28/11/2015

Poutine a fini par l’emporter, alignement de la diplomatie française

Poutine a fini par l’emporter, alignement de la diplomatie française

Qui l’eût dit ? Qui l’eût cru ? Laurent Fabius, en diplomate consommé, contraint d’avaler son chapeau et de dire que c’est très bon. Même Bachar y est allé de sa remarque coquine, puisqu’il salue (ce sont ses propres termes) le changement de pied de la diplomatie française. En fait, la France a entièrement changé de politique en Syrie, elle va coopérer, plus ou moins directement, avec l’armée de Bachar ! Incroyable il y a tout juste soixante-douze heures.

Que s’est il passé ? Pour complaire à ses clients saoudiens et qataris, le gouvernement français s’est entêté, des années durant, à réclamer le départ de Bachar du pouvoir, au point d’en faire une condition sine qua non à tout règlement. Cela n’a pas fonctionné et au moment le plus critique, les Russes ont agi, changeant du tout au tout la situation sur le terrain. Lorsque François Hollande est allé voir Barack Obama, c’était précisément pour que celui-ci accepte d’inclure Poutine dans la coalition ; l’Américain lui a opposé une fin de non recevoir. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les Turcs, furieux de voir que les Russes bombardent leurs frères turkmènes, ont abattu un de leurs chasseurs au motif qu’ils avait enfreint l’espace aérien

Après les terribles attentats de Paris, le gouvernement actuel a enfin compris à qui il avait à faire. Si on n’agit pas contre Daesh de nouvelles attaques pourraient fort bien se produire sur le sol français en raison de la présence sur place d’innombrables relais potentiels et de sympathisants plus ou moins déclarés.

L’actuel Premier Ministre l’a dit à mots couverts dans sa bonne ville d’Evry, mais même si on l’a fort bien compris, jamais il n’a appelé un chat un chat. Mais pourquoi donc ? Est ce que l’hydre a plusieurs millions de têtes ?

La politique française au Moyen Orient s’est donc fourvoyée durant très longtemps. Et c’est Poutine qui a gagné car il a fait une meilleure analyse de la situation : sans l’armée syrienne sur place, l’armée du régime qui constitue les seules troupes terrestres et qui combattent Daesh, on n’avancerait pas. Donc, les avions occidentaux vont suivre les déplacements de cette armée et lui apporteront l’appui aérien dont elle a besoin.

C’est absolument incroyable ! Mais on est enfin sur la bonne route. Pour différentes raisons, les Occidentaux ne peuvent pas aller sur place. Les USA ont environ deux à trois mille membres des forces spéciales pour épauler les anti-Daesh en Irak et en Syrie. Indirectement, tous aident Bachar, non pas à se maintenir mais à combattre. Il apparaît de plus en plus clairement que les Russes eux mêmes ne tiennent pas mordicus à ce que leur protégé reste en place. Mais la question est : combien de temps ?

Oui, combien de temps va prendre la campagne ? Si on détruit les approvisionnements et que l’on prend leurs combattants en tenailles, la question devrait se régler assez rapidement. Une chose est sûre : la Syrie d’après la guerre ne ressemblera en rien à la Syrie d’avant la guerre.

En d’autres termes, le sort de Bachar est scellé.

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27/11/2015

Graves accusations russes contre la Turquie ?

 

Graves accusations russes contre la Turquie ?

L’escalade, au moins verbale, se poursuit entre la Russie et la Turquie. V. Poutine ne pouvait laisser passer, sans réagir, le grave incident militaire entre les deux pays. On parle de graves représailles économiques, la Russie constituant un grand débouché pour les produits turcs, notamment agricoles. Mais le plus grave se trouve ailleurs.

Par la bouche de Poutine en personne, la Russie accuse sa voisine d’entretenir des relations coupables avec l’E.I., de faciliter l’écoulement de son pétrole sur le marché international, bref d’aider cet état terroriste à se maintenir. Ce qui constituerait la preuve flagrante d’un double jeu.

