28/04/2017

Les Français et les élections, la rupture

 

Les Français et les élections: la rupture

Loin de dissiper les malentendus, de clarifier les choses, de ranger convenablement les enjeux, le résultat du premier tour de ces élections présidentielles nous fait pénétrer dans une vaste zone de turbulence, tant nous avons du mal à comprendre ce qui s’est passé. Ou plutôt nous comprenons l’étendue du bouleversement sans pouvoir nous y faire : à preuve, les réactions contradictoires au sein de ces grands partis d’hier, habitués à se succéder au pouvoir, à gérer seuls leurs petites affaires en se disant que de toutes façons il n y a pas d’alternative et que ce sont eux les politiques qui auront toujours le dernier mot. Mais voilà, cette ère est révolue.

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27/04/2017

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Ce fut une bonne idée de consacrer un tel volume à l’œuvre de Franz Rosenzweig, un grand philosophe juif allemand, mort en 1929 des suites d’une terrible maladie, et redécouvert de ce côté ci du Rhin, grâce principalement  à Emmanuel Levinas et tout aussi essentiellement au regretté Stéphane Moses qui lui consacra sa thèse doctorat d’Etat. Il y eut aussi la remarquable traduction de l’œuvre maîtresse de Rosenzweig, L’étoile de la rédemption…

 

Par la suite, toute une lignée de penseurs jetèrent leur dévolu sur un penseur, promis au plus brillant des avenirs, , n’était la paralysie musculaire qui le priva même de la parole.

 

Mais en posant ce Dictionnaire après l’avoir lu de la première à la dernière page, on ressent un certain malaise, généré par le principe architectonique même qui a présidé à la réalisation conceptuelle de l’ouvrage : les thèmes, les entrées sont traitées suivant un ordre alphabétique qui provoque, involontairement, des voisinages cocasses. Ce qui ne permet nullement de parvenir à une vue unifiée du système de l’auteur. On passe vraiment du coq à l’âne : pour le spécialiste de l’auteur, cela ne prête pas à conséquence car il lit cet ouvrage par acquis de conscience, mais pour le débutant qui découvre, on manque du moindre fil conducteur.

 

La philosophie (sérieuse, appliquée, non médiatique) ne fait pas bon ménage avec le journalisme, même si, avec une touchante bonne volonté, on tente de se hisser sur les hauteurs d’une spéculation réputée difficile, et qui plus est, rédigée à l’origine dans une langue dont on ignore tout….

 

Comme toute main éditoriale est ici absente, les répétions et les redites sont légion car personne n’a relu la contribution de son voisin. De plus, les renvois d’une entrée à l’autre sont rarissimes : moins de cinq fois pour tout ce fameux dictionnaire.

 

Pour que ce dictionnaire puisse avoir la moindre utilité, il eût fallu mettre en tête du volume un bref exposé synthétique qui aurait esquissé les grandes articulations de la pensée philosophico-religieuse de Rosenzweig. On aurait pu aussi remplacer avantageusement l’avant-propos par l’interview de B-H. Lévy qui donne, elle, un petit aperçu de la noétique de l’auteur et de sa place dans l’histoire de la philosophie contemporaine.

 

Cette réflexion critique porte aussi sur les renvois bibliographiques clôturant chaque entrée : les redites sont innombrables, ce qui ne se serait pas produit si l’on avait identifié les livres dans une bibliographie générale.

 

Enfin, les contributions n’avancent pas toutes d’un même pas. Certes, quelques articles bien construits, fournis par d’authentiques spécialistes ou bon connaisseurs, cohabitent avec des essais moins robustes. Ces entrées réussies parviennent à laisser une impression acceptable de l’ensemble. Mais elles proviennent toutes d’authentiques philosophes germanistes qui savent de quoi ils parlent et sur quoi ils écrivent.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

 

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26/04/2017

Les élections en France: l'étrange défaite

 

Les élections en France: l’étrange défaite…

 

Ce que nous vivons depuis quelques jours fait l’effet d’une bombe. L’électorat français, pourtant habitué à ce petit jeu politique depuis des décennies, a profité de cette vaste consultation électorale pour renvoyer à leurs chères études les partis, les deux plus grands partis qui structuraient jusqu’ici sa vie quotidienne. Et la meurtrissure est aussi cuisante à droite qu’à gauche : à droite car cette élection paraissait assurée, imperdable pour reprendre ce terrible néologisme, et aussi parce que le peuple de ce pays était en gésine d’alternance et voulait tourner la page Hollande. A gauche, car cet effondrement du PS intervient après cinq ans de pouvoir de cette même gauche. C’est un camouflet sans pareil que le peuple a administré à cette gauche qui n’a pas su se montrer une gauche de gouvernement, amie des réalités, en avance sur son temps, à l’écoute des desiderata des gens. Oui, à l’écoute des gens simples, qui paient leurs impôts, font avancer le pays et espèrent quelque chose en retour.

