04/04/2016

Le 4 avril, renvoi des réfugiés vers la Turquie : un nouvel Exodus à l’envers ?

Le 4 avril, renvoi des réfugiés vers la Turquie : un nouvel Exodus à l’envers ?

L’image s’est imposée à moi d’un coup. J’ai vu les premiers bateaux chargés de réfugiés les retirant de Grèce, cingler vers la Turquie voisine. Et on sait l’état des droits de l’homme dans ce grand pays à l’écrasante majorité musulmane. C’est d’ailleurs assez étonnant de voir que tous ces réfugiés, eux mêmes islamiques, dédaigner de rester sur place et regardant éperdument vers l’Europe judéo-chrétienne comme un véritable eldorado. Mais derrière les dénominations religieuses, les origines ethniques se trouvent une pâte humaine, partout la même, même si les fossés culturels sont indéniables. C’est toujours le sempiternel débat entre la nature et la culture : tous les mêmes, oui, mais tous si différents et chacun défendant bec et ongles son autochtonie…

Mais ce cocktail assez atypique de l’île grecque Lesbos, de la Chypre voisine, du Proche Orient, des bateaux, tout cela m’a rappelé le drame de l’Exodus, lorsque des survivants de l’Holocauste voulaient forcer le passage vers la Terre promise , la terre de leurs ancêtres et que la Grande Bretagne mandataire les refoulait. Voire les avait renvoyés pour les parquer dans l’île de Chypre. Il n y a pas si longtemps, sur une terrasse de café de Netanya j’ai croisé une dame d’un certain âge, mariée à un Britannique, et qui me confia être née sur l’île de … Chypre, suite au refoulement de ses parents fuyant l’Europe.

Bien que je ne sois pas favorable à l’accueil de réfugiés en Europe, en raison des problèmes qu’un tel afflux ne maquera pas de provoquer, notamment l’incapacité à s’intégrer à une civilisation judéo-chrétienne, j’éprouve de la tristesse en pesant à ces pauvres gens qui voient s’éloigner leur rêve. Ils lui tournent le dos. Au fond, l’Europe, c’est, dans leur tête, la Terre promise, le lieu où leurs peines, leurs craintes, leurs dangers auraient cessé… Et voilà que l’Europe, menacée d’être submergée, se plie au chantage turc et conclut un accord avec l’ancien empire ottoman. Sur le dos justement de ces réfugiés : la Turquie a utilisé les réfugiés comme moyen de pression. Elle a fait comprendre qu’elle était incontournable, de la même manière qu’elle a commencé par fermer les yeux sur Daesh. Ce n’est que récemment qu’elle a un peu changé d’attitude, mais il y a encore peu, elle bombardait plus le PKK que Daesh.

L’accord n’est pas bon et on ne peut pas supprimer les visas pour les Turcs, sans poser de graves problèmes à notre continent. Ce qu’il faut faire, c’est continuer de s’en prendre à Daesh, le battre et restaurer une vie normale pour des millions de gens qui ont dû fuir la guerre.

Mais voilà, le président Obama refusait de s’engager davantage et s’il le fait depuis quelque semaines, c’est simplement pour contrebalancer l’énergique intervention russe qui a modifié la situation sur le terrain. L’Américain courait le risque de se voir reprocher son inaction, face à d’incontestables succès russes sur le terrain. On l’a encore vu pour la ville de Palmyre. Les Irakiens, eux aussi, se lancent à la reconquête de Mossoul, tandis que l’étau autour de Rakka, pseudo capitale des islamistes se resserre.

Décidément , cette partie du monde, là où Dieu s’était pourtant révélé, ne connaîtra jamais la paix. On a l’impression que la confrontation des civilisations, le choc des cultures, sont devenus plus durs.. Là, on aurait besoin de grands leaders, animés d’une grande vision et porteurs d’un grand projet, on trouve des bricoleurs qui gèrent à la petite semaine, comme les grands pays de l’UE.

Que faire ? Faire en sorte à ce que le drame de l’Exodus ne se reproduise plus, ramener les gens chez eux, sans les chasser, leur assurer un minimum de sécurité et de vie meilleure. Mais l’Europe ne peut plus intégrer personne. Il faudra aussi préciser les frontières de l’UE. Il n’est pas question d’avoir une frontière commune avec les républiques du Caucase ou la Syrie.

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