31/01/2016

Le bilan désastreux des années Obama

Le bilan désastreux des années Obama

C’est désormais chose faite ; les Démocrates US n’attendent même plus le départ du locataire actuel de la Maison Blanche pour le clamer sur les toits : le bilan de leur ancien champion est désastreux. Et surtout, ce bilan calamiteux, tant au plan intérieur qu’extérieur, a donné beaucoup de force à Donald Trump qui ne fait plus figure de bouffon électoral puisqu’il écrase tous les autres candidats et plafonne à plus de 40%.

Madame Clinton ne se gêne même plus de dire qu’elle sera une meilleure présidente ; meilleure que qui ? Qu’Obama, évidemment. Il faut ajouter, sans offenser cette grande dame, que cela ne sera pas une insurmontable difficulté ! On n’a jamais vu une politique extérieure aussi timorée, on n’a jamais vu un président US brader à ce point les intérêts de son pays, face à l’Iran des Mollahs qui menace non seulement Israël mais même l’Arabie et les monarchies du Golfe.

J’ai lu dans un journal qu’Obama se prépare à traquer l’EI en Libye mais il fallait le faire depuis le début, au moment où les djihadistes se sont installés dans ce pays livré à lui-même. Voilà un pompier qui arrive sur les lieux lorsque tout est déjà consumé.

Obama s’est aliéné l’opinion publique israélienne, il a essayé de cofinancer la campagne électorale contre Netanyahou. Et pour ce faire, il a pu compter sur la naïveté de jeunes Juifs démocrates qui ont sillonné les USA en long et en large pour convaincre jusques et y compris leurs grands parents de voter pour le sénateur de l’Illinois… Avec les résultats désolants que l’on sait.

Les alliés traditionnels des USA, les régimes arabes modérés de la région et surtout Israël attendent impatiemment que ce peuple US si versatile renvoie cet homme chez lui et envoie à la Maison Blanche un homme qui a le format requis…

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25/01/2016

En Syrie, la résurrection du régime de Bachar

 

En Syrie, la résurrection du régime de Bachar

On le disait à bout de souffle, fini et proche de l’effondrement, abandonné par ses généraux et voilà que Bachar a réussi un spectaculaire redressement qui ne semble pas être de courte durée. Son armée, fortement épaulée par l’armée russe, a repris des positions stratégiques dans le réduit alaouite de Lattaquié, elle recrute à nouveau, son armement a été remplacé et modernisé. Bref, on assiste à un total renversement de situation.

Tout ceci est dû aux Russes et à l’intelligence de Bachar qui a su tenir bon, garder autour de lui ses fidèles et faire le bon choix. Et le bon choix fut cet appel au secours à Vladimir Poutine qui a compris que son seul point d’appui dans cette région du monde n’était et ne pouvait être que la Syrie. Permettre aux sunnites insurgés de la conquérir, c’était enterrer tout espoir de présence russe au Proche Orient.

Comment s’explique ce revirement ? Et comment s’explique le fait que les USA et leurs alliés n’ont pas pu remporter autant de victoires sur Daesh ? Tout ceci s’explique par la détermination des Russes qui n’y sont pas allés de main morte, ont concentré leurs attaques sur toutes les forces anti-Bachar, y compris celles que l’on appelle l’opposition modérée. Certes, ils n’épargnent pas Daesh mais leur objectif prioritaire est de desserrer l’étau qui risquait d’étouffer Damas et de paralyser les centres de commandement syrien.

Sur le terrain, cela se vérifie et l’espoir de reconquête a changé de camp : d’ici quelques semaines, Daesh sera entièrement sur la défensive en Syrie. Et si les deux coalitions unissaient leurs efforts, la disparition des islamistes serait une affaire de quelques semaines. On sait que Daesh a désormais des problèmes d’argent et d’approvisionnement. Ses voies de communication ne sont plus assurées, ses rentrées d’argent fortement diminuées en raison des bombardements des sites pétroliers et ailleurs, en Irak, la bataille de Mossoul se prépare fébrilement : Daesh ne pourra pas contenir un assaut frontal sur la seconde ville d’Irak.

Même Raqqa est menacée, elle qui passe pour la capitale des islamistes.. Chaque jour les alliés la bombardent, au point que les chefs islamistes évacuent leurs familles vers des lieux épargnés pour le moment par les frappes occidentales.

Mais la grande inconnue demeure celle-ci : quand donc une offensive terrestre sera t elle enfin décidée ? Les contingents arabes ne parviendront jamais à réussir cette bataille décisive, il faut des troupes occidentales, aguerries, disciplinées et bien équipées. Or, les chancelleries occidentales hésitent, elles rechignent à envoyer des troupes au sol, de crainte d’essuyer des pertes sévères. Elles prennent pour exemple les pertes considérables essuyées par les Iraniens et le Hezbollah sur le terrain.

On retiendra une chose : ceux qui, dans leur stupidité, exigeaient avant tout le départ de Bachar se sont trompés. Certes, ce sinistre personnage est coresponsable de la mort d’un quart de million de personne et de l’exil de plusieurs de millions d’autres… Mais que faire ? Il est le seul à avoir une véritable armée sur place.