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19/04/2017

New York une ville juive

Suite et fin des Chroniques new yorkaises : New York est une ville juive

 

Baroukh atta ha-Shem….. ha-motsi léhem min ha arets : Béni sois tu Eternel qui fait jaillir la nourriture de la terre !

 

Ce n’est pas dans un monde clos, dans un domicile privé à NY que j’ai pu entendre chanter cette prière qui accompagne tous les repas des familles juives pratiquantes. Mais bien au second étage de ce restaurant italien SEFRAFINA, si prisé de Madison, et où les gens les plus distingués font la queue, le temps de leur trouver une table où dîner.

 

Mais hier, vers 19h30 à NY, c’est la fin de pessah et j’ignorais qu’à défaut de Mimouna comme en Israël ou en France, les juifs se rendaient dans des restaurants italiens afin d’y dévorer des pizzas et des pasta.

 

Nous arrivons parmi les premiers à Serafina puisque nous sommes logés au coin de la rue. Nous nous frayons un chemin parmi les clients parmi lesquels les Français ne sont pas rares. Nous croisons une dame française qui dit adorer les pâtes..

 

 On nous installe les premiers et je reconnais les serveurs, les latinos, ces pauvres hommes qui survolent les étages, les plats à la main. NY n’est pas un lieu facile pour ceux qui sont pauvres, inéduqués et désargentés. Leur seule ressource est leur force de travail. C’est ce que je souffle à l’oreille de Paul W. le fils de Sophie, lequel venait de rudoyer un serveur sous mes propres yeux. Rien de méchant. Lui aussi travailler dur

 

Nous sommes en train de passer commande quand arrive une nouvelle fournée d’invités, une bonne vingtaine, tout le monde embrasse tout le monde. Les hommes se donnent l’accolade, les femmes, embijoutées de la tête au pied, s’inspectent et se regardent, l’œil vif. Je dis à Danielle que ce sont des Italiens et qu’on ne pourra pas s’entendre, tant ces gens ont le verbe haut. Mais Jonathan qui est assis à l’autre bout de la table, me dit entendre la bénédiction juive de ha-motsi  léhem : nos voisins ne sont pas des Italiens mais de bons Juifs NY séfarades. Une nouvelle table, plus jeune, s’installe tout près de moi. Je lance un sonore hag saméah et la réponse de la table voisine fuse : hag saméah…

 

Par les temps qui courent, ce n’est hélas pas à Paris qu’une telle expérience pourrait être vécue. Et c’est bien dommage. D’ici, la France semble être la tête d’une aiguille dans un océan sans fin. C’est-à-dire peu de choses.

 

Un exemple ou plutôt deux : je croyais que nos musées, notamment le Louvre et d’autres endroits étaient les plus beaux.. Mais j’avais oublié le Met et surtout je n’avais encore jamais vu la Frick Collection. C’est quelque chose d’unique au monde, einmalig comme disent les Allemands. Mon indigence en histoire de l’art me prive de l’avantage d’en parler car ce serait tenir des discours d’analphabètes mais quand je suis ressorti de ce mussé, fondé par un éminent sidérurgiste US, originaire de Pittsburgh, je n’ étais plus le même : cet amateur d’art du début du XXE siècle a été un bon serviteur de l’humanité même si, dans sa jeunesse, il a financé des gens qui furent des briseurs de grève. Et au fond, s’il ne l’avait pas fait, aurions nous eu ces richesses artistiques inestimables ? Il y a des portraits faits par Holbein qui sont stupéfiants. Et les pièces d’exposition sont majestueuses ; qui peut encore vivre dans de telles demeures fastueuses ?

 

En quittant cette fastueuse demeure où le généreux mécène n’a pu passer que cinq années de sa brève vie, le soleil brille sans discontinuer, la rue est calme et nous nous amusons à lire les noms gravés sur les plaques à l’entrée des portes cochères : que des noms de juifs ashkénazes : des médecins, des avocats, des kinésithérapeutes, bref tout est représenté.

 

Le jeune Oliver Braunschweig, venu nous rendre visite l’après midi avec son père Monsieur Arthur Braunschweig de Zurich, m’apprend qu’avant d’arriver à ce statut, les Juifs ont eu à combattre bien des antisémites et à surmonter bien des obstacles.

 

NY est donc bien une ville juive d’après le nombre de nos frères qui y résident, d’après le nombre de ses synagogues : comme il était agréable, les précédents jours, de contempler tous ces hommes qui sortaient des offices religieux leur taléth sous le bras, leur kippa sur la tête. Quel singulier contraste avec d’autres pays où il est désormais dangereux de s’afficher juif.

