29/02/2016

La crise de la Ligue arabe : un torunant ?

La crise de la Ligue arabe : un torunant ?

Le secrétaire de la Ligue arabe dont le siège se trouve au Caire vient d’annoncer qu’il ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat au mois de juillet. En soi, ce n’est pas si grave mais cela pose un problème qui l’est : à quoi sert cette Ligue qui connut de belles heures il y plusieurs décennies et qui dictait la politique des Arabes à l’égard d’Israël ?

La décision de l’actuel secrétaire général démissionnaire est le résultat d’une situation catastrophique, la ligue est en lambeaux, ses membres se font la guerre ou s’entredéchirent dans des confrontations régionales particulièrement sanguinaires. Faisons un bref récapitulatif : l’Arabie saoudite, principal bailleur de fonds pilonne le Yémen chaque jour que Dieu fait et soutient par ailleurs certains groupes armés en Syrie qui ont juré de destituer Bachar. Cette même Arabie est intervenue massivement contre Bahreïn où elle suspectait la main de Téhéran qui, certes, n’est pas arabe mais demeure proche du giron de l’islam. On apprend aussi que Riyad qui voulait redonner des couleurs à l’armée libanaise suspend, voire annule, un contrat d’armes de plusieurs milliards avec la France au motif que le Hezbollah, milice libanaise pro iranienne, pèse trop lourdement sur la politique intérieure du pays du Cèdre…

On comprend mieux le désarroi des dirigeants de la Ligue arabe qui n’arrive même plus à faire entendre raison à ses propres membres…

Et ce n’est pas fini : regardez ce qui se passe en Tunisie où le marasme économique fit des ravages et où le terrorisme prospère sur un humus particulièrement nourrissant.

Devons nous reparler de la Syrie qui est un immense champ de ruines avec près de 300.000 morts ? Et l’Egypte où les attentats ne cessent pas, tant au Caire que dans le Sinaï… Et la Libye où l’Etat Islamique tente de prendre pied, ce qui pousse les USA, la Grande Bretagne et la France à agir en envoyant des éléments des forces spéciales… A Gaza, le Hamas contrôle avec une poigne de fer plus d’un million de Palestiniens qui vivent dans des conditions difficiles en raison de la corruption des dirigeants et du chômage du peuple.

Est ce que les choses se présentent mieux en Irak ? Non point. La seconde ville du pays est toujours occupée par l’EI, Mossoul, et elle ne sera jamais reconquise sans le concours décisif des puissances occidentales !

On comprend que le poste de secrétaire général de la Ligue arabe soit intenable puisqu’il a échoué dans sa mission. Mais comment s’explique cette déchirure du monde arabo-musulman ?

En plus de multiples petits facteurs, il en est un qui fournit un très bon principe explicatif : c’est la faute fatale d’appréciation de cette Ligue qui a promu l’Etat d’Israël au sommet de ses préoccupations majeures. Un exemple parlant : les «quatre nons» de Khartoum… On connaît la suite.

Au lieu de veiller au développement économique et démocratique de l’état de leurs sociétés, au lieu de lutter contre la maladie, l’ignorance et la corruption, les Arabes se sont acharnés à voir en Israël la cause de tous leurs soucis. Le résultat était prévisible : face à un Etat juif prospère, hyper puissant et surtout une démocratie exemplaire, la Ligue a poursuivi sa politique chimérique. Elle a fait croire aux masses arabes qu’Israël devait être chargé de tous les péchés du monde et qu’une fois ce problème réglé, eh bien tout irait mieux pour elles…… Quelle erreur !

Israël, servant d’exutoire, a aussi servi de paravent à la dictature tyrannique des dirigeants arabes qui ont opprimé leurs peuples, usant jusqu’à la corde de cet argument fallacieux : Israël est un danger pour eux, un danger pour la paix dans la région.

Un enfant ferait preuve d’une plus grande lucidité ! Mais ne soyons pas pessimiste, comment la Ligue arabe pourrait elle sortir de la crise qui secoue ses fondements ?

Il lui faut trouver les moyens politiques de promouvoir la démocratie dans tous les états membres. Et ce n’est pas gagné d’avance.

Mais il existe encore un autre facteur, certes, d’une autre nature mais non négligeable : c’est l’argent, les pétro dollars. Ceux qui avaient, durant des décennies, une conduite arrogante tant ils étaient assis sur un tas d’or, voient leurs rentrées financières fondre comme neige au soleil. L’Algérie en souffre, l’Arabe aussi, qui a dû adopter un budget en déficit, jusques et y compris les Emirats arabes unis. Or, tous ces états achetaient la paix sociale par des redistributions de nature sociale : que va t il se passer à présent que la manne pétrolière s’est tarie, et ne va pas reprendre demain ?

