/2017

 L’Iran, la Syrie et Israël...

Le Proche Orient pourrait rappeler le slogan d’un ancien grand magasin parisien, la Samaritaine : il s’y passe toujours quelque chose. Du moins, si les choses qui s’y produisent avaient un aspect souriant et engageant. Or, ce n’est jamais le cas. Depuis le temps que j’y réfléchis en tant que philosophe, je n’ai toujours pas compris pour quelles raisons précises, cet endroit où le monothéisme a vu le jour et où les grandes religions ont fait leurs tout premiers pas, est périodiquement secoué de violentes secousses telluriques.

Au terme de toute cette longue spéculation, une seule donnée semble s’être imposé en fin de compte : les racines religieuses de cette guerre où la raison n’a plus sa place pas plus que certains Etats en cette compagnie, pour reprendre une expression propre aux turfistes.


 

Qu’apprenons nous au cœur de l’été alors que le monde entier est en vacances ? Que l’Iran n’a toujours pas rompu avec ses vieux démons. Alors que les USA desserrent lentement l’étau des sanctions et que le pays s’apprête à s’équiper en moyens de transport aérien, terrestre et maritime, son gouvernement de mollahs vote un nouveau crédit pour développer des missiles, pire, entreprend même d’en construire tout près de la frontière israélienne. Ce qui ne va pas sans inquiéter Israël qui ne tardera pas à réagir, comme à son habitude.

Mais pourquoi donc l’Iran qui a subi un retard de plusieurs décennies dans son développement, suite aux sanctions, ne se concentre-t-il pas sur ses propres problèmes et sur son développement ? Pourquoi cherche t il la confrontation avec d’autres puissances plus fortes que lui, en l’occurrence les USA ? C’est sûrement la nature, l’ADN de ce régime qui ne peut pas exister sans s’étendre au détriment de ses voisins immédiats, lesquels ont déjà isolé le petit Qatar, accusé d’être trop proche de Téhéran…

Une forte concentration de pays arabes modérés dont l’Egypte, ont décidé d’établir un blocus, une sorte d’asphyxie autour du richissime émirat, rendant difficile même son approvisionnement en denrées alimentaires… Et on retrouve ici encore l’Iran, et dans une moindre mesure, la Turquie, deux pays qui se cherchent et virevoltent au vent, comme des feuilles d’automne, tombées des arbres. Il est évident que le solidarité chiite a joué, même si le Qatar n’en fait pas partie, mais les ennemis de nos ennemis sont nos amis. L’adage est bien connu. Mais le jeu, de moins en moins subtil, joué par les Iraniens avec l’Arabie saoudite devient bien plus risqué lorsque, à l’autre bout de la chaîne il y a l’état d’Israël avec sa force militaire et son pacte avec les USA.

Voici une coalition contre laquelle un Iran désarmé ne pourra pas grand-chose. Depuis hier ou avant hier, le chef du Mossad israélien se trouve à la Maison Blanche pour parler de questions communes aux deux pays. Il va de soi que la question de cette usine iranienne en Syrie figure en première place. Selon des sources généralement bien informées, un plan israélo-américain serait mis en œuvre si les canaux diplomatique en direction de Téhéran s’avéraient inopérants.

Un mot de l’actuel président iranien, Rouhani qui aime bien se faire passer pour un modéré et un réformateur. On dit qua la réalité du pouvoir est entre les mains du Guide suprême et de son bras armé, les Gardiens de la révolution, véritable Status im statu. Ces derniers seraient derrière ce qui se passe en Syrie et le président n’y pourrait rien. On dit aussi qu’il a les pires difficultés du monde à sortir son propre frère des griffes de ses adversaires, les Gardiens de la révolution, qui l’on incarcéré au motif qu’il se serait rendu coupable de malversations financières. Cette retenue en détention montre que les luttes intestines entre les différents cercles du pouvoir fait rage. Je ne connais pas d’autre état musulman où le frère du président en exercice est en prison pour de tels motifs.

Mais que va-t-il se passer avec cette usine de missiles ? Il est clair qu’Israël n’admettra jamais qu’un revolver chargé soit pointé sur sa tempe, droite ou gauche. Les Iraniens ont eu, par le passé, l’occasion de voir que les Israéliens ne plaisantaient pas avec leur sécurité. L’Iran est un pays où les jeunes sont en majorité. Ils sont éduqués et ne rêvent que d’une chose ; réintégrer le concert des nations civilisées. Les Gardiens de la révolution ont noyauté l’Etat et la lutte contre Israël est devenue pour eux l’alpha et l’Omega de la politique étrangère. C’est bien dommage. Car le monde change et le bourbier syrien pourrait se révéler inextricable. Du coup les sanctions referaient leur apparition. Est-ce cela l’intérêt bien compris de ce pays ?

14:23 Publié dans Israël, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Cher Professeur
Et si l'on se préoccupait plus des intérêts des pays où nous vivons, ou qui nous sont cher ?
"Si je ne suis pas pour moi, qui le sera? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je? Et si ce n'est pas maintenant, quand?"(Pirké Avot 1.14, Maxime des Pères)

Écrit par : Alain | 23/08/2017

Cher Professeur
Et si l'on se préoccupait plus des intérêts des pays où nous vivons, ou qui nous sont cher ?
"Si je ne suis pas pour moi, qui le sera? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je? Et si ce n'est pas maintenant, quand?"(Pirké Avot 1.14, Maxime des Pères)

Écrit par : Alain | 23/08/2017

"Et si l'on se préoccupait plus des intérêts des pays où nous vivons, ou qui nous sont cher ?"
Ah, parce que les magouilles américaines en vue de foutre le bordel au Moyen-Orient ne nous concerne pas ? Vous avez vu le nombre de réfugiés aux frontières ?

Écrit par : Géo | 23/08/2017

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