25/07/2017

Prière et violence : à propos des événements récents à Jérusalem

En principe, la notion même de prière ou d’oraison tant dans le judaïsme que dans le christianisme qui en est issu, est synonyme de paix, d’apaisement et de réconciliation. Le fidèle qui vient d’accomplir ses devoirs religieux quotidiens sort de son lieu de culte en paix avec lui-même et avec son environnement. Il vient de communier, en quelque sorte, avec son créateur qu’il conçoit comme un Dieu d’amour, de bonté et de miséricorde et dont il espère une grande bienveillance.

Le contenu même de l’oraison souligne cette dépendance du croyant qui s’engage ainsi à respecter la vie, à ne pas commettre d’actes répréhensibles et à voir en son prochain un congénère doté des mêmes droits et jouissant de la même dignité : une créature à l’image de Dieu, cette métaphore n’étant qu’une façon de souligner le rôle central de l’être humain dans l’économie de la création. Aussi bien les religions monothéistes en Occident que les spiritualités de l’extrême Orient partagent ce même postulat : la prière ne peut pas se concilier avec la violence ni avec les appels au meurtre.

Aucune religion digne de ce nom ne saurait sacraliser la violence, ce sont des notions antinomiques, même si, hélas, l’histoire de l’humanité fourmille d’exemples où le sabre et le goupillon ont avancé main dans la main. L’exemple de Jérusalem, ville trois fois sainte et dont chacune des trois religions monothéistes se dispute la possession, montre combien l’exploitation politique et l’instrumentalisation éhontée du culte nous font perdre de vue l’essentiel : unifier l’humanité, croyante ou incroyante, autour de quelques valeurs humanistes des religions.


Les troubles actuels ont au moins un avantage, celui de nous rendre attentifs à un problème d’une gravité extrême : l’intolérance et l’exclusivisme religieux. C’est un fait historique incontestable : le Temple de Jérusalem, le premier comme le second se sont tenus à l’endroit même où se dresse depuis un certain temps une mosquée, érigée en troisième sanctuaire le plus important de l’islam.

Depuis la guerre des six jours, c’est Israël qui a étendu sa souveraineté sur l’ensemble de cité du roi David, posant ainsi un problème délicat aux musulmans sur place, voire dans le monde : comment faire pour que cette mosquée ne soit pas menacée ? Comment faire pour que les musulmans se sentent chez eux dans cette mosquée alors que tout près flotte le drapeau frappé de l’étoile de David ?

Pour parler clairement, les musulmans prêtent au gouvernement israélien des arrière-pensées visant à s’approprier, d’une manière ou d’une autre, ce lieu de culte. Les différents gouvernements israéliens ont toujours garanti la liberté de culte mais chaque fois que des fouilles archéologiques étaient entreprises les musulmans, qu’ils soient israéliens ou palestiniens, ont crié au scandale et se sont opposés aux forces de l ‘ordre dans des confrontations parfois sanglantes. Mais ce qui s’est passé le 14 juillet était inédit : deux policiers israéliens en faction devant le mont du temple, aussi appelé esplanade des mosquées, ont été assassinés par balles par trois Arabes israéliens qui avaient introduit des armes dans ce lieu sacré.

Est ce qu’Israël devait faire comme si de rien n’était ou devait-il prendre des mesures ? Tout bien considéré, c’est aux autorisés qu’incombe le devoir de maintenir l’ordre et de veiller à la sécurité des personnes et des biens. On ne va pas revenir sur ce qui n’est que trop connu, d’autant que ces fameux portiques, destinés à interdire l’introduction de métaux (armes blanches, armes à feu, etc), ont été démontés durant la nuit et remplacés par d’autres engins plus sophistiqués mais moins voyants. Il faut saluer cette mesure qui va dans le sens de l’apaisement.

Mais quand on y réfléchit sereinement, on se demande comment une telle situation a pu dégénérer si vite à ce point. Pourtant, notre culture occidentale comporte depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, une belle leçon de tolérance.

Il s’agit de la pièce ce théâtre Nathan le sage de Gottlob Ephraïm Lessing où l’image du héros s’inspire largement de la figure morale de Moses Mendelssohn (1729-1786). Le passage le plus emblématique de cette pièce au riche contenu éthique s’appelle la parabole des trois anneaux. Un homme d’une grande sagesse, sentant sa fin prochaine, réunit ses trois fils pour leur dicter ses dernières volontés. Un peu comme je patriarche Jacob le fit au chapitre 49 du livre de la Genèse. Il dispose d’un anneau précieux qu’il voudrait léguer à ses descendants qui sont au nombre de trois.

