26/02/2017

Fr Fillon et Le Pen : le geste de trop de la part de l’institution judiciaire ?

 

Fr Fillon et Le Pen : le geste de trop de la part de l’institution judiciaire ?

 

 

 

Cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre. Deux poids lourds, les deux à être presque certains de figurer au second tour sentent l’épée de Damoclès de la justice peser sur leur tête Mais depuis vendredi soir, les choses se sont accélérées au point d’indisposer gravement l’opinion, toutes tendances confondues. Les gens n’acceptent pas que les juges prennent l’élection, leur élection, en otage, et tentent volontairement ou involontairement, d’en fausser les résultats, par une mise en examen, par exemple, ou en renvoyant le cas Fillon devant trois magistrats chargés d’approfondir les enquêtes…

 

 

 

Les commentateurs avisés dont je ne suis pas relèvent que le communiqué du PNF laisse transparaître une certaine gêne puisqu’il reconnaît ne pas avoir suffisamment d’éléments à l’heure actuelle afin d’aller plus avant. Mais qu’il y a des charges, des indices concordants incitant l’institution à ne pas clore le dossier… Cela masque mal un certain malaise.

 

 

 

Le non juriste que je suis ne comprend pas bien et il semble qu’il ne soit pas le seul. On subodore derrière toute cette agitation non point seulement une instrumentalisation de la justice mais une volonté de ralentir, voire de bloquer un processus qui, s’il venait à se confirmer, renverrait Fillon et Le Pen au second tour de l’élection et marquerait l’élection de Fr. Fillon.

 

 

 

Les commentateurs les plus impartiaux s’interrogent sur l’opportunité qu’il y avait à annoncer la nouvelle de la transmission du dossier Fillon à trois magistrats du pôle financier, un vendredi soir alors que le candidat tenait un meeting dans une banlieue de l’Île de France. N’aurait on pas pu attendre lundi matin ? Les juges allaient ils se mettre au travail le soir même, veille de week end ?

 

 

 

Selon d’autres commentateurs qui se répandent sur les réseaux sociaux et les stations de radios, cette décision va conduire les électeurs à faire bloc autour de leur candidat, et ce tant pour Marine Le Pen que pour François Fillon. Ils jugent inadmissible cette ingérence de la justice dans une élection, et surtout une élection de cet ordre.

 

 

 

La justice n’est cependant pas démunie d’arguments : si elle doit requérir, elle peut le faire à tout moment pour peu qu’elle en décide sur la foi d’éléments nombreux et concordants… Est ce la cas aujourd’hui ? Nul, hormis les magistrats ne connaît à fond les dossiers. Mais la question demeure au plan théorique. Enfin, il y a dans cette affaire deux temporalités, l’une judiciaire, l’autre politique et médiatique à la fois.

 

 

 

Mettre à mal l’un de ces deux candidats reviendrait aux yeux de millions de Français, à fausser le résultat de l’élection et ces mêmes millions de citoyens considèreraient qu’on veut les frustrer de leur victoire : rappelons que Marine Le Pen semble depuis le début indétrônable et que les partisans de François Fillon jugeaient cette élection imperdable, il y a tout juste quelques petites semaines. Le caractère systématique des attaques et la minutie avec laquelle de nouvelles pièces sont jetées en pâture, laissent singeur…

 

 

 

Enfin, d’aucuns repèrent dans cet embrouillamini une volonté de favoriser un troisième candidat qui jusqu’à présent, semble épargné par la tourmente, même si les caciques ne jurent de rien, faisant valoir qu’en deux mois, il peut se passer tant de choses.

 

 

 

Les juges font leur travail mais ce ne sont pas les juges qui font l’élection. Il faut faire très attention car il y va de leur crédibilité et de l’équilibre des pouvoirs. Il ne faut pas chercher à peser sur une élection. L’institution judiciaire est déjà mise à mal par tant de choses, il ne faudrait pas que cela aille en empirant. On a déjà connu un cas où un candidat soupçonné par la justice a déjoué tous les pronostics et a fini par élu à la présidence.

 

 

 

La justice a la mémoire longue. Qu’elle agisse intelligemment, c’est-à-dire en évaluant toutes les forces en présence. Et surtout en faisant de la présomption d’innocence l’alpha et l’oméga de son action.