Vous savez, au début du XXe siècle, le philosophe allemand Franz Rosenzweig (1886-1929) prônait le Nouveau Penser (Das neue Denken) : instiller une dose de théologie dans la spéculation philosophique. Les Arabes devraient prôner enfin une Nouvelle Politique : instiller un dose de démocratie dans la politique des états membres..

Ce serait alors l’époque messianique.

Maurice-Ruben HAYOUN

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27/02/2016

François Hollande, sifflé, hué, appelé à démissionner au salon de l’agriculture : le debut de la fin ?

François Hollande, sifflé, hué, appelé à démissionner au salon de l’agriculture : le debut de la fin ?

Quel désolant spectacle ! Un président de la République, tout juste revenu d’un long séjour à l’autre bout du monde, qui est presque conspué par des jeunes agriculteurs en colère, lui tournant le dos, revêtus d’un tee-shirt avec l’avertissement suivant : je meurs..

Les affiches suspendues au-dessus des stands appellent à la démission du président. Un président qui avance entouré d’une nuée de gardes du corps, inaccessible, protégé par des policiers qui le coupent de ceux auxquels il est justement venu rendre visite. Et cela ne fait que commencer puisqu’à neuf heures le public sera admis dans l’enceinte et là le pire est à craindre… Le mieux serait que François Hollande rentre sagement à l’Elysée et abandonne enfin cette technique mitterrandienne consistant à tenter de passer entre les gouttes.

Sans faire preuve de partialité, j’ai vraiment l’impression que ce n’est plus une manœuvre de journaliste, Fr Hollande a battu des records d’impopularité, il est certain que sa côte de popularité, ou ce qui en reste, va en prendre un coup après ce que nous avons vu sur tous les écrans de télévision…

Ces scènes ont produit un effet désastreux dont le principal intéressé devrait tirer la leçon. J’exclus un départ immédiat, mais une nouvelle candidature serait suicidaire. En moins de 13 mois, jamais il ne pourra remonter la pente. De tous côtés la colère gronde : l’aéroport des Landes, le mécontentement agricole, le monde salarié dans sa totalité vent debout contre la loi dite El Komry, le chômage, les retraites, les déficits, et je ne parle même plus de la sortie violente et virulente de Martine Aubry…

Certains vont jusqu’à dire que le bilan destructif de Fr Hollande bat tous les records, il est allé bien au-delà de tous ses prédécesseurs ; hier soir, je suivais une émission politique à la télévision et j’ai entendu de vieux militants socialistes dire que le quinquennat a commencé avec un slogan (mon ennemi c’est la finance) et s’achève avec une loi anti-salarié, digne du XIXe siècle… Et ces vieux militants disaient qu’ils avaient rendu leur carte et ne voteraient plus jamais pour Hollande.

Il y a donc le feu à l’intérieur et à l’extérieur. Certains instituts envisagent même l’implosion du PS.

Regardons les choses plus objectivement : il est indéniable que Fr. Hollande pratique une politique en tout point aux antipodes de ce qu’il avait avancé. Il a perdu 4 ans ! Aujourd’hui, il précipite la cadence à des fins personnelles car il songe à se représenter. C’est humain, mais ce serait une erreur lourde de conséquences de sa part car il fera perdre son camp. C’est donc une façon de s’accrocher au pouvoir. Certes, il a fait ce qu’il a pu mais il s’est trompé sur la situation réelle du pays. Il n’a jamais anticipé avant de prendre enfin conscience de l’imminence des problèmes… Dommage.

Tous les experts dont je ne suis pas sont d’accord pour dire que même au sein de l’exécutif, on se demande qui commande vraiment, qui décide. Valls donne l’impression de s’imposer au président. Cela fait penser à une phrase d’un journaliste US du temps de Nixon et Kissinger. Nixon commande en suggérant tandis que Kissinger suggère en commandant. Or, certains socialistes commencent à se demander s’il ne faudrait pas changer de premier ministre, offert en sacrifice expiatoire à un électorat déçu et en colère. Mais par qui le remplacerait-on ?

Martien Aubry ? Impossible, elle vient de brûler ses vaisseaux. François Bayrou ? Il refuse de s’embarquer sur le Titanic. Reprendre Jean-Marc Ayrault ? Quel aveu de faiblesse et d’impuissance ?

