31/10/2015

Les incroyables atermoiements d'Obama en politique étrangère

Les incroyables atermoiements de la politique étrangère d’Obama : l’Iran l’Irak, etc…

La Maison Blanche a annoncé hier dans la précipitation que le Pr Obama avait enfin décidé d’envoyer des forces spéciales en Syrie. Il était temps. Ce président US aura été le plus indécis, le plus faible et le plus imprévisible de tous ses prédécesseurs.

Cela fait des mois que son état major interarmes lui explique que l’on ne fera rien contre l’Etat Islamique sans troupes au sol. Et cela fait des mois que ce président fait la sourde oreille. En fait, c’est la vigoureuse action russe en Syrie qui l’a décidé. Et qui explique qu’il cange à nouveau son fusil d’épaule.

En quelques semaines de frappes vigoureuses, les Russes ont rétabli la situation de Bachar qui était à bout de souffle. Avec leurs attaques  l’hélicoptère de combat et leurs bombardements intensifs, ils ont modifié la situation sur le terrain. Même au plan diplomatique ils ont pris tout le monde au dépourvu en affirmant vouloir aider même l’opposition modérée, l’ASL… Les Américains, dirigés par un si piètre président, n’avaient jamais imaginé pareille chose.

D’où les changements de la politique en Syrie dans le désordre et la précipitation.

Les Français avec leur entêtement anti Assad ont perdu du temps : ne vous focalisez pas sur Assad, il tombera de lui-même, concentrez vous sur la barbarie.

Mais le Pr Obama n’a pas causé un dommage collatéral uniquement, il a imprudemment remis l’Iran dans le circuit, ne se rendant pas compte des suites incalculables que cela entraîne au Proche Orient : alors que les États arabes modérés font tout pour expulser l’Iran de leur sein et au Proche Orient, Obama lui déroule le tapis rouge. Et conforte par là même l’emprise de ce pays sur la Syrie et renforce le Hezbollah.

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29/10/2015

Manuel Valls, les élections régionales et le FN

Manuel Valls, les élections régionales et le FN

Hier ou avant-hier, le premier ministre français, Manuel Valls, a tenu des propos assez étonnants sur le FN et la nécessité d’empêcher ce parti, par tous les moyens, d’accéder à la présidence d’un région française. Il pensait probablement à la région PACA ou du Nord Pas de Calais.

Ces déclarations m’étonnent car si le FN n’est pas un parti comme les autres, est il anticonstitutionnel ? Si ce devait être le cas, alors on devrait tout simplement l’interdire. Et si on ne l’interdit pas, je ne vois pas comment l’empêcher d’accéder démocratiquement à la présidence d’une région…

En fait, je comprends bien le sens véritable des propos du Premier Ministre ; ils signent un certain désarroi, suite à l’érosion et au total discrédit de la classe politique.  Ce qui fait débat c’est qu’entre 25 et 30% d’électeurs de ce pays accordent leurs suffrages, depuis déjà un certain temps, au FN : est ce qu’on va interdire à cette masse compacte de Français de se porter sur les candidats de leur choix, du seul fait que le FN présente quelques aspects inquiétants ?

Je pense que les partis traditionnels, dont le parti au pouvoir actuellement en France, ne répondent plus aux attentes des électeurs qui ont décidé de donner leur chance à un tout autre parti, lequel n’a encore jamais occupé de responsabilités gouvernementales. Est ce la faute du FN ? Non point puisque son programme est connu et que les Français se déterminent librement en sa faveur.

La vraie question que les dirigeants politique devraient se poser est tout autre : ce qu’ils font ne plaît pas à une majorité de Français. Je ne mets pas en cause la bonne volonté du pouvoir actuel mais il faut bien comprendre que les gens n’en veulent plus car, comme les partis de droite, il a échoué sur trois points majeurs : le chômage, l’insécurité et l’identité nationale.

On ne peut pas gouverner en faisant des coups, des stratagèmes, des tactiques politiciennes, etc… On gouverne en appliquant une politique claire et quand on n’y arrive pas, eh bien on laisse la place à d’autres.

