31/12/2015

Bachar a survécu à tout…

Bachar a survécu à tout…

Il aura triomphé de tous ses ennemis, de toutes les adversités possibles et imaginables. Bachar est toujours là, il a colmaté les brèches, stoppé l’hémorragie, convaincu Poutine de le soutenir puissamment, mis fin à l’épidémie de défections de ses généraux et autres officiers supérieurs, bref il s’est joué de toutes les condamnations et de toutes les aversions, notamment celles d’une diplomatie française assez sotte pour demander, contre toute évidence, son départ immédiat. En fait, Laurent Fabius voulait complaire aux vœux des Saoudiens et des Emirats dont dépendent des pans entiers de l’économie française…

Bachar est devenu tellement fort qu’il s’est offert le luxe de conclure des accords de cessez le feu et d’évacuations de rebelles… sous l’égide de l’ONU ! C’était inimaginable il y a tout juste quelques semaines ! La chance et une grande finesse diplomatique ont guidé ses choix : un régime moribond, dont la capitale était directement menacée dans ses faubourgs par le feu des rebelles, a su se rétablir, reconquérir le terrain perdu et, disons le, s’imposer, envers et contre tous.

Cette survie et ce sursaut d’énergie, Bachar les doit à l’aide puissante et déterminée des Russes dont les intérêts convergent pour le moment avec ceux du régime. V. Poutine est très isolé sur la scène internationale, son économie est en récession, la crise ukrainienne empoisonne ses relations avec les Occidentaux, bref, il ne peut pas battre en retraite en Syrie aussi.

Bachar a la baraka. Son armée ne s’est pas effondrée et surtout la fuite de ses généraux a cessé, grâce à la vigilance des commissaires politiques iraniens. Le Hezbollah lutte à ses côtés, en dépit de lourdes pertes et de cas d’indiscipline. La milice chiite libanaise a subi de graves défaites et perdu beaucoup d’hommes…

On doit revenir sur la sottise française de réclamer un départ immédiat auquel personne ne croyait. Comment demander le départ d’un homme dont l’armée est la seule à combattre contre Daesh et les autres factions rebelles, sur le terrain ? C’est irréaliste. La France a perdu beaucoup de temps. Et c’est dommage.

Paris ne devrait plus se préoccuper de Bachar mais mettre l’accent sur le combat contre le terrorisme qui a ensanglanté le pays, lequel met du temps à s’en remettre. C’est la leçon de 2015.

Ne commettons pas en 2016 les erreurs de 2015.

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29/12/2015

Année 2015, annus horribilis

Année 2015, annus horribilis

Quand j’étais enfant, j’avais demandé à mon père de me traduire une expression hébraïque qui revenait en refrain lors de l’office religieux du nouvel An, Rosh ha-Shana. La traduction qu’il me fournit avait intrigué, voire troublé le talmudiste en herbe que j’étais : que s’achèvent (enfin) l’année (écoulée) et ses malédictions, que commencent (enfin) l’année (nouvelle) et ses bénédictions.

On s’étonnera peut-être de cette référence liturgique dans une France si acquise (avec raison) à la laïcité, et pourtant jamais une telle prière n’aura été aussi adaptée à la situation, intérieure et extérieure, que nous connaissons, ou devrais-je dire, que nous subissons.

A peine avions nous commencé 2015 que les assassinats de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher nous plongeaient dans le noir absolu. Mais ce n’était rien en comparaison de ce que nous réservait un funeste avenir… Ce serait trop triste de s’y étendre de nouveau : notre pays, frappé au cœur, le centre même de notre capitale sillonné par un groupe de fanatiques assoiffés de sang, animés par un seul désir bestial, outre celui de se suicider : faire un maximum de victimes, tuer le plus de Français possible. François Hollande que l’on disait incapable de prendre la moindre décision (voir un article allemand ravageur dans la Frankfurter Allgemeine sur ce sujet) infligea alors un cinglant démenti à tous ses détracteurs : il a réagi vite, de manière claire et efficace. Et cette fois-ci, il a évité d’être un simple tacticien pour agir en vrai stratège : un homme d’Etat porteur d’un projet et animé d’une vision au service de la France.

Mais le pire était à venir. Nul n’avait prévu ce qui allait se passer en cette soirée fatidique du 13 novembre de cette même année terrible, annus horribilis, pour parler comme la reine d’Angleterre.

Mais ces calamités ne touchent pas que la France. Même la Russie de M. Poutine, qui s’est puissamment engagée en Syrie, n’est plus à l’abri de ce déferlement de fanatisme. Les républiques musulmanes du Caucase qui lorgnent vers l’Etat Islamique, risquent de céder aux sirènes des islamistes qui posent désormais un problème global. Un commentateur allemand connu a relevé que sans les problèmes liés au communautarisme et à l’islamisme, les journalistes n’auraient plus grand chose à dire ni à écrire.