Poutine a même parlé de cette noria de camions citernes assurant la navette entre les zones contrôlées par l’EI et la Turquie, afin découler le pétrole. Or, l’une des décisions de la coalition anti Daesh est précisément d’assécher les circuits financiers afin de couper les ressources de cet ennemi si dangereux pour l’Occident.

En fait, cela était prévisible, sauf qu’on ne pensait pas que La Turquie irait aussi loin ; abattre un avion russe ! Les Turcs soutiennent des mouvements anti-Assad que les Russes bombardent. Virtuellement, les deux pays sont en guerre par mouvements rebelles interposés.. Ce qui s’est produit était donc inéluctable.

Que valent ces accusations russes à l’encontre de la Turquie ? Nombreux sont les états qui accusent in petto les Turcs de se livrer à un double jeu. On parle d’une étonnante liberté de mouvement accordée aux rebelles car les Turcs comme les Français, les USA et les Saoudiens veulent obtenir à tout prix le départ de Bachar. A quoi les Russes répondent que cette éventualité dépend exclusivement du peuple syrien.

C’est la quadrature du cercle. IL faut simplement espérer que l’escalade n’ira pas plus loin. Il est clair que le caractère de V. Poutine le poussera à renvoyer son aviation au plus près des Turcs. Et si ces derniers devaient réagir aussi énergiquement, alors toutes les options restent ouvertes.

Espérons toutefois que la paix l’emportera.

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26/11/2015

Jean des Cars, Nicolas II et Amexandra de Russie. Une tragédie impériale

Jean des Cars, Nicolas II et Alexandre de Russie. Une tragédie impériale

Lorsque vous avez ce beau livre de Jean des Cars, entre les main, vous ne le lâcherez plus, tant il est somptueusement illustré et magnifiquement écrit. C’est littéralement un beau livre, l’auteur a un style sobre et élégant ; c’est un vrai travail d’historien qui envisage les faits directement, sans jamais se perdre dans des détails ; et pourtant, on suit pas à pas la vie, hélas tourmentée et finalement tragique, de ce jeune homme qui s’écrie à la mort trop tôt survenue de son père : je n’ai jamais voulu être tsar !

Dès l’introduction, elle aussi, d’une remarquable clarté, on plonge dans le roman d’une vie commencée sous des auspices inquiétants : il y a , au début, l’assassinat du grand père du futur Nicolas II qui n’était peut-être pas fait pour les lourdes charges qui l’attendaient. On imagine les sentiments de cet adolescent qui assiste aux tout derniers instants de son grand père, victime d’un attentat… Il commit l’imprudence de sortir de son carrosse et de rester sur les lieux de l’attaque, au lieu de se laisser évacuer par sa garde. Un second assaillant arrive immédiatement et cette fois-ci le tsar est tué par l’explosion d’une seconde bombe.

Les deuils et les malheurs semblent avoir jeté leur dévolu sur un jeune homme qui a vécu à une époque néfaste pour son pays, et pour sa propre famille.

Mon propos ici n’est pas de relater par le menu ce qui est écrit dans ce bel ouvrage ; ce serait trop long, mais de mettre rapidement l’accent sur ce temps axial (Achsenzeit) au cours duquel Nicolas II a vécu et régné en Russie. Cependant, il faut dire un mot de la fin tragique de ce monarque et de sa famille. Le tsar, son épouse et leurs enfants seront cruellement exécutés par les révolutionnaires.

Mais l’Histoire a tout de même permis à la nouvelle Russie, présidée par Boris Eltsine, de demander pardon pour ce crime odieux. D’une certaine manière, ce grand pays a fini par se réconcilié avec lui-même et avec son histoire. Le régime communiste n’a plus laissé de traces , même s’il a fait d’innombrables victimes. Le prédécesseur de Vladimir Poutine a fait acte de contrition et surtout de repentance pour les crimes du passé. Je pense à un adage allemand qui stipule que les moulins de Dieu agissent lentement, très lentement, mais toujours finement (Gottes Mühlen mahlen langsam, langsam, aber fein )!