Et il n’est pas du tout sûr qu’il ne puisse pas se maintenir, une fois que la paix sera revenue…

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22/01/2016

L’exil et sa signification dans le judaïsme

 

                             L’exil et sa signification dans le judaïsme

                            Conférence à la mairie du XVIe arrondissement le 21 janvier 2016 à 19heures

 

Introduction :

Le drame de l’exil, c’est d’être là où on n’a pas prévu, ni choisi d’être       L’exil dans la Bible :

II Rois chapitres 23-24, 25. Josias, sa réforme et la fin de la monarchie davidique.

L’exil et la Bible : La défaite de 586 et le départ en exil ont conduit au Remaniement de la Bible. Donc, ce fut un tournant décisif.

La construction de l’histoire juive : Martin Noth : l’introduction à ce Geschichtswerk : Deutéronome, Josué, Juges, Samuel I et II, Rois I et II

Menace de l’exil. On thématise l’exil.

On fait de l’exil un drame national à défaut d’être une légende nationale.

LE DEUTERONOME :

A partir du chapitre 4 on entre dans le vif du sujet, l’observance stricte des lois divines. On notera les occurrences du verbe LMD apprend, enseigner.

Un autre concept clé revient sans cesse, notamment dans les précédents chapitres, c’est le terme héritage (Yeroucha)

On note aussi dans chapitre deux occurrence du terme BERIT, l’alliance.

Dt 4 ;26 : je prends à témoin contre vous les cieux et la terre : vous serez vite balayés de cette bonne terre que l’Eternel vous offre… Dieu vous dispersera (Héfits : TEFOUTSOT). Donc il vivait déjà l’exil ce rédacteur qui feint de prédire l’avenir, qui est en réalité un douloureux présent.

DEUT 28 ; 63 : être dispersé d’un bout à l’autre de l’univers

Léhém tsar u mayim lahats : le pain de tribulation et l’eau d’angoisse. (Isaïe 30 ;20)

 

Quand on pense à cette notion d’exil qui connote l’idée de déracinement, d’arrachement à un environnement et à un univers familiers, le cas du peuple juif dans ses différentes variantes (ashkénaze et séfarade) s’impose à nous. En effet, il est incontestable, au plan historique, que ce peuple est l’unique groupe ethnique à avoir conservé dans sa mémoire le souvenir lancinant de la terre ancestrale, la Terre promise par Dieu à un peuple qu’il a tenu à distinguer d’une grâce particulière. Mais on commettrait un grave oubli en négligeant les références à l’exil chez Platon, Lucrèce, Sénèque et quelques autres auteurs de la mythologie antique. Même une nature aussi profondément religieuse que Saint Augustin aborde le sujet de façon poignante dans ses Confessions.

Avant d’entrer in medias res, c’est-à-dire d’analyser les différentes formes d’exil, vécues par la diaspora juive dans son ensemble, disons un mot de la Bible hébraïque, car aucun autre exil n’a duré aussi longtemps que celui du peuple juif, près de deux millénaires, imprimant à la religion et à la spiritualité d’Israël des marques quasi-indélébiles. Le judaïsme pré exilique n’est pas le même que le judaïsme postexilique. Mais l’aspect miraculeux tient au fait suivant : ce peuple a toujours évoqué sa rédemption dans ses prières, dans ses solennités et même ses néoménies. Au moins trois fois par jour, il a prié pour le rassemblement des exilés, éparpillés aux quatre coins de la planète.

Il y a donc une relation dialectique entre l’exil et la rédemption. (Rosenzweig)

Dans la Bible hébraïque, certains veulent lire cette tragédie de l’exil et de l’expulsion dès les tout premiers chapitres de la Genèse : c’est à travers les personnes d’Adam et Eve, l’humanité tout entière qui a été exilée du paradis. C’est le couple paradisiaque qui a provoqué son exil et sa condamnation à vivre dans ce qui est ce bas monde où l’humanité, devenue mortelle, a trouvé refuge… Israël qui va, en tant que peuple, subir un sort analogue, goûter l’amertume de l’exil, ne l’a pas vraiment initié.

Dans le livre du Deutéronome, le dernier du Pentateuque de Moïse, les Hébreux sont menacés de la pire des sanctions pour leur inconduite et leur indiscipline ; et quelle est cette sanction, la pire et la plus redoutée de toutes ? L’exil, la déportation. Il faut relire ces versets des derniers chapitres du Deutéronome dont on sait qu’il fut écrit à l’époque de l’exil justement et qu’il inaugure les six livres de l’historiographie biblique ; livre de Josué, des Juges, les deux livres de Samuel et les deux livres des Rois. Dans toute cette littérature on parle de l’exil comme d’un mal à venir alors qu’il était effectivement vécu par les historiographes de cette même époque.

LE DEUTÉRONOME EST LE PRODUIT DE L’EXIL.

Dans la mythologie grecque nous trouvons que la notion d’exil joue chez Platon un rôle important. Mais il ne s’agit plus d’exil géographique, consécutif à une invasion étrangère ou à une défaite militaire ; il s’agit de l’âme, originaire des régions supérieures, qui sombre dans le secteur ténébreux des corps où elle sera retenue prisonnière. C’est l’exil psychologique, la dichotomie entre l’âme et le corps, l’esprit et la matière. Sénèque lui-même, envoyé en relégation en Corse entre l’an 41 et 49 sous la prétendue accusation d’adultère, fait état de la douleur ressentie lorsqu’on est coupé de ses racines. Saint Augustin prie Dieu de lui accorder d’être là où il doit être et non où il est, alors qu’il aspire à être ailleurs. Un peu comme la plante qu’on arrache à son terreau pour la replanter ailleurs sous d’autres cieux avec d’autres conditions qui ne sont plus celles pour lesquelles elle a été créée.

