30/06/2016

Solidarité avec le peuple turc, victime du double jeu et de la duplicité de son président, R. T. Erdogan

Solidarité avec le peuple turc, victime du double jeu et de la duplicité de son président, R. T. Erdogan

Le terrible attentat qui a frappé il y a presque deux jours le grand aéroport international d’İstanbul est parfaitement abject et a été le fait incontestable de l’Etat islamique, furieux de voir que l’Etat turc, après l’avoir considéré comme un allié objectif contre les rebelles kurdes, retournait ses armes contre lui, bombardait ses positions en Syrie et faisait arrêter ses agents dans les frontières mêmes du pays. Cela n’enlève rien au caractère barbare de cet acte et cela nous conduit le plus sincèrement du monde à partager la douleur du peuple qui a, une nouvelle fois, payé un lourd tribut à la lutte contre le terrorisme. Mais il faut aller plus loin dans l’analyse, si l’on veut que de tels désastres ne se reproduisent plus et si l’on veut que les Turcs retrouvent enfin la paix au sein de leurs frontières.

Qui a créé cette situation prés insurrectionnelle ? Qui a monté les uns contre les autres au sein même de la nation turque, au lieu de bien intégrer les Kurdes et de créer une grande nation réconciliée ? Qui a mené une politique tant interne qu’externe, en dépit du bon sens et de l’intérêt bien compris d’un pays, censé faciliter les échanges et occuper une position médiane entre l’Occident et l’Orient ? La réponse est nette et claire : c’est la politique menée sous l’impulsion du plus haut sommet de l’Etat.

Lors d’un précédent papier nous avions énuméré les contours sinueux d’une politique étrangère erratique, inspirée par un homme que les plus grands chefs d’Etats de la planète jugent imprévisible. L’entourage de la chancelière allemande jugeait que l’homme est absolument unberechenbar, imprévisible. Comment négocier avec un responsable impétueux, qui croit qu’il a toujours raison, qui veut faire changer le monde au lieu de changer sa propre opinion sur le monde…

Une coïncidence que personne n’a relevé, tant elle était incroyable : mardi dernier, la chaîne Arte publiait un THEMA sur la Turquie et dénonçait justement la duplicité du Grand Turc… Et au même moment on apprenait le désastre survenu à Istanbul qui se solde, nous les savons désormais, par 41 morts. Un massacre ! Et je renouvelle mon soutien et mes condoléances au peuple turc qui mérite d’être mieux gouverné.

Un exemple de l’imprévisibilité de M. Erdogan : alors qu’il disait pis que pendre de l’Etat d’Israël durant six années de brouille violente, alors qu’il menaçait la Russie des pires sanctions, le voilà qui conclut hâtivement un accord avec l’Etat juif, hâte l’échange d’ambassadeurs, et par rapport à Poutine, exprime ses regrets, veut dédommager els Russes de la perte du bombardier abattu, etc… Alors qu’il y a peu, il réitérait ses menaces contre le Kremlin…

Que s’est il passé ? L’homme a enfin eu un éclair de lucidité et a compris, enfin, que l’isolement volontaire de son pays ne présageait rien de bon.. Les projets d’Erdogan ont partout failli : vers l’Europe, vers les pays arabes, vers la Syrie, vers l’Arabie saoudite, vers l’Iran, vers Israël ! Aucun succès enregistré depuis toutes ces années et toujours ces rodomontades contre la terre entière.

On constate désormais les résultats.

Vis-à-vis de Daesh le constat est encore plus dur : il ne faut jamais oublier que les Turcs, et au premier chef Erdogan, sont obsédés par les Kurdes du PKK. Tout le drame vécu a Kobané s’explique par cela. Ils se sont dit ; nous et Daesh avons le même ennemi, les Kurdes, renforçons donc Daesh. On voit la suite. Elle est dramatique.

Erdogan a laissé prospérer sur son sol une quantité inimaginable de cellules dormantes qui ont fini par passer à l’action il y a quelques jours. Le nombre élevé d’attentats depuis le début de l’année aurait dû lui mettre la puce à l’oreille.

Erdogan n’a rien voulu entendre jusqu’au jour, récent, où sa politique étrangère est devenue intenable. On aimerait bien connaître les sentiments profonds de l’armée turque devant une telle déconfiture. Même sur ce plan là, l’homme fort du pays a mal agi, en faisant condamner à de lourdes peines de prison des officiers supérieurs, accusés de fomenter des attentats pour déstabiliser le régime. Aucune armée au monde n’aime ni ne supporte que l’on traîne devant les tribunaux ses anciens chefs, surtout lorsque la preuve de leur culpabilité n’a pas été apportée.