La seule alternative est d’envoyer des signaux de non candidature pour 2017. Personne, à l’exception de Dieu (qui ne compte pas en politique), ne pourra recréer des conditions favorables pour les mois qui restent. Le camp présidentiel avait compté sur l’esprit unitaire de janvier où la popularité de Fr Hollande avait repris des couleurs. Hélas, cela n’a pas duré et les vrais problèmes sont toujours là…

Fr. Hollande devrait cesser de se prendre pour un Mitterrand. Il suffisait de voir les traits crispés de son visage, ce matin même, sa mâchoire serrée et celle de son ministre de l’agriculture pour voir où nous en sommes vraiment.

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26/02/2016

Fin de partie pour François Hollande ?

Fin de partie pour François Hollande ?

Cette fois-ci, la guerre est vraiment déclarée. Martine Aubry est sur la ligne de départ, je veux dire sur le sentier de la guerre. Certains socialistes serviles ont cru la contredire en disant qu’elle avait mal digéré sa défaite aux primaires… Du coup, elle exige désormais que François Hollande s’y soumette lui aussi, s’il venait à se présenter pour 2017. Or, précédemment, elle estimait qu’il n’ avait pas, en tant que président sortant, à passer par la case des primaires.

On s’interroge un peu sur ce couple improbable de l’exécutif : un premier ministre tout en nervosité, réagissant au quart de tour, ne laissant rien passer au point que les frondeurs du PS dénoncent son côté martial, et en face ou à côté un président tout en rondeurs, lent à réagir, arrondissant les angles et laissant retomber les tensions…

Cette tactique est peut-être bonne quelques fois mais pas en état d’urgence. Le PS est entré dans une phase de décomposition avancée. Fr. Hollande ne s’émeut pas, il n’est pas lié au PS par un mariage catholique, qu’à cela ne tienne, il formera une nouvelle majorité d’idées ou au cas par cas. Mais le problème est que la colère gronde et que certains députés PS menacent même de voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement dont ils abhorrent le chef.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et a mis fin à la patience des socialistes n’est autre que cette loi dite Khomri. Des centaines de milliers de personnes ont signé des pétitions contre cette loi.

Dans certains états majors on pense que Hollande sacrifie les idéaux socialises à son intérêt personnel : comme il veut se représenter à tout prix et qu’il a conditionné sa candidature à la baisse du chômage, il met tout en œuvre pour parvenir à ses fins.

Le problème est que son départ et sa non-candidature ne sont plus un tabou dans les rangs socialistes ; même le premier secrétaire ne bouge plus. Le PS est vraiment mal en point. Il y a quelques semaines les socialistes se gaussaient des Républicains, aujourd’hui c’est l’inverse.

Marine Le Pen leur dit merci.

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25/02/2016

Ankara, Beyrouth, Damas, Moscou, Ryad, Téhéran, Tel-Aviv, etc…

Ankara, Beyrouth, Damas, Moscou, Ryad, Téhéran, Tel-Aviv, etc…

Un nouveau Proche Orient se dessine sous nos yeux sans qu’on s’en rende vraiment compte, c’est une région où la situation d’Israël n’est plus la seule à nourrir les inquiétudes, je dirais même que la situation de l’Etat juif s’améliore considérablement en raison des rivalités régionales et ethniques internes à la culture islamique. Qu’est ce à dire ? Tout simplement que le conflit israélo-palestinien après avoir été israélo-arabe, est en train d’être éclipsé par des confrontations internes opposant entre eux la plupart de ses voisins, sans qu’Israël y soit pour quoi que ce soit…

Nous sommes en présence d’un incroyable renversement de situation au point que certains des ennemis d’hier se muent en amis, suivant l’adage suivant : les ennemis de nos ennemis sont nos amis.

C’est peut-être une retombée positive de ce qui fut abusivement appelé les printemps arabes ; ce sont des journalistes occidentaux victimes de paresse intellectuelle qui ont fait un rapprochement avec ce qui s’était passé en Europe contre la loi d’airain du régime communiste. En fait, les secousses qui ont ébranlé le monde arabo-musulman sont plutôt des révoltes sociales dont aucune n’a vraiment porté ses fruits.

Ryad et Téhéran s’affrontent en Syrie par groupes armés interposés. L’Arabie ne se cache même plus et accuse ouvertement Téhéran de menées subversives et de tentatives de déstabilisation. Pire encore, elle suspend les livraisons d’armes à l’armée libanaise au motif que cela profiterait au Hezbollah, allié de l’Iran, un Hezbollah qui paralyse la vie politique libanaise : à preuve la récente démission du ministre libanais de la justice, je crois, qui s’en plaignit publiquement. Donc, une confrontation entre des chiites et des sunnites… qui fait des dizaines de morts chaque semaine !