 

 

 

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 février 2017

 

10:05 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

Un deuxieme tour Fillon-LePen, l`extreme-droite en bave d`avance car la politique d`austérité promise par Fillon va probablement le désavantager dans ce duel contre un populisme nationaliste promettant aux simples d`esprit de tout solutionner par un isolationnisme a la Trump. Si, par contre, Fillon est sorti du ring, meme par des manoeuvres judiciaires opaques, Macron a plus de chances contre l`extreme-droite. Il me semble que, quitte a choisir entre Fillon et Macron, ce dernier est préférable si le score de l`extréme-droite en est réduit. Cela dit sans pour autant que je sois un fan de Macron car si Fillon est un triste comptable, lui est un amateur de cette tarte a la creme appelée "compétitivité économique" et truffée de réduction salariales et d`emploi.

Écrit par : jean jarogh | 26/02/2017

"Un deuxieme tour Fillon-LePen, l`extreme-droite en bave d`avance" Je pense exactement le contraire. Fillon ne va peut-être pas faire le score de Chirac mais va l'emporter pour les mêmes raisons que jean jarogh utilise l'appellation "extrême-droite" pour le FN de MLP : la diabolisation, qui va faire que beaucoup voteraient Fillon en vertu de l'injonction qui veut qu'entre deux maux, on choisit le moindre.
Par contre, la clientèle de Macron : les bobos, qu'ils soient de la droite du PS (relativement aux gauchistes de Hamon) ou centristes ou écolos ou juppéistes déçus, ne fait pas le poids pour voter Hollande II. Hollande I a largement suffi aux Français pour que la majorité vote MLP...

Écrit par : Géo | 26/02/2017

Il est en effet probable, Geo, que Fillon l`emporterait contre LePen au deuxieme tour mais, connaissant les francais, il y aurait probablement moins de report de voix de la Gauche sur Fillon que de la Droite sur Macron (qui est, tout le monde en est conscient, un "gauchiste" de Droite). Le poids du FN dans la politique apres les élections n`est pas sans importance, surtout qu`une politique d`austérité a la Fillon n`apporterait probablement rien a la France puisqu`on ne peut pas créer d`emplois en s`asseyant sur le tiroir-caisse. A part cela, appeler un chat un chat, ce n`est pas de la diabolisation; le Front National est une formation d`extreme-droite (eux-memes en conviennent et en sont fiers) avec des idées typiquement d`extreme-droite qu`en d`autres temps on aurait qualifiés sans probleme de "fascistes".

Écrit par : jean jarogh | 26/02/2017

"le Front National est une formation d`extreme-droite (eux-memes en conviennent et en sont fiers) avec des idées typiquement d`extreme-droite qu`en d`autres temps on aurait qualifiés sans probleme de "fascistes"."
Vous êtes comme d'habitude dans le mensonge, jarogh. Le FN de Jean-marie était d'extrême-droite, mais Jean-marie s'est fait éjecter et il faut en féliciter Marine le Pen. Jean-marie le Pen peut être tenu pour responsable de l'invasion de la France par les barbares arabo-musulmans : ses outrances et ses stupidités ont décrédibilisé la défense de la civilisation française au profit de l'horreur multiculturelle. Le FN actuel est un parti de droite nationale contre l'internationalisme droitier ou gauchiste.
Sur le plan de la propagande, je dénote par contre dans vos interventions beaucoup de ce que l'on peut ressentir comme une forme de fascisme, sans le moindre doute, après plus de 45 ans d'expérience de la chose...

Écrit par : Géo | 26/02/2017

Faut arreter de fumer la moquette, Geo. Ceux qui votent pour la fille sont les memes qui votaient pour le papa plus tous ceux qui votaient pour Sarkozy car ils ne revent que de pouvoir vivre dans État policier. Il ne suffit pas de changer l`étiquette de la bouteille de piquette pour que ca devienne buvable. Vous avez 45 ans d`expérience du fascisme? Racontez-moi ca, je brule de curiosité.

Écrit par : jean jarogh | 26/02/2017

"Faut arreter de fumer la moquette"

Une expression trop facile dont on se sert pour discréditer son interlocuteur. C'est minable!

Tout semble aller dans le sens de Géo qui a bien ciblé la cause.

Wait and see est ma devise dans ces temps incertains!

Écrit par : Patoucha | 26/02/2017

Les commentaires sont fermés.