30/04/2016

L’incendie d’une salle de prière musulmane en Corse

L’incendie d’une salle de prière musulmane en Corse

Avant toute chose il convient de condamner sans réserve aucune un acte éminemment répréhensible, même si pour certains de ses auteurs la religion musulmane et les mosquées seraient des pépinières de l’intégrisme et du communautarisme. Il faut respecter les convictions religieuses de chacun, ne s’en prendre jamais à des lieux de culte ; et d’ailleurs, l’actuel ministre de l’intérieur a vite réagi en assurant cette communauté musulmane de Corse de sa totale solidarité.

Mais regardons la situation de très près et scrutons sans crainte l’évolution d’un climat largement islamophobe. Regardez la manchette du Figaro d’hier ; elle porte sur la dégradation accélérée de l’image de l’Islam des deux côtés du Rhin. Et elle spécifie que ce phénomène touche aussi, en majorité, les gens de gauche.

On l’a souvent dit, les amalgames sont faciles à faire et il faut s’en méfier. Mais les adeptes de l’islam en France n’ont pas su trouver la juste réponse à apporter à la situation explosive créée par les terroristes qui étaient tous des gens issus d’une même communauté. Et l’opinion publique qui ne fait pas dans la nuance a vite assimilé toute une religion, toute une communauté aux terroristes, ce qui est absolument injuste. Du coup, dès qu’il est question d’une mosquée, d’un imâm, de plateaux repas différents, cela soulève une large vague d’indignation qu’il serait dangereux d’ignorer ou même de sous-estimer.

Qu’eût-il fallu faire ? Je crois, déclarer haut et fort que le culte musulman en France est un culte comme les autres, que l’islam est une religion et non une nationalité, que les musulmans font partie de la communauté nationale et de rien d’autre et qu’ils se soumettent comme tout le monde aux règles de la laïcité.

Je ne dis pas qu’ils ne l’ont pas fait, je dis simplement qu’ils faut le dire, le redire et le répéter jusqu’à ce que les gens en soient persuadés, convaincus.

Ce qui est arrivé en Corse était hélas prévisible. Le traumatisme des attentats ne peut pas disparaître comme sous le coup d’une baguette magique. Il faut toute une pédagogie qu’il faut mettre en œuvre. Il faut prendre à bras le corps cette question qui est grave. D’elle dépendra la cohésion de la société française qui a perdu son homogénéité. Il faut donc essayer d’intégrer ceux qui veulent s’intégrer. Mais on ne peut plus pratiquer l’émigration comme on le faisait il y a des décennies. L’électorat de gauche comme de droite ne permettront plus la poursuite d’une telle politique. C’est une leçon à tirer de l’évolution actuelle.

Même Madame Merkel est largement contestée dans son pays, si j’en crois les articles du Figaro sur la question.

Il est urgent d’agir et de renforcer le respect des règles de la laïcité. Toute faiblesse de ce côté là serait mal interprétée de part et d’autre. Au fond, la laïcité a toujours été un rempart protecteur pour les minorités

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29/04/2016

Le discours fin et intelligent de Thomas Piketty sur BFMTV ce matin avec J-J Bourdin

 

Le discours fin et intelligent de Thomas Piketty sur BFMTV ce matin avec J-J Bourdin

Je savais en gros qui était cet éminent chercheur en sciences sociales (c’est ainsi qu’il se définit lui-même) mais c’est la première fois que j’ai le temps de l’écouter à tête reposée. J’ai été conquis par sa lucidité, son éthique et sa droiture. Notamment lorsqu’il a porté sa critique sur le système partisan, l’égoïsme des hommes politiques qui se souviennent bien peu de l’intérêt général, et qui ne … lisent jamais ou presque jamais !

C’est la première fois que j’entends un économiste de gauche stigmatiser à ce point l’impéritie, voire la vacuité du système politique, et notamment à gauche. Il a des idées très claires sur l’organisation des primaires à gauche. Sa présentation de la situation de François Hollande est très éclairante et aussi sans concessions : François Hollande, dit-il, ne saurait être l’unique candidats du PS, quoiqu’en dise Jean-Christophe Cambadélis… Il faut assurer et garantir une pluralité de candidats ; car, dit il, si la primaire ne sert qu’au couronnement de François Hollande, imposé comme unique candidats de la gauche, on risque d’aller à la catastrophe. Le fait, dit-il, qu’on soit le sortant ne confère aucun privilège par rapport à d’autres candidats qui ne peuvent pas se prévaloir d’un même pédigrée

Chacun à gauche en prend pour son grade, évidemment Emmanuel Macron est sévèrement remis à sa place. Pour l’éminent économiste de gauche, son discours est trop général, il se dissocie de l’action gouvernementale alors qu’il en a été le principal inspirateur. Que ne propose t il un vrai programme, détaillé et lisible ? Piketty lui reproche aussi de suivre sa trajectoire personnelle. Et il semble que Piketty se soit résigné au retour de la droite au pouvoir. Il parle même d’un quinquennat raté, perdu, sans retombées positives pour le pays. C’est un jugement sévère.