Avec ses talents connus et reconnus d’écrivain et d’historien, Jean des Cars, qui porte un nom si prestigieux, s’est admirablement acquitté de sa tâche. Il déroule sous nos yeux les grands moments d’une vie qui se termine tragiquement avec la fin d’une époque.

Si vous avez envie de vous plonger dans un tel univers presque entièrement englouti, lisez ce bel ouvrage de Jean des Cars.

Vous ne serez pas déçus.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 26 novembre 2015

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La France pavoise, mais est ce vraiment toute la France…

La France pavoise, mais est ce vraiment toute la France…

C’est la question que l’on est en droit de se poser, sans être nécessairement un esprit chagrin. On la pose en se souvenant de la réaction des habitants des banlieues et de leurs enfants dans les écoles de la République, à la suite des attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper cacher. De nombreux établissements scolaires avaient été le théâtre du refus de jeunes musulmans, nés en France, de respecter la minute de silence à a mémoire des victimes. Au motif que les caricatures du prophète de l’islam avaient suscité une juste réaction. Le phénomène fut si grave que des sanctions furent prises à l’encontre des récalcitrants…

Aujourd’hui, presque deux semaines après les sanglants attentats de Paris, le président de la République a eu la bonne idée de demander qu’on lui accroche des drapeaux tricolores vendredi matin à toutes les fenêtres des maisons. Il serait intéressant de scruter ce que va être la réaction de gens qui voient toujours en la France une nation inamicale, tout en vivant sur son sol.

Je souhaite vraiment me tromper mais je crains que nous ayons quelques surprises, surtout en Seine Saint-Denis où de véritables cellules djihadistes ont été mises au jour et en définitive détruites ou arrêtées.

Certes, il faut se garder de toute généralisation abusive ; je persiste à croire que l’écrasante majorité des gens de ces départements limitrophes de Paris et d’ailleurs ne cherche qu’à vivre en paix, à pratiquer leur religion sans nuire aux autres et à aspirer à un avenir meilleur pour leurs enfants. Mais ce sont aussi ces mêmes régions qui ont envoyé le plus de combattants en Syrie et en Irak.

On ne peut pas rester indifférent à ce qui se passe. Chacun devra choisir son camp. Et la France est en guerre, elle n’est pas en guerre contre la Suède ni contre la Finlande, mais contre l’islamisme de Daesh et d’autres organisations.

Alors, nous verrons bien vendredi si tous ont pavoisé et si certains refusent de le faire.

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25/11/2015

Les vicissitudes du périple diplomatique de François Hollande

 

Les vicissitudes du périple diplomatique de Fr. Hollande : l’impossible coalition

Il est de situations ou des pays qui demeurent maudits un bon bout de temps. Je fais allusion à des pays comme la Syrie et l’Irak, sans oublier le Liban et la Libye, l’Egypte et tant d’autres qui ne connaissent ni la paix ni la prospérité. Et même lorsqu’un pèlerin de la paix comme Fr. Hollande, parcourt la planète pour les aider, eh bien des événements tragiques se produisent. C’est probablement ainsi qu’il faut interpréter les conséquences de la destruction de ce chasseur-bombardier russe par l’aviation turque.

La Turquie a commis une lourde et grave erreur en abattant cet avion et en permettant à ses fidèles alliés turkmènes, ennemis de Bachar de mettre à mort les pilotes. En fait, les Russes bombardent un peu Daesh mais surtout tous les autres rebelles anti-Bachar, et parmi eux de solides alliés de la Turquie qui les arme et les finance. En abattant cet avion, la Turquie a voulu freiner l’activisme de V. Poutine en Syrie où ses alliés subissent de lourdes pertes en raison des bombardements de l’aviation russe.