Mais il n’est pas trop tard. Une vieille tradition, un vieux apologue soutient qu’on doit aider celui qui veut se purifier… Ha-ba léhittahér messaye’im lo.

Mais Erdogan le veut-il vraiment ? Ne va t il pas, à la première occasion, retomber dans ses errements d’antan ? A moins que…

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 30 juin 2016

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29/06/2016

Bernard-Henri Lévy: la dernière perlme noire lâchée par l’huitre du nazisme…

Bernard-Henri Lévy: la dernière perlme noire lâchée par l’huitre du nazisme…

Ce matin, à partir de huit heures trente, grâce à l’amitié de Guillaume Turin, directeur de la communication du groupe comprenant Paris Première, j’ai pu prendre part à un petit-déjeuner avec Bernard-Henri Lévy, dans le club choisi et distingué que cette chaîne de télévision vient de créer. Le premier invité de ce club fut Jacques Attali.

L’échange a duré quatre-vingt-dix minutes et je ne pourrais, dans le cadre de cet article, revenir que sur ce qui m’a le plus intéressé. A commencer par cette métaphore un peu laborieuse mais très suggestive que l’auteur a appliqué à l’islamisme, autrement dit à l’islamisme radical. Bhl était en forme et avait bien préparé cette rencontre. Comme on se trouvait dans un cercle restreint, composé de personnes a priori bien prédisposées, le philosophe s’est livré sans crainte et de manière assez naturelle.

Je voudrais réagir à une remarque très bienvenue de l’un des responsables, David Abiker, le débat étant animé par mon vieil ami Alexis Lacroix. Abiker a relevé que BHL était l’un des rares interlocuteurs ou commentateurs connus à dire encore sans hésiter : J’espère, j’ai l’espoir. Abiker a ajouté que cette voix dissonante était d’autant plus remarquable dans un univers où la désespérance, le déclinisme régentent les esprits et ont envahi les rédactions. BHL qui a maintes fois dit et répété lors de cette rencontre qu’il est juif a exprimé son accord, en disant que cela provenait peut-être de sa judéité. Ensuite, Alexis a parlé de réparation, et comme il sait un peu l’hébreu, je suis sûr qu’il pensait au Tikkoun des kabbalistes de la Renaissance qui organisaient leur spéculation mystique autour de trois concepts fondamentaux : le tsimtsoum (contraction de l’essence divine pour dégager un espace primordial occupé par la création), le bris des vases (shevirat ha-kélim) (des vases terrestres qui éclatent sous l’effet gigantesque du flux divin) et enfin pour réparer ce drame à l’échelle de tout le cosmos, le Tikkoun, à savoir la restauration de l’harmonie cosmique, telle qu’elle existait au premier matin de la création du monde.

Je laisse de côté l’inconséquence théologique que représente le Déluge où une divinité créatrice -qui jugeait son monde très bien (tov méod)- n’a pas trouvé de meilleur moyen de régénérer son univers qu’en le noyant sous des masses d’eau… En le détruisant pour permettre l’émergence d’un autre ! C’est une autre problématique qui s’explique surtout par la reprise d’un mythe issu d’une culture polythéiste mais que la Bible hébraïque, chef d’œuvre du monothéisme éthique, a intégré sans trop de discernement.

Mais revenons à cette propension juive à réparer, à espérer, à se dire que tout n’est pas perdu, qu’il faut encore et toujours espérer, envers et contre tout. Mais l’espoir n’est pas une dimension exclusivement juive ni biblique. Cet attachement viscéral à la vie, au bien, à la culture et au progrès constituent l’humus d’un messianisme ancestral. Même au VIIIe siècle avant notre ère, le prophète Isaïe annonçait que les choses iraient en s’arrangeant malgré les coups de boutoir de l’armée assyrienne contre la petite Judée. Même Jérémie, quelques siècles plus tard, redonnera, dans son magnifique chapitre XXXI, espoir à la matriarche Rachel en prophétisant le retour de ses fils partis en captivité. Et plus proches de nous, le hymne national israélien s’appelle Ha-Tikwa, l’Espoir.

