28/10/2016

La prise de Mossoul implique t elle la prise de Rakka?

La prise de Mossoul implique t elle la prise de Rakka? Réflexions sur des dissonances entre alliés…

La bataille de Mossoul a déjà commencé et ne tardera pas à donner les résultats escomptés même si l’armée irakienne, y compris la division d’élite, appelée la division d’or, a été engagée. On parle de démineurs qui ouvrent la voie aux blindés et aux fantassins, mais qui ne sont pas suffisamment équipés ni bien préparés, ce qui explique le nombre élevé de morts et de blessés lors de ces déminages en série. Mais hélas, à la guerre comme à la guerre : on ne combat pas en Orient comme on combat en Occident où la vie des soldats prime tout le reste.

Malgré le nombre élevé de victimes, Mossoul sera prise. La question qui se pose est de savoir si les débris de l’armée djihadiste ne vont pas aller se réfugier dans leur réduit de Rakka en Syrie, auquel cas cette fuite ruinerait la victoire remportée à Mossoul. Et là nous voyons une faille entre les alliés occidentaux : un doute plane sur la volonté de B. Obama de combattre Daesh même en Syrie. Pourquoi ? Pour la bonne raison que les USA ne parlent pas avec Bachar et sont en froid avec la Russie qui tient la corde en Syrie : impossible, pourtant, de laisser subsister un centre de Daesh en Syrie, ce serait alors donner un coup d’épée dans l’eau à Mossoul.  Les Occidentaux et leurs alliés arabes le savent, la France en tête, mais voilà sans les USAA l’Europe et le reste du monde ne peuvent rien faire.

Les Russes rêvent d’entraîner avec eux la coalition occidentale dans leur croisade contre Daesh. Mais comment pactiser avec Poutine qui a violé la frontière de l’Ukraine, annexé la Crimée et bombarde indistinctement les rebelles et Daesh ? Enfin, les USA soutiennent, financent et arment des groupes que Poutine entend détruire pour faire place nette à l’armée de Bachar… Enfin, intervenir en Syrie, dans Rakka, sans l’aval des Russes relève de la mission impossible.

Le ministre russe des affaires étrangères a laissé la porte ouverte à un accord en disant que le contingent russe sur place en Syrie, coupera la route à un repli de Daesh dans son réduit syrien. Les Français, incapables par leur taille de peser sur la situation sur le terrain soulignent que Mossoul n’est pas l’objectif final, mais bien Rakka, afin d’empêcher Daesh de préparer à partir d’un territoire à lui, des attentats en Europe.

L’imbroglio est le suivant : sans les USA on ne peut pas agir en Irak. Mais sans la Russie on ne peut pas agir en Syrie. Or, laisser subsister en Syrie le réduit de Rakka annule tous les bienfaits d’une reconquête de Mossoul. Partant, il va bien falloir œuvrer avec Poutine sans vraiment pactiser avec lui, en raison de son comportement violent aux frontières de l’empire et de ses menaces sur les anciens satellites de la défunte URSS.

Pour parer à toute éventualité, les Français ont prolongé la mission de leur porte-avions en Méditerranée orientale, mais sera ce suffisant ? Nullement. Ils ne disposent pas d’assez d’avions pour compenser une éventuelle défection des Américains. Il faudrait qu’Obama parte avant janvier 2017. Or, l’élu en novembre n’exercera le pouvoir qu’en janvier, ce qui laisse à Obama le temps d’agir à sa guise, dans la plénitude de ses fonctions. On dit même qu’il pourrait profiter de ce laps de temps pour se venger de Netanyahou au Conseil d e sécurité de l’ONU.

On le voit, ce qui coince c’est la statut de la Russie en Europe. Poutine détient une minorité de blocage ici et ailleurs. Il faut trouver une solution car il ne cèdera pas, même si la Russie est en récession, même si cela risquer d’empirer. Vu la nature de ce personnage, il ne faut pas chercher à le faire céder. En Syrie, il est le maître du jeu.

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