N’oublions pas que vers l’an 45 avant l’ère chrétienne, Cicéron avait rédigé, deux ans avant son assassinat par des adversaires politiques, un écrit sur la sagesse et l’acquisition du bonheur. Le livre V de cet ensemble porte le titre suivant : Le bonheur dépend de l’âme seule… Les éditions Gallimard viennent de rééditer la traduction de ce texte, fournie par Emile Bréhier en 1962. On y trouve aussi un paragraphe consacré à l’exil qui est considéré comme le mal suprême. Voici ce qu’écrivait Cicéron il y plus de vingt et un siècles :

Si l’on méprise les honneurs et l’argent que reste-t-il à craindre ? L’exil, je pense, que l’on tient pour un des plus grands malheurs. (pp 85-86 de l’édition de 2015)

Le drame de l’exil, c’est d’être là où on n’a pas prévu, ni choisi d’être. Mais nous verrons plus bas que les êtres les plus aguerris savent faire leur profit de toute adversité. Hegel parle lui aussi de la formidable positivité du négatif : par une adroite dialectique, l’homme, victime d’un exil, mérité ou immérité, cherche à le transcender avec succès. Il fait alors d’une épreuve une force !

Songez à l’exil subi par le prophète Jérémie au VIe siècle avant notre ère. Ce prophète avisé a permis à son peuple d’éviter l’aliénation, qui est la sœur jumelle de l’exil. Si vous ne vous adaptez pas à votre nouveau milieu, surtout quand il vous a été imposé, vous sombrez dans la dépression, votre instinct vital vous abandonne et la mort survient à plus ou moins brève échéance. Dans le chapitre XXIX de son livre, Jérémie nous livre une véritable charte de l’Israël en exil : bâtissez des maisons et habitez y, donnez des épouses à vos fils, prenez des époux pour vos filles, plantez des vignes et consommez en les fruits, enfin, priez pour le bien-être de l’état où Dieu vous a exilés car par sa paix vous aurez aussi la paix.

Quelle lucidité politique ! Quelle belle vision de l’avenir ! Quel optimisme ! L’Histoire a donné raison à ce prophète abusivement assimilé à des complaintes, au point d’avoir donné naissance au terme de … jérémiade ! En son chapitre XXXI, il persiste et signe : il intime à la matriarche Rachel de cesser de pleurer pour ses fils, il faut sécher tes larmes, lui dit-il, il y a un espoir pour ta fin et tes fils rentreront chez eux… Là encore, l’Histoire lui a donné raison. Au lieu de passer son temps à pleurer sur les rivières de Babylone comme le rapporte le Psalmiste, Jérémie a dressé un programme politique, garant de la survie d’un peuple en exil. Jérémie est donc un bon disciple (sic) de Hegel, il a illustré deux mille ans avant lui la fameuse positivité du négatif…

Le peuple juif a développé une véritable métaphysique de l’exil, et ce grâce à la conscience qu’il a pu en prendre. Car l’âme d’Israël n’est pas morte en exil ; elle a, certes, subi de profondes mutations, car qui nous dira à quoi aurait ressemblé le judaïsme aujourd’hui, sans la cuisante défaite de l’an 70, le sac de Jérusalem, la destruction du Temple et l’exil et la déportation ? Y aurait il eu des Juifs séfarades et des Juifs ashkénazes ? On ne le saura jamais car on ne peut pas faire que ce qui s’est produit ne le fût point ni que ce qui ne s’est pas produit se soit effectivement produit…

Exilé de sa terre, arraché à son environnement, le peuple juif n’a, de fait, produit sur sa terre ou dans ses environs, que la littérature biblique. Ce qui n’est pas si mal. Mais l’immense dépositoire de sa spiritualité fut le produit né dans des terres étrangères. Il dut se confronter à d’autres idées, à d’autres cultures et à d’autres croyances, monothéistes ou polythéistes.

Moïse de Léon est l’auteur de la partie principale du Zohar, mis en circulation vers 1270, si l’on en croit la datation des premières citations de cette littérature par d’autres. Un petit siècle auparavant on a connaissance du Sefer ha- Bahir dont le caractère gnostique est bien plus prononcé. Mais celui qui va révolutionner la situation n’est autre que le jeune Isaac Louria, dit le ARI ha-qadosh, le saint lion de la confrérie. Il a donné son nom à la kabbale de Safed.

Le Maharal de Prague, Juda Löw (1512-1609) a donné à l’un de ses écrits majeurs le titre suivant : Béér ha-Goal, le Puits de l’exil. Au cours de toutes ses pérégrinations, le peuple d’Israël a appris des choses, s’est enrichi au contact des autres et a pu fortifier son essence propre qui en fait le peuple élu par Dieu pour incarner sa règle éthique et religieuse.

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21/01/2016

Marine Le Pen, Présidente de la République

 

Marine Le Pen, présidente de la République…

Marine Le Pen présidente de la république ? C’est la question qu’on peut se poser depuis ce matin après avoir suivi l’interview sur I-Télé de Nicolas Bay, secrétaire général du Front National . Il vient d’effectuer un remarquable rétropédalage en ne parlant plus d’une sortie brutale de l’Euro (sic) et en préconisant plutôt des aménagements progressifs, visant à redonner à la France une souveraineté monétaire qu’elle avait perdue en s’inféodant entièrement à Bruxelles.