D’ailleurs, au lendemain de la seconde guerre mondiale, alors que le poids de la Shoah aurait dû éliminer pour toujours l’espoir de toute la surface de la terre, Edmond Fleg, l’auteur d’une belle Anthologie juive, publiait un nouvel ouvrage au titre évocateur, Nous de l’espérance…

Et on trouve aussi bien des notes d’espérance chez Franz Rosenzweig et Emmanuel Levinas, deux auteurs que BHL cite tant dans son dernier ouvrage…

Par ailleurs, un livre consacré à la personnalité et à l’œuvre de Simon Nora, le haut fonctionnaire, frère de l’historien Pierre Nora, vient de paraître. Interrogé, Pierre Nora a divisé en trois parties la dynamique de son défunt frère : le messianisme juif, le sens de l’Etat, la volonté de servir.…

Mais j’ai aussi retenu, dans cette très instructive rencontre, une analyse assez fine de cette obsession de la pureté qui fascine, de nos jours, les intégristes religieux qui jettent un regard désespéré mais aussi dévastateur sur le monde qui les entoure.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève de ce 29 juin 2016.

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28/06/2016

L’accord Israël – Turquie a été officialisé

L’accord Israël – Turquie a été officialisé

Dans un précédent papier on expliquait que l’isolement croissant de la Turquie dans la région et dans le monde lui imposait de procéder à quelques changements, faute de quoi c’était le naufrage, un véritable désastre. La célérité avec laquelle les Turcs ont officialisé l’accord ne laisse pas de surprendre et fait croire que le Grand Turc en avait braiment besoin. Monsieur Erdogan est un émotif et un impulsif. Il avait, il y a moins de six ans, traité Israël de tous les noms, avait eu des mots à Davos avec le Président israélien et voici qu’aujourd’hui il accroit les échanges commerciaux, achète le gaz israélien, s’interpose entre Israël et le Hamas, joue les Monsieur bons offices. Bref, un changement radical.

Objectivement c’est ainsi que les choses auraient dû être, n’étaient les poussées de fièvre du Grand Turc. Israël a souvent aidé l’armée turque à entraîner ses pilotes de chasse, elle a coopéré avec les services secrets d’Ankara jusqu’au jour où celle-ci a nommé un islamiste à la tête de certains services de sécurité… Impossible alors pour l’Etat juif de poursuivre la collaboration avec un tel homme.

Aujourd’hui, l’orage est passé. Mais Israël a bien négocié, il a fait preuve de patience et de ténacité, misant sur l’isolement croissant d’Ankara et attendant des jours meilleurs. Un fait a été d’un poids tout particulier : la tension avec la Russie. Le Grand Turc aurait, dit on, regretté la destruction du bombardier russe et présenté ses condoléances pour la mort du pilote… Incroyable ! Quand on se souvient de la réaction courroucée d’Erdogan les jours qui ont suivi cette attaque injustifiée, on croit rêver. L’homme est vraiment imprévisible. Or Benjamin Netanyahou est très proche de Vladimir Poutine avec lequel il entretient des relations très amicales. Il n’est pas exclu que l’Etat juif ait pu jouer le rôle de l’honnête courtier dans l’éloignement des tensions.

Et puis il y a la situation régionale : Erdogan ne s’entend avec personne dans cette région du monde, pas même avec l’Egypte. Il a donc choisi de renouer avec Israël, constatant qu’il n’était le bienvenu nulle part, ni chez les Arabes, ni chez les musulmans ni chez les Européens.

Espérons que le bon sens finira par l’emporter.

Mais cette fois durablement. Après tout, Israël pactise avec la Turquie, pas avec R.T Erdogan

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26/06/2016

Après le brexit, des réveils douloureux, des vols de votes...

Après le brexit, des réveils douloureux, des vols de votes...

Les Britanniques prennent enfin conscience du mal qu’ils se faits à eux-mêmes, certains allant jusqu’à dire qu’on leur a volé leur voté par le mensonge et la tromperie. Cas de figure fort intéressant : est ce que l’éthique de vérité finira par triompher de la politique, de ses bas calculs et de ses sordides prévisions en trompant les braves gens et en confisquant leur vote ? Ce serait une première. Changer la politique présuppose qu’on change l’homme, vaste programme ! Au moment où nous rédigeons, il y a pas moins de deux millions de Britanniques qui souhaitent reprendre leur vote et s’exprimer à nouveau sur la question. On commence à se dire que l’émotivité a encore joué un mauvais toit à tout le monde. Mais il est encore temps, puisque David Cameron n’a pas encore écrit à la commission de Bruxelles pour enclencher officiellement le brexit.