En soi, cet incident grave ne serait qu’un détail s’il ne compromettait à tout jamais la mise sur pied d’une grande coalition anti-Daesh dont rêve Fr. Hollande. Même B. Obama ne s’est pas laissé convaincre, il a promis encore plus de coopération avec la France mais il se refuse à la suivre en incluant la Russie (et dans ses fourgons l’Iran et le Hezbollah) dans une coalition unique. C’est un échec pour le président français qui ne parle plus que de coordination. L’étape moscovite perd donc toute son importance, elle n’a plus qu’une valeur documentaire, surtout après la destruction de l’appareil russe et la mort de ses deux pilotes.

La diplomatie française n’est pas assez forte et le poids de la France, en général, bien moindre que celui des grandes puissances. L’évolution de la situation était prévisible : lors de la visite de V. Poutine au Guide de la révolution à Téhéran, le communiqué final stigmatisait les prétentions des pays qui veulent imposer leur volonté à un peuple. Comprenez : nous n’acceptons pas que l’on veuille disqualifier Bachar, c’est aux Syriens de décider pour eux mêmes. Dès lors, les USA, et dans une moindre mesure, la France, ne pouvaient pas accepter de renforcer Bachar et de le maintenir à son poste. En effet, lorsque la Syrie sera débarrassé de Daesh, qui nous assure que Bachar et ses protecteurs vont respecter la volonté populaire ? Qui nous garantit que Bachar partira ? Personne.

Mais voilà, il faut tout de même travailler avec le tyran de Damas car son armée est sur le terrain, elle se bat et grâce à l’aide russe elle reprend des villes et des villages à l’ennemi.

Bref, nous sommes en présence d’une quadrature du cercle : la coalition arabo-occidentale n’est pas prête à fusionner avec celle qui compte la Russie, l’Iran et le Hezbollah. C’est que même dans le camp occidental, tout ne va pas pour le mieux : les Turcs voient d’un très mauvais œil l’alliance des USA avec le PKK, leur ennemi juré. D’où le double jeu d’Ankara. L’Arabie saoudite a une véritable obsession qui se nomme l’Iran en qui elle voit son ennemi juré qui tente d’impose son leadership absolu dans la région. Pour les gérontes de Ryad, l’Iran sème le désordre et nourrit la déstabilisation dans la région. Il faut donc faire tomber Bachar, car s’il tombe, ses vainqueurs chasseront l’Iran et le Hezbollah. En revanche, se Bachar reste, l’Iran et le Herzbollah restent aussi. D’où le fixation saoudienne.

Dans ces distorsions, la diplomatie française ne pèse pas lourd. Les maîtres du jeu sont les USA qui ont leur tempo et leur stratégie qu’ils imposent à tous les autres.

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23/11/2015

L'appel à l'aide du président François Hollande

L’appel à l’aide du président François Hollande…

La terrible semaine passée et celle qui s’annonce avec ce grand ballet diplomatique et même militaire, m’a fait penser à un sujet de dissertation philosophique auquel étaient soumis, en classe terminale, les jeunes lycéens que nous étions : Est-ce l’Histoire qui fait les grands hommes ou est-ce l’inverse, les grands hommes qui imposent leur marque à l’Histoire ?

N’en déplaise à certains ou, au risque de faire grincer des dents dans certains milieux, je dois bien reconnaître que François Hollande a su faire face et, du reste, les sondages, qui, d’ordinaire, lui sont défavorables, en font foi : pour la première fois il gagne plus de points que son Premier Ministre, même si, entre les deux têtes de l’exécutif, l’écart reste conséquent.

A maintes reprises, et depuis le mois de janvier 2015, François Hollande ne s’est pas effondré mais a fait face, et je dirai même avec courage et intelligence. En voici quelques exemples : en intervenant militairement au Mali, il a brisé net l’avance d’al-Quaida qui entendait déferler sur Bamako. On n’imagine pas les suites cauchemardesques d’une telle attaque si elle avait été couronnée de succès : des milliers de François et d’Européens massacrés ou retenus en otage…

Après les attentats de janvier, il a fait de Paris le point de rencontre de tous les grands de ce monde, le centre du monde.