C’est absolument nouveau. Il y a encore quelques semaines, les porte-paroles patentés du FN martelaient que cette sortie de l’Euro était vitale et constituait la pierre de touche du programme économique de ce parti. Et justement c’était cet article, absolument insensé et irréalisable, qui détournait du FN des centaines de milliers d’électeurs potentiels, notamment les plus de soixante ans, retraités et attachés à une garantie de leurs revenus…

Pendant longtemps, on se demandait comment le FN pouvait préconiser une sortie brutale de la monnaie unique ! C’eût été la ruine et la misère pour le pays et ses 65 millions d’habitants. Du jour au lendemain, la nouvelle monnaie eût perdu environ 40% de sa valeur., les exportations s’en seraient durement ressenties, on se demande aussi dans quelle monnaie serait alors libellée la dette de la France, etc… Bref, tant que ce verrou subsistait, Marine Le Pen n’aurait fait que de la figuration. Si les propos du secrétaire général se confirment, c’est un pan entier de l’électorat qui serait susceptible de se reporter sur la candidats du FN lors de l’élection présidentielle.

Comment s’explique ce revirement qui prive les adversaires du FN d’un argument vraiment majeur, à savoir l’inconsistance de son programme économique ?

Pour remporter l’élection à venir il n y a pas plusieurs solutions. Il fallait trouver des alliés en vue d’un périlleux second tour. Or, le FN ne peut rien espérer de plus que le débauchage de quelques députés LR, proches de ses propres idées. Mais cela le ne suffirait pas. Il faut quelque chose de plus robuste.

Il ne restait plus que l’attraction de nouveaux électeurs qui, jusqu’ici, se détournaient du FN en raison de son immaturité économique. Il répétait ad nauseam qu’il fallait sortir du carcan de l’Euro (sic). Aujourd’hui, à moins que tout ne trompe, il recule prudemment tout en prétendant le contraire. C’est de bonne guerre.

Ce qui change totalement les données du problème. L’élection présidentielle est donc jouable victorieusement si les partis traditionnels, de droite comme de gauche, ne prennent pas la mesure de cette révolution copernicienne du FN…

Après les attentats de novembre et face aux dangers représentés par l’immigration massive de populations non européennes, une grande part de l’électorat a rejoint les thèses du FN. Et si le programme économique de ce parti redevient attractif, alors il n’existe plus d’obstacle infranchissable.

Contrairement à son père qu’elle a entièrement marginalisé, Marine Le Pen peut nourrir les plus grands espoirs pour son avenir…

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20/01/2016

De certaines retombées positives liées à la chute du prix du baril de pétrole

 

De certaines retombées positives liées à la chute du prix du baril de pétrole

Le monde entier applaudit des deux mains, sauf, évidemment, les producteurs de pétrole qui voient leurs rentrées fondre comme neige au soleil. Les pays consommateurs, et nous le sommes tous, ne s’ay attendaient pas : comparez donc ! Il y a un peu plus d’un an et demi, le prix du baril dépassait les 100 dollars et certaines agences de notation avançaient que le baril atteindrait un jour le double ! Un véritable cauchemar qui ne s’est finalement pas concrétisé.

Les spécialistes qui ne font que se tromper selon les règles, comme tous les experts , nous expliquent aujourd’hui que la crise, le ralentissement de la croissance et certains changements politiques (comme la guerre au Yémen, en Syrie et en Irak) sans oublier la rivalité Iran / Arabie Saoudite ont orienté les prix vers la baisse. L’Arabie voudrait aussi démolir la compétitivité du gaz de schiste afin de décourager les Américains qui l’exploitent massivement. Et puis il y a l’arrivée du pétrole iranien sur le marché et l’Arabie qui veut à tout prix freiner l’expansion de son puissant rival. Tout ceci a contribué à créer une situation que personne n’avait vraiment prévue.

Les conséquences les plus inattendues sont les déficits des pays producteurs qui étaient assis sur un tas d’or, leur permettant d’acheter les perles de l’industrie occidentale, des équipes de football, de débaucher les meilleurs entraîneurs et de vivre comme des nababs. L’Algérie, l’Arabie saoudite, les Emirats, le Qatar et toutes ces monarchies pétrolières vivant selon les valeurs d’un autre âge sont désormais contraints de réduire considérablement la voilure. Et les Occidentaux ne sont plus réduits à se traîner à leurs pieds et à fermer les yeux sur leurs violations répétées des droits de l’homme.

On a tout permis à ces monarchies du Golfe : on a changé pour elles certaines lois, elles ont acheté les meilleurs établissements des capitales européennes, on leur a vendu des armes super sophistiquées dont on se demande ce qu’elles vont bien en faire, surtout en cas d’instabilité du régime en place, rien ne prouve qu’elles ne tomberont pas en de très mauvaises mains : souvenons nous des armes françaises vendues à la Libye et qui ont servi ensuite contre les soldats français !