Au lendemain du premier tour des élections régionales, qui promet d’être assez décevant pour la gauche, ce sera un teste de l’implantation du FN dans la France profonde. ET là les déclarations de tel ou de tel ne pèseront pas lourd face à ce que le peuple souverain aura décidé…

A méditer.

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28/10/2015

Les cérémonies du 11 novembre approchent...

Les cérémonies du 11 novembre approchent…

En ce jour anniversaire, alors que nous commémorons la fin de la grande Guerre qui fit des millions de morts et causa d’horribles destructions aux nations belligérantes, j’ai choisi d’axer mon intervention autour d’une fraternité universelle au service de la paix mondiale.

En effet, l’amour de la patrie ne signifie nullement le chauvinisme ni le mépris de l’autre. En l’autre, comme l’expliquait le grand philosophe français Emmanuel Lévinas, je dois me reconnaître et me retrouver moi-même. Quand je regarde les traits de son visage, mon ardeur de conquérir le monde, mon désir irrépressible d’accumuler victoire sur victoire, s’atténuent et m’enjoignent d’adopter en toutes circonstances une attitude empreinte d’éthique. Et Lévinas ajoutait, fidèle à l’esprit de l’humanisme biblique, mon moi ce sont les autres. C’est en disant tu à mon semblable que je suis moi…

Loin de faire de nous des ennemis, l’altérité fait de nous des frères.

La tradition dont nous sommes tous issus, je veux dire les religions fondées sur le monothéisme éthique, nous enseignent depuis toujours que l’Autre est un frère humain, que son regard est aussi légitime que le nôtre, que sa volonté de vivre et d’exister ne doivent pas être écrasés par notre égoïste volonté de puissance. La Bible prescrit le commandement suivant :… afin que ton frère vive à tes côtés. Voilà le postulat premier de l’harmonie et de la  coexistence pacifique entre les hommes.

Certes, les familles qui constituent l’humanité sont diverses et variées mais un fondement commun les unit par delà toutes les différences : le respect de la vie et de la dignité humaines, deux valeurs qui confèrent tout son sens à l’expression biblique suivante : Dieu a créé l’homme à son image… Voltaire, dont nous reconnaissons les mérites mais que nous ne suivrons pas sur ce point précis,  a cru bon de faire un sort à cette expression qu’il a volontairement prise au pied de la lettre afin de la ridiculiser ; il a dit, en guise de réponse, ceci : et l’homme le lui a bien rendu…

La fraternité a toujours été le préalable indispensable à la paix entre les hommes. On parle souvent de la fraternité d’Abraham et ce n’est pas un hasard si ce concept est indissolublement lié à la figure extraordinaire de ce patriarche, découvreur du monothéisme éthique et de l’unité essentielle de l’humanité. Dans un chapitre du livre de la Genèse précédant de peu la saga abrahamique qui commence à la fin du chapitre 11 de ce même livre biblique, on lit un verset d’une exceptionnelle densité : la terre était une seule langue et des choses uniques…

Qu’est ce à dire ? Tout simplement, qu’à l’origine, la règle de l’univers était l’harmonie et la concorde. Aucun conflit, aune mésentente, tous parlaient la même langue Impossible de se tromper, de se mentir, de s’ignorer. Donc, pas de conflit ni de contestation. Mais cette situation paradisiaque, cette époque bénie, caractérisait un état idéal de l’humanité, une sorte d’état de post-rédemption, où l’affrontement n’était pas encore de ce monde. Le paradis sur terre. Les deux arbres du paradis étaient unis et ne faisaient qu’un : la vie et la science se déployaient dans la même direction. Mais cet état de pureté adamique n’était pas appelé à perdurer en raison des aléas de la nature humaine.

Permettez moi, je vous prie, de m’en référer à présent à des interprétations traditionnelles de ces versets bibliques que je viens de citer.