Dans ce domaine, je pense que le chef de l’Etat a enfin pris conscience de la nature de l’enjeu. Il faut une le plus lecture politique des événements, et notamment de ce qui se passe en Corse. Ce qui m’a le plus frappé dans cette affaire, c’est la réaction des gens d’Ajaccio qui ont dit verbatim qu’ici on ne restera pas inerte, comme c’est toujours le cas sur le continent lorsque des individus attaquent les forces de l’ordre ou même les pompiers…. Imaginez ce qui se passerait sien France métropolitaine, des individus décidaient d’imiter les Corses… Ce serait la guerre civile.

Certains signaux constituent autant d’indices inquiétants, dont le moindre n’est pas cette phrase sibylline, utilisée par l’ancien président dans ses vœux au pays : Rester français… Tout un programme !

C’est pourquoi l’exécutif a raison de tenir à cette déchéance de nationalité qui déchaine les passions et transforme le camp de la gauche en un vaste champ de ruines. C’est une bonne mesure, une bonne initiative, mais le Premier Ministre n’a pas encore trouvé le juste ton ni le bon mode. Il fait preuve d’un tempérament un peu ibérique, un peu enflammé. Cela dit, révérence gardée. Il faut des arguments pas des invectives… Cela ne calme pas les choses.

L’année 2016 qui s’annonce n’a pas besoin d’un regain de tension, car déjà en l’état, elle promet d’être assez agitée. Je ne suis pas d’un naturel pessimiste, en tout cas pas comme mon ami Jacques Attali qui, dans son blog abrité par l’Express, ne présage rien de bon. C’est un avenir apocalyptique qu’il déroule sous nos yeux.

On peut lire l’excellente interview de Son Eminence Mgr Barbarin dans le Figaro de la semaine dernière, la veille de Noël ; le prélat a développé avec adresse uns superbe dialectique entre deux concepts séparés par une forte tension polaire : le devoir de fraternité et l’obligation de réalisme. En termes plus clairs : il ne faut pas céder au pire, pas plus qu’il ne faut fermer les yeux sur ce qui se passe réellement. L’analyse de ce texte me pousse à déplorer ce bannissement insensé du discours religieux dans la France d’aujourd’hui. Le cardinal a regretté cette amputation de la spiritualité dans la France d’aujourd’hui. Mais la déploration ne saurait constituer un discours politique. Il faut se ressaisir, il faut choisir intelligemment un cap et s’y tenir. J’espère que les vœux du chef de l’Etat le 31 décembre iront dans ce sens.

On finira par un rappel à la célèbre phrase de Carl von Clausewitz : Les conflits ne naissent pas de la volonté des hommes mais de la rupture d’équilibre.

Et l’équilibre, c’est vraiment ce dont la pays va avoir grand besoin…

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 29. 12. 2015

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28/12/2015

Les troubles en Corse : à surveiller comme le lait sur le feu…

Les troubles en Corse : à surveiller comme le lait sur le feu…

Il y a un peu plus de quarante ans, VGE avait parlé de l’âme corse, signifiant par là que la sensibilité des insulaires devait être respectée, ou au moins qu’il fallait en tenir compte. Certes, j’aime la Corse et les Corses, mais je dois reconnaître qu’ils sont un peu spéciaux. Surtout pour un parisien qui ne connaît nullement cette appartenance insulaire. L’insularité, c’est bien mais il faut s’ouvrir aussi aux autres, sans toutefois accepter sans rechigner que les nouveaux venus prennent le pouvoir chez vous. C’est tout le problème avec l’île de beauté. Car l’île est vraiment très belle.

Et si les Corses ne s’y étaient pas opposés par tous les moyens, on aurait bétonné leur littoral et défiguré leur île. Néanmoins, je désapprouve les moyens itilisés pour se faire respecter.

Quand les enfants étaient jeunes, nous avons passé nos vacances d’été trois ans de suite en Corse du sud. Nous en avons gardé des souvenirs merveilleux, mais nous avons aussi assisté à des scènes absolument uniques et absolument improbables sur le continent.

Par exemple, dans un restaurant au bord de l’eau, le patron peut considérer que vous lui avez mal parlé et refuser de vous servir, voire vous mettre à la porte… La même chose sur une plage. Et aussi dans un autre lieu si l’on considère que vous faites trop de bruit. Le maître d’hôtel d’un splendide établissement, très luxueux, se plaindra si des clients fortunés lui parlent avec une certaine désinvolture, estimant que sa dignité est mise à mal… Même s’ils acquittent une note très onéreuse.

Bref, des comportements un peu à part.

Dans l’affaire qui occupe les journaux, j’ai retenu une ou deux réactions qui identifient bien le mal et sa nature : à la télévision, deux dames corses, ont dénoncé avec une véhémence incroyable l’attitude des maghrébins qui auraient agressé les pompiers et les policiers. Elle sont dénoncé l’impuissance et l’inertie de l’Etat français, soulignant que la Corse n’admettra jamais de tels crimes sans réagir. D’où les événements que nous vivons et qui ne sont pas près de s’arrêter.