Mais ce n’est pas tout, Ryad a établi un axe avec Ankara qui a d’ailleurs accueilli ses avions de chasse dans une de ses bases aériennes, proche de la frontière syrienne. Ryad et Ankara ont les mêmes objectifs en Syrie : affaiblir les Iraniens et leurs alliés locaux, et notamment chasser Bachar du pouvoir. Ce qui apparaît désormais très incertain.

Et dans ce contexte, ils vont se heurter à la Russie qui semble avoir tout misé sur Bachar même si, sous peu, elle aura des problèmes avec l’Etat islamique sur son propre territoire. Poutine essaie donc de calmer provisoirement le jeu sur le terrain mais reste prêt à en découdre. L’objectif est d’affaiblir l’ennemi et de le contraindre à siéger à la table des négociations.

Le torchon brûle donc dans le camp arabo-musulman, ce qui marginalise grandement le cas du Hamas de Gaza lequel commence à être sérieusement contesté sur place. Il n’est donc pas exclu qu’il provoque l’armée d’Israël à la seule fin de se remettre en selle. Pour l’instant ses amis et ses protecteurs, les Emirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie l’en dissuadent fortement et lui font espérer un port à Gaza à condition qu’il se démilitarise complétement, ce qui conduirait Israël à lever le blocus. Evidemment, des puissances étrangères fiables contrôleraient ce qui se passera dans ce port… Est ce réaliste ? Pour l’instant, pas vraiment car la raison d’être du Hamas est justement la lutte armée ; et dans ce cas comment lui demander d’y renoncer ? Ce serait un auto-reniement, mais il faut bien savoir que l’esprit de Descartes n’a pas encore atteint cette région où certains arrangement font penser à une quadrature du cercle réussie… On estime à des millions de dollars les fortunes de certains hauts cadres du Hamas…

Cette évolution lente mais inexorable de la région montre que le problème majeur n’est plus le conflit avec Israël, pays hyper puissant et très avancé au plan technologique, mais bien les antagonismes locaux. La seule nouveauté est représentée par la Russie de Poutine qui n’a jamais rompu ses liens avec Israël où vivent plus d’un million et demi de Juifs russes. Ces Israéliens d’un type nouveau ont leur presse, leurs télévisions, leurs écoles et entretiennent des relations avec ceux des leurs familles restés au pays.

Un dernier point concernant l’activité russe dans cette région du monde. C’est le risque de confrontation avec la Turquie. Ceux qui connaissent Poutine disent qu’il fera payer très cher à Erdogan la destruction de son avion et la mort de l’un des deux pilotes…

La seule tache au tableau est représentée par l’Etat Islamique ; il est presque certain que les bombardements russes lui ont porté un coup fatal. D’un autre côté, Obama a enfin compris qu’il fallait l’endiguer en Libye où il migre, ne pouvant plus supporter les coups de boutoir de ses ennemis. Mais même en Irak, ses positions sont très menacées. La grande bataille de Mossoul se prépare et cette capitale régionales, forte de deux millions d’habitants, ne restera pas éternellement aux mains de Daesh…

Les pays du Proche Orient sont en ébullition, traversés par des antagonismes locaux. Et pour une fois, Israël n’y est pour rien, j’entends par là qu’on ne ressort plus la thèse du complot sioniste, responsable de tous les maux sur terre…. Ce qui prouve sans conteste que l’Etat juif a, durant toutes ces années, en fait depuis sa création, servi d’exutoire à des malaises et à des tensions qui n’étaient pas de son fait.

Un détail significatif : alors que l’Egypte d’Al-Sissi ne cache nullement sa ligne dure et sa collaboration sécuritaire avec Israël (l’Egypte a même prié Israël de ne pas alléger le blocus de Gaza), d’autres pays arabes collaborent avec Israël, mais sans le dire… Et Benjamin Netanyahou leur a récemment demandé à la Knését de se déclarer, de faire une sorte de coming out politique, cette fois…

Tribune de Genève du 25 février 2016

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24/02/2016

Une farce nommée Bruno Le Maire…

Une farce nommée Bruno Le Maire…

Il n y a ici rien de personnel, comme on aime le dire en anglais. Nous n’avons rien contre l’homme mais le personnage nous fait pouffer de rire. Voilà un homme qui utilise parfaitement le système qu’il dénonce, écrit (ou bidule) un livre sur un coin de table (certains parlent de livres-kleenex) et entend tout changer à son profit. Encore, ne nous plaignons pas car il n’implique plus sa famille, ce qu’il faisait jadis pour toucher les gens au plus profond d’eux-mêmes