 

New York, la nouvelle terre promise… Mais je dois bien dire : la mimouna chez Annie et Jacques A. Ma tant manqué.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

 

 

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18/04/2017

Suite et fin des chroniques new yorkaises

Suite et fin des chroniques new yortkaises

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17/04/2017

Chroniques New Yorkaises: VII visite de la synagogue de Park Avenue

Chroniques new Yorkaises VII : le vendredi soir à la Park Avenue Synagogue

 

Vendredi peu avant 18heures : Danielle et moi sommes prêts pour nous rendre à la synagogue de Park Avenue qui est tout près : 10 minutes de marche à  pied. Nous hésitons quelques instants sur l’adresse mais opportunément un taxi s’arrête et en descendent les membres d’une même famille qui viennent prier.

 

18h35 : nous franchissons le portail de la synagogue. Mon attention est attirée par l’absence de toute garde armée statique. A l’intérieur, on nous prie seulement de laisser nos portables à l’extérieur. Cela tombe bien car  nous n’en avons pas sur nous.

 

Une voix féminine qui déclame les Psaumes du chabbat nous accueille : j’avais pourtant cru que cette synagogue était conservative mais je dois me rendre compte que conservative n’est pas orthodoxe… Car dans le talmud il est bien au sujet des femmes et de la prière : Qol ba isha erwa : la voix d’une femme est une nudité. Il est donc assez risqué de leur faire chanter des Psaumes le vendredi soir dans une synagogue. En ce qui me concerne, je n’en prends pas  ombrage car je considère, sans démagogie, que la place dans la femme dans le culte juif doit être réévaluée.

 

Cette PAS (c’est son diminutif actuel) est bien organisée puisque dès que nous entrons, on nous remet un dépliant narrant l’historique de l’institution.  Elle fut fondée en  1882. L’architecture est belle, quoiqu’un peu baroque, voire surchargée, avec des lumières très vives. Mais le public, un gros tiers des places est occupé, semble apprécier, et notamment ce petit orchestre qui accompagne la cantatrice, je veux dire la ministre officiante : un batteur, un guitariste, un pianiste, etc… Certes, on peut se réclamer de la harpe du roi David et dire que deux millénaires de persécutions ont conduit le judaïisme a se faire plus discret.

 

Le rabbin commence par faire venir à lui les jeunes qui viennent de célébrer leur bar mitswa, leur majorité religieuse. Ensuite il fait réciter un kaddish par les fidèles qui sont en deuil. Ensuite, on renoue avec la prière, pardon ici il est de bon ton de dire le culte (en bon anglais : to worship). On lit à haute voix le shema Israël, du moins la première partie, aux fidèles le soin de compléter le reste à voix basse. On se lève pour la amidah, de même que le rabbin prie les endeuillés de lever lors du kaddish.

 

En gros, rien de révolutionnaire mais un enrichissement pour moi au sujet du champ sémantique de conservatice judaism. Un détail, tous les hommes portent la kippah à la synagogue. C’est déjà ça… ,

 

J’ai tenu à me rendre à ce service religieux car, comme vous le savez probablement, j’ai écrit un livre sur  Le judaïsme libéral mais aussi il y a quelques années un QSJ ? sur La liturgie juive. Et vu l’indigence du judaïsme libéral et réformé d’aujourd’hui, je me suis focalisé sur les racines allemandes de cette même tendance religieuse au sein du judaïsme. Et je dois dire qu’aux premières décennies du mouvement, quelle richesse, que de contenu, que de densité !

 

Je suis partagé entre deux tendances contradictoires : d’une part, je crois en l’évolution du processus historique auquel rien n’échappe et d’autre part, je suis hésitant face à des aménagements arbitraires venus de personnes non autorisées, non qualifiées, ni par leur savoir ni par leur culture.  En gros, rien de révolutionnaire

 

Le débat autour d’un dépoussiérage du judaïsme remonte à de longues années. Je dois dire que je suis sidéré par la vacuité du discours de femmes rabbins, plutôt de rabbin journalistes qui font plus de public relations que de religion. Arguant que chacun a son judaïsme, que celui-ci est l’équivalent de la diversité, bref une forme moderne de bouddhisme ou plutôt une auberge espagnole.

 

Les sages du Talmud qui ne se disaient même pas rabbins alors qu’ils ont constitué l’ossature spirituelle d’Israël, eux qui ont formé la carapace défensive qui a permis aux juifs de traverser les siècles sans trop d’encombre… CVertes, à quel prix, mais tout de même.