Ces pays ne pourront donc plus peser lourdement sur les décisions de l’UE ni sur celles des Etats pris isolément. Prenons l’exemple de la France : elle n’ose rien dire à l’Arabie au motif que celle-ci a acheté des avions de chasse, qu’elle finance les mistral et les avions commandés par l’Egypte… Bref, la vente d ‘armes a largement éclipsé la défense des valeurs qui gisent au fondement de notre civilisation et que ces gens ignorent, eux qui décapitent moins de cinquante hommes en une seule journée… La baisse du pouvoir d’achat de ces pays s’accompagnera d’une baisse sensible de leur influence.

Les diplomates de l’ONU se sont longtemps demandé pour quelle raison la France s’entêtait à réclamer le départ de Bachar avant toute chose… La raison en était que les Saoudiens et quelques autres régimes de la région l’exigeaient comme préalable… Certes, Bachar n’est pas un saint mais il a réussi, cyniquement, à se rendre incontournable, alors qu’il à sur la conscience la mort violente de centaines de milliers d’hommes, sans compter les millions de personnes déplacées…

Et lorsqu’on prouvera que certains de ces pays financent le terrorisme, il sera plus facile de les accuser devant les juridictions internationales et de faire condamner leurs dirigeants.

C’est là la retombée la plus positive de la chute du prix des hydrocarbures. L’Europe et le monde civilisé retrouveront leur pleine autonomie, on ne fréquentera plus des tyrans sanguinaires, comme on l’a fait jusqu’ici depuis de longues années… On ne couvrira plus leurs crimes abjects. Et surtout, on redeviendra fier de son pays puisqu’il défendra une certain morale et surtout les droits de l’homme…

N’oublions jamais cette phrase de Lénine, déjà citée maintes fois ici même : vous verrez les capitalistes finiront nous vendre même la corde pour les pendre…

Terrible prédiction.

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18/01/2016

La France et ses élites : le fossé ne cesse de se creuser Le refus de toute autocritique

La France et ses élites : le fossé ne cesse de se creuser Le refus de toute autocritique

Ce n’était absolument pas le thème de mon papier de ce matin, je pensais à tout autre chose, quand soudain les sondages concernant la relation des Français au personnel politique m’ont frappé de sidération : à des majorités écrasantes, les citoyens de ce pays rejettent leurs élites politiques, les accusent d’égoïsme foncier, d’un désintérêt total pour leurs préoccupations quotidiennes, bref de tout faire, à l’exception de ce pour quoi ils ont été élus.

Philosophe élevé à l’école plus de l’idéalisme platonicien que du réalisme aristotélicien, je pensais que ceux qui nous gouvernent avaient pour souci majeur le bienêtre général et non leur intérêt particulier, en tête duquel figure un point majeur : se faire réélire, poursuivre, même si les résultats ne sont toujours pas là… On fait tout, on est prêt à tout, même à truquer les chiffres du chômage, de la croissance, tout, pour rester au pouvoir.

Comme cette tendance est devenue générale, le public s’est entièrement détaché de ceux qui sont censés le guider, le gouverner, le servir au lieu de se servir.

Un bon mot me revient en mémoire, attribué à une mère de famille israélienne, donc dans un pays où tous se plaignent d’être mal gouvernés. Elle disait ceci : avant les élections, le mur te parle car il est entièrement tapissé d’affiches électorales promettant monts et merveilles, que tout ira mieux, qu’on rasera gratis, etc… mais après les élection c’est toi qui parles au mur…

Et c’est bien vrai : une fois qu’ils sont élus pour la durée d’un mandat, les politiques se transforment en politiciens qui ne disent jamais non mais ne font jamais rien. Il fallait entendre les réponses de J-Ch Cambadélis ce matin sur I-Télé face à Bruce Toussaint… Rien, un vide sidéral ! On a l’impression que les partis politiques sont des coques vides, qu’ils ne se renouvellent pas, que c’est toujours la même chose. Du coup, les gens ne vont plus voter et quand ils le font, ils élisent des partis extrémistes, dont le FN. Mais c’est aussi un parti qui se recentre, se rénove et devient pratiquement honorable.

Il est frappant de constater la caractère flagrant et général du rejet, voire du dégoût (le mot n’est pas de moi, il figure dans un sondage) ; et les moyennes s’étalent entre 65 et 81% ! Du jamais vu !

En France, la fracture est nette. Il y a des pépinières qui forment des gens qui passeront leur carrière ou leur vie à se détacher du peuple qui les a pourtant élus : ils ne vivent pas comme lui, ne pensent pas comme lui et pourtant le gouvernent, décident de son avenir tout en préservant soigneusement le leur…

Il faut un Nouveau Penser, il faut instiller non plus seulement une dose de proportionnelle mais plutôt un soupçon d’éthique dans la politique. Il faudrait comprendre enfin que certaines victoires couvrent de honte ceux qui les remportent et des défaites qui honorent les citoyens honnêtes qui les subissent.

Mais les politiciens peuvent dormir sur leurs deux oreilles, ce n’est pas demain que cela arrivera. Ils ont encore de beaux jours devant eux. Mais un jour le vase finira par déborder et le chemin à parcourir en sens risque d’être très , très long…

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17/01/2016

L’Iran, demain et après-demain…

L’Iran, demain et après-demain…

Quelle menace le monde libre devra t il affronter une fois que M. Obama aura enfin quitté le bureau ovale ? En effet, hier ou aujourd’hui, je ne sais plus, la plupart des sanctions économiques contre l’Iran tombent ou vont progressivement disparaître, suivant que le pays des mollahs respectera ou ne respectera pas les clauses du traité parrainé hélas par les USA.