Et il y a presque deux ans, il était prêt à s’engager en Syrie, les cibles, nous dit-on, étaient déjà désignées, lorsque Barack Obama lui fit faux bond, revenant ainsi sur ses propres engagements de frapper Bachar se celui-ci franchissait la ligne rouge, i.e. l’emploi d’armes chimiques contre son peuple. Mais hier soir, ce même B. Obama a tenu un discours menaçant et d’une grande fermeté face à Daesh : trois fois, il a dit que ce sont nous les démocraties qui le détruiront. N’est ce pas un hommage tardif mais réel aux prévisions de Fr. Hollande ?

Lors des attaques du vendredi 13 novembre, Hollande est apparu presque défait à la télévision et on le comprend. Mais il s’est vite repris et surtout a fait preuve d’une réactivité sans égale : le congrès à Versailles, l’état d’urgence, le bombardement de Daesh, l’envoi du porte-avions Charles de Gaule, déjà sur zone, etc… Bref, il a fait ce qu’il fallait. Et ce vieux peuple français, connu pour son solide bon sens paysan, ne s’y est pas trompé : il a compris que le chef d’Etat savait agir lorsque les circonstances l’exigeaient. Sur ce coup là, on ne finasse pas, on agit vite et bien, sans manœuvres politiciennes ni postures idéologiques dont une certaine gauche est si friande.

Un mot du discours au congrès de Versailles ; la phrase-clé, presque passée inaperçue, est celle-ci : le pacte de sécurité prend le pas sur le pacte de stabilité ! Génial ! Personne n’a osé s’y opposer, même Bruxelles entend voler au secours de la France, pays sévèrement touché par un terrorisme cruel et aveugle.

François Hollande a donc pris les bonnes mesures.

Je relisais durant ce week-end un éditorial du Figaro sur la solitude de la France, attaquée sur son propre sol alors qu’elle est engagée sur tant de fronts à l’extérieur. D’où l’appel à l’aide du président français : cette semaine, il boucle la boucle : les quatre grandes puissances qui comptent, européennes ou extra-européennes se réuniront avec lui ou l’accueilleront lors d’une visite. Sans même parler du roi du Marco dont les informations ont rendu à la France un service signalé, permettant de neutraliser un redoutable terroriste…

Au vu de ce qui précède, on peut donc dire, sans flagornerie, que Fr. Holland a tenu le coup, a bien réagi et a même renversé la vapeur ; pour reprendre une expression du regretté Charles Pasqua : terroriser les terroristes ! François l’a fait et entend continuer de le faire.

La grande question qui se pose n’en demeure pas moins celle-ci : même si le chômage (dont plus personne ne parle tant les préoccupations sont ailleurs : la sécurité avant la prospérité) devait encore augmenter et le pouvoir d’achat rester en berne, même si les élections régionales devaient signer un nouveau revers pour le gouvernement et le chef de l’Etat, l’impact sur ce dernier ne devrait pas être catastrophique.

Au fond, Hollande a la baraka : n’importe quel autre chef d’Etat, je le répète, se serait effondré et lui que tous critiquent pour son indécision devenue presque proverbiale (je fais référence à un grand article paru il y deux semaines et demi dans la Frankfurter Allgemeine) a tenu.

Certes, la France étant ce qu’elle est, le combat partisan ne tardera pas à reprendre. Mais, étrangement, le président (et futur candidat ?) est nettement mieux placé qu’auparavant alors que l’amélioration de la situation économique se fait toujours attendre.

Une seule ombre au tableau, selon moi : ne fallait il pas, immédiatement après les attentats, nommer un gouvernement d’union nationale, abattre les barrières idéologiques et construire un nouveau paysage politique ? A de plus experts que moi de juger.

C’est vrai, la France n’est pas l’Allemagne avec ses grandes coalitions qui permettent d’avancer et éloignent les divisions si souvent paralysantes.

La mentalité française n’est pas la mentalité germanique.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 23 novembre 2015

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22/11/2015

Nous sommes staurés d’informations sur les événements tragiques de Paris… Il faut lever le pied !

 

 

Nous sommes staurés d’informations sur les événements tragiques de Paris… Il faut lever le pied !