Les Corses veulent être maîtres chez eux. Je ne pense pas que leur majorité soit pour l’indépendance, ils veulent simplement leur autonomie et empêcher l’établissement de populations issues d’autres cultures, d’autres comportements, en contradiction avec leur propre mode de vie. Mais cela ne justifie pas que l’on saccage un lieu de prière, même si ce local n’était pas officiel ni déclaré à la préfecture (d’après Fl. Philppot).

Les manifestants et les victimes de cette agression ont dit que leurs agresseurs voulaient pratiquement les tuer et que les coups de barre de fer assénés à leur camion auraient pu leur coûter la vie.

Un dernier point : les Corses considèrent que l’Etat ne réagit pas, qu’on ne peut pas lui faire confiance, qu’il est paralysé, etc… D’où leur volonté de se faire justice eux-mêmes et d’arrêter les coupables.

D’un point de vue plus général, et en lien avec l’autre débat sur la déchéance de nationalité, on a l’impression qu’une certaine communauté religieuse en France commence à poser un problème global. En clair, il y a une rupture de l’homogénéité de la société française qui se constate dans les banlieues, à tous les niveaux, depuis l’école maternelle jusque dans la vie professionnelle. Les attentats de janvier et de novembre ont mis cette plaie (car c’en est une) à nu. Comment guérir la société française ? Comment rétablir ou favoriser l’unité ?

Nous sommes pour la déchéance de la nationalité mais cela divise nettement la majorité actuelle et risque d’entériner une profonde désunion. La société française n’a pas besoin de cette nouvelle césure.

Le FN a peut-être raison de dire qu’il ne faut plus accueillir de nouveaux migrants et se concentrer sur l’intégration de ceux qui sont déjà là.

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25/12/2015

Inimaginable...

 

 

Inimaginable…

Oui, inimaginable que la France, fille aînée de l’église, nation chrétienne et judéo-chrétienne depuis les origines, voit ses habitants contraints de subir tant d’avanies et de difficultés au moment de célébrer le plus grand événement de l’année liturgique : Noël, la naissance de celui qu’elle considère comme le Christ.

Moi qui viens d’une autre église, en paix et en harmonie avec celle majoritaire dans notre pays, je tiens à marquer ma solidarité avec le peuple de France, majoritairement chrétien et qui entend le rester. La France a été victime de son esprit de tolérance, de sa tradition d’accueil et de son humanisme.

Jusqu’ici, c’étaient les synagogues qui étaient menacées et nous savons très bien par qui. Et voilà que les églises se retrouvent elles aussi menacées par des gens qui, tard venus sur le sol national où ils furent accueillis, entendent détruire l’humus qui forme notre civilisation. On nous répond qu’il ne faut pas céder aux amalgames. Mais qu’est ce à dire ? Les belles âmes ne comprendront donc jamais ce que nos amis allemands nomment le Realitätsprinzip…

La France a tout donné à ces gens, ; elle a accueilli leurs parents, les a fait bénéficier de sa nationalité, leur a donné une culture, les a socialisés et voici comment ils lui répondent. Elle les a fait bénéficier de la citoyenneté marquée par la noble devise : liberté, égalité, fraternité.

Certains s’étonnent que Marine Le Pen atteigne les scores qu’elle a atteints aux dernières élections, mais je parie que cela va être encore plus lors des prochaines consultations. Certes, il faut reconnaître que les généralisations sont toujours abusives, elles incriminent aussi des gens pacifiques qui vivent leur foi sans menacer celle des autres., mais le problème est que de cette même communauté sont issus des gens qui ont perpétré une mini shoah dans les rues de Paris, tirant sur des innocents qui voyaient en ces assassins des Français comme eux. Oui, ce 13 novembre des Français ont massacré d’autres Français, qui ne demandaient qu’à vivre en paix.

Aujourd’hui, il y a une véritable fracture. Des centaines de familles françaises (de vrais Français) ont enterré des êtres chers. Leurs fêtes de fin d’année sont endeuillées pour toujours. A chaque Noël, à chaque jour de l’an, ces familles se souviendront de leur deuil. C’est une profonde injustice. On en voit les photos et la biographie reprises dans nos grands quotidiens nationaux. Quand je pense que des gens critiquent notre laïcité parce qu’il y a des crèches dans certaines mairies ou autres institutions publiques !

On croit vivre un cauchemar, c’est braiment inimaginable. Des dizaines de milliers de policiers et de soldats ont été mobilisés pour assurer la protection des lieux de culte chrétiens. Qui aurait pu le prédire, il y un ou deux ans… Il est vrai que certains signaux, pris isolément, auraient dû nous alerter. Mais les pouvoirs publics n’ont pas réagi à temps. L’état d’urgence aurait dû être proclamé depuis le mois de janvier.