Qu’on nous comprenne bien, nul n’est contre la réinsertion de ce grand pays, de cette grande nation, dans le concert international, on souhaite ardemment que le citoyen iranien vive bien, voyage, se connexe aux autres pays de la région et du monde. Mais on s’interroge toujours sur les intentions profondes des Mollahs qui exportent leur révolution islamique, suscitent des guerres entre les sunnites et les chiites, commettent des ingérences dans leur environnement et, dernier mais non moindre, menacent Israël de destruction, dans le seul but d’acquérir une sorte d’hégémonie régionale à bon marché. Car on sait bien qu’en privé les Mollahs sont peu regardants sur certains échanges (non militaires) avec ce qu’ils nomment l’entité sioniste, comme si l’Etat hébreu n’était pas reconnu par l’ONU.

Cette normalisation ou presque des relations avec un Etat qui finance le terrorisme par le Hamas mais aussi ailleurs (Yémen, Bahreïn, etc…) a été actionnée à marche forcée par M. Obama qui fait un pari sur la bonne foi des dirigeants d’un pays qui est très peu fiable. Même la vidéo de jeunes marins US les mains levés et retenus prisonniers, ne fût-ce que quelques heures, montre que les USA d’Obama ne sont plus la plus grande puissance mondiale.

Que va t il se passer ? Dès lors que l’Iran récupérera en quelques semaines plus de cent milliards de dollars, va t il les utiliser pour alléger le fardeau de la population, financer des infrastructures, équiper un pays qui en a bien besoin, ou, tout au contraire, continuer à financer le terrorisme et se préparer à la guerre ?

En fait, cette option, celle qui sera choisie, ne dépend pas de nous ni même de certains dirigeants iraniens désireux de vivre en paix, cela dépend avant tout des rapports de force au sein de la direction iranienne : on sait que celui qui fait fonction de guide de la révolution est contre un rapprochement avec les USA, il a d’ailleurs rectifié le tir il y a quelques mois pour dire que la politique de son pays à l’égard des USA n’avait pas changé et que les négociations en cours ne portaient que sur le nucléaire et la suppression des sanctions. C’est le discours de la tendance gardiens de la révolution. Face à ce camp jusqu’au-boutiste on trouve l’actuel président Rouhani et son ministre des affaires étrangères.

Pour le moment, c’est cette ligne qui tient la corde, mais jusqu’à quand fera t elle prévaloir ses vues ?

C’est probablement sur ce point que se focalise Obama : à ses yeux, la prospérité économique renaissante de l’Iran va détacher la population jeune et diplômée des Mollahs obscurantistes et rétrogrades. L’idée n’est pas sotte mais elle représente un pari, et même un pari très risqué… Car le corps des gardiens de la révolution est un status i statu, et ils disposent de la force armée. Ce qui veut dire que s’il le fallait ils se livreraient à un bain de sang pour sauver leurs intérêts. Ils se sont même permis d’arrêter à leurd escente d’avion des binationaux qui avaient été invités dans la pays pour Rouhani… C’est dire ! Et je ne sais toujours pas si le président iranien a réussi à extraire ses invités de leur geôle…

La majorité républicaine du Congrès est vent debout contre Obama lequel n’en a cure. Il a déjà signé le décret levant les sanctions. Certes, un mécanisme est installé propre à les rétablir en cas de fausse manœuvre de l’Iran.

On repousse à demain ou à après demain ce qu’on aurait pu régler hier ou avant-hier.

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15/01/2016

La faillite de Barack Obama en matière de politique étrangère.

 

La faillite de Barack Obama en matière de politique étrangère.

On ne le répétera jamais assez et les candidats républicains à la Maison Blanche l’ont tous dit hier lors d’un long débat télévisé : l’actuel président US dont on se demande toujours comment il a pu se faire élire, a affaibli son pays, ruiné sa crédibilité et dénoncé des alliances avec ses alliés traditionnels, bouleversant la donne dans des régions dangereuses et très instables.

On a déjà eu l’occasion de traiter de cette question ici même en posant la question suivante : le statut de grande puissance est il compatible avec une stratégie de repli généralisé ? En sa qualité d’hyper puissance, unique et incontestée, l’Amérique ne peut pas échapper à son destin qui est d’être le gendarme du monde. Certes, les Américains ne veulent plus s’engager dans tous les foyers de conflits de par le monde, mais ils sont bien obligés de réagir lorsque leurs intérêts sont menacés. Il y a donc, à l’origine, une contradiction entre ce président afro-américain et les données fondamentales du pays.

Ce qui est plus grave, c’est l’inaction d’Obama qui a laissé l’EI se développer, étendre ses tentacules sur la totalité du globe, ce qui fait que même battu et chassé de son territoire, il aura des terroristes à sa solde dans le monde entier. Il peut perdre ses possessions en Syrie et en Irak, il commence à se replier en Libye, ensuite il s’étendra à la petite Tunisie et atteindra sûrement le Maroc et pourquoi pas l’Algérie ? Ce qui veut dire qu’il se rapprochera dangereusement de l’Europe dont Obama se soucie bien peu. Erreur : car le continent européen est aux avant-postes !