Oui, il convient de s’arrêter un petit peu. Dans ce domaine de l’information sans répit, les chaines d’information continue en font un peu trop. Surtout qu’avec le recul BFM Tv et I-Télé ont eu le temps de confectionner des résumés qui durent parfois plus d’un quart d’heure. A la longue, c’est un peu la nausée : les témoignages de quelques spectateurs, les douleurs des familles des victimes dont nous sommes absolument solidaires et partageons la peine, le déroulé des opérations, les discours du ministre du l’intérieur, les déclarations de François Hollande, celles du Premier Ministre, et je ne cite pas les messages de soutien des grands de ce monde.

Désormais, il faut se dire que le mieux est l’ennemi du bien. On ne devrait en reparler que s’il y avait une avancée décisive dans l’enquête et surtout sur d’éventuelles cellules qui se prépareraient à nous frapper, ici ou à Bruxelles.

C’est une ville morte ; mais même Paris avait des airs tristes hier soir. Au cours d’une promenade sans but précis, les rues étaient étrangement vides, les places de stationnement étonnamment nombreuses et la circulation fluide. Les grands magasins se plaignent d’une chute brutale de la fréquentation, ce qui dignifie que le chiffre d’affaires a dégringolé.

Mais à Bruxelles la situation est encore plus préoccupante puisque le gouvernement semble être en possession d’informations précises concernant un éventuel attentat de grande envergure. A qui la faute ? Les autorités belges ont laissé proliférer dans ce fameux quartier de Molenbeek des tas de réseaux mafieux et terroristes et aujourd’hui, contraints de faire le ménage, elles découvrent l’horreur.

Maintenant, nous devons adapter notre quotidienne à un ordre nouveau. Tant que Daesh ne sera pas vaincu, nous n’aurons pas la paix. Et une certaine immigration avec ses mœurs, sa religion et sa culture vont constituer de nouveaux problèmes, de nouvelles interrogations auxquels il faudra bien répondre. Le politiquement correct va en prendre un coup car, désormais, il faut regarder la réalité en face.

Ce que l’Europe s’est refusée à faire depuis des décennies. Courage et haut les cœurs !

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20/11/2015

Les derniers secrets du IIIe Reich par François Kersaudy & Yannis Kadari, Perrin

 

Les derniers secrets du IIIe Reich par François Kersaudy & Yannis Kadari, Perrin

Ce livre, si solidement documenté et si sobrement écrit, se lit comme un roman policier. En six chapitres passionnants, les auteurs relatent des aspects moins connus du IIIe Reich.

Le premier texte s’appelle T4, nom de code d’un institut d’hygiène racial e consistant à éliminer directement tous les malades mentaux et les sujets dits anormaux ou inutiles à la société, selon les Nazis. Des vies qui sont inutiles à la Vie. T4 signifiait simplement la Tiergartenstrasse au numéro 4.. Après avoir assassiné plus de 70.000 personnes, les Nazis durent opérer plus discrètement, suite au sermon violemment antinazi d’un évêque à la fois courageux et célèbre qui dénonçait leurs pratiques honteuses

On sait que Hitler rêvait de se construire une capitale dont le luxe et la majesté feraient pâlir de honte et d’envie, Londres et Paris.. Avec son architecte préféré A. Speer il échafaudait d’innombrables plans dont la concrétisation devait durer jusqu’en 1950 ! On apprend en lisant ce second texte que le Führer se prenait vraiment pour un architecte doué et inventif. La ville devait s’appeler Welthauptstadt Germania. Mais en se suicidant dans son bunker souterrain Hitler a laissé un amas de ruines.

