16/05/2016

Le concert de Black M: les leçons d’une annulation

Le concert de Black M: les leçons d’une annulation

Je ne sais pas s’il fallait ou non annuler ce concert à l’occasion de la commémoration des massacres qui eurent lieu à Verdun lors de la Grande guerre, lorsque près de 380.000 soldats français furent sacrifiés. Je ne sais pas si ce chanteur était vraiment la personne la plus qualifiée pour marquer l’événement d’une pierre blanche. Après tout, cela est le centenaire de cette horrible bataille et certains sont enclins à penser qu’un peu de décence eût été de mise. Mais cela parait contestable : ce que je sais, c’est que ce choix de Black M a suscité de violentes réactions dans tout le pays et ce sont justement ces réactions que je voudrais analyser un petit peu, n’étant pas un spécialiste de la sociologie politique.

Il y a tout d’abord l’inadéquation entre l’artiste et l’événement. Cette discrépance a été superbement ignorée, ce qui illustre bien l’impéritie des édiles et des décideurs en général. Quand on choisit un artiste pour un tel événement, si crucial dans l’histoire nationale et qui a coûté des centaines de milliers de victimes, on s’entoure de sages conseils, on procède à des consultations. Rien de ce travail exploratoire n’a été fait.

La seconde raison est plus délicate et pose la question de la liberté artistique. Peut-on se moquer de tout ? Peut-on s’emparer de tout sur un ton badin, voire moqueur, voire même méprisant ? C’est douteux. On a reproché à ce chanteur d’origine africaine des tirades anti-juives, anti-homosexuelles et anti-France (sans que je sache ce que cela signifie au juste…) On lui a reproche aussi –et c’est le plus grave en cette période post attentats islamistes- d’avoir traité la France de pays de Kouffar, de mécréants. Et on sait le sort que les islamistes réservent généralement à ceux qui ne partagent pas leurs propres convictions religieuses.

Mais tout ceci n’est pas aussi important, ni surtout aussi inquiétant que le troisième point qui me semble émerger avec une insistance de plus en plus forte dans le pays : la crispation identitaire, le refus de plus en plus marqué de vivre ensemble avec des gens issus d’autres cultures, adeptes d’un autre credo que celui du corps traditionnel français qui demeure la couleur blanche et l’adhésion au christianisme dont l’histoire se confond avec celle du pays tout entier. Une forte majorité de Français –et les sondages d’opinion le prouvent- commence à s’interroger sur le devenir de leur pays. D’autres, notamment dans le sud et aussi en région parisienne,, s’inquiètent d’une pression démographique de plus en plus forte qui contribue à changer la physionomie de leurs quartiers. Certains penseurs très marqués à droite ont même théorisé ce sentiment en parlant de la doctrine du grand remplacement…

En termes plus clairs : en cette période où la France a subi deux attaques meurtrières de la part des islamistes, dont la plupart sont nés sur le sol nationale et étaient donc français, les citoyens de ce pays en viennent à appeler de leurs vœux et de leurs feux la résurrection de la France de toujours…

Cette expression, passablement suggestive et très évocatrice, n’est pas de moi, je l’ai entendue dans le discours d’un grand leader de droite qui a voulu la tester auprès de l’opinion. Elle signifie que la population vit de plus en plus mal non plus l’éloignement de, mais l’arrachement à ses racines, celles de la France éternelle.

Le bon sens commande de redresser la barre comme l’a fait le président en acceptant de ne recevoir que 30.000 réfugiés alors que l’Allemagne (pour des raisons tout autres) en accueille près d’un million.

Il faut restaurer l’identité française ; il faut redonner confiance au pays ; il faut faire preuve d’autorité sinon tout va se déliter. Voyez la semaine qui s’annonce : on court vers la grève générale. Est ce le retour des mauvais génies de mai ?

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