D’un point de vue strictement juridique, c’est possible, ce qu’un vote a fait, un autre peut le défaire. Le problème est de connaître avec certitude la fin du processus qui ne saurait s’étendre ad infinitum.

Alors que vont faire nos amis britanniques ? Pourront ils vivre et prospérer hors le cadre juridique de l’Union Européenne ? Franchement, j’en doute. Les liens sont tels, les relations et les intérêts sont si imbriqués qu’’il faudra négocier un brexit qui sera autre chose qu’un véritable brexit, en somme un canada dry qui ressemble à de l’alcool mais qui n’en est pas…

Il y a un autre problème éthique qu’il ne faudra résoudre : punir à vie les politiciens qui ont trahi leur camp pour prendre la place du calife et qui ont délibérément menti au peuple. Il y en a quelques uns mais il y en a deux qui doivent absolument les foudres du châtiment. Il faudra être très attentif à la personnalité qui remplacera Cameron lequel n’a pas fait preuve d’une grande lucidité politique. Tant que la politique relève plus de Machiavel que de Platon et de Socrate il faut agir comme un requin : avec les requins on ne doit pas être un saumon, sinon la fin du match a sonné avant même qu’il n’ait commencé..

Le parlement britannique devrait faire droit aux demandes protestataires  qui réclament satisfaction. Cela pourrait retarder le brexit, le temps que les tribunaux internationaux et anglais se prononcent..

Un excellent philosophe français, disparu depuis peu et retombé dans les oubliettes, Jean Guéhenno, excellent penseur mais un peu trop catholique à mon goût, disait que la seule inégalité à combattre était celle des esprits. Songez : la voix d’un professeur d’université de Londres ne pèse guère plus que celle d’un paysan du Yorkshire ! C’est très généreux mais largement utopique. Et dans le pire des cas, comme celui qui nous occupe, cela donne le brexit.

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25/06/2016

Les suites du Brexit

Les suites du Brexit

Je note avec une certaine surprise le fait suivant : les philosophes recommandent une chose avant tout le reste : savoir dominer, maîtriser sa émotivité. Quid, qu’est ce à dire ? Ne pas être le jouet de ses émotions, remplacer le sentiment, l’émotion par une réaction fondée sur la saine raison. Ce n’est pas à la porté de tous et c’est ce que nous vivons depuis avant-hier. C’est seulement ce matin que la gueule de bois s’estompe, que les vapeurs de l’ivresse du 23 juin disparaissent. Rien ne va changer dans l’immédiat ; le Royaume Uni va continuer a recevoir sa subvention de l’Europe et à verser sa côte part ; les parlementaires européens britanniques continueront à siéger et il faudra presque deux ans pour couper les liens institutionnels existants. En outre, une fois le coup de massue disparu, on se rend compte, en relisant bien, ce fameux article 50 du traité que l’Etat démissionnaire peut réintégrer l’Union Europe et qui lui faudra pour cela reprendre le chemin d’une toute nouvelle demande d’admission. Dans l’intervalle, les langues se délient et de nouvelles initiatives apparaissent, des plus fantaisistes aux plus sérieuses. Cent mille signataires demandent au musulman maire de Londres de faire sortir la capitale britannique du cadre souverain du royaume (bien désuni désormais) tandis que d’autres, plus sérieux sont plus de six cents mille a demander un nouveau scrutin. D’autres, enfin, dénoncent les mensonges des partis anti UE pour capter les suffrages des électeurs. Il ne faut pas céder à la panique, en revanche, les changements vont se produire, là où on les attend les moins. Un mot, cependant, pour condamner l’attitude de ceux qui sont en pleine déconfiture politique mais qui entendent se relancer politiquement à la faveur de la crise européenne. Ils s’agitent, voyagent, reçoivent à tour de bras, brassent de l’air, mais en vain car les choses effectives se passent à Berlin : comment voulez vous avoir voix au chapitre quand vous êtes mal assurés au sein de l’Euro, quand le chômage augmente, que vous sombrez dans les sondages ? On connaît les défauts de l’Europe réunie sous la bannière allemande, mais on connaît aussi ses avantages. Sans le grand voisin d’outre-Rhin, l’Euro aurait disparu depuis belle lurette. Les partis populistes ou simplement de gauche dénoncent l’Europe de l’austérité, de l’ultra libéralisme mais s’ils arrivaient au pouvoir l’économie sombrerait et la crise financière ferait des ravages. Les pays de l’est européen le savent et ils sont dépendants de l’Europe, mais d’autres continuent à se bercer d’illusions. Même les Grecs qui ont été sévèrement punis ne pensent pas pouvoir tirer profit de la situation pour renégocier je ne sais quoi. L’Europe doit serrer les rangs. En revanche, les dirigeants actuels à Bruxelles devraient partir. Ils ont failli sur toute la ligne.