Coïncidence ou recherche préméditée, Manuel Valls tance lui aussi dans une interview son ministre de l’économie. Bref, toute la gauche semble engluée dans une grande restructuration.

En tant que professeur des universités, j’ai été séduit par la volonté de Thomas Piketty de s’en tenir au débat d’idées, à la rédaction d’ouvrages, sans volonté aucune de se lancer dans l’arène du combat des égos… Les politiques sont là pour agir tandis que les théoriciens sont là pour nourrir le débat d’idées. L’idéal serait que les décideurs se rapprochent un peu plus des penseurs.

Les hommes politiques doivent veiller aussi à mettre à jour leurs connaissances et non plus de concentrer tous leurs efforts sur la réélection.

Mais c’est une vue de l’esprit. Il faut pourtant y croire.

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28/04/2016

Salah Abdeslam, quel paradoxe!

Salah Abdeslam, quel paradoxe!

Comment un petit délinquant, un petit trafiquant, tenancier d’une café dans un quartier peu reluisant de la capitale belge et qui a viré au terroriste à la solde de l’Etat Islamique, est il devenu le centre de toutes les attentions de toutes les polices d’Europe ? Quand je pense qu’on l’a cherché partout, durant quatre mois, sauf précisément là il se cachait, c’est-à-dire au sein même de Bruxelles, avec ses affidés, je me demande à quoi servent les services de sécurité et de renseignement.

Ce n’est certainement pas un Prix Nobel mais il faut reconnaître qu’il joue assez bien des failles du système : sur place, en Belgique, il refuse d’abord son extradition en France puis se ravise, veut parler mais commence par se murer dans un grand silence, nous fait croire qu’il a voulu épargner des vies alors qu’il n’hésite pas à tirer sur quatre policiers venus l’arrêter avec des complices en cavale…

Et voilà qu’aujourd’hui, ou plutôt hier, il remet à plus tard ses déclarations au juge, décidant lui, tout seul, de l’opportunité de son audition qui aura lieu vers la fin du mois de mai.

Pire, s’il avait spontanément parlé aux enquêteurs belges, il aurait peut-être permis, directement ou indirectement, d’empêcher l’attentat contre l’aéroport belge, économisant près de vingt vies humaines. Il est impossible qu’il n’en ait rien su. On a donc affaire à un client, certes peu cultivé, peu fin, mais retors et doté d’un esprit très sinueux et tortueux.

Mais ce qui frappe le plus, ce sont les interventions de son avocat qui ont froissé bien des familles de victimes. Hier, une mère, privée de sa fille par l’attentat du Bataclan, s’est dite scandalisée par les déclarations du défenseur du terroriste. D’ailleurs, on se demande à quoi sert ce respect chagriné des droits de la défense lorsqu’il s’agit d’un crime d’une telle ampleur. On va se lancer dans des procédures qui vont durer des années, dans le seul but de respecter des valeurs, foulées aux pieds par les terroristes.

La mère en question s’est insurgée contre l’emploi d’une phrase du style «ce garçon est effondré» plus quelques remarques sur le mode de déplacement sous la houlette des membres du GIGN ! Certains auraient souhaité qu’on le jette depuis l’hélicoptère dans le vide… Mais n’allons pas aussi loin car dans nos sociétés civilisées et policées, tout accusé a des droits, notamment celui d’être défendu.

On ne revient pas là-dessus mais on demande instamment à ceux qui se chargeront de la défense de ce terroriste de surveiller leurs déclarations ; ce sinistre personnage est tout de même arrêté pour s’expliquer sur la mort violente de plus de 130 personnes !

A l’évidence, les démocraties occidentales qui acceptent un peu tout le monde en leur sein sans trop de discernement, réchauffent l’œuf du serpent ! Quoi d’étonnant si ces derniers leur infusent leur venin.

Voyez  l’exemple autrichien : la police de ce pays avait démasqué deux terroristes qui voulaient rejoindre la France pour y commettre des tueries de masse (le mot n’est pas de nous) !

Un dernier détail : quand je réalise que la traduction du nom de famille de ce terroriste (pardon, présumé !!) signifie dans sa langue maternelle : le serviteur de la paix…

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27/04/2016

Les méfaits des intermittents du spectacle…

 

 

Les méfaits des intermittents du spectacle…

Je connais quelques membres de cette corporation qui ne m’en voudront pas, je l’espère, d’écrire ce papier. Ce qui me déplaît chez eux, même si je reconnais un peu de légitimité à leur lutte, c’est d’empêcher les autres de vivre et de travailler, de perturber les spectacles, d’occuper des théâtres dont celui de l’Odéon ou la Comédie française, bref c’est d’exaspérer la mentalité française des conflits du travail.