Qui est ce monsieur ? Un ancien diplomate qui fit tout pour être remarqué par le ministre de l’époque, Dominique de Villepin, lequel en fit son conseiller spécial et plus tard, à Matignon, son directeur de cabinet. Après les élections, Le Maire obtint un siège de député et par la suite un ministère. On observe donc sous les traits du doux agneau qui lave plus blanc, veut se sacrifier pour servir ses concitoyens qu’il aime et comprend tant et tant, une redoutable organisation hyper personnelle qui ne laisse rien au hasard, mord profondément la main qui l’a nourri (cf. Sarkozy qui le nomma ministre)…

Et ce n’est pas tout : après avoir si profondément utilisé le système il entend le dénoncer aujourd’hui et critique vertement ceux qui l’on mis en orbite. Après un suspense que tout le monde connaissait et qui, au fond, n’a surpris personne, il s’en va à Vesoul (rendez vous compte ; Vesoul, moins de vingt mille habitants !!) annoncer qu’il briguera la magistrature suprême. Et voilà qu’il jure qu’il va l’emporter, alors qu’en réalité il se met en embuscade pour un poste de ministre ou de premier ministre du futur président…

Nous ne changerons jamais la personnalité ni le caractère de nos hommes politiques : c’est ainsi. Du plus grand au plus petit, pour ne pas dire, au plus ridicule, ils substituent la communication à l’esprit, au projet et ne rendront sûrement plus jamais à la politique ses lettres de noblesse. Ils ne cherchent que leur intérêt personnel, leur confort et leurs privilèges. Et il n y a qu’en France qu’on fait des carrières politiques qui peuvent durer un demi siècle. Voyez des gens qui furent aux affaires il y a plus de trente ans et qui entendent encore jouer les premiers rôles. Il n y a qu’en France que les élites vivent radicalement différemment du peuple ; il n y a qu’en France que ces mêmes élites manifestent à l’égard de leurs mandants un mépris souverain.

Lorsque ce bon Monsieur Le Maire nous présente sa déclaration de concourir pour de simples primaires, il donne à la chose les couleurs d’un événement alors que tout le monde le savait et que tout le monde s’en fout…

Le pire, c’est que Le Maire n’est pas le seul dans ce cas. Et après on s’étonnera que ce bon vieux peuple français aille vers le FN. Mais que les politiques changent et les choses iront autrement.

Regardez le nouveau gouvernement français et les opinions des gens à ce sujet. C’est catastrophique ! Même les militants socialistes n’y comprennent rien. Et comment voulez vous le pays reprenne confiance et se remette au travail ?

Jadis il y a avait de hauts exemples (Charles de Gaulle , Pierre Mendes-France) dont on pouvait s’inspirer. Mais aujourd’hui ?

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22/02/2016

La Turquie n’attaquera pas la Syrie

La Turquie n’attaquera pas la Syrie

Le président turc n’est pas fou, il ne ferait pas un pli face à la puissante armée russe et l’OTAN se limitera à des condamnations verbales s’il y avait une confrontation armée. C’est d’ailleurs ce qui a dû se passer, les Turcs ont sondé l’OTAN et donc les USA pour savoir s’ils pouvaient compter sur un appui réel, des conseils d’extrême prudence leur ont été prodiguées.

Le président turc n’a pas son pareil pour pincer la corde sensible du nationalisme de ses compatriotes ; il veut faire croire qu’il ne redoute rien et a fait abattre un avion de chasse russe, ce que Poutine ne lui pardonnera jamais et lui fera chèrement payer.

Il y a un risque d’escalade ; d’un autre côté, les Turcs ne peuvent pas rester les bras croisés s’ils s’estiment victimes d’attaques ou d’attentats de la part de tel ou tel mouvement kurde. Mais il y a des lignes rouges. Les Russes sont aux aguets et le Pr Erdogan ne devrait pas tomber dans le piège que vont lui tendre les Russes s’il venait à détruire un autre avion de Vl. Poutine.

Il faut être très prudent ce temps ci avec les Russes. Poutine cherche une action d’éclat et il est impensable qu’il ne lave pas dans la douleur l’affront turc.

Et dans toute cette affaire, le gagnant, c’est Bachar. Son armée n’a plus à se battre, elle avance pour occuper les territoires que l’aviation russe a nettoyés pour elle. Forcément, cela change le cours de la guerre…

Quand je pense qu’on ne donnait pas cher de l’avenir de cet homme…

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21/02/2016

La Grand Bretagne a t elle jamais vraiment fait partie de l’Union Européenne ?