 

Les gens devraient faire attention au discours que leur tiennent les non informés et les non savants. Ils ont le droit d’agir comme ils l’entendent mais ils doivent en savoir plus sur les sources. Chacun ou chacune a le droit de dire ce qu’il ou  ce qu’elle veut. Mais doit s’entourer d’un minimum de précaution. Car à trop suivre la mode on parle de la mode exclusivement et les modes se démodent vite. Or, le judaïsme, depuis plus de deux millénaires, n’a pas cessé de changer tout en restant lui-même.

 

Mainte prière juive dont je ne saisissais pas l’impact jadis me semble aujourd’hui lumineuse. Il convient donc de prendre ses propres dimensions et d’être au clair sur ses propres capacités. ET ceci vaut pour nous tous et aussi pour ceux qui tentent par tous les moyens de sortir des rangs et d’attirer l’attention.

 

Me revient à l’esprit, malgré la fièvre de l’autre jour, une phrase tirée du corpus midrachique et talmudique : oy lahém la biryot mé élwonah shel Tora Malheur aux créatures qui offensent la Tora.

 

J’ajoute aussi, pour finir, Dieu leur pardonnera tant la miséricorde divine n’a pas de fin.

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chroniques new yorkaises, visite du Met

Chroniques new yorkaises VI : Visite du Metropolitan

Jeudi, le temps n’est plus aussi chaud à New York bien que le soleil brille. La veille, Sophie a préparé un grand dîner et moi j’ai jugé bon de dîner sur le balcon ; du coup j’ai pris froid puisque je ne portais ni veste ni pull

 

Ce jeudi nous devions nous rendre à Ground Zero pour avoir une pensée pour les victimes du 11 septembre. Mais Danielle change ses plans pour aller au Met qui est à dix minutes à pied d’ici. Il y une exposition chinoise qu’on aimerait voir. Et effectivement, l’exposition est magnifique.

 

J’ignore si vous êtes déjà venu ici mais le bâtiment est énorme et l’accès au musée est gratuit. Les gens, lunettes de soleil sur le nez, sont assis sur les gradins, dévorent des sandwichs et boivent du coca cola. Il règne une atmosphère, une ambiance, différente de celle de notre Louvre. A notre grande surprise nous tombons sur un personnel du Musée qui parle français. C’est encourageant et on nous dit comment accéder  directement aux Chinois, depuis le IIe siècle avant JC jusqu’au II. siècle après JC.

 

Les objets, les animaux, les sarcophages qui s’offrent à ma vue sont incroyables.. On a l’impression que tous ces objets viennent d’être déterrés. Leur puissance d’expressivité est incroyable : que ce soit le soldat en position de tirer avec son arbalète, que ce soient les jeunes chevaux tirant l’attelage ou l’norme lion accroupi sur un beau piédestal, tout semble vivant et pourtant cela remonte à près de deux millénaires.

 

L’art, la musique, les sculptures, tout ce qui touche à l’esthétique, n’a jamais inspiré confiance à mes parents qui ont mis l’accent exclusivement sur la Torah et les commentaires mlidrachiques et talmudiques. Au fond, l’éthique prenait le pas sur l’esthétique. Cette dernière passait pour hévél wa rek : vanité et vacuité !! Dommage, car je n’ai jamais reçu de bonne éducation artistique. Même si j’ai bien étudié les analyses de Moïse Mendelssohn sur l’esthétique, je n’arrive pas à me focaliser là-dessus.

 

En revanche, je me rattrape en réfléchissant sur ce qui a poussé les peuples à s’adonner à l’art, comme une sorte de bouteille à la mer, pour témoigner, aux yeux des générations futures, de ce qu’ils furent, mais aussi de la culture produite. C’est à cela que je pense en  contemplant les œuvres d’art.

 

Mais pourquoi donc les peuples et les civilisations ont-ils besoin de témoigner en faveur d’eux-mêmes ? Pourquoi ce rapport au temps ? Témoigner pour un temps qui ne sera plus le nôtre ? Cela me fait penser à des idées développées par Martin Heidegger dans Etre et temps (1927). L’être, dit-il, pour la mort (Sein zum Tode) pour la bonne raison que nul être ne peut priver la grande faucheuse de son dard. Donc, en transmettant à d’autres siècles sa propre culture, on tente de se survivre à soi-même.

 

Et en relisant L’humanisme de l’autre homme de Levinas, je trouve dans  le paragraphe intitulé Avant la culture, les premières lignes suivantes : La morale n’appartient pas à la Culture : elle permet de la juger, elle découvre la dimension de la Hauteur. La hauteur ordonne l’être. Tout est dit en peu de mots, toujours les mêmes chez Levinas : l’antériorité du bien sur l’être, l’asservissement à l’autre par le truchement de la responsabilité, l’impossibilité de déléguer à un autre, à Autrui puisque c’est par et pour autrui que l’on existe.