Mais revenons un instant sur les conséquences au sein même de la Grande Bretagne. A terme, les électeurs ont voté pour la fin programmée du Royaume Uni. La première leçon à tirer est que les îles britanniques ne sont plus unies entre elles. Les uns veulent rester en Europe, les autres ne sont plus heureux d’y être. On parle déjà de velléités d’indépendance, de séparation, de désunion. Au fond, de Gaulle avait raison face à Churchill qui optait pour le grand large et non pour l’Europe.

Selon nous, les Britanniques n’ont pas rejeté l’Europe, mais seulement l’Union européenne avec ses eurocrates, sa tyrannie, sa volonté de tout réglementer, de tout contrôler et qui en sont aujourd’hui pour leurs frais. Cela faisait longtemps que les braises couvaient sous les cendres. Rendez vous compte : ces pantins de Bruxelles qui entendaient imposer aux Etats européens des réfugiés syriens, afghans et irakiens dont ils ne voulaient pas. C’est le monde à l’envers. Et qui voulaient imposer des sanctions financières aux réclacitrants.

On dit que la nuit porte conseil. Le temps a besoin de temps pour faire son œuvre. Le temps passe vite et les peuples finissent par retrouver leurs esprits. Les Anglais disent, I did not have my wits about me : je n’avais pas toute ma tête.

C’est le cas de le dire. Attendons et ayons ce que le grand Hegel appelait la patience du concept pour déjouer la ruse de l’Histoire.

Maurice-Ruben HAYOUN in La Tribune de Genève du 26 juin 2016

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24/06/2016

Le brexit

Le brexit

Me culpa, mea maxima culpa ! Je me suis trompé en présidant le succès du in et du remain. Oh, je ne serai pas le seul, mais tout de même.
Ainsi donc, nos amis britanniques nous quittent, ils rejoignent l’insularité séculaire de leurs ancêtres, au lieu de continuer à construire l’Europe avec nous. Depuis ce matin tôt, au réveil, j’avais la gueule de bois : que des commentaires sur les conséquences de ce vote inattendu. Mais tournons nous vers l’avenir. Que va y il se passer ? D’abord et j’y tiens beaucoup, les Britanniques restent nos amis et nos alliés, nous continuerons à aller chez eux et eux à venir chez nous. Nous les informerons des menaces terroristes pesant sur eux et ils en feront de même pour nous. Il faut aussi battre notre coulpe : cette Europe ne convenait pas. Les eurocrates de Bruxelles se mêlaient de tout et de rien à la fois, ils exerçaient sur ces pauvres British une tutelle des plus pesantes. Et une chose m’a frappé ce matin : tous ces gens simples qui s’estimaient envahis par des réfugiés arabo-musulmans, par ces Polonais adeptes du tourisme social, pratiquant le dumping etc… Il fallait y mettre fin et que fit Bruxelles ? Elle tenta d’imposer un quota de réfugiés, et menaçait de lourdes sanctions financières les récalcitrants . En fait, c’est la commission européenne de Bruxelles qui a provoqué le Brexit et qui en est responsable. Le problème maintenant va être de gérer la suite ; Que vont faire le Danemark et la Grèce, sans même parler de l’Espagne et du Portugal ? Que va faire l’Allemagne qui va être au centre de toutes critiques avec la politique d’austérité et d’équilibre budgétaire ? Que va faire la Pologne ? Bref, un effondrement général est à craindre. Est ce que l’on va rénover l’Europe en profondeur ou proposer de simples rustines ? Si c’est la seconde possibilité qui s’avère alors adieu l’Europe !

Il faut une certaine légitimité renouvelée pour s’attaquer à ce chantier. Les gouvernants actuels l’ont ils ? C’est toute la question comme dirait Hamlet

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23/06/2016

Désaccord gouvermental ou dyarchie au sommet ?

Désaccord gouvermental ou dyarchie au sommet ?