Leur situation professionnelle accentue, c’est vrai, la précarité de leur existence. Mais ce statut ne peut pas durer éternellement au motif qu’il coûte trop cher à la collectivité nationale. Je comprends bien qu’ils doivent faire face à des dépenses quotidiennes mais en quoi cela les aide t il d’empêcher des gens d’aller au théâtre ou de fréquenter les manifestations du festival d’Avignon ?

C’est cette mentalité typiquement française qui me déplaît souverainement. En quoi cela leur fait il du bien d’empêcher des gens d’aller voir Phèdre à l’Odéon ? Mais le phénomène est général en France ; dès qu’une catégorie socio-professionnelle veut obtenir quelque chose et n’y arrive pas, elle bloque les routes, bloque les métros et les trains, érige des barrages sur les routes et quand on leur demande pourquoi elles agissent ainsi, provoquant des problèmes pour des gens qui n’y sont pour rien, ces gens répondent que c’est l’unique façon d’obtenir satisfaction. Un PDG US dont les cadres en France avaient été pris en otage par des grévistes menacés de perdre leur emploi avait rétorqué qu’en Amérique ces preneurs d’otages seraient condamnés à de lourdes peines de prison.

Et je trouve qu’il a raison.

Les méthodes des intermittents du spectacle ne sont pas recommandables. Tout le monde a des problèmes. Mais ce n’est pas une raison de tout chambouler afin de sauvegarder ses propres objectifs.

Le régime des intermittents doit changer, chacun sait qu’il ne peut pas perdurer. Et ce ne sont pas quelques occupations de théâtres qui y changeront quelques chose.. La culture est comme la santé, elle n’a pas de prix, mais elle a un coût.

Enfin, il faut changer de logiciel. Il faut bannir les grèves, les occupations et les prises d’otages. Ce n’est plus possible. Il faut négocier, encore et toujours, même si la mentalité française ne s’y prête guère…

Encore un effort Mesdames et Messieurs les intermittents

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26/04/2016

L’offense faite à François… …

 

L’offense faite à François… …

J’ai longuement réfléchi avant d’écrire ce papier. J’ai regardé comme tous les Français cette visite présidentielle à Chartres (dont le préfet Nicolas Quillet est un ami très cher) dans une grande usine qui produit de l’insuline ; il s’agissait, je pense, de montrer à la face du monde que le président et son ministre de l’économie s’entendaient bien et qu’il n’existait entre eux aucune divergence. C’est alors que le ministre s’est ingénié (volontairement?) à établir une certaine distance (au propre comme au figuré) avec le chef de l’Etat, lequel s’est même demandé à haute voix : mais où est Emmanuel ?

J’avoue avoir été parcouru par un sentiment d’indignation et de révolte : comment peut-on agir de la sorte lorsqu’il y va du chef de l’Etat, quel qu’il soit, l’actuel ou l’un de ses prédécesseurs ? Et puisqu’on parle de prédécesseur, j’en connais un qui aurait, dans l’heure, mis fin aux fonctions d’un ministre qui se serait rendu coupable d’une attitude si déplacée…

On dit beaucoup de choses sur François Hollande, on ne parle pas que de son impopularité, on lui attribue un esprit tortueux et machiavélique. Sur le coup, il a fait preuve d’une trop grande indulgence à l’égard de son jeune ministre qui a visiblement commis un faux pas. Si ce président était aussi rusé et aussi rancunier qu’on le dit, il n’aurait pas fait preuve d’une si grande patience… Il n’a pas pris la mine des mauvais jours, il a poursuivi la visite et la suite nous l’ignorons, mis à part quelques rares initiés dans son entourage.

Mais quel message a voulu faire passer le ministre à l’adresse des téléspectateurs ? Même animé des intentions les plus charitables, je serais bien le seul à penser que c’est une désinvolture juvénile, une erreur sans conséquence… Le ministre a bien montré ce jour-là qu’il entendait faire cavalier seul. Mais quand ? Dès à présent ? Franchement, cela devient très compliqué : il y a quelque temps, les commentateurs politiques voyaient en E. Macron l’antidote à Manuel Valls, soupçonné lui aussi de nourrir quelques pensées de projet personnel… En somme, le président aurait adopté une sorte d’entreprise de neutralisation. On a peine à y croire, mais le monde politique a des attitudes qui ne sont pas sans rappeler la loi de la jungle.

