25/01/2017

Que reste t il de Jérusalem?

Que reste t il de Jérusalem…

Il arrive que le hasard fasse bien les choses. Mais pas toujours, ce n’est pas une loi absolument infaillible. En revanche, au fil des lectures, il arrive que l’on tombe sur des références qui fassent un véritable clin d’œil à l’actualité internationale la plus brûlante. C’est donc le cas avec la ville si disputée de Jérusalem que tous veulent posséder, comme si cette ville n’était qu’un espace alors qu’à l’évidence, il s’agit d’un lieu hors du temps, d’un espace spirituel que tout homme peut posséder dans son cœur : il lui suffit d’y penser très fort en fermant les yeux, où qu’il se trouve sur toute l’étendue du globe terrestre.

La main du hasard ou celle de la Providence a revêtu les atours du nouveau président américain qui chaque jour que Dieu fait, ne cesse de défrayer la chronique ; sa position sur le sujet est connue, il l’a dit et redit : il compte transférer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem et la simple mention de ce déménagement promet de susciter de graves tensions dans la région mais aussi dans d’autres régions du monde.


  

Que reste t il de Jérusalem…

 

Avant de dire un mot des différentes mentions nostalgiques et chaleureuses de la cité du roi David, lequel on l’oublie parfois, est à l’origine de la monarchie de droit divin, reportons nous à un beau roman Jusqu’à la mort de l’écrivain israélien Amos Oz qui parle de cette ville non comme d’un lieu comme un amour absolu. A part Alain David, je crois que personne n’a pris soin de s’interroger sur cette dénomination qui rejoint d’ailleurs les lignes précédentes : Jérusalem est profondément enfouie dans le cœur de chaque homme, pour peu qu’il soit adepte de l’un des trois monothéismes… La phrase d’Amos Oz est très brève ; il parle de hordes de croisés qui, défiant tous les dangers, se sentent pousser des ailes en entreprenant cette longue et périlleuse marche vers un lieu qui n’est pas un lieu, un espace qui n’a rien de spatial, une entité dont ils ne savent rien sinon que cette ville abrite le tombeau du Christ. Même s’ils commettent un grave contresens en mêlant le fracas des armes au message d’amour de leur Dieu contenu dans les Evangiles -et, en effet, ils ne massacrèrent les communautés rhénanes qu’ils traversèrent au cours de leur périple vers la Terre sainte- rien ne parvient à les dévier de leur chemin. Voici ce qu’écrivait l’auteur israélien : Et ce n’est pas chez eux qu’ils allaient ; Ils avaient depuis longtemps oublié les hommes et leurs demeures. Et ce n’était même pas vers Jérusalem qu’ils allaient, qui n’est pas un lieu mais amour absolu !

Cette comparaison renferme peut-être la plus émouvante, la plus expressive transmutation de la ville trois fois sainte : certes, la Realpolitik taxera de suprême naïveté un tel discours portant sur l’avenir d’une cité pour laquelle tant d’êtres humains ont donné leur vie. Et cela ne remonte pas à hier ni à avant-hier comme on peut le constater en lisant certains passages de la Bible, notamment de la littérature prophétique.

Comment donc tout cela a-t-il commencé ? On peut s’en faire une idée en prenant les choses à l’envers. Chacun connaît les frères Reinach, Théodore et Salomon, auxquels la municipalité de Boulogne sur Seine, où ils résidaient, a donné le nom d’une rue ; l’un des deux frères, grand historien français du XIXe siècle, a eu cette phrase polémique et volontairement provocatrice au sujet de la cité du roi David : s’il fallait rendre Jérusalem à quelqu’un, ce serait aux Jébuséens ! Je précise que cette peuplade, entièrement engloutie sous les flots d’une histoire tumultueuse, fut la dernière occupante de ce qui n’était à l’poque, vers le XIe siècle avent notre ère, qu’un tout petit village de quelques centaines d’âmes, des bergers pour la plupart, juché sur un aride piton rocheux. A l’aide d’une ruse de guerre, si l’on en croit l’historiographie biblique qui adopte une lecture théologique des événements, David se rend maître des lieux mais les récits de cette aventure sont empreints d’un incontestable caractère légendaire.