Or, il ne dispose que d’un seul anneau… Il finit par trouver une solution qu’il estime satisfaisante afin que nul ne soit lésé. Il fait appel à un grand orfèvre et le prie de reproduire l’anneau si fidèlement que lui-même, une fois en possession des trois bagues, ne peut plus distinguer l’original des deux copies… La morale de l’histoire est à la fois claire et compliquée car chacun des trois fils va se comporter comme s’il était détenteur de la bague qui a servi de modèle aux deux autres. Pourtant, la morale de l’histoire est lumineuse : chacun doit s’efforcer de se montrer digne d’une telle possession, sans jamais céder au rejet de son frère.

C’est donc couper l’herbe sous les pieds de tout exclusivisme religieux. Et c’est loin d’être gagné.

Il est une autre perle qui se trouve dans Nathan le sage dont l’auteur met dans la bouche de Dieu la parole suivante : je n’ai jamais voulu que tous les arbres de la forêt aient tous la même écorce.… L’allégorie est transparente : c’est la surface visible qui change mais non point l’essence même de l’être qui est partout la même.

Voici un message éthique qui délimite bien le territoire de la religion tout en soulignant l’universalité de la loi éthique, laquelle s’applique à tout un chacun alors que les rites et les cérémonies se cantonnent à certaines cultures et certaines civilisations. Ce message finira bien par être entendu, un jour…

14:39 | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook

Commentaires

Il y a une question existentielle.

Si Israël est légitime sur le temple, alors:
-la dispersion des juifs à l'époque de Jésus en raison de leur hérésie ne serait pas légitime; ce qui remet en question le christianisme
-Isaac serait donc l'héritier légitime d'Abraham et pas Ismaël; ce qui remet en question l'Islam

Ce résumé (certes trop sommaire) permet de comprendre l'attitude des uns et des autres.

Écrit par : archi-bald | 25/07/2017

La diaspora des Juifs n'e-t-elle pas commencé bien avant la venue de Jésus?
La réponse est OUI.

Il n'y a aucun rapport entre la dispersion des Juifs et leur "hérésie" laquelle accusation est pur mensonge.

Le figuier soi-disant stérile... de par la bienveillance habituelle concernant les Juifs "représentant la synagogue" condamné par Jésus... tout au contraire a tenu au long des siècles et maintenu leur foi.

Qui a lu les évangiles a retenu que Jésus lui-même s'est dit présent "pour les malades non pour les bien-portants."

Avec possibilité de voir l'aspect spirituel de ses guérisons.
Le peuple en son entier n'était donc pas à convertir.

Le regretté Dr Paul Tournier de Genève... protestant sincère et respectueux de la personne des patients... soignait également par la cure d'âme.

En prenant connaissance de la sexualité du moment qui s'amuse, par le sado masochisme à "animaliser" l'homme donc, tant qu'on y est, à le déshumaniser on a le sentiment qu'il serait plus urgent de s'interroger sur l'homme d'aujourd'hui (poutre évangélique) que sur le Juif d'hier (paille évangélique).

Jésus s'est dit venu non pour abolir la Loi mais pour l'accomplir.

Il est demandé dans la Bible, les évangiles, de se réconcilier entre frères avant de s'approcher de l'autel de Dieu.

Nous étions un jour dans un établissement public où deux jeunes enfants se disputaient parce qu'il n'y avait qu'un grand verre de sirop.

Le serveur s'approcha avec deux chalumeaux pour le verre.
Ainsi tout s'arrangea,

Ne pourrait-on faire des Temple et Mosquée en question une seule Maison de Paix entre frères réconciliés avec une aile, ou autre appellation, pour le judaïsme, l'autre pour l'islam?

Une troisième pour toutes les religions enfin réconciliées?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/07/2017

Mouais....
Islam veut dire soumission, si je ne m'abuse.
Comment a-t-on accès à l'éthique dans la soumission ? Et ce n'est pas une question de philo pour le bac....

Écrit par : Alain | 26/07/2017

Puisqu'il y a de la place... on nous a appris que la foi, l'espérance et de la charité sont incarnées la foi, par l'islam, l'espérance, par le judaïsme et la charité par le christianisme.

Ismaël ne fut-il pas le fils premier né d'Abraham?
N'épousa-t-il pas, présentée par sa mère Agar, une Egyptienne?

Israël toujours célébrant le Dieu juste et fort... malgré les horreurs nazies cultivant l'Espérance tellement importante également pour la santé, l'équilibre... en nous en donnant l'exemple?