Que faire ? Il y a quelques années on a parlé des nouveaux philosophes, Rosenzweig avait parlé du Nouveau Penser, quand parlerons nous des nouveaux politiques ? Et en quoi consisterait cette nouveauté ? En une petite dose ou pincée d’éthique. Un peu de valeurs comme la gratitude, la fidélité…

Aucune action, aucune entreprise ne peut subsister durablement sur cette terre sans un fondement éthique. Plus que l’ontologie (science de l’être, fondement de toute la philosophie occidentale), l’éthique doit devenir la philosophie première.

On se souvient d’une réponse de François Mitterrand à une question sur la moralité des hommes politiques. Il fit cette réponse qui est el summum d’un inacceptable cynisme : ils sont comme vous, les hommes politiques !

Non, ils ne sont pas comme nous, ils ne doivent pas l’être, ils doivent être exemplaires, faute de quoi nous ne les aurions pas choisis.

S’il lui arrive de souffrir parfois d’insomnie, l’actuel ministre de l’économie devrait relire à la fois l’Ethique à Nicomaque d’Aristote et quelques chapitres du livre de l’Ecclésiaste…

Et au bout du compte, Fr. Hollande n’est pas si mal que cela.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 avril 2016

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Quelle leçon devons nous tirer des résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Autriche?

Quelle leçon devons nous tirer des résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Autriche?

Le résultat a semblé prendre de court le monde entier. Toutes les rédactions ont joué les étonnées alors que, depuis des années déjà, l’extrême droite est un parti de gouvernement en Autriche. Je me souviens même d’une anecdote personnelle. L’ambassadeur, alors en poste à Poste, mon ami le Dr Ceska devait me remettre une haute distinction le Grosses Ehrenzeichen pour les sciences et la culture, un peu comme le titre de commandeur des Arts & Lettres chez nous. Et je lui avais demandé de surseoir à cette remise car je ne pouvais pas accepter une décoration d’un gouvernement où l’extrême droite était présente. Quelques mois plus tard, la cérémonie eut lieu.

Au fond, ce ne fut pas la fin du monde, l’Autriche est toujours membre de l’Union Européenne, son économie va bien, sa population n’augmente, certes, pas mais elle bénéficie d’un bon niveau de vie. Alors, où se situe le problème ? Tout simplement, les Autrichiens, à une forte majorité, veulent se sentir chez eux, chez eux, en Autriche, et se refusent à accueillir des gens d’une autre culture qui, dans quelques années, risquent de leur imposer leurs propres mœurs et traditions qui tournent résolument le dos aux tradition chrétiennes de ce pays.

La réaction du corps électoral autrichien s’inscrit dans ce contexte des racines culturelles et religieuses (geistig-religiös) de l’Europe qui, après avoir distribué quelques ares visas au compte-goutte (tropfenweis) ouvre toutes grandes les portes de l’UE, provoquant des déséquilibres, susceptibles d’introduire, dans un avenir prévisible, de graves disparités. Le même phénomène est déjà perceptible en France, quoique moins nettement pour le moment, mais le gouvernement fait preuve d’une grande prudence dans la gestion du dossier des migrants..

Bien que de la même origine germanique, l’Autriche n’a pas les mêmes problèmes que son puissant voisin allemand : certes, la natalité est en berne, mais ce n’est pas aussi grave que chez Madame Merkel qui sait que, sans l’accueil des migrants, l’Allemagne manquera bientôt de millions de bras. Ce serait, à terme, la ruine économique, si l’on ne prenait pas le taureau par les cornes (den Stier bei den Hörnern fassen). Les Autrichiens ne sont pas très nombreux et sont donc très attentifs à ce qu’un penseur français a nommé la théorie du grand remplacement. Franchement, n’étant pas un démographe, je ne puis juger de la pertinence d’une telle thèse mais je sais qu’elle s’impose toujours plus dans l’esprit des gens.

Quelles leçons doit on tirer de cette situation autrichienne ? Si le candidat du parti d’extrême droite devait l’emporter dimanche prochain, ce qui est probable, ce ne serait pas une catastrophe. Les Autrichiens, depuis la fin de la seconde guerre, luttent pour continuer d’exister. Leur histoire comporte des éléments qui les rendent très sensibles à toute présence étrangère chez eux. Mais il ne faut pas les taxer de xénophobie ni d’islamophobie car l’ancien empire austro-hongrois, dont ils sont les héritiers, était multinational et très ouvert. Aujourd’hui, le pays est réduit à des dimensions très réduites, un réflexe de repli sur soi est à craindre, mais demeure légitime.

L’Europe a des valeurs, des racines culturelles qui sont presque exclusivement judéo-chrétiennes. On comprend que certains se mobilisent pour les défendre. Ce que les Autrichiens croient devoir faire de leur point de vue.

Qui serait fondé à le leur reprocher ?