 

Et au terme de ce même paragraphe, Levinas conclut en ces termes : Mais les normes de la morale ne sont pas embarquées dans l’histoire et la culture. Elles ne sont même pas des ilots qui en émergent car ils rendent possible toute signification, même culturelle, et permettent de juger les cultures…

 

Aucune culture, aucune civilisation ne saurait y échapper car après sa disparition, elle se soumet au jugement de l’Histoire, c’est-à-dire de l’éthique. Les juifs ont trop mis l’accent sur la morale et l’éthique. Un épisode biblique est peut être responsable de sa distance par rapport à l’art : la Tour de Babel qui a chèrement payé sa rivalité avec la divinité. Mais ce qui frappe le lecteur, c’est la motivation par les hommes de leur stupide entreprise : nous nous ferons un NOM de crainte d’être dispersés sur la surface de la terre. We na’assé lanou shem pen nafouts al péné kol ha arets

 

La encore, c’est témoigner, laisser une trace. La trace aussi a inspiré à Levinas un bel écrit où les notions d’être, de culture et de survie prédominent. Survivre à son propre temps. Témoigner pour un temps qui ne sera plus le nôtre puisque l’on n y sera pas ou plus.

 

En fait, c’est une lutte éperdue pour accéder à l’éternité.Passer de l’être au surêtre ou à l’autrement qu’être, où l’être n’est plus la modalité ontologique principale. C’est cela que les bâtisseurs de la Tour de Babel ont tenté de faire, eux qui n’avaient pas compris, comme Abraham Heschel, qu’il faut être des bâtisseurs du temps et non de l’espace.

 

Danielle me secoue alors que je suis plongé dans mes propres pensées, elle m’adjure de vivre l’instant et me dit que les tableaux sont beaux.  C’est beau : toutes ces toiles de grands maîtres, toutes ces œuvres des siècles passés, tous ces talents humains que l’on continue d’admirer. Les tableaux sont vraiment très bien, mais il y a une chose qui m’a marqué, c’est le sarcophage chinois si différent du sarcophage égyptien classique. Je me suis demandé s’il y avait encore une momie à l’intérieur. Toujours cette aspiration à la durée, à l’éternité. Cette volonté de survivre à soi-même.

 

Au fond, c’est ce que cherchaient les Chinois en nous montrant des poteries, des parures, des armures de guerriers, des bovins, des ovins, des porcs et des animaux sauvages.

 

Oui, j’ai conscience d’être sorti du cadre, de parler plus du symbolisme artistique que de l’art en tant que tel. Au fond, Nietzsche avait peut-être raison, dans sa Généalogie de la morale (même si sa sœur Elisabeth Förster-Nietzsche a légèrement retouché les textes dans un sens douteux)… Il a expliqué que l’irruption de la morale dans les rapports humains a été le fait d’esclaves, désireux de miner la conscience des  natures fortes et puissantes Mais je pense que Nietzsche s’est trompé, l’éthique est indispensable. Aucune société humaine ne peut s’en passer. Elle ne serait plus humaine si elle permettait que les forts écrasent impunément les faibles…

 

Ce sont les sources juives anciennes qui ont raison, ce sont elles qui sont le produit de siècles de sagesse et de réflexion. Ce sont elles qui décrivent  bien le temps pré-originaire, le temps d’avant le temps. Le christianisme lui aussi, dans le sillage de la religion-mère, a donné un sens à la vie sur terre, apprenant aux hommes à mourir, c’est-à-dire leur enseignant que l’on ne quitte jamais cette terre sans laisser de traces… Qu’il y a autre chose après et non pas rien.

 

Mais le judaïsme a peut-être un défaut : il réfléchit sur la vie plus qu’il ne la vit dans l’immédiat. Comme le disait Gershom Scholem : la vie juive est une vie en vie en sursis (das Jüdische Leben ist ein Leben im Aufschub… C’est-)-dire qu’on repousse toujours les choses à plus tard… L’an prochain à Jérusalem en est la meilleure illustration et la preuve de son bien fondé puisque de nos jours cela est possible.

 

Ma prochaine chronique portera sur le chabbat dans la synagogue libérale-conservative de Park Avenue à deux blocs d’ici. Après tout j’ai écrit il y a deux ans un Judaïsme libéral aux éditions Hermann…

Maurice-Ruben HAYOUN

 

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12/04/2017

Chroniques new yorkaises V: Visite de l'ONU avec l'ambassadeur Harald BRaun

Chroniques new yorkaises V : visite de l’ONU sous l’aimable férule de l’Ambassadeur allemand auprès de l’ONU, le Dr Harald BRAUN

 

Mardi 11h30 nous sommes devant la mission allemande auprès de l’ONU. L’ambassadeur, prévenue de votre visite, arrivera dans quelques minutes. Sa charmante assistante en profite pour nous faire passer les contrôles de police. Il faut remettre les passeports à l’entrée, se faire photographier et recevoir un badge contre lequel on vous restitue vos documents une fois la visite terminée.

