04/04/2016

Les grèves en France : le risque d’un soulèvement social existe

Les grèves en France : le risque d’un soulèvement social existe

Je m’explique : hier et avant hier j’étais à Marseille pour participer à un colloque sur les sept péchés capitaux. De retour à Paris, gare de le Lyon, je me retrouve nez à nez avec des manifestants battant le pavé et une myriade de CRS et de Gardes mobiles armés jusqu’aux dents. Il pleuvait, il faisait froid et pas un seul taxi à l’horizon, je prends mon courage à deux mains et remonte l’autre avenue, sous la pluie, cela durera une heure, sans succès, pas un seul taxi et toutes les rues bloquées. De guerre lasse et la goutte au nez je m’en reviens tristement dans la file d’attente des taxis. Il faudra attendre près d’une demi heure avant de pouvoir m’embarquer dans un taxi me ramenant à Victor Hugo. J’ajoute que dans la file d’attente il y avait des femmes avec des bébés en larmes et vieilles dames trainant laborieusement des valises… Parfois la douleur déformait leur visage.

Pourquoi ai je rappelé cela ? Parce que je pense que la France traverse une crise bien plus profonde qu’on ne le croit généralement. Ces grèves à répétition, ce refus des réformes , cet entêtement à rejeter tout changement, sont les signes avant-coureurs d’une grave crise sociale. Et ce qui m’y conduit, c’est la phrase d’une jeune étudiante qui a été citée tout à l’heure : elle a dit que l’on ne voulait pas de cette société qu’on nous prépare. Du coup, j’ai pensé à mai 68 qui a prospéré sur un humus comparable à ce que nous vivons. C’est-à-dire à des contestations et à des manifestations à répétition. Rendez vous compte : les protestataires finissent une manifestation mais auparavant ils ont décidé de la date de la prochaine sur la place publique. Depuis un mois, cela ne s’arrête pas. Comment faire et que faire ?

Certes, l’exécutif actuel traverse de grandes difficultés, mais un autre aurait il eu plus de succès ? C’est peu probable ? La France qui a voté il y a quatre ans ce qu’elle a voté, voterait-elle de la même manière aujourd’hui ? L’exécutif a été affaibli par cette affaire de déchéance de nationalité et a dû reculer. C’est bien dommage car on avait besoin de cette loi sur un plan symbolique. En fait, les divergences entre l’assemblée nationale et le séant ont été amplifiées pour satisfaire à une arrière-pensée politique : empêcher François Hollande de se prévaloir du rôle hautement envie et recherché de père protecteur de la nation, une nation rassemblée autour de son chef. Cela aurait permis au président de repartir sur de nouvelles bases et l’aurait en meilleure posture pour candidater en 2017. Et qui sait, cela l’aurait peut-être aidé à se faire réélire.

La classe politique et les luttes partisanes en général nous font perdre de vue l’essentiel. Et on appelle cela la démocratie. Churchill avait raison en en donnant la définition qu’il en avait donné : le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres… Je me demande s’il ne faut pas réformer tout cela, je me demande s’il ne faut pas repenser la démocratie, la justice, la défense et tout le reste. Quand vous pensez que les terroristes du Bataclan et de Bruxelles dont on a retrouvé les traces ADN et les empreintes digitales, donc contre lesquels nous disposons de preuves irréfragables, sont appelés, les terroristes présumés ! C’est une offense à la mémoire des victimes.

Et cela aussi contribue à gonfler le mécontentement intérieur. On besoin d’une gouvernement fort, d’un paysan uni et rassemblé. Sinon, c’est l’explosion.

 

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