Commentant la création d’Adam, le premier homme, la tradition se pose la question suivante : pourquoi le Tout-puissant n’a t il créé qu’un seul homme, un seul spécimen, et pourquoi pas au moins deux ou une dizaine ? La réponse était parfaitement prévisible : l’humanité tout entière doit découler d’un SEUL homme afin que nul ne puisse dire à son voisin : je descends de l’Adam n° 1 et toi de l’Adam n° 18… Donc, cela revient à couper l’herbe sous les pieds de tout racisme. Le Talmud ajoute même que notre sang n’est pas plus rouge que celui d’un autre homme. Comprenez : à l’origine, aucun homme n’est supérieur à un autre dans sa dignité d’être créé, tous les représentants de l’humanité sont logés à la même enseigne.

Les grands prophètes d’Israël ont repris ce thème, allant jusqu’à dire que même les ennemis d’Israël (les Assyriens, les Moabites, les Egyptiens) sont eux aussi les fils de Dieu… N’est ce pas là la plus belle expression de l’unité du genre humain ? Et dans quelle situation cette humanité aux valeurs universelles se porte-t-elle le mieux ? Dans un état de paix, celui là même dont parle le prophète quand il fait dire ceci à Dieu : voici que je lui accorde mon alliance de paix.

C’est l’universalité de la loi morale, l’ordre éthique universel, qui génère la paix.  Et cette paix, nous avons l’immense chance de la vivre sans interruption depuis plus de soixante-dix ans en Europe. Les nations qui jadis s’étaient férocement combattues, détestées et même haïes, sont, depuis ce temps là, des alliés soudés par une indéfectible amitié. L’Allemagne et la France avancent ensemble, animés par les mêmes idéaux, sur la voie de la paix et de l’amitié.

Et puisque je parle de nos amis d’outre-Rhin, je voudrais citer un dernier exemple, celui que nous offre Kant, le grand philosophe de Königsberg, dont  la philosophie morale la plus connue et la plus célèbre n’est autre que l’impératif catégorique : ne jamais considérer un être humain comme un simple moyen, le considérer  toujours comme une fin en soi…

Kant a lui aussi dessiné un horizon insurpassable de l’humanité, celui au cours duquel règne sur cette terre un pacte de paix.

Puissent nos prières être exaucées et puissions nous continuer de vivre dans une planète où prospèrent tout ce qui porte sur son visage les traits de l’humain

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27/10/2015

Le phénomène MArine Le Pen

Le phénomène Marine Le Pen

Avant de traiter ce sujet, je ferai référence à l’éducation que l’on nous a donnée et que l’on continue de donner dans les établissements secondaires français, notamment en classe terminale où l’enseignement de l’histoire de la philosophie est dispensé. Certes, les dissertations que l’on nous proposait passaient nettement au-dessus de nos têtes d’adolescents, mais cela a laissé des traces. Et quand je pense à ce phénomène socio-politique qu’est devenu Marine Le Pen, je ne peux pas ne pas penser à un thème philosophique de l’époque, véritable tarte à la crème=  comment naissent les grands hommes ? Sont ils le produit de l’Histoire  ou font ils l’Histoire ? Il y a là un rapport de cause à effet : qui est responsable de l’autre ?

C’est un peu ce qui s e passe avec cette jeune présidente du FN qui a triomphé de presque tout, des adversités personnelles, des querelles entre ses parents, de la dispute publique avec son père, bref qui fut en butte à toutes les oppositions et qui, pourtant, caracole en tête des sondages. Les sondages, parlons en : le dernier en date la donne vainqueur aux élections régionales dans le Nord Pas de Calais, une région victime d’une désindustrialisation galopante et surtout  abritant une population étrangère qui campe dans un no man’s land, en attente de l’autorisation de pouvoir passer en Grande Bretagne.