Les atermoiements ou plus proprement les tergiversations (se retourner de temps en temps tout en avançant) du gouvernement au sujet de la manifestation de ce jour trahissent une ligne de fracture au sommet de l’Etat. Il s’agit de désaccords sur la manière d’apporter une ou des solutions à ce projet dit loi travail qui a été vidé de son contenu positif et paralyse depuis lors la vie de la nation.

Voyons ce qui a bien pu se passer et les conséquences pour l’avenir immédiat. Apparemment, le premier ministre n’a pas bien senti le pays, il a trop souvent confondu autorité et autoritarisme, détermination et entêtement. Dès le début, au lieu de mieux faire connaître le contenu de la loi travail, il s’est contenté de dire sa détermination : j’irai jusqu’au bout, clamait-il partout, au lieu de mettre en avant les bons points de la loi et il y en a. A la place d’un souci pédagogique, dont les Français sont si friands, M. Valls a donné l’impression (fausse ?) de vouloir passer en force. Il a ensuite misé sur le pourrissement de la situation, joué le temps pensant naïvement que celui-ci jouait en sa faveur. Le résultat n’a pas tardé : il a été marginalisé par le ministre de l’intérieur soutenu ou inspiré par le chef de l’Etat.

Evidemment, l’exécutif dément ce déroulé et le discours du Premier Ministre à l’Assemblée a tenté de recadrer la situation. Rien n’y a fait ; les commentateurs insistent, depuis hier, sur ce point : Manuel Valls a été presque désavoué par le président de la République qui n’a pas du tout la même approche. Il y a dans ces deux hommes deux sensibilités largement différentes, l’un veut montrer qu’il est là, qu’il tient la barre et ne recule jamais, et juge que ce pays risque de sombrer si on le réforme pas en profondeur. Il n’a pas entièrement tort, mais comme l’indique un vieux proverbe oriental : quand on gouverne, ce qui compte, ce n’est pas d’avoir raison, c’est de faire preuve de sagesse… Le président, lui, a fait de la temporisation, un art et un mode de gouvernement.

Le fait que dans la même journée, que dis-je, en quelques heures, le gouvernement ait fait un virage à 180° ne restera pas sans conséquence. Ce qui m’a frappé ce matin, c’est le nombre de députés socialistes, non fractionnistes et non frondeurs, qui mettaient en cause l’attitude du chef du gouvernement. Que va t il se passer ?

Un journaliste ami d’Outre-Rhin pense même que cette divergence entre les deux têtes de l’exécutif présage un divorce. Le mois d’août pourrait nous réserver, selon lui, quelques surprises puisque l’échéance de 2017 se rapproche à grands pas. Toujours selon ce collègue, si le président se rend compte que son impopularité ne peut que s’aggraver s’il garde le même Premier Ministre, la tentation serait alors grande de s’en séparer. Problème, par qui le remplacer ? Comme aucun texte gouvernemental d’importance n’est prévu en année électorale, des personnalités comme M.M. Le Driant ou Cazeneuve sont envisageables. En outre, ces deux ministres n’ont pas d’ambitions politiques exorbitantes… La question qui demeure reste cependant celle-ci : Manuel Valls serait il plus dangereux à l’intérieur ou à l’extérieur ?

Je ne crois pas en la réalité de cette construction. Au fond, le jeu politique est presque aussi difficile à déchiffrer que les carnets de la Providence. Le choix de se soumettre à une primaire a déjà modifié la donne, pas encore en profondeur, mais cela pourrait arriver, surtout si la croissance se maintient et si le chômage baisse. Un exemple : si, à leur retour de vacances, les Français recevaient des feuilles d’impôts allégés, ils pourraient bien poser un regard plus aimable sur le président.

Récemment, un vieux commentateur de la chose politique de ce pays parlait des ressources insoupçonnées de François Hollande, le qualifiant de plus grand tricoteur de synthèse du pays. Ce n’est pas faux.

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22/06/2016

Israel – Torquote: Normalisation ou réconciliation?

Israel – Torquote: Normalisation ou réconciliation?