Même aux USA l’EI a des émules. Et pas seulement aux USA. Voyez ce qui s’est passé à Jakarta, le plus grand pays musulman du monde avec près de deux cents millions d’âmes. Partout, la menace existe. Et chaque jour qui passe accroit la capacité de l’ennemi qui inonde les réseaux sociaux de vidéos d’exécutions, d’égorgements et d’autres horreurs à peine imaginables.

Si Obama avait bien voulu suivre les conseils de ses généraux, il aurait dépêché sur place une ou deux divisions mécanisées qui auraient réglé la question en deux semaines. Mais il ne l’a pas fait considérant que l’Irak était devenu un protectorat iranien suite aux affinités chiites des deux pays et que débarrasser le pays de l’EI reviendrait à mettre une bague au doigt du pays des Mollahs.

Mais Obama devra supporter le verdict de l’Histoire : ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui meurent chaque jour, de faim, de maladie, et qui doivent affronter les rigueurs de l’hiver dans des tentes et autres habitations de fortune…

L’Histoire jugera. Il ne reste plus que dix mois à cet homme pour quitter enfin la scène. Ce que les historiens diront de l’action de cet homme sera terrifiant : il a ruiné la crédibilité de son pays et de son armée face à des puissance maléfiques qui ne comprennent que l’usage de la force.

Même si les dimensions de cet homme sont lilliputiennes, on peut répéter le verdict de Henry Kissinger concernant un autre président, Jimmy Carter : tous les présidents US ont voulu changer le monde, mais ce président se conduit comme s’il l’avait créé…

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14/01/2016

Le Juif et sa solitude

Le Juif et sa solitude

En prenant connaissance avec une certaine désolation de cette mini-controverse autour de la kippa, controverse où les responsables communautaires ont fait preuve d’une indigence intellectuelle inouïe et d’un manque totale de savoir-faire, un verset du Deutéronome, le cinquième livre du Pentateuque attribué à Moïse. Me revient à l’esprit. Parlant du peuple d’Israël, ce texte énonce ceci : c’est un peuple qui habitera en solitaire et il ne sera pas dénombré parmi les nations…

Depuis l’époque où cette phrase à été couchée sur le parchemin, c’est-à-dire vers 622 avant notre ère, à l’occasion du règne du roi Josias (640-609), le sort du peuple d’Israël n’a pas varié, il est resté le même : il est condamné à la solitude, à l’élection, non pas pour vivre à l’aise et jouir du bienêtre mais pour subir une sorte d’élection-sanction, une élection-punition, puisque depuis cette époque les Juifs n’ont pas cessé d’être persécutés.

Même cette belle allégorie de l’échelle de Jacob (Genèse 28 ; 11-19), ce rêve visionnaire devenu le patrimoine de l’humanité civilisée, fut interprété par les sources juives anciennes (Midrash, Talmud, etc…) comme étant une succession métaphorique d’exils et de défaites, depuis les Chaldéens de Nabuchodonosor jusqu’à l’’époque de la Rome antique… Et aujourd’hui, ce long cortège de souffrances et de brimades sanglantes s’enrichit des attentats islamistes qui visent des Juifs.

Celles et ceux qui me font l’honneur de me lire presque chaque jour dans cette TDG savent que je verse jamais dans la victimisation. Mais aujourd’hui, il convient d’appeler les choses par leur nom. Les autorités françaises, soucieuses de ménager une part croissante de l’électorat, tentaient jusqu’ici de préserver les équilibres sans prendre trop de risque. Cette allusion est transparente.

Certes, il y eut ce beau discours, très sincère, très éthique de Manuel Valls ce samedi soir dernier, et auquel j’ai d’ailleurs rendu hommage doublement : dans la TDG et dans JForum. Mais cette joie fut de courte durée puisque, dès le lendemain, on vit le chef de l’Etat se rendre à une invitation à boire un verre (et non une tasse) de thé… Un certain nombre de gens, se sentant concernés, ont marqué leur désappointement, reprenant l’antienne de la versatilité des hommes politiques, obnubilés par leur intérêt personnel avant toute chose.

Ce que je retiens ici, en ce qui me concerne personnellement et malgré ma distance philosophique vis-à-vis d’une actualité brûlante, c’est un sentiment de grande solitude. En quelques jours, le destin sembla basculer. Valls a raison de dire que la France ne serait plus la France sans ses Juifs ; et je pense que ses lointaines origines espagnoles n’expliquent pas tout. C’est un homme qui a compris la détresse de plus en plus profonde de ces hommes, de ces femmes et même de ces enfants, qui vont bientôt devoir vivre comme des marranes du temps de l’Inquisition, rasant les murs pour se rendre chez eux, dans leurs lieux de prière ou les écoles de leurs enfants. Et tout cela en 2016 dans notre beau pays, la France !

Des rumeurs persistantes font état d’un mécontentement croissant des grandes organisations juives américaines, inquiètes de ce climat délétère et surtout choquées par une certaine impéritie : et un appel téléphonique du président US à ce sujet, adressé au chef de l’Etat, n’est plus à exclure. Les Américains ont été choqués, eux qui n’avaient pas prévu l’attaque du 11 septembre, que les Français n’aient pu neutraliser Abahoud que grâce à une indication fournie par les Marocains !!

Les islamistes ne parviendront pas à tout enflammer, ni à tout dértruire ; certes, ils organisent et réussissent à perpétrer des attentats un peu partout dans le monde, mais les coups qui leurs sont portés chaque jour dans leurs fiefs en Syrie et en Irak, accomplissent leur effet.