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 avril 2016

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22/04/2016

La visite catastrophique de Barack Obama en Arabie Saoudite…

 

La visite catastrophique de Barack Obama en Arabie Saoudite…

Inutile de revenir longuement sur cette visite aux alliés traditionnels arabes du Golfe des USA. J’ai scruté les visages des dirigeants arabes face aux déclarations du dirigeant US qui doit enfin partir dans moins six mois. Partout, l’incompréhension, voire la consternation. Le leader afro-américain est allé leur dire que leur ennemi juré, l’Iran chiite, responsable de tant de désordres et de tensions dans la région, avait vraiment un rôle à jouer dans le coin. Alors qu’ils le combattent partout, tant au Yémen, en Syrie, en Irak qu’ à Bahreïn !

Je n’oublierai jamais le visage dubitatif du roi Salman lors du discours du président Obama, développant sa thèse de l’Iran, facteur de stabilisation de la région. Il fallait une certaine dose d’inconscience pour venir ici même, chez les Arabes du Golfe, tenir un tel discours alors que leur aviation combat à mort les alliés et les affidés de l’Iran des Mollahs.

On a déjà présenté les motivations de la thèse du président US actuel : l’Iran a une population bien plus diplômé que les Arabes, sa jeunesse est majoritaire, elle ne s’accommodera pas éternellement du régime rétrograde et passéiste des Mollahs, elle finira par retrouver le chemin des démocraties normales et renouera avec le monde libre. Ce qui implique qu’elle cessera ses ingérences et son soutien au terrorisme international, notamment au Hezbollah et au Hamas.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas gagné. Et notamment aux yeux des Arabes du Golfe qui voit se profiler avec une anxiété extrême la naissance d’un Iran possédant la bombe atomique. Dès lors, personne ne pourra s’opposer à ses diktats idéologiques, militaires et pétroliers. Toutes ces raisons poussent les Arabes à prier pour le départ rapide d’Obama du bureau ovale et l’élection d’un président plus réaliste et moins incompétent

Israël pense exactement la même chose, ce qui explique le rapprochement entre l’Etat juif et les alliés traditionnels arabes des USA. Si Madame Clinton devait être élue présidente, ce serait le renouveau du beau temps fixe des relations israélo-américaines et un infléchissement de la politique US à l’égard d’un Iran qui doit évoluer vers plus de démocratie.

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Prince et Mickael Jackson, un même destin ?

Prince et Mickael Jackson, un même destin ?

Je n’ai jamais été attiré par ce type de musique mais je suis très touché par ce décès brutal d’un génie musical moderne. En entendant les journalistes disserter des heures durant sur cette mort si inattendue, j’ai pensé à la disparition d’une autre star de la musique en Amérique et dans le monde, Jackson. Ces deux hommes étaient noirs, de petite taille, et sont morts jeunes. Et jouissaient d’une célébrité mondiale. Est-ce une fatalité ? Non point. Mais une chose est incontestable, ils avaient tous deux un certain recours aux stupéfiants et cela a fini par leur coûter la vie. J’ajoute que tous deux se sont élevés à la force du poignet, issus d’un milieu modeste qu’ils ont réussi à transcender au prix d’efforts et d’un travail éprouvants. Cela laisse indéniablement des traces, quand on voit toutes les zones d’ombre de leur personnalité : l’un s’est vu reprocher des comportements inappropriés avec des enfants (sans que cela ne soit jamais démontré), l’autre avait un ego démesuré qui l’isolait des autres et en faisait une sorte d’électron libre. Or, comme le disait le philosophe, on est homme parmi les hommes, ce qui signifie que si l’on veut conserver les caractéristiques de l’humain, on doit se mêler à ses contemporains, leur parler, mais aussi les écouter et se confronter à eux. Même si, souvent, ce n’est ni facile ni gratifiant. Je n’ai jamais compris ce recours à la drogue, qui a certainement coûté la vie à Prince, comme d’autres substances sont probablement responsables de la disparation de Jackson. Est ce la profonde solitude de ces génies qui, malgré des foules d’admirateurs en délire sont maladivement seuls, voire esseulés. Existe t il mort plus attristante, plus consternante que d’être l’idole de millions de gens de par le monde et de mourir pourtant, seul, dans une pièce de son appartement ou dans un ascenseur de ses bureaux d’enregistrement ? Cela me fait penser à la notion grecque de hybris que l’on traduit communément par tant d’autres termes ; démesure, violence, dissentiment, déséquilibre, disharmonie, etc… On pourrait ajouter l’absence d’une âme apaisée. L’homme qui pousse trop sa mécanique finit généralement mal. J’ai toujours été intrigué par une verset tiré du traité talmudique Pirké Abot (Chapitres des Pères) qui stipule : neguide shema avad shemo. Cette phrase à la fois en araméen et en hébreu signifie : celui qui étire (distend) son nom (pour prendre le plus de place possible), son nom sombre dans la perdition… Sombre prédiction ! Qui malheureusement guette ceux et celles qui sont en adoration devant soi-même, devant eux-mêmes. Le penseur danois Sören Kierkegaard concevait, dans un tout autre contexte, l’existence de deux humanités bien distinctes : l’une, générale, regroupant l’écrasante majorité des êtres humains, est soumise à la loi générale, et une infime minorité, dite les chevaliers de la vertu, appeles comme le patriarche Abraham, à transcender les lois applicables à leurs congénères moins illustres et moins doués. Certes, on ne va pas comparer des chanteurs afro-américains à des étoiles de première grandeur au firmament de la philosophie. Pourtant, si ces deux chanteurs avaient eu une vie plus traditionnelle, plus équilibrée, ils n’auraient pas connu cette triste fin. Mais auraient ils été aussi célèbres, aussi talentueux ? Les vertus morales sont incompatibles avec un destin médiatique hors du commun. Et d’ailleurs, triste coïncidence, le penseur danois, lui-même, n’a t il pas rompu ses fiançailles avec la belle Régina Olsen, au motif qu’il avait mieux à faire que de se marier et de jouir d’un bonheur petit-bourgeois ? Et n’a t il pas été victime d’une crise sur la voie publique à Copenhague ? Crise dont il ne s’est plus jamais remis ?