Hélas, cela ne restera pas sans conséquences. Déjà la déchéance de la nationalité va être inscrite dans le marbre, dans la constitution. Il y aura d’autres mesures. C’est triste mais la France a le droit et le devoir de se défendre. Qui peut l’obliger à continuer à réchauffer dans son sein les œufs du serpent ? Personne

Je ne crois pas que les partis politiques soient capables de mener à bien cette entreprise de régénération ou de rétablissement national. Il faut des valeurs dignes de ce nom et non pas des tactiques qui perdent de vue l’essentiel.

Seule l’éthique est à même de remplir ce rôle. Il ne faut pas oublier la genèse religieuse de certains idéaux politiques. Le philosophe et politologue Carl Schmitt (je ne l’aime pas beaucoup car il a été un campagnol de route d’Hitler) l’avait déjà signalé au début du XXE siècle dans son recueil de quatre conférences, intitulé Politische Théologie. Le livre a été traduit en français à la fin des années 80.

Quelques exemples : le respect des personnes âgées, la solidarité entre les générations, la sacralisation absolue de la vie, toutes les idées qui ont donné le respect du repos hebdomadaire, la nécessité de soigner les êtres, le devoir d ‘équité, l’universalité de la loi morale. Bref, toute la panoplie de l’Etat-providence, oui, tout ceci trouve son origine dans la Bible et plus précisément dans le Décalogue. Mais aujourd’hui, qui ose se prévaloir de la Bible, qui reste, que cela plaise ou non, la vraie constitution spirituelle de l’Europe.

On s’étonne de voir que la haute hiérarchie catholique se voile la face, observe un silence assourdissant et se conduit en France comme si elle était étrangère dans son propre pays.

Joyeux Noël et très bonne année 2016, année du combat victorieux contre la barbarie.

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24/12/2015

Hollande imprévisible et fin calculateur

 

 

Hollande imprévisible et fin calculateur

Je devrais peut-être présenter des excuses car hier j’ai accusé François Hollande de ne pas avoir tenu parole quant à la révision de la constitution qui doit désormais comprendre la déchéance de la nationalité, même pour des gens nés en France et qui se seraient rendus coupables d’actes de terrorisme.

Mais vous devez savoir que la rumeur suivante a couru dans les salles de rédaction : le pouvoir aurait enfumé tout le monde pour prendre tout le monde à revers et forcer Ch. Taubira à s’enfermer dans un piège. En clair, on pense que Hollande a fait croire qu’il renonçait alors qu’en réalité il avait toujours eu l’intention de faire passer cette mesure. Si cette rumeur s’avérait, alors on a affaire à un véritable Machiavel en comparaison duquel même Mitterrand serait un enfant de chœur

Je ne sais que penser ; on dit que la politique est un jeu cruel et qu’il n’y a pas dans ce jeu là la moindre amitié. Ce qui est frappant , c’est que seule une personne était dans la confidence , c’est Me Royal puisqu’elle répondait posément à une journaliste que la déchéance serait maintenue alors que tous les autres, je dis bien tous étaient persuadés du contraire. Le suspens a été maintenu jusqu’au bout.

Essayons d’analyser ce qui s’est vraiment passé : un sondage donnait 92% des Français désireux de voir la déchéance inscrite dans la constitution. Hollande a peut être voulu être dans la ligne. Cela ne me paraît pas convaincant de la part d’un homme qui ne tient même pas compte du résultat des régionales. En outre, il s’est brouillé avec son parti, il est vrai, cependant, qu’il lui fait avaler toutes les couleuvres.

Alors quid de cette affaire ? Je crois que c’est 2017 qui explique tout ceci. L’homme cale tout ce qu’il fait ou ne fait pas sur cette échéance. Il sait qu’il aura des difficultés avec le PS et avec la gauche de la gauche, sans même parler des écologistes et de tous les éclopés du gouvernement (Mélenchon, Montebourg, Duflot etc…). Mais peu lui chaut, il rêve d’une autre majorité allant de la droite du PS au centre. Pour lui, ce qui compte c’est 2017. Mais dans ce cas de figure, il court de gros risques. Toutefois, il a encore un pouvoir de division et surtout il est arrivé à marginaliser Taubira de manière royale. Cruel jusqu’au bout, il veut qu’elle porte le projet au parlement alors que la droite dont le président a besoin pour parvenir à ses fins, jure que Taubira doit partir. Et tout de suite

François Hollande n’a pas réussi un coup mais au moins deux ou trois. Quel champion au jeu d’échecs. Evidemment, il ne fera rien pour faire partir une dame qui l’indispose depuis un certain temps. Mais lorsque la droite mettra dans la balance son vote ou le départ de Taubira, il fera semblant de la soutenir et saluera qu’elle se sacrifie pour l’intérêt supérieur de la nation. Et un fauteuil tout chaud l’attend au Conseil constitutionnel.

Et quid de la droite ? Hollande pense l’avoir prise au piège et aussi avoir donné des gages aux électeurs du FN. Mais franchement, je crains que les gens ne puissent pas suivre cet enfumage.