Comment s’explique cette formidable montée en puissance et surtout la logique d’une telle expansion ? Probablement par plusieurs facteurs dont le plus saillant est le discrédit total du personnel politique traditionnel. On ne croit plus personne et les scandales émaillant régulièrement le comportement d’une nombre croissant d’élus n’arrangent pas les choses. Certes, certains esprits malicieux ont tenté de s’en prendre à l’image de la présidente du FN en lui attribuant certains comportements passibles des tribunaux, cela n’a pas suffi. A intervalles réguliers, on parle de telle ou telle autre affaire, mais rien ne tient, et en tout cas rien ne parvient  à stopper cette marche triomphale.

Il y a aussi la nouveauté de l’offre, gauche et droite n’ont pas réussi à rétablir les choses et le pouvoir actuel a battu des records d’impopularité au point de se demander, il y a tout juste plus d’un et demi, si le quinquennat irait à son terme… Du jamais vu !

Même le caractère hasardeux, pour ne pas dire aventureux du programme économique de la candidate ne ralentit pas l’enthousiasme de ses supporteurs.  Vouloir quitter l’euro est folie, dans quelle numéraire serait alors libellée la dette de la France ? Ou bien est ce que Marine ambitionne de refuser de l’honorer ? Deviendrions nous comme la Grèce ? Si cette dame amendait enfin son programme économique, elle aurait encore plus de suffrages.

Au fond, l’électorat français est atterré par deux choses : la situation actuelle qui est presque désespérante et l’impuissance du pouvoir politique à la redresser. Le débat politique ne voit apparaître aucun élément nouveau ; les mêmes têtes continuent d’occuper le petit écran. Depuis des années, on vit un essoufflement, un épuisement de l’idéal politique de gauche comme de droite. Du coup, les gens cherchent un écho nouveau, un nouvel évangile.

Ils se trompent peut être, l’avenir nous le dira, mais il faut bien reconnaître que ce n’est pas gagné, je veux dire que l’électorat va peut être franchir le pas et donner la victoire à Marine Le Pen.

On ne peut pas laisser hors du jeu politique une partie de la France qui oscille entre 25 et 27 %. Il faut réagir si l’on veut éviter une grave crise.

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26/10/2015

La Russie a mis les USA hors jeu en Syrie

 

 

La diplomatie russe a mis Obama hors jeu en Syrie

Après l’offensive militaire sur le terrain, c’est au tour de l’offensive diplomatique de prendre le relais. On a eu peine à y croire lorsque le ministre Lavrov a indiqué que son pays était prêt à coopérer avec l’opposition dite modérée syrienne, en d’autres termes avec l’Armée syrienne libre. Quel grand écart, mais aussi quel esprit génial, quelle initiative heureuse, dans la mesure toutefois, où il ne s’agit pas d’un ballon d’essai mais d’une volonté profonde de rebattre les  cartes en Syrie. L’initiative russe a eu plusieurs volets. Il y eut d’abord ce voyage surprise d’Assad en Russie. Mais ce voyage ne constituait que le prélude à un train de mesures et de propositions à venir. Le maître du Kremlin voulait imposer ses vues à un dictateur esseulé, à bout de souffle et en somme contraint d’en passer par où son maître et protecteur voulait. Les Russes veulent voir si Bachar a le même sentiment qu’eux : on élimine Daesh mais une fois le travail de salubrité sécuritaire accompli, on organise des élections à la fois législatives et présidentielles. Les Russes ont montré une nouvelle fois qu’ils ne se laissent pas paralyser par des alliés encombrants. Ils ne se laissent pas dicter leur loi, ils ne s’enlisent pas sur place et en moins d’un mois ils ont entièrement changé la situation sur le terrain, même si les Occidentaux et les monarchies pétrolières ont soudain déversé des milliers de missiles Tow dans les rangs de leurs alliés, permettant à ces derniers de ralentir sérieusement l’avancée des troupes loyalistes. Si les choses avancent comme prévu, l’ASL, Bachar et les Russes vont se retrouver du même côté, avec les Iraniens et le Hezbollah libanais, deux forces qui ont subi de lourdes pertes en Syrie. Dans quelques mois, il y aura sûrement une vaste offensive combinée de ces nouveaux alliés pour reconquérir Rakka en Syrie et Mossoul en Irak, deux grandes villes occupées par Daesh. Et tout cela grâce aux Russes dont l’aviation a fait des prodiges. Mais ces succès font face à l’inaptitude et à l’ineptie du président Obama qui s’est laissé mettre hors jeu par une diplomatie russe particulièrement souple et pleine de ressources.. Nous allons vivre un paradoxe dans les prochains mois ; les réfugiés ne seront plus aussi nombreux à affluer en Europe puisque la Syrie deviendra un pu plus sûre. Et cela grâce aux Russes. Du jamais vu : Poutine qui vole au secours de l’Union Européenne, cette même UE qui lui a infligé des sanctions, a refusé de lui vendre les mistrals, etc…

