04/04/2016

L’eglise de France devrait suivre l’exemple de l’abbé Grosjean

L’eglise de France devrait suivre l’exemple de l’abbé Grosjean

C’est l’article de Jean-Marie Guenois dans Le Figaro qui a attiré mon attention sur ce jeune prêtre, dit atypique, alors que tous ses collègues de son âge ou moins jeunes devraient lui ressembler. Sous ma plume, une telle adhésion ne laissera d’étonner quelques esprits chagrins tandis que d’autres me reprocheront de me mêler de la paroisse du voisin au lieu de me cantonner à la mienne… Mais peu importe, le cas de cet abbé me semble emblématique. Il est un authentique éveilleur des consciences.

On ne trouvera pas en moi un ami ni un adepte des intégristes catholiques, ce serait folie. Mais depuis des années je réfléchis sur ce silence, d’aucune diront cette léthargie de la haute hiérarchie catholique de France et ne réussis toujours pas à comprendre. Les prélats, avancés en âge et donc moins susceptibles de s’enflammer pour leur sacerdoce, entrainent de larges pans de leurs diocèse dans une sorte d’endormissement qui pourrait avoir des conséquences fatales si l’on n’y mettait pas le holà Alors comment s’explique cette langueur dont l’église de France semble être affectée depuis des décennies et qui profite largement à une autre religion, plus entreprenante et plus nerveuse ?

Je ne vois qu’une raison historique : nous vivons encore l’après-coup de la loi de séparation qui cherchait à combattre un cléricalisme de très mauvais aloi et qui semblait presque prendre en otage la vie politique du pays, surtout à une époque à la partie saine de l’église (celle rejetant l’antisémitisme et honorant les racines juives de l’église) n’était pas vraiment en position de force ni même majoritaire. L’église a donc peur de se voir reprocher cette main mise indue et d’un autre temps. D’où cette excessive prudence dont d’autres avec les attentats et le prosélytisme ne s’embarrassent guère.

Il me semble que l’église doit suivre l’exemple de ces jeunes prêtres, adeptes d’un renouveau religieux respectant les croyances d’autrui et propageant le message authentique de Jésus (moi qui suis juif comme lui), à savoir, l’amour, le respect et la solidarité avec tout ce qui est à l’image de Dieu. Comme les autres grandes cultures religieuses, le christianisme a commis des erreurs, voire même des fautes graves. Et je sais personnellement de quoi je parle. Mais aujourd’hui, l’église doit chasser cette mauvaise conscience, elle doit prouver qu’elle ne vit plus dans une sorte de repentance perpétuelle, cela suffit, elle a déjà maintes fois demandé pardon. Elle ne va tout de même passé sa vie à genoux.

Elle doit re-catéchiser les gens nés chrétiens. Je suis éberlué en voyant que des jeunes se convertissent à une autre religion, sans même connaître suffisamment la leur. Comment quitter quelque chose qui nous accompagne depuis la naissance, sans même avoir appris à le connaître ? Je suis sidéré quand j’apprends que de jeunes Bretons et Normands changent de religion et vont même donner leur vie sur des théâtres d’opérations où ils n’ont rien à faire…

L’église ne saurait elle plus réunir, retenir et éclairer ses enfants ? C’est le minimum que l’on puisse attendre d’elle. Elle peut et doit respecter l’ordre républicain, mais elle ne doit pas oublier de se faire aussi respecter. L’église d’aujourd’hui ne compte plus de prêtres capables de recréer une affaire Finaly. Ces temps là sont révolus. Mais la France reste la fille aînée de l’Eglise. L’abbé Grosjean ne semble pas l’oublier chaque jour que D- fait.

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