Des saints Vincent de Paul, Jeanne-Antide Thouret "immense précurseur social" à la fin de la Révolution française ou l'abbé Pierre, Raoul Follereau pour les traitements à temps aux lépreux?

Trois ailes à notre Maison de la Paix.

La quatrième pour tous entre frères et sœurs réunis pour la Fête, pour la Joie et la gratitude

s'adressant à l'Amour divin.

Qui, à propos d'un Temple ou d'une Mosquées offrirait places ou esplanades ensanglantées en l'honneur de Celui qui nous a dit: "Tu ne tueras pas"!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/07/2017

Myriam Belakovsky a écrit:
"Ne pourrait-on faire des Temple et Mosquée (...) une seule Maison de Paix entre frères réconciliés avec une aile, ou autre appellation, pour le judaïsme, l'autre pour l'islam?
Une troisième pour toutes les religions enfin réconciliées?"

Le jour où toutes les religions seront "réconciliées", comme vous dites, “le loup et l'agneau paîtront côte à côte, le lion mangera du fourrage tout comme le boeuf, et le serpent se nourrira de poussière” (Ésaïe 65:25; voir aussi Ésaïe 11:6-9 ainsi que le chapitre XIX de l’Évangile apocryphe du Pseudo-Matthieu, qui s’achève sur une citation d’Ésaïe 65:25).
Sauf que ce jour-là, le boeuf sera devenu carnivore...

Écrit par : Mario Jelmini | 26/07/2017

@ Myriam Belakovsky
À propos de l'injonction "Tu ne tueras pas", que vous rappelez à la fin de votre dernier commentaire, savez-vous que Jésus a ordonné à ses disciples: “Quant à ces gens qui me haïssent et n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et massacrez-les en ma présence” (Luc 19:27; ce passage peut aussi être traduit de la manière suivante: “Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les en ma présence”) ? [1] [2]

Ainsi, ce qui était vrai sous le régime de la Torah demeure valable sous l’empire de l’Évangile (pour mémoire, évangile signifie «bonne nouvelle»): le commandement “Tu ne tueras point” (Exode 20:13 et Deutéronome 5:17) ne s’applique pas dans les relations avec l’ennemi. Dans le christianisme de Jésus, l’ennemi est constitué de tous ceux qui ne veulent pas “que je règne sur eux” [3] ou qui ne font pas “ce que je commande” (Jean 15:14) – donc de tous ceux qui “ne pensent pas comme moi”.

Cette conception prévaut également dans l’islam de Mahomet (pour mémoire, islam signifie «soumission à Dieu»):
• “S’ils [les infidèles, les hypocrites, les mécréants, les incrédules] tournent le dos [à Allah], saisissez-les; tuez-les partout où vous les trouverez” (Le Coran IV:89; autre traduction: “S’ils optent carrément pour l’apostasie, saisissez-les et tuez-les, où que vous les trouviez”; dans le même sens: Deutéronome 13:12-18 et 20:10-18. Inutile de préciser que les chrétiens sont des infidèles aux yeux des musulmans et les musulmans des infidèles aux yeux des chrétiens [4]);
• “Où que vous les rencontriez, tuez-les [les transgresseurs, les mécréants, les incrédules, les infidèles, les effaceurs d’Allah]” (Le Coran II:191). De toute façon, assassinés ou non, “les infidèles [comprendre: les non musulmans] (...) sont voués à servir de combustible au Feu éternel” (Le Coran III:10).

Chère Mme Belakovsky: réconcilier les religions est un objectif chimérique, impossible à atteindre. La seule solution consiste à aborder, considérer et étudier les religions de la manière dont on aborde, considère et étudie les mythologies de l'antiquité - et ainsi de s'en émanciper.


[1] Bien avant Jésus, le prophète Jérémie promettait déjà un sort analogue à ses contradicteurs: “Les jours sont venus où vous allez être égorgés” (Jérémie 25:34).

[2] Si l’on se réfère aux généalogies (au demeurant fort divergentes) affichées dans Matthieu 1:1-17 et Luc 3:23-38, qui présentent toutes deux Jésus comme un descendant de David, on dira que le Messie avait de qui tenir puisque son royal ancêtre n’y allait pas de main morte lui non plus dans ce genre de situations, n’hésitant pas à appeler le Dieu tout-puissant à la rescousse: “Dans ta bonté, extermine mes ennemis et anéantis tous mes opposants” (Psaumes 143:12; au gré des traductions, on trouve “ton amour" en lieu et place de "ta bonté"). Ces paroles témoignent que David avait parfaitement compris ce qu’il pouvait attendre de la bonté divine.