Mais bravo l’artiste ! Taubira qui se croyait protégée par les frondeurs, s’est elle même enfermée dans le piège. Quelle idée : aller dire à Alger de telles choses. Inouï.

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23/12/2015

La déchéance de la nationalité, un recul inacceptable du gouvernement français

La déchéance de la nationalité, un recul inacceptable du gouvernement français

Annoncée par la garde des sceaux dans la capitale algérienne, un comble !, cette mesure-phare du plan de lutte contre le terrorisme communautariste et islamiste, cette reculade mécontente beaucoup de gens en France. Il fallait pouvoir lutter contre cet ennemi intérieur qui a causé un sanglant traumatisme à tout le pays le 13 novembre : en plein cœur de la capitale française, des Français, nés sur le sol national, ont semé la terreur dans les rues de Paris : ce fut un véritable carnage, 130 morts au Bataclan et aux terrasses de certains cafés ou restaurants.

Dans le désarroi général, l’actuel président de la république avait alors annoncé du haut de la tribune du congrès à Versailles qu’il fallait inscrire une telle déchéance dans la constitution. La Garde des sceaux avait alors réagi en annonçant qu’elle ne reprendrait jamais une telle mesure à son compte. D’autres voix de gauche lui avaient emboîté le pas, rendant malaisé le vote d’une telle sanction dont même Me Ségolène Royal avait appuyé le principe.

Du côté de l’opposition, on accuse Français Hollande d’avoir manqué à sa parole, d’être faible et irrésolu, bref de ne pas tenir compte de la gravité de la situation. L’opinion publique appuie l’idée d’une telle déchéance au motif qu’une certaine frange de la population française n’est pas susceptible de s’intégrer ni n’a vocation de rester sur le sol national. Juridiquement parlant, c’est même très grave. Mais que faire ?

Il est vrai qu’une telle mesure est loin d’être anodine car elle touche au fondement même de ce qu’est la nation française. Se pose alors la question de savoir si un certain credo religieux, ou prétendu tel, est compatible avec la culture judéo-chrétienne de la France et s’il est concevable de continuer à réchauffer en son sein l’œuf du serpent. Souvenons nous de ces images insoutenables : des Français qui mitraillent d’autres Français dans une salle de spectacle et des terrasses de restaurant… Cela aussi est loin d’être anodin.

Il faudrait que l’exécutif se réveille, comme le lui demandait récemment François Fillon dans une récente lettre ouverte. Malheureusement, une autre tactique semble être à l’œuvre : l’Etat recule partout. Et notamment en Corse où les nationalistes, victorieux aux élections, ont osé défier la constitution française, discourant en langue corse et proclamant que la Corse est une nation en soi, une communauté nationale. Ni le président, ni le premier ministre ni le porte parole du gouvernement n’ont réagi comme ils auraient dû devant une telle provocation.

On ne peut pas continuer ainsi. Encore une fois on recourt à la tactique là où il faudrait une vraie stratégie. Ce n’est pas ainsi que l’on gouverne. Ça , c’est faire le gros dos, le dos rond, ce n’est pas gouverner.

2016 risque de nous réserver des surprises.

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22/12/2015

Interrogations sur la démocratie française

 

 

Interrogations sur la démocratie française…

Depuis quelque temps déjà, un certain nombre d’indices donne à penser, à moins que tout ne trompe, que le pouvoir actuel est prêt à tout pour bloquer la marche en avant du Front National et de la famille Le Pen. Pour couper court à tout malentendu, je dois préciser que ce n’est pas ma paroisse et que je ne plaide donc pas en sa faveur. Je considère simplement qu’il faut trancher un point de droit avant toute chose : ou le FN est un parti qui menace l’ordre républicain et dans ce cas on l’interdit une fois pour toutes, ou bien c’est un parti qui respecte la constitution et, par conséquent, on cesse de l’ostraciser.

Or, il y a près de 7 millions de citoyens française qui ont accordé leurs suffrages à ce parti en dépit des menaces et des attaques de l’exécutif. Ce n’est pas normal, ce n’est pas démocratique. L’actuel Premier Ministre est allé jusqu’à dire que ce serait la guerre civile si le FN remportait une ou plusieurs régions. Devant une telle mobilisation, le FN est revenu bredouille mais il est certain qu’il n’en sera pas ainsi tout le temps, sauf si l’alternance survient et si on change de politique.

En fait, quel est l’enjeu ? Pourquoi le FN est il pratiquement devenu le premier de France ?

Selon moi, il y a deux raisons : l’une, la plus grave, est de nature identitaire, les gens ne se sentent plus chez eux en France, ils redoutent une submersion, préalable au grand remplacement, ne supportent plus le communautarisme à leurs portes, rejettent les naturalisations à tour de bras de gens qui n’en rien à faire en France, etc…

La deuxième cause est évidemment d’ordre économique : le chômage a tout cassé, les jeunes peinent à trouver du travail, leurs parents perdent le leur et doivent se contenter de retraites souvent miséreuses, l’insécurité se développe, les difficultés de la vie quotidienne vont croissant, bref les gens ne voient pas le bout du tunnel.

