15/04/2016

la prestation télévisée du président François Hollande

la prestation télévisée du président François Hollande

Par delà les jugements, et ils sont tous plutôt sévères, la question que cette interview suscite est la suivante : est ce que l’époque avec toute son évolution, est encore en adéquation avec l’état d’avancement du pays ? Est ce qu’on peut encore organiser de tels rencontres ? Plus personne n’y croit. Même les journalistes ont reconnu après coup que l’exercice était daté et ne s’imposait plus. Il faut autre chose. Ce sont les critiques des jeunes qui m’ont convaincu : il faut autre chose. Mais quoi ? D’autres types de rencontres avec le peuple sont nécessaires. Une autre question se pose : est ce que c’était du niveau du président de la Ve république de se confronter à des problèmes d’intendance, surtout lorsqu’on n’a rien à annoncer de fondamentalement nouveau. Il fallait y penser avant. Ce que François Hollande voulait, c’était avant tout mettre un terme à cette chute vertigineuse dans les sondages. Mais aucun conseiller présidentiel na osé dire qu’il fallait changer de logiciel : on ne traite plus ainsi avec ses électeurs. Il faut une action plus participative, plus vivante, et aussi moins de réglementations, moins d’état. C’est là le talon d’Achille de la France : l’omniprésence de l’Etat. Il est partout au lieu de se cantonner à des tâches essentielles, plus régaliennes, comme la défense, la sécurité, la politique étrangère. Or, l’Etat s’occupe des hôpitaux, de la télévision, des radios, de l’économie, des écoles et de l’éducation en général, de l’enseignement supérieur, etc… Et fait aggravant : ce sont ses propres élites, toutes fabriquées selon le même moule qui sont à la tête partout. Et toute cette administration qui se mêle de tout, au lieu de laisser aller, laisser faire. C’est donc aussi un problème de culture, la culture française adore une vache sacrée, intouchable : l’Etat. Il contrôle tout et en cas de conflit du travail, de fermeture d’usine, de chômage, c’est toujours vers l’Etat que l’on se tourne. Comment faire un lavage de cerveau pour que les mentalités changent ? CQFD. Un jeune étudiant qui avait voté pour François Hollande m’a ému : le président a dit ce qu’il voulait faire en 2017 au lieu de nous dire ce qu’il peut faire pour nous hic et nunc…

La France doit cesser de penser qu’elle est le nombril de l’univers. Il faut se comparer aux autres, faire preuve d’humilité. Regardez l’Allemagne, l’Angleterre, même l’Espagne et l’Italie. Il faut cesser de faire de l’autisme. A lui seul, François Hollande n’y arrivera pas. Il cumule tous les handicaps de la France, mais il est injuste de tout lui imputer. J’ai entendu Nicolas Doze dire qu’on glissait lentement mais surement vers le déclin. Cela ne se sent pas, un peu comme une maladie qui avance insidieusement et dont on ne relève la présence que lorsqu’il est trop tard.

09:53 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Enfin ! Je croyais être le seul à penser et à dire ce que vous écrivez.
Mais rassurez vous, aucun français (et encore moins leurs "élites") ne vous croira. Les français sont jacobins dans l'âme.
Et pourtant il fut une époque où les français se débrouillaient, inventaient, créaient, s'entre aidaient. Juste après la guerre. L'Etat était trop préoccupé par ses propres crises internes pour se mêler de son économie et des affaires du peuple.
Et c'est de Gaulle qui a redonné un Etat fort et inquisiteur à la France, avec une école, l'ENA, destinée à former les futurs hauts fonctionnaires, tout en oubliant que complètement déconnectés des réalités, ces "élites" ne pourraient qu'engendrer la ruine lors de période de crises. En voulant tout gérer par la bureaucratie, ces "élites" ont oublié qu'une Nation se crée et prospère uniquement par la tête, le cœur et les bras. Justement là où l'Etat n'a rien à faire.
Il n'y a d'ailleurs qu'à voir le Code du Travail français. Tellement énorme (plus de 3000 pages) et abscon que plus personne ne s'y retrouve.

Écrit par : Lambert | 15/04/2016

L'Etat se mêle d'éducation et de culture et d'économie alors qu'il n'y connaît rien, le système des grandes écoles donne l'impression aux administrateurs que tout leur est permis, qu'ils sont experts de tout parce qu'ils savent parler de tout en beau style.

Écrit par : Rémi Mogenet | 16/04/2016

Les commentaires sont fermés.