Aux Nations Unies tout est gigantesque. Détail piquant, tout à côté encore une énorme Trump Tower.  Il fait chaud à Nex York, le soleil brille et il faut des lunettes de soleil. Mais sommes prêts pour la visite.

 

L’ambassadeur, mon cher ami le Dr Harald Braun, parfaitement francophone, arrive et salue une à une toutes les personnes : nous sommes six. Il porte sur la poitrine une sorte de sésame qui ouvre toutes les portes, tous les ascenseurs, bref seul le bureau du Secrétaire Général nous est fermé.

 

Mais nous avons accès à tous les espaces et aussitôt aux cadeaux des nations à l’institution. Ce qui m’a le plus impressionné, malgré son goût un peu douteux et très oriental, tapageur, c’est le salon offert par le Qatar à l’ONU. Les yeux fermés on saurait que c’est un pays arabe qui est à l’oeuvre. Des tapis, des canapés à perte de vue… Un peu plus loin, une sorte de vitrine avec des animaux en or massif. Incroyable, on sent l’opulence des monarchies pétrolières. Un peu plus loin, un magnifique tapis, toujours saoudien, tissé par des femmes musulmanes pour cacher l’entrée de l’ Ka’aba. Un peu plus, un beau tapis persan offert évidemment par l’Iran.

 

Nous passons devant les deux rangées de drapeaux et les enfants s’accrochent évidemment à la bannière israélienne et française

 

 Mais j’ai oublié de dire qu’à l’entrée il y a une statue, un morceau du mur de Berlin ; il y a aussi le portrait de tous les anciens secrétaires généraux depuis la création de l’ONU, qui succéda à la Société des Nations de Genève….

 

Le moment le plus émouvant fut l’instant où je me suis assis dans l’hémicycle du Conseil de sécurité et ensuite dans le forum de l’Assemblée générale. L0 encore j’ai cherché le siège du délégué israélien. Tout est vaste, tout est propre, tout est bien gardé par des hommes et des femmes en armes. Harald me montre aussi la place réservée à la Palestine qui n’a ici que rang d’observateur alors qu’à l’UNESCO c’est un vrai ambassadeur qui représente cette entité.

 

L’Ambassadeur nous guide dans ce tour ; pas de barrière de la langue car il est parfaitement francophone. Les enfants immortalisent ces instants et j’espère qu’on arrivera grâce à Sophie à envoyer les prises de vues avec cet article.

 

Que de salles, que de réduits parfaitement équipés, que de places, que d’ordinateurs, que de salles de presse… Harald me dit que lors de l’assemblée générale en présence des chefs d’état on ne peut pas circuler dans la zone où se trouve l’ONU. Harald et moi discutons de l’utilité de l’ONU, de la nécessité de se concerter dans un monde globalisé… Je lui pose la question sur ses relations avec le représentant permanent d’Israël à l’ONU. Il me dit qu’il entretient de bonnes relations humaines avec son collègue mais reste muet quand je repose la question sur un plan politique.

 

Je pense qu’il faut se garder de tout ramener à Israël et je rêve du jour où l’on ne parlera plus de nous ni d’Israël mais que l’antisémitisme et l’antisionisme auront disparu de la surface de la terre. Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Hegel l’a dit : les années de bonheur de l’humanité sont les pages blanches de l’Histoire. Et il s’y connaissait…

 

Quand je me trouvais dans l’hémicycle du Conseil de sécurité, je n’ai pu m’empêcher de penser à Barack Obama qui s’est abstenu permettant aux autres puissances de condamner Israël à l’unanimité. Cela laisse des traces. Mais que faire ? Trump est là désormais et si’l ne change pas, les choses iront bien.

 

Un adage talmudique me revient en mémoire qui montre que les juifs ont une philosophie bien particulière de l’Histoire :

 

ha-Qadosh baroukh hu makdim ha terufa la makka : Le Saint béni soit il commence par envoyer le médicament avant la blessure.  ERn termes philosophiques, moins métaphoriques, il assure notre survie, en dépit de la mobilisation quotidienne des ennemis du peuple d’Israël.

 

Oui, c’est vrai, même si Dieu n’a pas toujours agi avec nous de la sorte. Et pourtant nous exaltons et magnifions son Nom tous les jours, matin, midi et soir.

 

Dans cet immeuble de l’ONU, je pense que la prière du samedi après midi a raison de dire que le peuple juif est un peuple unique sur terre : Israël goy éhad ba aréts. On peut traduire autrement : un peuple uni, jeté à terre. Je préfère la première interprétation.