Les gens qui votent pour le FN viennent de tous les horizons, de tous les milieux. Les plus éduqués parmi eux raisonnent de la manière suivante : puisque nous avons tout essayé avec les partis traditionnels, de droite comme de gauche, donnons sa chance au F N. Il ne sera pas pire que les autres qui nous ont menés à la situation actuelle.

Beaucoup se sont laissés tenter, une seule ombre au tableau : le progrès économique de ce parti qui est absolument irréaliste : quitter l’Euro et quitter l’Europe est littéralement suicidaire. Si Marine avait eu l’intelligence d’en changer, je veux dire de programme économique, elle pourrait l’emporter. Et je ne dis rien de cette augmentation féérique du smic…

Certes, le FN peut arguer que François Hollande a été élu en promettant des choses intenables, en niant la crise, en se faisant fort de faire reculer le chômage et les gens, pour leur malheur, lui ont fait confiance. Mais je ne pense pas que ce soit la bonne méthode.

Cela posé, revenons aux interrogations sur la démocratie dans ce pays : on ne devrait pas s’acharner sur les Le Pen dans le but de leur faire lâcher prise. Si vous voulez faire reculer le FN, il faut agir sur les causes pas sur les effets. Et surtout ne pas les persécuter.

Or, l’actuel Premier Ministre a dit qu’on aurait une guerre civils, il a dit qu’il fallait tout faire pour les battre, mais où sommes nous ? S’agit il d’une ennemi intérieur, que ces 7 millions de bons Français symboliseraient ? Et le ministre de l’intérieur qui entend dénoncer dans l’hémicycle je ne sais quel tweet de Marine…

Et aujourd’hui, on revient sur les déclarations de patrimoines du père et de la fille. Trop, c’est trop. Certes, tous sont égaux devant la loi, mais attention à ce genre de dénonciations publiques qui ne durent qu’un temps et provoquent une réaction de la part de ceux qu’on jette en pâture à l’opinion. Jeter l’opprobre sur les autres trahit un manque de confiance en soi.

Le pouvoir, quel qu’il soit, doit se rendre à l’évidence : plus de quarante ans de laisser aller ont mis ce pays dans une situation très délicate. Une bonne partie de sa population a généré des terroristes qui ont pris les armes contre leur propre patrie. Le FN est très préoccupé par cette perte de l’homogénéité de la société française. D’autres partis rejoignent les thèmes du FN en leur conférant d’autres appellations ; certains se languissent de la France de toujours… Comprenez bien ce qui se cache derrière cette formulation volontairement vague. D’autres parlent de combattre le communautarisme. Comprenez bien ce qui se cache là derrière, on ne vise ni les Finlandais ni les Suédois !!

On a souvent dit dans ces mêmes colonnes qu’il faudrait que la stratégie remplace enfin les petites tactiques. Il faut un gouvernement d’union nationale, et il ne faut plus que 2017 obsède François Hollande. Certains qui font tout pour se représenter devraient y réfléchir à deux fois. Aucun sondage, je dis bien aucun, ne les place au second tour.

L’élection présidentielle n’est pas comparable aux autres élections. D’ailleurs, l’une des mesures les plus urgentes pour redresser le pays serait d’ordre constitutionnel. Aujourd’hui, ce n’est pas le président qui protège les institutions, mais l’inverse : ce sont les institutions qui le protègent. Il faut changer de régime, il faut passer à la VI république. Aujourd’hui, tout dépend d’un seul homme. Ce n’est plus tolérable et on s’en rend compte : il y a plus de 300 députés socialistes à l’assemblée mais le pays, aujourd’hui, n’en réélirait guère plus de soixante… Et pourtant, ce sont eux qui gouvernent.

Au lieu de s’acharner sur les Le Pen, il vaudrait mieux porter remède aux vrais problèmes. Et les vrais problèmes ont nom l’immigration, le communautarisme, les banlieues devenues des zones de non droit, l’insécurité et le chômage. Régler ces problèmes et vous aurez tout réglé. Mais il y a encore très loin de la coupe aux lèvres quand on réalise que l’année 2016 va être engloutie par de basses tactiques électorales au lieu de les consacrer au relèvement de la France.