La nouvelle n’a surpris personne et illustre une nouvelle fois le cours en zig zag de la politique étrangère de la Turquie, conduite de manière erratique de l’actuel président, Erdogan. Il faut, cependant, bénir toute baisse de tension, sans se faire d’illusion. Au fond, c’est sous la contrainte que l’actuel grand Turc a infléchi sa position. Faisons le point : il a échoué sur tous els fronts. Le monde arabo-musulman, échaudé par des siècles de domination ottomane, ne veut plus des Turcs. La Turquie est en butte à de graves tourments avec la Syrie voisine, en pleine déliquescence ; elle est en désaccord avec l’Iran, alliée de Bachar. Elle est en état de guerre larvée avec la Russie dont elle a abattu un avion de chasse. Elle est en désaccord avec l’Egypte. Elle a essayé de jouer les troubles fêtes sur Gaza avec les résultats désolants que l’on sait. Enfin, fait majeur, l’Europe refuse toujours de lui ouvrir les bras et même l’accord sur le renvoi des réfugiés en Turquie et la suppression des visas pour les Turcs ne sera pas traduite dans les faits. En dépit des apparences. Car qui nous garantit que les Turcs entrés en Europe avec un visa de tourisme rentreront ensuite sagement chez eux et délaisseront tous les avantages de l’Etat de droit et du confort économique et social. Ce serait faire entrer les Turcs en Europe, non plus par la porte mais par la fenêtre. Même An,gela Merkel commence à s’en rendre compte…

Quelle option restait il au bouillonnant dirigeant turc qui vient de limoger son premier ministre ? Le rapprochement avec Israël car j’ai laissé l’essentiel pour la fin : le soulèvement kurde et les attaques, notamment les attentats au cœur d’İstanbul . De tous côtés, les clignotants sont au rouge.

Mais il est certain qu’Erdogan n’est pas soudain tombé amoureux des Juifs et d’Israël ? Il obéit à des intérêts internes et régionaux. Il a, certes, obtenu quelques bons points points, notamment sur Gaza. Mais tout ceci est de moindre importance. On sait que l’Orient accorde tant d’importance à ne pas perdre la face, même au prix de douloureux sacrifices, à condition que personne ne sache rien ou presque…

Les aspects qui ont poussé Erdogan à capituler en rase campagne tiennent surtout à la coopération militaire. La Turquie a une armée pléthorique mais mal équipée. Elle craint la Russie voisine, si active en Syrie. Or, Israël est très proche des Russes et pourrait servir de Monsieur bons offices entre les deux pats.

Allons nous revivre des manœuvres militaires conjointes entre Tsahal et les Turcs ? C’est très vraisemblable. Il y a aussi les échanges commerciaux qui n’ont jamais été aussi forts. Cette reprise n’exclut nullement de nouvelles saillies du président turc.

Les diplomates turcs sont plus équilibrés et plus fins. Ils ont compris que la politique arabe de leur pays ne menait à rien de valable, étant donné que ce monde arabo-musulman est en pleine déliquescence , alors qu’Israël représente tant d’opportunités riches de promesses.

Que faire ? Se réconcilier avec l’Etat juif, suivant ainsi une longue tradition avant l’arrivée des islamistes au pouvoir.

Descartes : le bon sens est la chose du monde la mieux partagée… Même en Turquie ? Même au Proche Orient ?

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20/06/2016

La visite du nouveau ministre isréalien de la défense à Washington: Le test

La visite du nouveau ministre isréalien de la défense à Washington: Le test

Alors qu’il ne reste plus que cent cinquante jours environ concernant le séjour de Barack Obama à la Maison blanche, le nouveau ministre israélien Avigdor Liberman est aux USA pour négocier l’aide annuelle (mais sur dix ans) de l’Amérique à Israël. Il s’agit de milliards de dollars et de l’évaluation des dangers pesant sur Israël et sur les autres alliés de Washington dans la région. Deux points préoccupent les responsables des deux pays : le développement du Hezbollah qui a, certes, de gros coups de boutoir en Syrie mais qui s’en trouve plus aguerri et la situation à la frontière syrienne. Un général israélien a usé d’une métaphore qui a fait florès : la Syrie est une omelette, ce n’est plus un œuf dur capable de menacer l’Etat juif, mais la Syrie de demain pourrait être un nouveau sujet d’i inquiétude.

Avigdor Libermann dont la nomination au gouvernement, et surcout à un poste aussi sensible, a suscité quelques commentaires de la part du Département d’Etat, saura se montrer conciliant et fin diplomate. Il doit naviguer entre plusieurs écueils : la réticence d’Obama vis-à-vis d’Israël en général et de son Premier Ministre en particulier, et les enjeux de la campagne électorale en cours. Si on sait dans les grandes lignes ce que sera la politique de Madame Clinton au Proche Orient (elle est très amie de l’Etat juif) on ne sait toujours pas ce que ferait son challenger républicain, Donald Trump dont le discours contient des relents d ‘isolationnisme, de repli.