A méditer…

MRH in La Tribune de Genève du 22 avril 2016

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20/04/2016

L’humour de François Hollande en visite au Caire

L’humour de François Hollande en visite au Caire

A la question d‘un journaliste français qui lui posa une question sur son incroyable chute dans les sondages, le président français a répondu avec humour : vos prières sont les bienvenues. Eclat de rire général dans la salle. Ce fut une bonne réponse.

Reconnaissons trois choses : cette baisse dans les sondages est unique, sans précédent ; en ce qui concerne le président de la République, la presse est absolument sans cœur et fait preuve d’une cruauté à nulle autre pareille ; et enfin le président a de l’humour car cela ne doit pas être simple pour lui de lire ou d’entendre matin, midi et soir, chaque jour que Dieu fait, de si sinistres nouvelles. Un hebdomadaire, réputé sérieux, va jusqu’à lui demander cette semaine, dès la couverture, de renoncer. Il est vrai que la même requête est aussi adressée à Nicolas Sarkozy.

Comment expliquer cette chute brutale dans les enquêtes d’opinion ? La France a connu d’autres crises ; du temps du premier ministre Edouard Balladur, on était en récession et l’opinion se disait qu’après l’élection présidentielle, seule élection vraiment majeure dans ce pays, l’économie repartirait… Ce ne fut pas le cas et nous traînons une sempiternelle crise depuis 30 ans. Et pourtant, on n’avait pas connu un tel phénomène de rejet.

Certains ajoutent que c’est le reniement des valeurs (socialistes) sur lesquelles il a été élu qui vaut au président une telle réprimande dans les sondages. C’est partiellement vrai. Mais cet homme a tout de même accompli des réformes. Eh bien, tout l’actif est largement occulté par un passif, réel ou imaginaire. Pourquoi ?

En fait, c’est un climat, une ambiance contre lesquels même les meilleurs conseillers en communication ne peuvent rien. Et puisqu’on en parle, disons que, sans chercher de boucs-émissaires, le président devrait faire le ménage dans la cellule communication de l’Elysée. Il est inconcevable que des gens dominant leur métier aient encouragé le président à exécuter la prestation télévisée qui fut la sienne la semaine dernière et qui fera hélas date. Les mêmes lui avaient conseillé de participer à Périscope où les contre coups furent terribles. Peut-être faudrait il garder le silence pendant de longs mois, le temps que s’estompent de si désolants souvenirs.

Mais il ne faut pas imputer au président tous les maux qui s’abattent sur le pays ; on voit bien, notamment avec l’occupation de la place de la République à Paris, que le modèle de gouvernance est en train de changer, faisant passer le modèle actuel pour une inexplicable survivance du passé. Les gens veulent prendre en main leur vie, leur avenir, ils attendent tout d’hommes politiques qui n’ont pas fait leurs preuves. Ils souhaitent donc une démocratie plus participative.

En conclusion, François Hollande n’est absolument pas pire que les autres. Ce rejet est absolument injuste. Et nous devrions tous faire preuve d’un peu plus de compréhension, quelle que soit notre sensibilité politique.