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20/12/2015

Il a surgi là où on l’attendait plus guère… Tapie refait de la politique…

Il a surgi là où on l’attendait plus guère… Tapie refait de la politique…

Nous vivons une drôle d’époque. La presse et la politique, deux secteurs d’activité qui devraient être entourées d’un halo de sacré, de vérité, et d’authenticité, sont hélas bien galvaudés. Je ne dis pas cela contre Monsieur Bernard Tapie, lui, j’aurai plutôt tendance à le considérer comme une sorte de révélateur, certes, il est loin d’être un enfant de chœur, mais reconnaissons que dans le milieu de requins où il évoluait jadis, il valait mieux avoir la peau dure et les dents acérées…

Bernard Tapie a compris qu’il devait jouer très serré : au lendemain d’une lourde condamnation qui va le mettre sur la paille, s’il ne réagit pas, il a décidé de ressurgir là où personne ne l’attendait : en politique ! Cela va le rajeunir d’au moins vingt ans, il était tout juste quinquagénaire, ministre de la ville, député, avant que tout ceci ne s’écroule à l’instigation des barons du PS, inquiets de voir leur maître Fr Mitterrand jeter son dévolu su un personnage qui, à leurs yeux, sentait le fagot. On se souvient de cette sainte alliance qui s’était juré la mort politique de ce turlupin, une plainte judicieusement posée, fut appelée à prospérer et de fil en aiguille ceci provoqua la chute retentissante de celui en lequel Mitterrand voyait un séduisant dauphin.

Ce bref rappel devrait rappeler à l’ancien patron de l’OM que la politique, c’est très dangereux et qu’il s y est déjà brûlé les doigts. Mais aujourd’hui, il y a une carte à jouer, surtout au plan extra judiciaire puisque dans ce domaine là, la messe est dite : le condamné a lui-même parlé de la haine, réelle ou imaginaire, que lui voueraient les juges. Il fallait se déporter sur un autre terrain, celui de la politique, donc des médias. Et cela commence plutôt bien : regardez cette pauvre petite Duflot qui s’agit pour revenir et voici que ce sacré Tapie confisque les médias pour lui tout seul. En plus de l’effet poil à gratter ou petit caillou dans la chaussure, Tapie a une magnifique carte à jouer : il défie le gouvernement sur son propre terrain, se positionne en monsieur anti chômage et laisse planer le doute sur 2017. Or, s ‘il se présentait il ravirait au moins 5% à la gauche, surtout dans les Bouches du Rhône, et donc à François Hollande.

Mais ce n’est ps tout : d’autres candidats, comme Mélenchon d’être boudés par les médias pendant toute la campagne, ils se présenteront, tout comme Montebourg ou Duflot qui s’imagine encore avoir un destin national alors que ses résultats aux régionales ont plus que décevants pour un parti qui prétend représenter l’avenir du monde : l’écologie.

Enfin, que dire ? En politique, la messe n’est dite que lorsqu’on gît à &é pieds sous terre. Mais pourquoi donc existe t il des hommes et des femmes qui rêvent de gouverner leurs semblables ? Mystère, mystère…

 

 

 

 

 

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18/12/2015

François Hollande, entre fraternisation et manœuvre de prédation

François Hollande, entre fraternisation et manœuvre de prédation

La presse ne parle que de cela : la tentative de François Hollande de jouer de la division de la droite pour neutraliser ses rivaux de la présidentielle, tant à droite qu’à gauche. Selon certains commentateurs un peu rapides et peu profonds, le locataire actuel de l’Elysée serait le maître du jeu : il aurait neutralisé la gauche de la gauche, et tiendrait en otage les leaders de la droite qui vont s’entredéchirer, le laissant apparaître au second tour contre Marine Le Pen, laquelle l’aurait aucune chance de l’emporter, permettant ainsi sa réélection.

C’est très bien sur le papier et cela évacue une quantité d’éléments absolument incontrôlables. D’abord, il y a la situation intérieure concernant le chômage et le terrorisme. On ne comprendrait pas que le pouvoir, pris au piège des défis réels, accepte d’associer la droite à la gestion de ces deux dossiers alors qu’il a toujours refusé d’appliquer ses amendements et subi d’infernales critiques sur ces deux sujets.

Certes, deux hommes de droite ont sauvé leur tête (mais à quel prix !) en acceptant de faire des appels du pied aux électeurs de gauche, encouragés par le PS à céder la place. En agissant ainsi, Hollande n’a pas fait de cadeau à la droite, c’est un prêté pour un rendu. : j’ai fait voter pour vous, je vous ai sauvé la mise, vous en ferez autant pour moi au second tour de la présidentielle où je compte bien être présent…

Encore une fois, sur le papier, c’est très bon. Mais regardez le taux de croissance, l’INSEE a dû revenir sur ses prévisions excessivement optimistes. L’impact économique des attentats de Paris était imprévisible. Tout a été impacté : les avions, le tourisme, la consommation, les achats, les dépenses en tout genre ! Et il faudra pas mal de temps pour que les choses repartent.

Au plan politique, les écologistes semblent sonnés par leurs décevants résultats aux récentes élections et Duflot n’a même pas eu la pudeur de se faire oublier, elle a tendu une main que peu s’empressent de prendre…Mais rien ne dit que sa volonté de compter ou de se venger de Hollande ne vas pas renaître. Et n’oubliez pas Arnaud Montebourg, remercié sans ménagement du gouvernement qui réservera des surprises. Cela, pour la gauche, où le camarade Mélenchon est toujours en embuscade et un sondage va jusqu’à la créditer de 12%, un drame pour Hollande !