[3] Dans la parabole des mines, où Jésus se met en scène en termes à peine voilés, il est écrit que “ses concitoyens le haïssaient” (Luc 19:14 in initio) et disaient de lui: “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous” (Luc 19:14 in fine).

[4] Dans un communiqué de presse récemment diffusé par l’agence Universal News (UN), on pouvait lire (texte français): “Des dizaines de milliers de fidèles étaient réunis sur la place Saint-Pierre pour acclamer le pape” . Le même communiqué, dans sa version en langue arabe, commençait ainsi: “Quelques milliers d’infidèles (...)”.
Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà...

Écrit par : Mario Jelmini | 26/07/2017

Je crois qu'il y eut une très grande confusion consistant à s'occuper moins de ce que disait Jésus que de rechercher tout ce que l'on pouvait sur lui.

Il est appelé l'Inspiré.

Imaginons un tuyau avec de l'eau.

Le tuyau est Jésus, et l'"eau" (vive) est ce qui lui est comme soufflé d'en haut par l'Esprit de vérité et "passe par lui" comme par un tuyau (ou comme "par un micro", Shrî Mataji).

Il est un prophète, un inspiré.

Nous avons deux mille ans, les personnes concernées, chéri non le souffle (l'Esprit), mais le tuyau (Jésus).

Un point de vue de l'Inde sur Jésus est qu'il était, pour notre salut, tendu comme un miroir lequel, à chaque faute que l'on relevait le concernant interpelait le ou les accusateurs en quoi, toujours de ce point de vue, Jésus ne pouvait être une incarnation divine mais une grande âme soit un Mahatma.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/07/2017

Mario Jelmini


Luc 19:27 est une parabole.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/07/2017

@Myriam Belakovsky

"Luc 19:27 est une parabole", écrivez-vous.
Faux!
La parabole commence au verset 12 et s'achève au verset 25. Aux versets 26 et 27, Jésus indique à ceux qui le suivaient la leçon qu'ils doivent tirer de cette parabole. Voici cette leçon:
"26 – Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. 27 Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, et tuez-les en ma présence."
(traduction: Nouvelle Edition de Genève, 1979).

Écrit par : Mario Jelmini | 27/07/2017

On prendra sa Bible et relira bien attentivement Luc 19:27

La Révélation est progressive et -26- "je vous le dis on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a" -27- dit notre temps.
Cadeaux aux riches, diminution des prestations sociales.

Il y a bel et bien vue sur l'avenir.

Je reviens sur l'excessif intérêt affectif concernant la personne de Jésus en milieu catholique fréquenté après la Seconde guerre mondiale.

Aux jeunes enfants priés de faire des petits sacrifices qu'ils apporteront sur l'autel

"Je m'avancerai près de l'autel de Dieu
La joie de ma jeunesse (...)

pour Jésus.

Un petit peut apporter des bonbons en disant:

Petit Jésus, on nous donne tes hosties
je t'apporte mes bonbons préférés...!

Comme jouer à la poupée.

Dire qu'à notre époque, le Vendredi-Saint un homm souhaite encore se faire crucifier...

Le temps est dur... non à perdre à vouloir à tout prix avoir raison.

Après tant d'années de recherche de la vérité quelqu'un constata déprimer de plus en plus.
Mais un jour vint le secours sous la forme d'un idée: ce n'est pas en tout premier lieu la vérité qu'il faudrait chercher

mais cultiver le bon sens lequel dépend des données dont on dispose.

Bon sens, bonne direction.

Qu'un courant léger souffle de l'Esprit se lève... voguent nos voiliers.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/07/2017

@Mario Jelmini

""26 – Je vous le dis, on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. 27 Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, et tuez-les en ma présence."

Ave Dieu! :)

Jésus l'a dit avant ou après sa résurrection....!?

Écrit par : Patoucha | 27/07/2017

A propos de la résurrection de Jésus pour les Juifs la mort n'est pas forcément physique... mais un état d'être particulier à qui se détourne de la Loi laquelle Loi dira Jésus selon les évangiles est faite pour l'homme non lui pour elle, la Loi.

En fait, qui se détourne de la Loi pour s'en détourner peut-il le faire sans se détourner de Dieu?

Tout est extrêmement symbolique mais lorsque Jésus présente ses stigmates en guise de signe de sa résurrection... Thomas pourrait lui faire remarquer: "Que tu as été crucifié, Rabbi, certes, mais... mort et ressuscité!?"

