25/11/2015

Les vicissitudes du périple diplomatique de François Hollande

 

Les vicissitudes du périple diplomatique de Fr. Hollande : l’impossible coalition

Il est de situations ou des pays qui demeurent maudits un bon bout de temps. Je fais allusion à des pays comme la Syrie et l’Irak, sans oublier le Liban et la Libye, l’Egypte et tant d’autres qui ne connaissent ni la paix ni la prospérité. Et même lorsqu’un pèlerin de la paix comme Fr. Hollande, parcourt la planète pour les aider, eh bien des événements tragiques se produisent. C’est probablement ainsi qu’il faut interpréter les conséquences de la destruction de ce chasseur-bombardier russe par l’aviation turque.

La Turquie a commis une lourde et grave erreur en abattant cet avion et en permettant à ses fidèles alliés turkmènes, ennemis de Bachar de mettre à mort les pilotes. En fait, les Russes bombardent un peu Daesh mais surtout tous les autres rebelles anti-Bachar, et parmi eux de solides alliés de la Turquie qui les arme et les finance. En abattant cet avion, la Turquie a voulu freiner l’activisme de V. Poutine en Syrie où ses alliés subissent de lourdes pertes en raison des bombardements de l’aviation russe.

En soi, cet incident grave ne serait qu’un détail s’il ne compromettait à tout jamais la mise sur pied d’une grande coalition anti-Daesh dont rêve Fr. Hollande. Même B. Obama ne s’est pas laissé convaincre, il a promis encore plus de coopération avec la France mais il se refuse à la suivre en incluant la Russie (et dans ses fourgons l’Iran et le Hezbollah) dans une coalition unique. C’est un échec pour le président français qui ne parle plus que de coordination. L’étape moscovite perd donc toute son importance, elle n’a plus qu’une valeur documentaire, surtout après la destruction de l’appareil russe et la mort de ses deux pilotes.

La diplomatie française n’est pas assez forte et le poids de la France, en général, bien moindre que celui des grandes puissances. L’évolution de la situation était prévisible : lors de la visite de V. Poutine au Guide de la révolution à Téhéran, le communiqué final stigmatisait les prétentions des pays qui veulent imposer leur volonté à un peuple. Comprenez : nous n’acceptons pas que l’on veuille disqualifier Bachar, c’est aux Syriens de décider pour eux mêmes. Dès lors, les USA, et dans une moindre mesure, la France, ne pouvaient pas accepter de renforcer Bachar et de le maintenir à son poste. En effet, lorsque la Syrie sera débarrassé de Daesh, qui nous assure que Bachar et ses protecteurs vont respecter la volonté populaire ? Qui nous garantit que Bachar partira ? Personne.

Mais voilà, il faut tout de même travailler avec le tyran de Damas car son armée est sur le terrain, elle se bat et grâce à l’aide russe elle reprend des villes et des villages à l’ennemi.

Bref, nous sommes en présence d’une quadrature du cercle : la coalition arabo-occidentale n’est pas prête à fusionner avec celle qui compte la Russie, l’Iran et le Hezbollah. C’est que même dans le camp occidental, tout ne va pas pour le mieux : les Turcs voient d’un très mauvais œil l’alliance des USA avec le PKK, leur ennemi juré. D’où le double jeu d’Ankara. L’Arabie saoudite a une véritable obsession qui se nomme l’Iran en qui elle voit son ennemi juré qui tente d’impose son leadership absolu dans la région. Pour les gérontes de Ryad, l’Iran sème le désordre et nourrit la déstabilisation dans la région. Il faut donc faire tomber Bachar, car s’il tombe, ses vainqueurs chasseront l’Iran et le Hezbollah. En revanche, se Bachar reste, l’Iran et le Herzbollah restent aussi. D’où le fixation saoudienne.

Dans ces distorsions, la diplomatie française ne pèse pas lourd. Les maîtres du jeu sont les USA qui ont leur tempo et leur stratégie qu’ils imposent à tous les autres.

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