05/08/2017

Désert et tourisme en Israël

Désert et tourisme : bienvenue au Desert Home de Mitspéh Ramon….

 

Le hasard fait bien les choses. On voulait observer la nuit des étoiles d’un observatoire en Israël qui porte bien son nom Mitspéh Ramon. Nous nous sommes trompés pensant que les dates annoncées en France étaient les mêmes que celles d’Israël, où il y a un décalage de plus d’une semaine, les 11 et 12 aout. Pas avant. Mais le hasard ne s’arrête pas là.

 

Le superbe hôtel Béréshit étant complet, nous avons tenté une expérience nouvelle, assez périlleuse dans un pays comme Israël où les notions de confort hôtelier et le service dû aux touristes divergent gravement par rapport aux normes et aux exigences européennes.

 

Eh bien, pour une fois je me suis trompé car la maison d’hôtes que nous avons trouvée est parfaite en tout point. Il s’agit du Desert Home, en plein centre de Mitspeh Ramon, gérée avec goût et grâce par une belle quinquagénaire, qui porte bien son nom Hen et qui sait recevoir. David qui travaille avec elle se propose de prendre votre valise… Un tel service dans un lieu retiré du pays, se remarque et doit être signalé

 

Je n’ai jamais vu une maison d’hôtes aussi remarquable : tout est en bois, les savonnettes dans la salle de bain sont d’excellente qualité ; la salle de bains est spacieuse et vous avez deus peignoirs de bain ainsi que de nombreuses serviettes. Je ne vous parle pas du balcon pouvant accueillir au moins quinze personnes assises. Il y a deux postes de télévision, dans le salon / salle de séjour et dans la chambre à coucher. La courette intérieure est envahie par une végétation presque luxuriante, comparée à la température accablante. Le soir, après le dîner, nous avons pu boire un verre de vin dans cette tonnelle d’un genre bien particulier.

 

Avant de nous quitter David, de mère suisse et de père néerlandais, nous a indiqué un restaurant de bonne tenue où nous avons pu dîner ; il a aussi noté l’heure à laquelle on nous montera le petit déjeuner. J’y suis.

 

A huit heures trente exactement on sonne, une jeune demoiselle apporte un grand plateau plein de victuailles. Il y a aussi un réfrigérateur avec des œufs pour ceux qui veulent préparer une omelette ou des œufs durs. Vous préparez votre propre café et surtout vous avez une bouteille (en verre) de lait… je n’avais plus vu de bouteille en verre avec du lait depuis ma prime enfance à Agadir. Et ce n’était pas hier mais il y a un demi siècle.

 

Sur le plateau il y a une miche de pain fait maison et qui sort du four, de la halwa, des tranches de gâteaux sucrés, des salades de tomate, des céréales, du beurre, deux confitures dont une de figues, absolument délicieuse… Et j’en oublie. Dans le Desert Home il n’y a que cinq ou six chambres que la gérante a meublé avec goût et adresse.

 

Dans une interview en hébreu, elle a expliqué son attirance pour le désert ; elle ne se voyait pas entrer le matin dans un bureau et en sortir le soir. Elle aime le désert et ceci nous sert de transition dans la seconde partie de cet article.

 

Qui aurait pu prévoir qu’à une certaine étape de notre civilisation, nous aurions fuit les villes, grandes ou petites, tourné le dos à la velocitas des grandes agglomérations pour se détendre dans le désert, le midbar. Puisque ici tout part de la Bible et tout y remonte, qu’on le veuille ou non, on peut déceler la racine de TOUR et de TOURISME dans une référence biblique (Nombres 13 ;2) où Moïse mandate quelques explorateurs (meraguelim weyatourou) pour visiter la terre de Canaan. C’était de l’espionnage, un tour d’horizon à des fins militaires. Mais cela est une autre histoire, ce qui nous intéresse ici, c’est le dévolu jeté sur le désert comme lieu de détente et de vacances.

 

Parallèlement à cela, il faut relever que le terme hébraïque midbat connaît 271 occurrences dans la Bible. Et il y a au moins sept termes pour désigner des espaces désertiques. Les voici= yeshimon, tsiyya, arava, harava, shemama, midbar et talovét.. Certes, tous ces termes n’ont pas la même acception mais ils couvrent tous le même champ sémantique.

 

Il faut ajouter que ce terme midbar et ses équivalents sont constamment mis en rapport avec les pâturage et l’action de faire paître les troupeaux.

 

Mais le nom que la jeune femme, Hén, a choisi pour sa maison d’hôtes n’est pas le fruit du hasard. Quand vous arrivez dans cette rue qui vous rappelle les villes d’immigrants des années cinquante, vous avez l’impression que le temps s’est arrêté, qu’on en est encore aux années où l’économie d’Israël était au bord de la faillite. Dans le jardin évoqué plus haut, il y a un cactus d’une rare beauté. On sent que Hen a consacré à cet espace vert une attention particulière.

 

Dans ce Desert Home vous serez en contact direct avec la nature ; même les coupelles sur lesquelles sont posées les savonnettes sont en bois et le sol est pavé de pierres de qualité.

 

Il y a aussi une grande diversité d’ateliers d’artistes dits créateurs mais dont la production semble refléter une certaine insularité . Il faut dire que le désert a toujours été une source d’inspiration chez les Sémites et donc les Judéens. Les prophètes sont souvent reçu leur prophétie dans les espaces inhabités et désertiques. Un peu comme si le silence, le vide, la solitude étaient plus denses que le bruit, la multitude et le mouvement. Dans le désert le temps semble s’arrêter, se figer en éternité.

 

Le desert home de Hen : Un coin de rêve, coupé du monde et au milieu de nulle part. Mais à une encablure d’ici se dresse le magnifique hôtel Béréshit auquel Hen offre une alternative proche de la nature et de la rusticité.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

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