 

Je dis à Harald que l ONU illustre bien l’oracle divin dans le livre de la Genèse, adressé à Abraham : par toi tous les peuples de la terre seront bénis.

 

Oui, cette ONU existe mais n’a pas empêché bien des guerres et des massacres de civils innocents : Irak, Syrie, Libye et  dans tant de pays africains. Tant aussi de migrants dont la Méditerranée est devenue le cimetière marin.

L ONU a-t-elle un avenir ? Oui, si elle impose le droit et la justice, oui, si elle cesse de servir les intérêts de certains à l’encontre de plus faibles.

 

Maurice-Ruben HAYIOUN

 

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11/04/2017

Chroniques new yorkaises; Le seder chez Michael et Cécile Rothsqchilkd

Chroniques new yorkaises IV : Le seder chez Cécile et Michael à ARMONK

 

ers moi : il est bien âgé mais porte vaillamment ses quatre-vingt-dix ans. C’est le mari de la mère de Michael, le mari de Cécile. Je le salue très respectueusement et il demande que l’on prenne place côte à côte. Je m’exécute et là commence pour moi un événement des plus marquants, ce que les Allemands nomment  ein Erlebnis. Ce monsieur a entendu dire que j’étais un spécialiste de philosophie  allemande et de langue  allemande… Nous parlons allemand pendant une petite demi heure et cet homme, au geste calme, à la voix douce, me pose une question qui, je le saurai quelques instants plus tard, résume toute sa vie.

 

Vous êtes un philosophe, interroge t il, oui, répondis je. Alors, dit-il, expliquez moi l’antisémitisme… Curieuse entrée en matière. J’hésite mais avant de poursuivre il me donne des détails biographiques qui aideront à la compréhension le lecteur éventuel : Monsieur Werner Anton  X…naquit en 1926 à Offenbach dans une famille juive plutôt assimilée. En 1938, ses parents, disparus pendant la Shoah, pressentent  que l’aventure national socialiste va virer à la tragédie pour les enfants d’Israël au bord du Rhin (pour parler comme H  Heine) et décident d’exfiltrer leur fils vers l’Angleterre, profitant des convois que Léo B aeck et ses adjoints organisent pour les enfants juifs dont les parents ne se sentaient plus en sécurité dans le IIIe Reich.

 

Je jeune Werner Anton qui deviendra Anthony en Grande Bretagne et aux USA, n’a que 12 ans lorsqu’il part d’Allemagne, quitte ses parents qu’il ne reverra plus jamais. Pendant que l’homme relate sa vie, je sens dans mes yeux un picotement et je pense qu’une poussière est rentré dans mon oeil. Il n’en est rien, je pleure tant je suis ému par notre rencontre et par le récit.

 

Moi qui ait tiré d’un oubli immérité tant de penseurs, de philosophes et d’historiens juifs d’Allemagne, sur plus de deux siècles, de Mendelssohn à  Martin Buber, je me retrouve un soir de séder, de l’autre côté de la planète, assis face à un juif allemand en chair et en os, un homme qui, sans la décision avisée de ses parents, eût disparu. Ce n’est plus un livre que j’ai sous les  yeux et dont je tournerais avidement les pages pour préparer les cours et les conférences, mais, un être bien vivant, un témoin. D’où mon émotion car l’intuition a précédé la connaissance, l’acte cognitif. Même lorsque j’avais rencontré Gershom Scholem à Paris et dont j’ai été le traducteur de l’allemand en français, je n’avais pas ressenti pareille émotion. Et pourtant les philosophes sont réputés pour savoir contrôler leur émotivité.

 

Mais revenons à la question de mon interlocuteur nonagénaire sur l’antisémitisme. Pour moi, j’ai un arsenal d’explications logiques, historiques ou critiques, pour lui, ce terme est plus qu’un mot vide de contenu, ni un mot renvoyant à d’autres mots, c’est une période axiale, car sans cette haine congénitale des juifs, cet enfant n’aura pas quitté ses parents, il serait resté dans sa ville natale, aurait fréquenté l’université locale ou ailleurs, aurait fondé une famille etc… C’est le rêve brisé qui se transcrit dans ce terme : antisémitisme. Un terme ou plutôt un roc granitique sur lequel se sont brisées plus de six millions de vies, d’existences, d’êtres, de projets et de rêves.

 

Alors, vous demandez vous, qu’ai-je bien pu dire à ce vieux Monsieur, suite à sa question ?  Comme il y a autant d’antisémitismes que d’antisémites, j’ai préféré répondre par une citation d’un grand historien allemand du XIXe siècle, spécialiste de la Rome antique et dont la statue trône à l’entrée de l’Université Humboldt de Berlin, un certain Théodore Mommsen, grand spécialiste de la Rome antique. J’insiste, pour dire que cet homme n’avait pas la moindre racine juive et pourtant il a porté un jugement très lucide et sans complaisance sur l’antisémitisme. Voici la citation de Mommsen : Quand Israël a fait sa première apparition sur la scène de l’histoire mondiale, il n’était pas seul, il était accompagné de son frère jumeau. Et qui était ce frère jumeau ? L’antisémitisme !!