Enfin la droite, rien ne laisse prévoir que LR vont suivre Jean-Pierre Raffarin, ce Poulidor de la politique française, et qui n’a pas laissé de souvenir impérissable lors de son passage à Matignon, il a fermement accompagné la paresse chiraquienne : se laisser aller, se laisser porter par les événement, bien manger, bien profiter des plaisirs et des avantages du pouvoir.

En fait, le PS devrait organiser une primaire s’il veut avoir quelque chance de l’emporter. Cela fait longtemps que Hollande s’en sert sans le servir. Or, nul n’est éternel.

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Le retour au calme entre la Turquie et Israël

Le retour au calme entre la Turquie et Israël

Les Turcs ne sont donc pas si idiots que cela et les rodomontades de M. Erdogan cachent souvent une analyse plus réaliste et plus pertinente des situations. Depuis la tentative insensée des Turcs de briser le blocus de Gaza qui s’est soldée par la mort de plusieurs citoyens de ce pays, les choses étaient au plus mal entre les deux anciens alliés.. Erdogan, qui ambitionnait de se faire le porte parole du monde musulman, en s’appropriant la cause palestiniennes doit, aujourd’hui, faire les comptes. Cela ne lui a rien rapporté, Israël n’a pas cédé, les Arabes refusent de s’inféoder aux Turcs qui leur ont laissé au XIXe siècle de très mauvais souvenirs et de surcroît, les Turcs se sont attirés un nouvel ennemi à leurs portes, un ennemi qui n’oublie rien et constitue désormais pour eux une menace, la Russie de Vladimir Poutine.

Depuis cinq ans, date de ce grave incident en Méditerranée orientale, Turcs et Israéliens œuvraient en silence, voire dans le plus grand secret. Et petit à petit, au regard des réalités internationales, les Etats étant des monstres froids, la Turquie de M. Erdogan qui n’a réussi à imposer ses vues dans aucun dossier (ni sur l’adhésion à l’Europe, ni sur le conflit syrien, ni vis à vis des Arabes) a dû se rendre à l’évidence : il faut se rapprocher d’Israël, même si extérieurement on adopte une rhétorique agressive. Derrière les belles proclamations, il y a le gaz, l’armée turque, les pressions américaines, les accusations de jouer double, triple, voire quadruple jeu avec Daesh, l’hostilité russe désireuse de venger l’avion abattu, tout ceci a contraint le pays du Bosphore à réduire ses ambitions et à comprendre qu’il ne servait à rien de se priver d’un si bon allié comme Israël pour servir des intérêts hypothétiques de je ne sais quelle cause, palestinienne ou autre…

Sur quoi ont porté ces négociations secrètes ? Sur l’indemnisation des familles des victimes, sur la levée des poursuites concernant les officiers et soldats ayant mené l’assaut sur le navire turc, sur l’acheminement de gaz israélien vers la Turquie, sur le rétablissement des ambassadeurs, et probablement quelques clauses secrètes portant sur des fournitures d’armes, de drones, et l’entraînement des pilotes turcs… En somme, une retombée positive de la crise syrienne où les Turcs sont soumis à rude épreuve, sans oublier les troubles intérieurs liés à la crise armée avec les Kurdes. Rappelons que dans ce contexte, les organes israéliens ont rendu à leurs collègues turcs des services signalés dans un passé qui n’est pas si lointain…

Certes, Israël est un pays plein de ressources, il a déjà rétabli avec la Grèce d’excellentes relations dans tous les domaines, mais la Turquie, malgré Erdogan, c’est autre chose. Il faut tout faire pour rétablir de bonnes relations entre cette puissance régionales (plus de 80 millions d’habitants) qui, dit-on, serait prête à expulser le chef du Hamas qui y a installé ses bureaux. Israël l’exige et a obtenu gain de cause, en dépit de quelques démentis officiels qui ne changent rien à la réalité.

Vous savez, quand on est en négociations avec de telles personnes, il faut renoncer momentanément à nos convictions ou résolutions cartésiennes. Pour ces Orientaux, il n’existe pas vraiment de principes de l’identité et de la contradiction. J’ai écouté, il y a quelques semaines, une intervention en arabe, sur la chaîne qatarie, de l’actuel Premier Ministre turc (qui maîtrise bien la langue arabe, il est même professeur) : mais quelle agilité intellectuelle, quelle maestria, quelle dextérité pour enrober le journaliste arabe et le mettre dans sa poche, en évoquant la cause palestinienne alors que l’intervieweur ne l’avait pas fait…

On ne choisit pas son environnement. Mais une nouvelle fois, Israël a montré sa prudence et sa pugnacité : Quand on se remémore les anciennes déclarations d’Erdogan, on croit rêver. Mais non, il vit simplement sur une autre planète que nous.

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