04/04/2016

Nuit debout place de la République : Attention !!

Nuit debout place de la République : Attention !!

Depuis deux nuits, le gouvernement est confronté à un grave problème dont je ne suis pas sûr qu’il ait pris la vraie mesure : une mobilisation de la jeunesse de France, à laquelle viennent s’agréger toutes sortes de gens insatisfaits de leur vie, de leur travail, bref de leur existence. Cette coagulation de tous les mécontents risque d’être dangereuse pour le gouvernement et notamment pour le couple de l’exécutif. Pourquoi ? d’abord parce que, visiblement, le président et son Premier Ministre ne sont pas vraiment sur la même longueur d’ondes. A l’évidence, la nature conciliatrice du plus grand tricoteur de synthèse du pays ne coïncide pas vraiment avec celle plus enflammée, plus ibérique de Manuel Valls. Souvenez vous de ses déclarations presque guerrières, on ira jusqu’au bout, on ne cédera pas, etc… Et depuis ce temps là c’est la bérézina pour le gouvernement. Il faut donc se rendre à l’évidence, il n’a pas choisi la bonne méthode. Ce fut le cas pour la déchéance de la nationalité, contestée par la propre majorité du gouvernement. On connaît la suite : la droite parlementaire a exploité les divergences entre les deux, enfonçant un coin entre l’Elysée et le parlement. Le président du sénat l’a dit : on a collé au projet initial du Président devant le congrès à Versailles. Sous entendu : revenez au texte initial et on le votera. C’était impossible. Le président a dû renoncer. Comment voulez vous qu’il retire la loi Elkhomry, aujourd’hui ? La seule chose qu’il puisse se permettre, vu l’étroitesse de sa marge de manœuvre, c’est de la vider encore un peu plus de son contenu réellement novateur. En fait, l’action a été très mal engagée. On se demande qui conseille vraiment l’Elysée et qui conseille Matignon …

Il faut dire que depuis des mois, ce gouvernement gouverne contre une partie croissante de la majorité qui l’a élu. Ceux que l’on nomme les frondeurs conservent une énorme capacité de nuisance et ce sont eux qui sont à l’origine de l’abandon de tenir congrès à Versailles. Il y a aussi les syndicats qui sont vent debout contre toute réforme mettant en cause les droits fondamentaux des salariés. Et il y a, dernier mais non moindre, l’opposition au sein même du parti socialiste qui ne croit plus en Fr. Hollande, veut lui imposer une primaire dans l’espoir qu’il ne franchira pas la barre. Cette situation est inédite.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il y a ce mouvement qui a décidé de passer les nuits place de la République et anime des débats sur une autre culture, un autre système, bref une autre voie que celle suivie par ce gouvernement. On n’a jamais connu ce type de contestation en France.

Espérons que dès le début de la semaine prochaine le gouvernement trouvera le moyen de stopper ce nouveau mouvement de contestation. Surtout à moins de douze mois de la présidentielle.

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