 

Aucun trait du visage du vieil homme n’a tressailli. Je lui ai appris ce qu’il savait déjà… J’admire la force intérieure,  la vigueur interne, la force morale de cet homme qui a toujours tourné le dos à tout dolorisme, toute victimologie, et cet exemple doit être suivi par tant d’autres gens, qui se plaignent constamment ou en veulent à la terre entière qui n’y est pour rien. Mais il faut les comprendre.

 

J’en fais part à Danielle qui me dit que ces hommes ont traversé des choses si affreuses , qu’ils ont une  incomparable force morale qui les aide à tenir et à faire face. Surtout quand vous êtes un enfant…

 

Cécile, notre hôtesse, me propose de m’assoir auprès de son beau-père pendant le déroulement du séder. Et là je dois vous dire que cette jeune dame a édité une Haggada avec des commentaires qui actualisent la lutte éternelle de tout homme pour la liberté. Tout a été organisé au millimètre : chacun a sa partition, son texte à lire, les prières sont récitées en hébreu, d’autres sont traduites. En fait, un beau séder libéral mais fidèle. Ses commentaires me rappellent une phrase de Heschel : Aucune religion n’est une ile isolée du reste du monde. Techniquement, nous sommes répartis sur trois tables et au lieu de lire ou d’agir, je regarde tout autour de moi et je vois l’un des fils de Monsieur et Madame Rothschild. Si l’enfant Werner n’avait pas été sauvé, les fils n’auront jamais vu le jour. Mais si la famille est différemment constituée, il y aurait eu des conséquences…

 

Il n y a que chez les juifs que de telles rencontres, inattendues, se produisent. Un soir de séder chez Cécile et Michael Rothschild…

 

De fait, trois ans après la fin de la guerre, Werner prendra le bateau pour se rendre aux USA. Son épouse qui nous fait face a quitté l’Allemagne avec ses parents quand n’avait que trois ans.

 

Quelle histoire ! Je me demande en tant que philosophe qs’il existe vraiment une histoire juive ou plutôt un martyrologe ?  N’existe-t-il pas plutôt un destin juif sur lequel nous n’avons aucune prise ?

 

L’hsitoire juive n’est pas une histoire à la Hérodote ou à la Thucydide. L’zacteur principale de cette histoire n’est autre que le Crétaeur de l’univers qui, pour des raisons de lui seul connues, a jeté son dévolu sur ce peuple sans jamais lui demander son avis.

L’histoire d’Israël dont le séder fête la naissance se considère comme l’horloge de l’humanité. Et Israël a rendez vous avec Dieu. Comment arriver en retard à un tel rendez vous ? L’Histoire universelle ne s’en remettrait pas.

Maurice-Ruben HAYOUN

 

 

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10/04/2017

L'élection présidentielle française vue de New York

Mais quelle histoire. Ici, sans télé ni journaux français mais avec l'application BFM TV sur le smartphone on prend ses réelles dimensions et on réalise ce qu'on est, par rapportt au reste du monde: peu de choses, hélas, trois fois hélas. Il est loin le temps où le général de GAulle et son idée de la France ne sont plus d'actualkité. Ni la grandeur de la France...

Un exemple tout simple: alors que chez nous, l'idée du travail le dimanche a mis des millions de gens dans les rues de France, hier, dimanche, en plein Madison, tout etait ouvert, je dis bien tout au point que je me demandais que jour on était. Icic, tout est plus pragmatique, plus direct, plus rapide. Ils n'ont aucune idée de la burocratie ni des complications administratives. Mais il y a aussi le revers de la médaille.

Il n'est pas d'être vieux, malade ou chômeur à NY.

Hier soir, avant d'aller domrir, je parlais avec Paul W. de son travail: il se lève à 6heures dyu matin, est au bureau vers 7h et demi, travaille jusqu'à 20 heures et mange en travaillant. Il me raconte la mésaventure de son collègue plus âgé, un homme de 58 ans. Il vient de ^'etre licencié pour non apport suffisant à la société de finances où il oeuvrait. Depuis il cherche vainement du travailk,  il doit vendre sa maison car il ne peut plus en payer les traites...

La suite de la dégringolade ne va pas tarder: divorce, prolétarisation etc.. maladie, etc...

Les François devraient savoir qu'ils ont de la chance et comprendre qu'ils vivent dans un pays de Cocagne en ronchonnant.

Chanez de sport national!!

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