Le troisième texte, probablement le plus palpitant, se fait l’écho d’une incroyable ruse de guerre, appelée la forteresse alpine : on fit courir le bruit que le Reich, conscient de sa fin prochaine, avait construit un Reich souterrain au pied des montagnes, stockant dans des galeries souterraines des armes, des vivres et des munitions afin de se soustraire à l’emprise de l’ennemi et de rebâtir un Reich invincible. Cette légende, ce mythe ont intrigué les états majors alliés qui ont failli se laisser prendre, déviant de leur route qui devait les conduire directement à Berlin. Cette légende a réapparu récemment en territoire polonais où des promeneurs prétendirent avoir découvert , dans une immense galerie souterraine, tout un train (celui d e Goering ?) chargé d’armes et de tableaux de maîtres… Cette histoire a fait long feu, même si l’on sait que les Nazis avaient bel et bien caressé le projet, à la veille de leur chute, de reprendre la main.

Le texte suivant, portant le nom de code de loup-garou (Werwolf) consistait justement à former une armée de résistants qui attaquerait les arrières des troupes d’occupation en Allemagne. C’est Himmler qui en eut l’idée et qui la fit avaliser par Hitler. L’état major allié dut mettre les soldats en garde contre de telles pratiques qui firent quelques dégâts. Certains Allemands qui avaient accepté de collaborer avec les alliés, en étant maire ou officier d’état civil, le payèrent de leur vie.

On lit aussi un texte sur les idées que Hitler se faisait des USA où les limites de ce grand dément criminel apparaissent nettement : alors que c’est la machine de guerre US qui permit au Royaume Uni de tenir et de mettre à genoux finalement le Reich, Hitler imaginait pouvoir raser l’Amérique, allant jusqu’à exiger la fabrication d’avions de chasse avec un rayon d’action de plus de 4000 km…

Mais le dernier texte, celui qui est vraiment palpitant, est consacré à Martin Bormann, l’âme damnée du Führer que l’on nous décrit minutieusement comme un esprit redoutablement calculateur et manipulateur, plaçant ses hommes aux endroits stratégiques, filtrant les personnes ayant accès à son chef dont il était une sorte de secrétaire privé, sans oublier les innombrables titres qu’il s’était généreusement attribués. La question qui a passionné tant de monde, les historiens y compris, était de savoir si Bormann était mort à Berlin ou s’il avait pu s’enfuir, partir en Amérique du sud, etc… C’est incroyable ; tant de gens assuraient avoir vu Bormann dans tant d’endroits différents. Les procureurs généraux allemands ont commencé par le condamner à mort, ensuite on annula les poursuites pensant qu’on ne pouvait pas rechercher un criminel mort, le décès provoquant l’extinction des poursuites… Même s’il n’a pas fait d’études supérieures, cet homme avait d’indéniables talents d’organisateur, doublé d’un bon psychologue. Il avait su se rendre indispensable à Hitler lequel lui confiera ses dernières volontés à transmettre au Grand Amiral Dönitz. C’est dire !

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 20 novembre 2015

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La guerre contre le terrorisme: quelques calrifications sont nécessaires

 

 

La guerre contre le terrorisme ; quelques clarifications sont nécessaires

La France, après les attentats de cette semaine, a entièrement changé de position vis à vis de Bachar el Assad : sans oublier ce qu’il a fait ni ce qu’il est en réalité, elle a enfin compris qu’il ne servait à rien de servir les intérêts saoudiens et qataris et qu’il fallait mieux dîner avec le diable avec une longue cuiller. Bachar est incontournable puisqu’il est le seul à avoir une armée sur l e terrain et que sans ses troupes au sol, l’E.I. demeurerait invaincu. On a donc perdu plus de deux ans et demi…

Mais il y a plus : la France va combattre Daesh aux côtés de la Russie, elle en est devenue l’alliée, ce qui personnellement ne me gêne pas vraiment. En revanche, ce qui me gêne, c’est encore cette attitude fermée pour ensuite reculer et revenir à d’autres positions.

Soyons honnête et clair : nous ne sommes pas en mesure de mener seul un tel combat. Les USA d’un côté, les Russes, de l’autre, ont effectué des centaines et des centaines de bombardements depuis des semaines, et pour les premiers, depuis des mois. Même pour identifier des objectifs, on est dépendant des USA.