C’est une affaire de gor sous mais qui dévoile une nouvelle fois l’étroite collaboration militaire et technologique entre l’Etat hébreu et les USA. Cette alliance a été maintes fois mise à mal par l’actuel président US que les israéliens ne regretteront jamais, tant il leur a causé du tort et a maintes fois essayé d’exercer des pressions. Il est vrai aussi que ce président a tenté de régler le conflit opposant Israël aux arabes, avant de s’en détourner et de se concentrer sur l’Asie où l’enjeu majeur pour les USA est de contrer les ambitions et le fort appétit de la Chine.

En règle général, les USA auraient tendance à livrer à lui-même ce Proche Orient où la raison raisonnante ne trouve pas son application. Impossible de régler l’attribution de quelques arpents de terre à des camps opposés qui sacralisent la moindre colline, le moindre monticule, car tout ce conflit n’a que des racines religieuses.

Mais le temps, la logique du développement joue en faveur d’Israël. Il y a quelques années, on pensait que c’était l’inverse, que le temps jouait pour les Arabes. Mais voilà, le fossé technologique, l’avance prise par les start up d’Israël est telle, son armée est si puissante et le niveau d’éducation de sa population si élevé que les Arabes sont dans une piètre situation. Non seulement les deux tiers des Etats arabo-musulmans sont dans un état lamentable (Syrie, Irak, Yémen, Tunisie, Libye, Egypte, Afghanistan, etc) mais plus personne ne se préoccupe plus des Palestiniens. Les urgences sont ailleurs. Si les Arabes avaient un leadership digne de ce nom, ils auraient saisis la balle au bond pour réintroduire de la démocratie, répondre aux besoins légitimes de leurs populations et faire la paix, génératrice de bienfaits et de progrès sociaux.

Mais voilà le Proche Orient n’a lu ni les Analytiques si l’Ethique à Nicomaque d’Aristote.. Et Avigdor Libermann saura t il faire preuve de sagesse diplomatique ? Attendons pour nous prononcer

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19/06/2016

Le brexit n'aura pas lieu...

Le Brexit ne se produira pas

La Grande Bretagne ne quittera pas l’Union Européenne. C’es le sang de cette pauvre députée, si généreuse et si dévouée qui le veut : son sang versé va dissuader les partisans du Brexit qui auront honte de ce qui s’est passé.

Mais e qui est intéressant, au plan humain, aux yeux du philosophe, c’est cette articulation entre le temps et le vie.. Personne sur cette terre ne pouvait prévoir un tel drame ; personne ne pouvait prévoir que les courbes s’inverseront et accorderaient au maintien au sein de l’UE plus de trois points d’avance. Alors que c’était l’inverse jusqu’ici.

Sans tomber dans les travers de l’exégèse, ni sombrer dans un délire religieux, il faut bien reconnaître que si l’avenir n’est écrit nulle part il y a forcément une intelligence cosmique, une forme de dessein, d’intelligent design qui, quelque part, guide le développement historique. Sinon, cela vaudrait dire que l’univers des hommes ne suit aucune ligne, qu’il est livré à lui-même. Une telle option est inacceptable au plan éthique. Cela voudrait dire aussi qu’aucune loi morale n’imprègne le monde, les relations entre les êtres, bref l’absence de toute loi, de toute prévoyance, de toute prévisibilité.

Qui a guidé le bras de l’assassin ? Quelles idées politiques ou philosophiques ont bien pu le conduire à commettre l’irréparable ? On ne le saura jamais avec certitude. Des détails déterminent parfois l’avenir même de l’humanité. On sait que le généralissime D. Eisenhower avait rédigé deux discours après le début du débarquement en Normandie : l’un pour la victoire, l’autre pour la défaite et le reflux. Imaginez simplement des caprices imprévus de la météorologie ! Imaginez que les forces au sol n’aient pas eu le soutien aérien prévu, s’il avait trop plus, empêchant les avions de prendre l’air… Imaginez, enfin, que l’on ait réveillé Hitler qui avait pris des somnifères pour jouir enfin d’un peu de sommeil réparateur. Il aurait peut-être déplacé de Calais vers la Normandie la redoutable division blindée SS, pourvue de chars tigre…

A une moindre proportion, on peut dire que le meurtre de cette pauvre femme innocente a changé la donne. Les partisans du Brexit n’oseront plus utiliser les violents arguments qu’ils ont utilisés jusqu’ici et qui donnent mauvaise conscience à certains de ses partisans…

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