Toutefois, ils vont remporter une victoire importante, quoique posthume : les Juifs d’Europe, et surtout de notre pays qui abrite la plus forte concentration du continent (un peu plus qu’un demi-million), se sentent seuls, les vieux réflexes réapparaissent, la longue, l’interminable complainte vibre de nouveau à leurs oreilles, ils se demandent si la France ne va pas devenir une étape supplémentaire sur la route d’un exil vieux de deux millénaires et qui n’est pas près de toucher à sa fin.

Si l’on veut que cela change, il faut agir vite et ne pas se montrer conciliant envers ceux qui abusent des traditions d’hospitalité et de tolérance de cette grande nation qu’est la France.

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13/01/2016

Faiblesses et ambiguïtés de la Turquie

Faiblesses et ambiguïtés de la Turquie

Avant toute chose, il convient de présenter des condoléances à la Turquie pour ce terrible attentat et assurer l’Allemagne de notre compassion puisque les victimes sont pratiquement toutes de nationalité allemande. Mais cela posé, un certain nombre de questions demeurent : pourquoi donc la Turquie a t elle mis tant de temps à combattre Daesh ? Pourquoi ne rend elle pas hermétiques ses frontières avec la Syrie et l’Irak ? Enfin, pourquoi est elle obsédée par la question kurde au point de se voir dicter un large pan de sa politique étrangère ?

On se souvient du cas de Kobané, maintes fois évoqué ici même/ Les Turcs se refusaient à intervenir, ils ne laissaient pas passer les Kurdes de Turquie porter secours à leurs frères menacés d’extermination par Daesh. La Turquie avait déployé des chars d’assaut à la frontière mais restait l’arme au pied. Et lorsque Ankara a rejoint en apparence la coalition occidentale, ses chasseurs bombardiers visaient surtout le PKK ou d’autres mouvements de résistance kurde. Pendant un temps assez prolongé, la Turquie a laissé entrer et sortir de son territoire des convois militaires de Daesh, elle a laissé les nouvelles recrues franchir sa frontière, elle a permis que les blessés de Daesh soient soignés dans ses hôpitaux ; et selon la presse et les services russes, la Turquie verrait d’un assez bon œil le trafic du pétrole de Daesh, permettant aux terroristes de bénéficier du nerf de la guerre, l’argent des hydrocarbures.

La Turquie a ensuite habilement manœuvré pour faire pression sur l’Europe, exigeant 3 milliards d’Euros afin de fixer chez elle les deux millions de réfugiés (vrais ou faux), lesquels pourraient submerger l’Europe si Ankara ouvrait les vannes… Et ce n’est pas tout : Ankara a obtenu que soient réactivées les négociations avec l’Europe pour une adhésion… Tout en sachant des deux côtés, que la Turquie ne sera jamais admise en Europe, d’autant que les événements actuels prouvent chaque jour, l’inanité d’une telle démarche ou d’un tel projet.

Mais voilà, malgré tout cela, l’effondrement de cette Turquie menacerait gravement les intérêts européens. L’armée turque, même pléthorique et mal équipée, incapable de faire taire le soulèvement kurde, reste une pièce essentielle dans le dispositif de l’OTAN. Si l’Etat turc entrait en déliquescence, car cet état n’est fort qu’en apparence, ce serait la fin. Le problème est qu’un autre danger plane avec plus d’insistance sur ce pays, c’est la question kurde. Ankara n’a jamais voulu prendre au sérieux les revendications kurdes d’autonomie interne, les considérant comme une menace contre son intégrité territoraile. On peut comprendre cette attitude, mais il y a d’autres points de vies qui se laissent défendre tout aussi bien.

L’identité turque pourrait s’enrichir d’un élément kurde, ce serait un apport et non une perte. Les Kurdes constituent une part non négligeable de la population et certaines villes ou régions turques sont majoritairement habitées par des Kurdes… Or, ces lieux sont pratiquement assiégés par l’armée d’Ankara.

Enfin, il y a la méfiance turque face au rapprochement entre les mouvements kurdes et l’US Army. Ankara, comme je le rappelais plus haut, est très inquiète à ce sujet. Et cette continuité territoriale à sa frontière (contrôlée à 80% par ces mêmes Kurdes) constitue pour elle une préoccupation majeure…

Pourquoi avoir fait tout ce rappel, tout ce tour d’horizon ? Parce qu’ils expliquent, sans jamais justifier ni surtout excuser cet attentat horrible et absolument condamnable.

La Turquie se trouve dans une situation hautement délicate. La guerre est à ses portes. A l’intérieur, elle combat le terrorisme et aussi les mouvements autonomistes kurdes. Et voilà, à l’extérieur, que pour alléger la pression russe sur ses alliés en Syrie, elle a abattu (légalement ou illégalement) un chasseur bombardier russe… Cela commence à faire beaucoup.

Ankara doit choisir son camp et éloigner d’elle toute ambiguïté. Et les fondements de cet état turc doivent être revus dans ce sens. Ce n’est pas M. Erdogan qui a commis trop d’erreurs, notamment vis-à-vis d’Israël qui était jadis un allié fidèle de son pays, qui pourra mener à bien cette vigoureuse réforme.

La sagesse reviendra peut-être un jour dans ce Proche Orient qui défie toutes les lois de la logique.

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