 

 

La Grand Bretagne a t elle jamais vraiment fait partie de l’Union Européenne ?

C’est la question que l’on peut légitimement se poser sans être taxé de chauvinisme et ou d’esprit anti-british. Certes, tout ne fonctionne pas parfaitement dans l’Union Européenne, et les négociations à 28 constituent une sorte de délire pas toujours logique et dont nul n’est dupe, pas même les Etats-membres. Mais tout de même, avec une bonne volonté touchante et des efforts sans cesse renouvelés, tous se battent pour que l’UE se développe et surtout vive.

Est ce à dire que la Grande Bretagne a d’abord pensé à elle avant de penser à l’Europe, son unité et son avenir ? Oui et non.

Certaines demandes de David Cameron qui se bat déjà pour sa réélection sont absolument fondées. La Grande Bretagne ne fait pas comme la France, au bord de la faillite, elle ne permet pas le tourisme social. Les déficits sont trop grands, la crise trop forte pour qu’on puisse se permettre de telles fantaisies. Il en est de même de l’immigration dont les réfugiés ou déclassés du monde entier profitent de manière éhontée sous le ciel pluvieux de sa gracieuse Majesté. Il fallait y mettre un terme et Cameron a eu gain de cause.

La Grande Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone Euro n’a, en revanche, pas eu gain de cause en voulant exercer un contrôle sur une institution dont elle ne fait pas partie, même en arguant que cela pouvait avoir des incidences sur son économie et sa monnaie. Les Européens ont tenu bon et ils sont eu raison de le faire.

Camron a aussi voulu ériger une digue sur la voie d’une commission européenne qui se mêle de tout, veut tout réglementer, voire même infliger de lourdes amendes à des Etats récalcitrants. En somme, le Premier Ministre britannique a voulu réaffirmer la souveraineté des Etats et de leurs parlements nationaux

Enfin, qu’il l’ait ou non dit clairement, Cameron a voulu briser la férule allemande. Je suis germanophile, tout le monde le sait. Je suis même le plus jeune commandeur de l’Ordre Fédéral du Mérite, l’unique ordre de distinction honorifique allemand (Großbundesverdienstkreuz) mais je le dis : ce qui est bon pour Angela Merkel n’est pas nécessairement bon pour l’Europe. Et notamment l’affaire des réfugiés inconsidérément accueillis par millions sur le territoire…

En conclusion, cette crise du Brexit aura été utile puisque les dirigeants européens ont enfin compris que dans l’union et dans la zone Euro, tous n’avancent pas d’un même pas ! Comment a t on pu faire adhérer la Grèce à la zone Euro ? Comment avoir une monnaie commune alors qu’on n’a pas de politique économique ou fiscale commune ? Comment loger à la même enseigne l’Europe du sud et l’Europe du nord ? La France, elle-même, n’a plus le statut de grande puissance, comme c’était le cas à la veille de 1914 …

La question qui se pose avec une certaine angoisse est la suivante : que va décider le peuple britannique ? Va t il se satisfaire des acquis de Cameron ou se prononcer pour le brexit ?

L’Europe a compris qu’il fallait un noyau dur, une sorte d’attelage de tête franco-allemand pour mener les affaires et montrer la voie. Ce n’est pas la fin de l’Europe, c’est la fin d’une certaine Europe

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19/02/2016

Ce que la Grande Bretagne doit à l’Europe

Ce que la Grande Bretagne doit à l’Europe

Je veux parler de la possible sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne. Ce titre ce que la Grande Bretagne doit à l’Europe m’a été soufflé par une conférence que j’avais donnée un jour sur le thème suivant : Ce que la Bible doit à l’Egypte…

En fait, même si je souhaite vraiment que la Grande Bretagne reste au sein de l’UE, je dois reconnaître que la bureaucratie bruxelloise et le pointillisme de la Commission ou du parlement de Strasbourg finissent par agacer tout le monde.

