14/04/2016

Le cas Benzeéa, la morale l’emporte

Le cas Benzeéa, la morale l’emporte

La décision de la Fédération Française de Foot fera date : pour la première fois, c’est l’éthique qui l’a emporté sur toutes autres considérations. Enfin, la morale reprend pied dans un univers où elle comptait pour quantité négligeable.

Mais avant d’aller plus loin, il faut rappeler avec force que tant qu’on n’est pas condamné, on est présumé innocent. Tout le monde doit bénéficier de la présomption d’innocence. Pour le moment contre ce joueur de Foot Ball il n ‘ y a que des charges, pas d’accusations et il a été mis en examen. Mais une mise en examen se solde dans 80% des cas par un non lieu ou un abandon des poursuites.

Il semble cependant que des indices inquiétants aient été découverts et que la bonne foi du joueur soit mise en cause. Mais attendons pour voir. Ce qui intéresse ici le philosophe moraliste ou éthicien, c’est qu’une puissante fédération n’a pas seulement écouté ses propres intérêts mais tenu compte de l’impression produite sur l’opinion publique, accordant une sorte d’immunité imméritée à une vedette ou à une personnalité connue pour ses talents ou ses mérites réels ou supposés.

Il faut saluer comme il convient ce début de moralisation qui fera jurisprudence. Il y a aussi l’aspect exemplaire : sélectionner ce joueur sur lequel tant de charges (je dis bien charges et non accusations), c’était tenir la justice pour quantité négligeable C’était aussi dire que le public étant de son côté, eh bien, le reste ne comptait pas. C’eût été un pari risqué. Noël le Grät aurait pu le prendre mais son amour de la justice l’en a empêché. Il y a aussi les autres membres du conseil qui ont vite de ramener le curseur là où il fallait. On ne peut pas représenter notre pays, la France, dans une telle compétition quand on est déjà mis en examen et que des soupçons, même de simples soupçons, pèsent sur vous.

Le monde du foot ball est trop sorti des clous ces derniers temps, les personnalités les plus éminentes ont été mises en cause et chassées de leurs postes de direction. La fédération française a donc bien agi. Et puis, qu’on se le dise, nul n’est irremplaçable. L’équipe de France a jouté et même gagné des matchs sans ce joueur

Cela commençait à faire beaucoup : il y eut des joueurs qui ont eu recours à des filles de petite vertu, d’autres qui ont ridiculisé la France à la face du monde entier lors d’un certain mondial, etc… On se souvient de la phrase sagace de la ministre de l’poque : des caïds immatures…

Vive l’éthique même sur un terrain de foot que des millions de jeunes de toutes classes sociales regardent avec envie. Il faut de l’exemplarité. On l’a enfin.

Alors bravo !

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