09/11/2016

L’élection de Donald Trump, c’est la défaite et le désaveu des Obama

 

L’élection de Donald Trump, c’est la défaite et le désaveu des Obama

 

Cette élection surprise d’un homme que la presse US a entièrement voué aux gémonies, disant de lui pis que pendre, diffusant un enregistrement où il parlait très mal des femmes et débiter des grivoiseries, oui toutes les tentatives pour l’écarter du pouvoir et le noircir aux yeux de l’opinion publique ont été vouées à l’échec. La solidité de ce septuagénaire  équivaut à un cinglant désaveu du pouvoir en place, je veux dire de Barack Obama qui risque d’être sérieusement handicapé pour la suite de son mandat. Certes, il ne pouvait que coller à la candidate démocrate car il savait fort bien que D. Trump se promettait de défaire toutes ces réformes, notamment le très controversé Obama care…

 

Mais ce n’est ni le plus grave, ni le plus important. Ce qui est gravissime, ce sont les erreurs de la presse et aussi les fausses prévisions des sondeurs. Jusqu’à la dernière minute, les instituts de sondages donnaient la candidate démocrate vainqueur. Et comme les media avaient donné de Trump une image des plus affreuses, les gens n’ont pas suivi et même dans les états réputés hostiles au parti républicain, ils ont massivement voté pour Trump.

 

C’est très grave. Ce n’est pas l’élection qui l’est, car après tout il y a le précédent de Ronald Reagan où cette même presse et les intellectuels de la côte ouest voyaient un acteur raté, eh bien il est l’homme qui a détruit l’URSS sans tirer un seul missile. En 1989, elle ‘na pas pu suivre la guerre des étoiles que Reagan avait enclenchée : la posture idéologique n’a pas pu sauver un régime menacé par la faillite économique.

 

Les faits aujourd’hui ne sont pas comparables mais le constat est tout aussi aberrant : comment les meilleurs média du monde, les meilleurs instituts de sondage ont ils pu se tromper à ce point ? Tourner le dos à une opinion publique qui les considère entièrement corrompus, dévoyés et centrés sur eux-mêmes ? Derrière ces résultats se profile une profonde crise spirituelle, le rejet des élites, accusées d’avoir tourné le dos à la vraie vie, celle des gens simples qui n’ont fréquenté ni Yale ni Harvard  mais qui voudraient être gouvernés par des gens comme eux… Cette accession à la Maison Blanche d’un grand chef d’entreprise va changer tant de choses. Mais le plus grave, au risque de me répéter, c’est la perte de confiance dans les média, copieusement sifflés dans tous les meetings de Trump… Sauf erreur de ma part, les media à plus de 90% étaient pour la candidate démocrate.  Et pourtant, elle a été battue.

 

Les sans voix, les petites gens, les sans diplômes, bref les gens simples ont été conquis par un tribun un peu populiste mais qui n’a jamais fréquenté les meilleures pépinières de l’establishment. Je pense toujours que le couple Obama a signé ici son indifférence et la preuve qu’il ne sentait plus le pays : cela va être très dur de rester jusqu’en janvier. Obama dont l’acquis en matière de politique étrangère est bien mince peut se faire du souci surtout concernant l’accord avec l’Iran…

 

En plus de la crise politique, il va devoir affronter une grave crise morale. On dit qu’il a déjà convié Trump à venir parler avec lui dès demain, de l’avenir du pays. Trump s’y rendra par politesse mais il n’aura pas oublié de sitôt ce que Obama et son épouse disaient de lui il y a moins de quarante-huit heures…

 

Je pense que cette élection aura aussi des conséquences sur l’élection présidentielle en France. Certains électeurs risquent d’établir un parallélisme entre Donal Trump et… Marie Le Pen. Cela va renforcer aussi la méfiance à l’égard des médias et des élites, que l’on dit coupées des réalités… C’est un peu vrai, mais un pays comme la France ne tiendrait pas une seule journée si tous les énarques, tous les polytechniciens, tous les professeurs et tous les avocats cessaient le travail.

 

Comment ressouder ensemble ces deux blocs de la socio culture française ? Trump l’a  compris puisqu’il a déjà lancé un appel vibrant à l’unité de la population US. Mais il est évident que dès janvier il va administrer à son pays un véritable électrochoc : une vingtaine de décrets présidentiels qui mettront tout à plat, tout ce que son prédécesseur aura fait. Je le répète, il faut de l’éthique, de vraies idées et non pas des slogans, une vraie stratégie et non pas de la tactique. Je me suis toujours dit que l’élection d’un président afro-américain ne représentait pas grand chose, si ce n’est par sa valeur symbolique..

 

Mais cela n’a pas suffi puisque même la Pennsylvanie, bastion démocrate s’il en est, suit Trump. Je le répète, que Trump ait été élu n’est pas grave en soi, ce qui l’est véritablement c’est la crise morale : le désaveu des élites, la méfiance vis-à-vis de la classe politique.

 

Et ce genre de crise est plutôt contagieuse : mais en quelques mois d’ici mai 2017, un président et un gouvernement courageux peuvent peut-être redresser la barre.

 

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 9 novembre 2016

 

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Commentaires

Je ne vais trop caricaturer la chose en ce qui concerne l Election présidentielle française en mai 2017. Tout d abord, cette dernière est pour choisir Monsieur le Maire de la France étant donné que la France fait partie d un autre Etat-Union qui s appelle l Union Européenne présidée à Bruxelles. Et cette UE est un département ou un Etat des EUA, par exemple son 51 ème Etat. Donc tout Président des EUA est le Président de la France entre autres et de l UE (sauf l Allemagne et la GB qui font partie des cinq yeux inventés par Reagan avec leur NAD (la National Agency for Democracy) ou le NID (la National Institut for Democracy, présidé par H. Clinton).On ne va pas déranger les européens du vieux continent pour aller voter pour Trump ou Clinton H, les américains ont voté à leur place.

Écrit par : Charles 05 | 09/11/2016

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