Un homme qui a de l’humour ne peut pas être intrinsèquement mauvais.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 20 avril 2016

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18/04/2016

La dialectique de l'amour et de la crainte de Dieu dans la Bible hébraïque et les Evangiles

L’amour et la crainte de Dieu dans la Bible hébraïque et les Evangiles

Voici un système binaire qui a fait date et n’a pas toujours été correctement compris au gré des théologiens éclairés, les plus avertis de la chose religieuse. Peut-on craindre Dieu, peut on le redouter au sens de peur, crainte ou même angoisse ? Cette notion de crainte (en hébreu yr’a ou yr’at ha-Shem) ne s’accorde pas très bien avec une notion opposée, celle de la crainte éprouvée face au Créateur. Cette dernière notion est probablement une survivance d’anciens cultes païens dont quelques séquelles ont subsisté dans le corpus des nouvelles croyances, lesquelles n’ont pas pu évacuer tout ce qui provenait des systèmes religieux antérieurs. On conçoit fort bien cette notion de crainte dans le sens de fatum, destinée inéluctable poursuivant l’homme comme une fatalité, alors que le monothéisme de la Bible et des Evangiles se voulait avant tout une croyance éthique ; la divinité doit se comporter de façon bienveillante et amicale à l’égard des créatures humaines. La morale est donc venue apporter un correctif, comme dans la confrontation d’Abraham (Gen. 18) avec Dieu qu’il interpelle ainsi : Est ce que le juge de toute la terre ne pratiquerait il pas la justice ? Mais il faut aussi tenir compte de l’inadéquation de certaines traductions : est ce que le sens du terme hébraïque crainte (yr’a) a été correctement traduit en grec et ensuite en latin ?

Si l’on change de traduction, on vient à bout de cette relation dialectique entre la crainte et l’amour. Au lieu de craindre Dieu, on peut alors traduire par le servir, le respecter, lui témoigner au moins une crainte révérencielle ou respectueuse. Une fois de plus, c’est dans la langue allemande que l’on trouve l’équivalent le plus proche : Ehrfurcht, terme constitué de deux mots : respect et crainte. D’où l’expression crainte révérencielle.

Ces problèmes de traduction sont pour beaucoup responsables de la difficulté générant une opposition amour / crainte. Prenons l’épître aux Ephésiens 5.21 et voyons combien de traductions en ont été données : Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte du Christ   Vous qui craignez le Christ, soumettez vous les uns aux autres     Soumettez vous les uns aux autres à cause du respect que vous avez pour le Christ   Et parce que vous révérez le Christ, soumettez vous les uns aux autres  

On le constate aisément, les traductions d’un même verset varient fortement les unes par rapport aux autres.

Mais que veut dire au juste la crainte de Dieu ou du Christ, alors que la divinité est considérée dans nos religions monothéistes comme une puissance tutélaire et protectrice ? Le passage fondateur sur la foi en Dieu, et la confiance en lui, se trouve au chapitre XV du livre de la Genèse : Abraham crut en Dieu et celui-ci le lui imputa en justice… Que ressentit Abraham à l’égard de Dieu ? De la crainte ou de la foi ?

Un peu plus loin, dans ce même livre de la Genèse, au chapitre 26, Dieu dit à Isaac : Ne crains rien… C’est donc un Dieu protecteur et bienveillant auquel on a affaire.

La notion de crainte de l’Eternel joue un rôle considérable quel que soit le sens placé derrière cette notion. Dans le chapitre XXII du livre de la Genèse, après la ligature et non le sacrifice d’Isaac, Dieu dit : je constate à présent que tu est un craignant Dieu (yeré elohim atta). Et entre les chapitres XXXVII et L de ce même livre où se déroule l’histoire de Joseph, on retrouve cette même expression : yeré elohim.

Dans le livre de l’Exode, la présence divine génère une certaine crainte, voire de la terreur. Dans l’épisode du buisson ardent, Moïse est intrigué, presque inquiet, mais lors de la révélation au pied du Mont Sinaï tout le peuple est pris de panique. Et là il est vraiment permis de parler de crainte de Dieu.

Dans les Evangiles, les épîtres attribuées à l’Apôtre Paul, notamment aux Hébreux (12 ; 28-29) ne laissent pas d’être intéressantes de ce point de vue : C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable avec piété et avec crainte car Dieu est aussi un feu dévorant.

Cette notion de crainte de Dieu se retrouve même dans les tout premiers versets des Proverbes (1 ;7) : Le début de la sagesse est la crainte de Dieu… les insensés méprisent la sagesse et l’instruction.

Dans le livre du Deutéronome qui, comme chacun sait, a un statut particulier, on peut lire ceci (Dt 10 ; 12 20-22) : Maintenant Israël que demande de toi l’Eternel ton Dieu si ce n’est que tu craignes l’Eternel ton Dieu afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et de servir l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Tu craindras l’Eternel ton Dieu, tu le serviras, tu t’attacheras à lui et tu jureras par son nom. Il est ta gloire, il est ton Dieu, c’est lui qui a fait au milieu de toi des choses grandes et terribles que tes yeux ont vues…

Comment interpréter l’idée de crainte de Dieu dans ce contexte ? Avoir peur de Dieu, c’est éprouver du respect pour lui ; c’est cette même crainte révérencielle évoquée plus haut (Ehrfurcht).