Le pouvoir de Bruxelles est devenu exorbitant et l’on comprend aisément que les Anglais s’insurgent contre ce qui ressemblent de plus en plus à une mise sous tutelle. Que veut David Cameron pour son pays ? D’abord, il cherche à préserver le statut de la City, première place financière européenne. Ensuite, il veut préserver les prérogatives du parlement britannique alors qu’aujourd’hui le droit européen repousse de plus en plus le droit des états. Enfin, il ne veut pas que son pays soit envahi par des Européens qui veulent profiter des prestations sociales britanniques. Evidemment, ceci apparaît, de prime abord, comme une mesure inconciliable avec la législation européenne qui loge tout le monde à la même enseigne. Cameron veut aussi secouer le joug allemand qui juge que ce qui est bon pour le voisin d’outre-Rhin est bon pour toute l’Europe. Et la meilleure illustration en est l’accueil des réfugiés arabo-syriens : Madame Merkel est la seule à poursuivre cette politique, aucun autre pays européen ne lui emboîte le pas.

Et il y a aussi la libre circulation grâce aux accords de Schengen : les réfugiés n’ont qu’à se concentrer sur le maillon faible du dispositif pour jouir ensuite d’une totale liberté de circulation dans l’ensemble de l’UE, autant dire l’ensemble du continent européen. Les derniers attentats de Paris ont montré que les terroristes, même recherchés, ont pu franchir toutes les frontières sans encombre.

Qui pourrait, dans de telles conditions, reprocher quoi que ce soit aux Britanniques ? D’autant qu’ils eurent la sagesse de ne pas entrer dans la zone Euro. Les Britanniques n’ont pas eu tort : comment avoir la même monnaie quand on n’a pas la même politique fiscale ou monétaire ? Comment faire fonctionner d’un côté, l’Allemagne, et de l’autre les pays suivants : Portugal, Espagne, Italie et même France ?

Il faut tout remettre à plat si l’on veut que l’Europe subsiste. Mais l’Europe à 28 c’est bien trop…

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18/02/2016

L’abominable attentat d’Ankara

 

L’abominable attentat d’Ankara

Que ce soit Daesh ou le PKK qui se trouvent derrière l’attentat d’Ankara, le monde civilisé ne pourra que le condamner sans réserve aucune. Cela montre que tous doivent unir leurs efforts pour combattre le terrorisme devenu un fléau mondial. J’écoutais hier un reportage sur la ville de Raqqa, pseudo capitale de Daesh, où il était dit que l’Etat islamique avait fait tuer ses opposants même très loin de ses frontières. C’est dire que les tentacules s’étendent partout dans le monde. On l’a vu avec les attentats de Paris et la chasse à l’homme en Belgique.

Pourquoi cet attentat à Ankara, mais aussi à Stockholm ? Il faut bien reconnaître que la Turquie se trouve dans une situation délicate et que ses atermoiements dans la crise syrienne n’ont pas facilité les choses.

Résumons les faits : dès le début de la crise syrienne, la Turquie a tenté de jouer les médiateurs, ce qui était éminemment louable. Et puis il y eut la répression aveugle de Bachar qui a conduit à la rupture des relations et a incité la Turquie à aider, en fermant les yeux, les soldats de Daesh, admis à recevoir à travers la frontière turque, renforts en hommes et armes, munitions, etc…

Au fond, les fronts n’étaient pas très nets et surtout la coalition d’une part, les Turcs, d’autre part, ne poursuivaient pas les mêmes objectifs. Pour les Turcs, qui se décidèrent enfin à entrer dans le conflit, l’ennemi principal et obsessionnel, c’est le PKK, ce n’est pas Daesh qui n’était qu’une variable d’ajustement, si je puis dire.

Mais il faut reconnaître à la Turquie un mérite incontestable, même s’il n’a jamais cessé d’être ambigu : accueillir sur son sol plus de deux millions de réfugiés syriens, tout en s’en servant pour arracher des concessions et de l’argent à l’Union Européenne ! Or, chacun sait que la Turquie ne fera jamais partie de l’Europe, ce serait une terrible modification des équilibres ethniques, sociaux et religieux… Enfin, pour les trois milliards promis et non encore versés, certains Etats de l’UE rechignent et ne veulent pas donner leur accord, arguant des ambiguïtés savamment distillées par le gouvernement turc, héritier de la diplomatie ottomane

Les attentats qu’il faut condamner avec la dernière énergie et sans la moindre réserve s’expliquent par les revirements de la politique turque dans la conflit syrien : vos alliés d’hier, même secrets, ne resteront pas inertes si vous vous retournez soudain contre eux. Et même les puissances occidentales somment l’armée turque de cesser ses bombardements contre les Kurdes du nord de la Syrie. Ankara ne veut rien entendre et voit d’un très mauvais œil le rapprochement entre ces mêmes puissances occidentales et les Kurdes. Ankara redoute d’être le dindon de la farce et on la comprend. Mais d’un autre côté, elle a toujours refusé de régler le problème kurde qui finira bien par aboutir à la création d’un Etat, mordant sur l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie…

C’est donc la question kurde qui détermine l’action ou l’inaction de la Turquie. Il faut assouplir les positions, et cela est impossible avec l’actuel sultan.

