05/06/2017

La guerre des six jours, je me souviens de ce jour il y a cinquante ans

 

La guerre des six jours, je me souviens de ce jour il y a cinquante ans

 

Le 5 juin 1967, dans un pays arabe d’Afrique du Nord.  Il n’y avait pratiquement plus de juifs dans la ville et dans le pays. L’indépendance avait sonné le glas de toutes les communautés de la région, ils étaient tous partis. Une poignée d’inconscients étaient restés, confiants et croyant qu’ils seraient bien traités à la mode arabe : on se soumet, on reconnaît la supériorité de la religion musulmane et tout se passera bien. Mais lorsque peu d’années plus tard, survint ce jour fatidique du 5 juin 1967, tout changea.

 

L’adolescent qui se tenait dans le magasin de son père ressentit soudain un malaise : les Arabes qui passaient sur le trottoir bordant le commerce de son père regardaient l’intérieur de ce magasin de manière étrange. Cela devenait inquiétant. Le mystère fut élucidé par un infirmier ami de ses parents. Mais que se passe t il demanda l’adolescent ? L’homme répondit : l’armée d’Israël a bombardé les pays arabes à ses frontières… Le jeune homme fut saisi d’effroi. L’homme n’en dit guère plus et observa un silence gêné. Il ne pouvait pas prêter de noires arrière-pensées au garçon qui lui faisait face. Au bout de quelques minutes il s’en alla.

 

Le père n’était toujours pas de retour. Quand soudain un Arabe arriva en trombe sur son vélo, se précipita dans le magasin en criant : le sang rouge des Juifs ! Mais constatant que le père n’était pas là, il repartit aussitôt. Le jeune homme fut au bord de l’évanouissement. Mais l’adulte finit par revenir, le fils ne lui dit rien de l’incident. Inconscient ou bravant tous les dangers, et Dieu sait ce que pouvait valoir la vie d’un Juif en ces sinistres journées, le père emmena son fils en voiture faire des emplettes au souk voisin. Ici aussi, le fils éprouva un violent malaise car cette fois-ci ce n’était pas les passants qui les dévisageaient mais bien des policiers en armes…

 

Le soir même, avant de tenter de s’endormir, car il mesurait l’étendue du danger, le jeune homme alluma sa radio et ce fut un déferlement de rugissements féroces des speakers des radios arabes qui appelaient à venger les  victimes des bombardements sionistes (sic). Ils hurlaient ceci : au nom des femmes, au nom des hommes et au nom des enfants tués lors des bombardements sionistes, vengez les !!! L’adolescent se demandait ce qui allait se passer le lendemain.

 

Et par la grâce divine, il ne se passa rien mais le jeune homme observa que certaines personnalités arabes très respectées dans le quartier et dans la ville rendaient, avec une fréquence inhabituelle, visite à ses parents, comme pour signifier à la populace qu’ils leurs accordaient l’aman… Quiconque s’en prendrait à eux le regretterait, ce serait comme s’en prendre à elles mêmes, en tant que personnalités et notables du coin.

 

Cinquante ans plus tard, l’homme qui n’est plus vraiment jeune à près de 66 ans, se souvient. Ses parents ne sont plus et reposent en terre d’Israël, celle-là même que les armées arabes voulaient conquérir en en éradiquant la population juive. Mais la victoire changea de camp. Ce furent les Israéliens qui triomphèrent de leurs ennemis mais qui se conduisirent de manière civilisée. Les soldats égyptiens capturés dans le désert du Sinaï reçurent de l’eau et de la nourriture, conformément aux conventions de Genève. Mais en aurait il été de même si les rôles avaient été inversés ?

 

En suivant sur I24News l’historique de cette guerre éclair je me souviens d’un Psaume émouvant qui scande la liturgie juive. Le Psalmiste, la plus belle incarnation du sentiment religieux, l’homme le plus croyant que la terre ait jamais porté, s’écrie : n’était Dieu pour nous, dit Israël, lorsque les humains se dressent contre nous, on nous aurait avalés vivants, tant leur haine envers nous était forte…. Béni soit l’Eternel qui ne nous a pas offert comme une proie à leurs dents ! Notre âme, comparable à un oiseau rescapé, a déjoué le piège de l’oiseleur. Le piège s’est brisé et nous avons été sauvés…

 

Moins de trois jours plus tard, mais après 1897 ans d’exil et de souffrances insupportables, au cours desquels les juifs intériorisaient leurs malheurs, Dieu a remis entre les mains d’Israël son ancienne capitale et le seul mur encore debout du temple de Jérusalem. On peut encore entendre le cri de joie du général commandant les milliers de parachutistes entrant dans la vieille ville et conquérant  la montagne du Temple (har ha-bayit) : le Mont du Temple est entre nos mains (Har ha-Bayit be-yadénou)

 

Motti Gour avait harangué ses troupes d’élite en ces termes : soldats d’Israël, vous allez rétablir les droits d’Israël sur la cité du roi David. Le peuple juif tout entier a les yeux braqués sur vous. Vous devez réussir.

 

Et en effet, ce fut fait au prix de lourdes pertes, environ 180 parachutistes sont tombés lors de la bataille de Jérusalem. Les larmes embuent les yeux des présents. Les soldats qui posent leurs mains sur les pierres du fameux Mur Occidental en pleurant viennent de tracer un trait définitif d’une longue période de l’Histoire juive… Israël est de retour à Jérusalem, lui qui depuis tout ce temps priait : l’an prochain à Jérusalem. Et la divine Providence a enfin confié à d’humaines mains le soin de mettre un terme à cet exil forcé.

 

Qui ne se souvient du chapitre XXXI de Jérémie, celui qu’on taxe de geignard au point qu’il a donné le terme jérémiade ! Pourtant, vers les VII-VIe siècles avant notre ère, il a promis que les fils reviendraient chez eux. On entend à Rama un son plaintif, c’est Rachel qui pleure ses fils emmenés en captivité. Elle refuse qu’on la console. Mais le prophète lui intime l’ordre d’effacer ses larmes et de cesser de se lamenter. Il lui prédit un retour de ses fils, le peuple d’Israël. Il conclut en ces termes prophétiques : yesh tikwa le-aharitékh :  il y a de l’espoir dans ce qui va suivre. En clair ; l’histoire d’Israël renouera avec l’espoir et les victoires.

 

C’est pour cela que le Rav Goran l’aumônier général des armées sonne le chofar en guise de victoire, cette corne de bélier, le seul instrument de musique que le peuple juif a pu emporter avec lui durant tout ce temps là.

 

C’est fait. La victoire est là. Il faut à présent la paix…

 

Qui ne pleurerait  de joie en évoquant ces paroles du même Psalmiste : Que Dieu donne la puissance à son peuple, que Dieu bénisse son peuple par la paix.

 

Béni soit l’Eternel qui nous a permis de vivre ces précieux instants.

 

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