27/04/2016

Les méfaits des intermittents du spectacle…

 

 

Les méfaits des intermittents du spectacle…

Je connais quelques membres de cette corporation qui ne m’en voudront pas, je l’espère, d’écrire ce papier. Ce qui me déplaît chez eux, même si je reconnais un peu de légitimité à leur lutte, c’est d’empêcher les autres de vivre et de travailler, de perturber les spectacles, d’occuper des théâtres dont celui de l’Odéon ou la Comédie française, bref c’est d’exaspérer la mentalité française des conflits du travail.

Leur situation professionnelle accentue, c’est vrai, la précarité de leur existence. Mais ce statut ne peut pas durer éternellement au motif qu’il coûte trop cher à la collectivité nationale. Je comprends bien qu’ils doivent faire face à des dépenses quotidiennes mais en quoi cela les aide t il d’empêcher des gens d’aller au théâtre ou de fréquenter les manifestations du festival d’Avignon ?

C’est cette mentalité typiquement française qui me déplaît souverainement. En quoi cela leur fait il du bien d’empêcher des gens d’aller voir Phèdre à l’Odéon ? Mais le phénomène est général en France ; dès qu’une catégorie socio-professionnelle veut obtenir quelque chose et n’y arrive pas, elle bloque les routes, bloque les métros et les trains, érige des barrages sur les routes et quand on leur demande pourquoi elles agissent ainsi, provoquant des problèmes pour des gens qui n’y sont pour rien, ces gens répondent que c’est l’unique façon d’obtenir satisfaction. Un PDG US dont les cadres en France avaient été pris en otage par des grévistes menacés de perdre leur emploi avait rétorqué qu’en Amérique ces preneurs d’otages seraient condamnés à de lourdes peines de prison.

Et je trouve qu’il a raison.

Les méthodes des intermittents du spectacle ne sont pas recommandables. Tout le monde a des problèmes. Mais ce n’est pas une raison de tout chambouler afin de sauvegarder ses propres objectifs.

Le régime des intermittents doit changer, chacun sait qu’il ne peut pas perdurer. Et ce ne sont pas quelques occupations de théâtres qui y changeront quelques chose.. La culture est comme la santé, elle n’a pas de prix, mais elle a un coût.

Enfin, il faut changer de logiciel. Il faut bannir les grèves, les occupations et les prises d’otages. Ce n’est plus possible. Il faut négocier, encore et toujours, même si la mentalité française ne s’y prête guère…

Encore un effort Mesdames et Messieurs les intermittents

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Commentaires

Il me semble que lorsque les conducteurs de locomotives ou les pilotes font la grève, ils empêchent aussi, d'une certaine manière, les gens d'aller voir Phèdre à l'Odéon !

Ce ne sont donc pas vraiment les intermittents du spectacle qui posent problème, ce sont les Français et leur rapport à la grève...et leur conséquences directes.

Écrit par : Michel Sommer | 27/04/2016

Je connais pas mal d'intermittents du spectacle, dont des musiciens qui accompagnent une grosse pointure de la variété française et qui touchent 150 € par concert, ce qui souvent demande deux jours pris (plusieurs heures de déplacement en minibus entre leurs lieux de résidence et le lieu du concert), avec l'exigence d'être disponible sur le chant, des répétitions qui ne sont rarement payées, etc.

Tout cela alors que toute la myriade de gens qui tournent autour (organisateurs, loueurs de salle, etc.) empochent des sommes considérables (quelques dizaines de milliers d'euros).

Cet exemple ne se veut pas la règle, mais c'est un fait que ça se passe souvent, trop souvent, comme ça.

L'intermittent du spectacle : sans lui pas de spectacle, et pourtant si mal payé, tellement vilipendé, et tant de gens qui prospèrent grâce à son labeur.

Quant à négocier, encore faut-il que cela soit possible, mais quand il y a fin de non-recevoir, la grève est le dernier recours.

Écrit par : Fredo Basta | 27/04/2016

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