Et pourtant, et c’est là qu’on retrouve la remarque quasi visionnaire de Amos Oz, la religion juive a fait de cette cité si pauvre, si difficile d’accès, le berceau du peuple qui fit don du monothéisme et du messianisme au reste de l’humanité. Dans tous les livres prophétiques, ceux de Samuel, celui d’Isaïe, de Jérémie, d’Amos, l’attachement à cette cité est omniprésent. Sans même parler des Psaumes qui vouent à Jérusalem un culte quasi idolâtre, tant le Psalmiste, l’homme le plus religieux que la terre ait jamais porté, nous assure qu’ile ne saurait vivre sans Jérusalem. Sans elle, sa vie n’a plus de sens. Chacun connaît le célèbre serment : Si je t’oublie Ô Jérusalem, que ma droite m’oublie, que ma langue se colle à mon palais. Le message est tout aussi clair : sans Jérusalem, je n’ai vraiment rien à dire, soupire le Psalmiste. Le Psautier qui compte 150 pièces pour les juifs et un de plus pour les Chrétiens, exalte aussi le passé mythique de la monarchie davidique : l’auteur prie pour la paix de la cité, pour le bien-être de ses habitants comme du temps où le roi y tenait conseil et y rendait la justice…

Aucune autre ville n’a été autant sacralisée, sanctifiée, recherchée, au motif que c’est bien là que le Dieu biblique a souhaité résider ; pas vraiment car lorsque David veut construire une résidence pour le Dieu de son peuple, il ne peut s’agir que de Jérusalem. Et c’est son fils, le fameux roi Salomon, qui aura le privilège d’édifier un tel lieu. Depuis lors, vers 970 avant notre ère, puisque la royauté salomonique durera, comme il se doit, quarante ans,, Jérusalem dominera la vie du peuple juif. Il faut relire la prière du roi Salomon lors de l’inauguration du temps de Jérusalem, pour mesurer l’étendue et la profondeur de ce que Amos Oz a nommé un amour absolu. Salomon invoque la paix et la protection divines sur son peuple, tout en priant pour l’humanité. Il supplie Dieu d’agréer les prières de l’étranger qui, ayant entendu parlé de toi, vient te rendre hommage dans ton temple…

Véritable coup de maître qui a fait dire à l’un des éditeurs des Intertestamentaires dans la collection de La Pléiade que d’une simple petite chapelle royale on a fait un temple universel dédié au culte de toute l’humanité. C’est un peu vrai même si cela réduit –involontairement- l’attachement du peuple d’Israël à ce symbole qui ne l’a jamais quitté durant un exil bimillénaire.

Dans les trois prières quotidiennes, au cours des solennités ou des fêtes religieuses (Pâque, Pentecôte, tabernacles) les références à Jérusalem et au retour à Sion sont omniprésents. Cela tourne carrément à l’obsession. Cette ivresse de la ville sainte a tout de même connu, elle aussi, un phénomène de spiritualisation : le culte sacrificiel, pratiqué au sein du temple de Jérusalem, céda, vu les nécessités de l’heure, devant le culte du cœur, à savoir la prière. Mais la nostalgie de Jérusalem est restée tout aussi brûlante. Comme une sorte de fièvre amoureuse qui a laissé des traces dans le Cantique des Cantiques.

Nous sommes à des années-lumière d’une approche politique de la question où l’on en vient à espérer une sorte d’extensibilité de cette ville pour donner satisfaction à tous ceux et à toutes celles qui s’en réclament. Même si, historiquement, archéologiquement et religieusement, c’est le judaïsme, et dans son sillage, le christianisme, qui ont le droit de la revendiquer. Mais ne faut-il pas approcher cette épineuse question avec amour, de soi-même, assurément, mais aussi de l’autre ?

La vocation de Jérusalem est d’être un havre de paix, un lieu, comme le dit le Psalmiste où les cieux embrassent la terre… De Jérusalem il reste à conquérir le cœur. MRH

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Commentaires

Cher Professeur,

Et si la Paix, et donc Jérusalem, devait aussi se conquérir comme l'amant conquiert sa bien-aimée ? Et si Jérusalem devait être délivrée des mains mortifères qui l'emprisonnent et l'étouffent pour que la Paix y retrouvent ses droit de...cité ?
Le règne de Salomon a été un règne sans guerre et le roi a battu bâtir le Temple. Son père, David, avait trop combattu pour en avoir la charge et le privilège.
De qui Jérusalem et son cœur sont ils les promis ? De ceux qui aspirent à la Paix et donc à la reconnaissance de l'Autre, non ?

Écrit par : Alain | 25/01/2017

Les "derniers" coups de couteaux de Obama jetés en pâture. Il pensait que cela allait passer inaperçu....

Dans les dernières heures du bureau, Obama a envoyé 221 millions de dollars aux "Palestiniens"

23 janvier 2017 16h56 Par Robert Spencer 108 Commentaires

S'assurer, dans l'un de ses derniers actes, de financer des appels à la destruction d'Israël, ainsi que pour le génocide et le meurtre d'Israéliens.