Comment définir les types de relation à Dieu ? Par l’amour, la crainte, le respect, le service, la foi en lui. En fait, la crainte n’est qu’une expression, elle doit laisser place à la confiance (Vertrauen).. C’est bien ce que dit le Psalmiste (19 ;10) : la crainte de Dieu est pure, elle est immuable (yir’at ha-Shem tehora, omédét la’ad)

Dans la Bible hébraïque la crainte et l’amour ne sont pas séparés par une tension polaire, l’une n’est pas située aux antipodes de l’autre. Mais on doit bien reconnaître cette spécificité de la Bible hébraïque où amour et crainte vont de pair. Dans les Psaumes, par exemple, cette opposition a tendance à s’évanouir (103 ;18) : la crainte de Dieu signifie se souvenir de son alliance et accomplir sa volonté. Encore un exemple qui illustre bien cette approche : Ps. 34 ; 12 : Venez fils que je vous apprenne la crainte de Dieu ( yr’at ha-Shem alamédekhém)

Document majeur de la littérature de la sagesse au sein du corpus biblique, l’Ecclésiaste (2 ;8) se lit ainsi : Vous qui craignez le Seigneur, ayez confiance en lui. Est ce que la crainte de Dieu n’est pas aussi une façon de lui manifester notre fidélité ? Psaume 22 ;24 dit : vous qui craignez le Seigneur, louez le, toute la race de Jacob, glorifiez le, redoutez le, toute la race de Jacob. On peut observer le crescendo des procès : on commence par la glorification pour aboutir à la crainte…

Même la littérature prophétique fait appel à cette idée de crainte pour marquer l’attachement d’Israël à son Dieu. Isaïe (8 ;11-13) : c’est lui qui sera l’objet de votre crainte et de votre terreur. Et même le chapitre 11 ;2 de ce même livre prophétique parle de la crainte divine en évoquant le Messie : Dieu déposera en lui… un esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Dans cette recherche du salut, même l’Apôtre Paul ne dédaigne pas de parler de crainte dans son épître aux Philippiens (2 ;12-13) : Travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut ! Mais le même Apôtre n’hésitait pas à dire dans son épître aux Romains ceci ( (8 ;15) : Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte…

Le passage de l’Ancien au nouveau Testament n’est pas étranger à la formation de cet antagonisme entre l’amour et la crainte, le christianisme se présentant communément comme la domination de l’amour sur la colère et la violence. Le Dieu des Juifs étant souvent présenté comme une divinité vengeresse, colérique et inflexible face au Nouveau Testament où ces valeurs sont inversées. . Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament fasse un suage restreint de cette notion de crainte. Mais cette même crainte prend différentes significations selon le contexte. On trouve deux occurrences chez Luc 1 ;30 2 ;9) où la présence de Dieu est génératrice de crainte.

Quand on parle de la crainte de Dieu, c’est aussi pour souligner la disproportion entre la sainteté, la souveraineté de Dieu, d’une part, et la nature pécheresse et très limités de l’homme, d’autre part. Une disproportion entre la transcendance et la subjectivité

La crainte de Dieu est aussi la crainte du ciel, mais l’amour semble bien l’emporter sur tout le reste, comme le montre cette citation de Jean (I, 4 ;18) : la crainte n’est pas de l’amour mais l’amour parfait banni la crainte car la crainte suppose un châtiment et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour.

Ce terme crainte est rendu différemment en hébreu selon les contextes ; yr’ah est réservé à la crainte de Dieu, les autres termes comme Pahad et Eyma sont d’acception plus générale, même si le terme Pahad apparaît comme l’ancienne divinisé tutélaire d’Isaac (Pahad Ytzhak)

Alors que la crainte est visiblement relégués à l’arrière-plan dans les Evangiles pour les raisons exposées supra (la loi est dépassée, Jésus est mort pour le rachat des péchés de l’humanité), dans la Bible hébraïque (Proverbes et Psaumes), la crainte de l’Eternel et la sagesse sont liées. Exemple ; Ps. 2 ;11 : Servez l’Eternel avec crainte et réjouissez vous avec tremblement.

Mais l’amour n’est pas un besoin, c’est un don.

En approfondissant cette dialectique de l’amour et de la crainte de Dieu, on se rend compte du rôle déterminant que cette opposition artificielle a joué dans la séparation progressive du judaïsme et du christianisme. Voyez certaines tragédies de Racine où l’on récuse sans ménagement , je cite, le Dieu cruel des Juifs…

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