Il faut cependant rendre hommage au président français pour son soudain éclair de lucidité : on doit s’allier même au diable pour battre un ennemi implacable, introduit dans tous les domaines en France et où il dispose de relais nombreux et variés.

Sous cet aspect là, les clarifications nécessaires ont été apportées.

Demeurent encore quelques pays de la zone dont l’attitude est très ambiguë. En premier lieu il y a la Turquie qui pense d’abord à ses intérêts et son problème majeure s’appelle : les Kurdes indépendantistes du PKK. L’ancien empire ottoman voit d’un très mauvais œil la coopération armée entre les Kurdes et l’US Army. Quand ils bombardent les positions dans le pays voisin (Syrie ou Irak), c’est pour s’en prendre d’abord au PKK. Les Turcs laissent passer des renforts pour l’EI et leur frontière est volontairement une passoire. S’ils verrouillaient cette frontière avec la Syrie, l’EI aurait moins d’aise dans son ravitaillement. Enfin, ce sont des hommes d’affaires turcs qui rachètent le pétrole de l’EI pour le revendre ensuite sur le marché international. Est ce ainsi que des alliés doivent se comporter ?

L’autre pays qui pose problème n’est autre que l’Arabie qui a une obsession, ce que je comprends bien, c’est l’Iran. Les gérontes arabes font le raisonnement suivant : si Bachar tombe, l’Iran et le Hezbollah, responsables de la déstabilisation de la région (Syrie, Irak, Bahreïn, Libye, etc) tombent avec lui. Et ils souhaitent l’installation d’un régime sunnite à Damas. Pour l’Arabie comme pour le Qatar, c’est une question de survie.

Mais ce n’est pas tout : l’Arabie et le Qatar financent et arment d’autres groupes ou groupuscules dont on a du mal, en tant que cartésien, à définir nettement la nature et le positionnement idéologique.

C’est très compliqué. Mais il faut saluer le rapprochement entre la France et la Russie. L’Ukraine peut attendre, d’autant que les habitants de la Crimée se disent russes.

La France d’après le 13 novembre n’a plus grand chose à voir avec celle d’avant cette date fatidique…

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19/11/2015

Coupable et négligente Belgique

Coupable et négligente Belgique…

Les récentes attaques au cœur même de la capitale française ont permis de mettre en lumière les carences dont souffre la collaboration judiciaire et policière entre ces deux pays amis et frontaliers que sont la Belgique et la France. Au début, et vu le choc inouï, les choses n’étaient pas dites clairement. Depuis quelques jours, elle le sont.

On s’est rendu compte, tout au long de ces enquêtes tous azimuts, que cette sinistre banlieue de Bruxelles était un véritable repère de terroristes, une antre d’esprits malfaisants, impliqués dans presque tous les attentats commis en Europe, voire dans le monde. La Belgique est le pays européen qui a laissé partir le plus de djihadistes vers la Syrie et l’Irak : en outre, même des gens qui sont surveillés par ailleurs, se déplacent librement sur le sol belge.

Les autorités françaises dénoncent ce laxisme inacceptable in petto et la presse d’hier s’en est largement fait écho. Même les terroristes de nationalistes qui ont agi il y a quelques jours, étaient établis de cette banlieue bruxelloise, véritable base arrière de ces criminels. Par exemple, on aurait dû recevoir immédiatement l’ADN du terroriste recherché et qui semble s’être évanoui dans la nature. A moins qu’il ne fasse partie des trois morts de Saint Denis.

Est il normal que celui qui est considéré comme le cerceau (ce qui m’étonnerait beaucoup car il n’en a pas les capacités intellectuelles) ait pu se mouvoir facilement, ignorant les frontières, se jouant de toutes les mesures de sécurité…

Il faut que les autorités belges se réveillent et qu’elles sévissent comme elles l’ont fait il y a quelques mois lorsque des islamistes projetaient de décapiter un élu en public et de filmer cette décapitation. Les criminels furent neutralisés avant de passer à l’action.

Et puis il faudra bien que l’Europe fasse un certificat de décès de Schengen : Schengen est mort et ne ressuscitera pas.

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