"Les Etats-Unis ont envoyé 221 millions de dollars aux Palestiniens dans les dernières heures d'Obama", par Matthew Lee et Richard Lardner, Associated Press, 23 janvier 2017:

WASHINGTON (AP) - Les officiels disent que l'administration Obama dans ses heures de déclin a défié l'opposition républicaine et a tranquillement libéré 221 millions de dollars à l'Autorité palestinienne que les membres du GOP du Congrès avaient bloqué.

Un fonctionnaire du Département d'Etat et plusieurs conseillers du Congrès ont déclaré que l'administration sortante avait officiellement informé le Congrès qu'elle dépenserait l'argent vendredi matin. Le fonctionnaire a déclaré l'ancien secrétaire d'Etat John Kerry avait informé certains législateurs de la déménagement peu de temps avant qu'il a quitté le Département d'Etat pour la dernière fois jeudi. Les aides ont indiqué qu'une notification écrite datée du 20 janvier avait été envoyée au Congrès quelques heures seulement avant que Donald Trump prît le serment d'office.
(..)

https://www.jihadwatch.org/2017/01/in-final-hours-in-office-obama-sent-221000000-to-the-palestinians

Écrit par : Patoucha | 25/01/2017

@Alain

Vous faites preuve d'une naïveté sans nom!

"Et si la Paix, et donc Jérusalem, devait aussi se conquérir comme l'amant conquiert sa bien-aimée ?"

Vous seriez donc prêt à partager votre maison avec un amant qui détruit votre vie pour avoir la "paix"?

"De qui Jérusalem et son cœur sont ils les promis ?"

Jérusalem est le berceau du Judaïsme! Et ce ne sont pas les décisions d'incultes pro-nazis qui vont changer quoi que ce soit! Vous avez d'autres questions?!

Écrit par : Patoucha | 25/01/2017

@ Patoucha
Je crains de m'être mal fait comprendre.
Je faisais allusion au Cantique des Cantiques. Dans le Cantique des Cantique, Israël est la bien-aimée et D. est l'amant... (pour faire simple et que le Professeur Hayoun me pardonne). Si la Paix peut régner à Jérusalem, c'est sous le gouvernement du peuple juif et pas d'un autre, surtout si cet autre n'existe pas.
Jérusalem et son cœur sont donc les promis d'Israël.
J'espère être plus clair. Et certainement pas naïf :) .

Écrit par : Alain | 25/01/2017

@Alain

Ben, on ne peut être plus clair, parce que là, franchement, je n'ai pas fait le rapprochement avec le Cantique des Cantiques et ne comprenais donc pas... :) Mille excuses car pour le coup je ne sais plus où me mettre.... Il va falloir que je me penche un peu plus sur ce livre de la Bible dont je ne connais pas tout.

Écrit par : Patoucha | 25/01/2017

C est clair que quand on parle des livres saints comme les deux collègues ci dessus parlent des siens, ils essaient de noyer le poisson même au 21 ème siècle car pour les non-spécialistes, ce qu ils racontent ci dessus est incompréhensible même en français et peut être c est leur but!

Avant de se fier à des dires des livres saints, n importe lesquels, on y trouve souvent des absurdités datant soit de 2 ou 3 milles ans au plus vieux ou de 2 milles ans pour le christianisme et de 1300 ans pour l Islam. Alors nous sortir des Histoires sur Jerusalem comme les commentaires des collègues-contributeurs cités ci-dessus et si vous les lisez vous voyez que vous n en comprenez rien. Rien, sauf justifier comment écraser encore les palestiniens ce qui se fait depuis 70 ans. Si les livres saints disaient des choses et que ces livres se rendent compte aujourd hui de ce que les Colons Ultra-Orthodoxes font d après ces dires quand ils sont présidés par Trump ou ce que le Hamas fait selon son "livre saint" et présidé par Qatar et Saoudie ou ce que Daech fait quand soutenu par les USA et préféré sur Assad par Israel ou Al Nosra/Al Qayda soutenues par Fabius et Hollande car il fait du bon boulot en Syrie selon eux, nous sommes certains que ces "Dieu, Allah, Résultats de recherche
Les noms de Dieu utilisés dans le judaïsme comprennent le Nom de quatre lettres, YHWH...retiraient illico leurs dires confisquées et usurpées pour d autres motifs surtout des motifs de Guerriers-Assassins et Dieu-Argent.

Libre, comme d habitude, à M. M.-R.H. de me publier ou de me censurer.

Écrit par : Charles 05 | 26/01/2017

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