Les crucifiés ne mouraient pas forcément en croix raison pour laquelle on leur brisait les membres en les mettant ainsi en un état tel qu'ils auraient assurément préféré ne pas avoir survécu.
Il y a, il s'agit d'un ressenti, une synchronicité qui fait qu'au moment où l'on briserait les membres de Jésus le temps est tel que les soldats pressés renoncent.

La route du Temps, ouvrage signalé par Jean-Noël Cuénod sur son blog, étudie les synchronicités et voit en elles comme des signes absolument pas anodins venant de la forme de création qui serait non mécanique de notre univers.

Ce phénomène de la synchronicité passionna Jung, notamment.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/07/2017

@ Patoucha, qui a posé cette curieuse question à la fin de son dernier commentaire:
"Jésus l'a dit avant ou après sa résurrection....!?"

À vrai dire, je ne sais pas. Il a très bien pu le dire après, si l'on se réfère à l'Évangile de Philippe, qui affirme (chiffre 21):
"Ceux qui disent que le Seigneur est mort d’abord puis qu’il est ressuscité sont dans l’erreur, car il est ressuscité d’abord, puis il est mort."
( traduction reprise de https://www.naghammadi.org/wp-content/uploads/2015/08/NH-II-3-Évangile-selon-Philippe.pdf ).

Comme Myriam B. l'a fort justement relevé au début de son dernier commentaire, "(...) la mort n'est pas forcément physique". Ce n'est pas pour rien que Jésus a plusieurs fois mis l'accent sur l'idée (à vrai dire fort ancienne) d'une "nouvelle naissance” (en allemand, Wiedergeburt) et sur la nécessité de "renaître".
C'est ainsi qu'il a déclaré à Nicodème:
• “En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le Royaume de Dieu” (Jean 3:3);
• “Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit: il faut que vous naissiez de nouveau” (Jean 3:7).

À la suite de quoi, l'apôtre Paul s’est senti autorisé à écrire:
• “Si donc quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; et voici que toutes choses sont devenues nouvelles” (II Corinthiens 5:17);
• “Ce qui importe, c’est d’être une nouvelle créature” (Galates 6:15).
Ainsi, pour être “en Christ” (ou: pour ”naître" en Christ), il faut avoir transité par une sorte de mort, que l’on peut qualifier de “mort à soi-même”.

L’idée de naître à une vie nouvelle par la grâce d’une conversion se trouve déjà en Osée 13:13 (pour mémoire, le prophète Osée vécut au huitième siècle av. J.-C.). Deux siècles après Osée, Ézéchiel 18:31 appela les Israélites à se confectionner “un coeur nouveau et un esprit nouveau”. Dans Ézéchiel 36:26, Dieu alla jusqu’à promettre à son peuple: “Je vous donnerai un coeur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai de votre corps le coeur de pierre et je vous donnerai un coeur de chair”. D’une manière plus générale, la vision des ossements rappelés à la vie contée par Ézéchiel en 37:1-14 de son livre ne préfigure-t-elle pas l’idée de renaissance chère à Jésus? Héritier des prophètes de l’Ancien Testament, celui-ci poursuivit et paracheva leur oeuvre en connaissance de cause.

Ainsi, la véritable question ne serait pas tellement “Naître ou ne pas naître” mais bien plutôt “Renaître ou ne pas renaître”.

Écrit par : Mario Jelmini | 29/07/2017

Un problème, en l'occurrence, selon Calvin est celui de la prédestination.
Les uns seraient sauvés, les autres, non.

Paul n'a pas connu Jésus.

Tout directeur de conscience honnête précisera que la bonne volonté, les efforts comme la persévérance de l'être humain en son désir de perfectionnement en suivant la voie tracée d'en haut selon ses traumatismes à commencer par ceux qui lui viennent d'un passé dont il n'a pas même conscience ne garantissent pas le sentiment de renaissance soit forme de retour à la vie "résurrection" dont il est question.

Marie-Madeleine délivrée de ses "démons" (Souffles mauvais" selon les évangiles, traduction Chouraqui) aux yeux des psychiatres ou psychanalystes vit des abréactions... (retour en mémoire avec revécu des traumatismes) moments extrêmement épuisants peu probable sept abréactions en une fois...!

La psy qui, médecin, a observé des guérisons a priori, non par la suite, inexplicables comme celles autour de la personne de Jésus qui ne rencontra pas plus la fille d'une Cananéenne qu'un autre, garçon... guérison à la demande de son père, est Françoise Dolto qui, toujours et sans trop apprécier Lacan tout en travaillant avec lui à la préservation de la psychanalyse... Françoise Dolto qui demeura fidèle à Freud.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29/07/2017

Les commentaires sont fermés.