En conclusion, la crise syrienne a des métastases qui n’en finissent pas de nous inquiéter car elles touchent le monde entier.

Il existe cependant un responsable, c’est Barack Obama qui n’a pas voulu intervenir dès le début et a préféré laisser pourrir la situation. C’est un stratégie erronée car Daesh s’est fondu dans la population, rendant quasi impossible la reconquête d’une ville comme Mossoul, forte de deux millions d’habitants…

La suite, nul ne peut la prédire.

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17/02/2016

Nicolas Sarkozy mis en examen

Nicolas Sarkozy mis en examen

La presse, une fois de plus, n’a pas rapporté la chose dans son intégralité. Certes, l’ancien chef de l’Etat voit la justice se pencher sur son cas, ce qui n’est jamais totalement anodin, en dépit de la présomption d’innocence, mais il échappe à l’affaire bigmalyon qui était d’une tout autre gravité. Rendez vous compte : s’il avait été inquiété même sur ce sujet, c’était la fin. Or, toute la presse ne retient qu’une chose, la mise en examen, ce qui déclenche toutes les suppositions : va t il rester à son poste ? Va-t-il renoncer aux primaires ? Est ce la fin de sa carrière politique ? etc…

Toutes spéculations qui permettent aux journalistes de vendre du papier ou de maintenir en haleine un public sursaturé de telles nouvelles. Et par delà ces apparences, il y a un autre problème, souvent évoqué dans ces mêmes colonnes, les relations entre la politique et la justice.

Ces rapports ne sont pas toujours sereins mais je ne conteste nullement à la justice le droit de faire respecter la loi, laquelle est votée par les élus, donc les hommes et les femmes politiques. Non point, ce qui pose problème, c’est l’instrumentalisation de la justice ou la volonté de certains de se venger d’hommes politiques qui ne sont pas de leur bord et qu’ils font passer sous leurs fourches caudines. D’ailleurs, le cas s’était produit avec l’ancien chef de l’Etat qui fut, par la suite, innocenté.

Il semble, cependant, en ce cas d’espèce, que les charges (je ne dis pas l’accusation) soient assez lourdes. Au fond, si Nicolas Sarkozy a un problème avec la justice, nous lui souhaitons de le régler au mieux.

Mais nous avons un vrai problème avec les contacts judiciaires et politiques : comment faire pour qu’aucun juge ne s’acharne sur un dirigeant politique qui n’est pas de son bord ou tout simplement qu’il n’aime pas ? Peut-on changer les hommes ou les femmes qui disposent d’un immense pouvoir, voire celui de nous priver de notre liberté, peut on attendre d’eux ou d’elles qu’ils dominent leurs passions et rendent la justice sereinement ?

Je sais que nos magistrats dont l’écrasante majorité fait très bien son travail, n’aiment pas du tout qu’on parle de leur aspect humain et donc faillible. Et pourtant, il le faut. Aurions nous la cruauté de dresser la liste de très graves erreurs judiciaires ? Songez qu’auparavant, on ne pouvait même pas contester en appel les décisions des assises !

Il y a de nombreuses années, Jean-François Burgelin avait fait une communication devant l’Académie des Sciences Morales et Politiques dont le texte abrégé fut publié par le journal Le Monde. Et dans cet article, il insistait sur la différence entre le juge et le justicier, tout en déplorant que certains faisaient une confusion entre ces deux fonctions. Il ajoutait même qu’il lui était parfois arrivé d’être intimement convaincu de la culpabilité d’un justiciable, mais que faute de preuve, il s’est toujours résigné à acquitter la personne comparaissant devant lui. L’intime conviction n’est pas une preuve.

Il faudrait que les juges reçoivent des cours de philosophie du droit de Hegel et de quelques autres, notamment de Kanr qui évoque les racines métaphysiques du droit, à distinguer nettement de la justice. Ainsi les juges comprendraient mieux ce qu’on attend d’eux, tout en reconnaissant que leur profession est très difficile.

Mais, que cette lacune soit un jour comblée ou non, ces Messieurs et ces Dames doivent se souvenir qu’ils rendent la justice au nom du peuple français.

D’un autre côté, nous devons faire pression sur le gouvernement, quel qu’il soit, pour que la justice soit dotée des moyens matériels lui permettant de fonctionner normalement.

Et donc d’éviter les erreurs judiciaires.

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