Vivement l’élection présidentielle aux USA et le départ tant attendu de Barack Obama.

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24/10/2015

Est ce bien l’ancien Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini qui a soufflé à Hitler l’idée de la solution finale ?

 

 

Est ce bien l’ancien Mufti de Jérusalem, Hadj Amin al-Husseini qui a soufflé à Hitler l’idée de la solution finale ?

J’avais déjà entendu dire cette légende ou bien cet apocryphe célèbre lors d’un précédent séjour en Israël, bien avant que n’éclatent les troubles qui agitent depuis presque un mois les villes et les villages de l’Etat juif. Je n’y avais pas accordé une grande importance, jugeant que l’affaire était trop complexe et que l’apparence de la vérité n’est pas la vérité. Surtout quand il s’agit de vérité historique. Or pour qu’il s’agisse d’une vérité historique, c’est-à-dire quelque chose qui ne soit ni une légende ni une rumeur, il faut des preuves. Et les preuves dans ce cas précis, on n’en a pas, même si cette absence de preuves ne saurait innocenter un mufti qui ne portait pas les Juifs dans son cœur, avait rencontré Adolf Hitler,  faisait le salut nazi et avait lancé un appel aux musulmans de l’ancienne Yougoslavie pour qu’ils s’enrôlent dans les rangs des SS… Même si ce Mufti de Jérusalem n’a peut-être pas soufflé à Hitler l’idée de la solution finale, décidée, je le rappelle, à la conférence de Wannsee, dans la banlieue de Berlin, il ne concevait pas pour les fils d’Israël des sentiments très amicaux. Ses discours enflammés le prouvent largement.

Pourquoi la presse israélienne revient elle avec une incroyable insistance sur cette filiation qui ne laisse pas d’être scandaleuse, voire horrible ? La réponse est évidente : le premier ministre Benjamin Netanyahou a fait état d’une telle filiation expliquant l’existence de la Shoah par un conseil prodigué par l’ancien Mufti à Hitler. On a fait à Benjamin un procès qui n’a pas lieu d’être ; contrairement à son père, l’éminent professeur Benzion Netanyahou qui fut un grand historien de la philosophie juive (son livre sur Isaac Abrabanel est et demeure excellent), le Premier Ministre d’Israël n’a pas reçu une formation rigoureuse en, science historique. Il a instrumentalisé un fait, l’antisémitisme viscéral du vieux Mufti pour condamner ce qui se passe aujourd’hui où, reconnaissons le, des Palestiniens de Cisjordanie, mais, fait plus grave, des Arabes israéliens, poignardent à tout va le premier Juif qui a le malheur de croiser leur route. Benjamin Netanyahou a donc voulu faire d’une pierre deux coups : d’une part, rappeler que certains Arabes ne sont pas seulement antisionistes mais avant tout des antisémites habités d’une haine recuite à l’égard de tout ce qui évoque, de près ou de loin, le judaïsme, et d’autre part, justifier, par là même, qu’Israël a le droit de se défendre contre des assaillants qui, selon lui, poursuivent le même programme que leur zélé inspirateur, mort, sans être inquiété à Beyrouth, au début des années soixante-dix…

Certes, sans donner de conseil au premier ministre, il faut admettre qu’il a un peu forcé le trait, donnant ainsi à la presse, même celle qui le soutient généralement, des verges pour le battre.

L’ancien Mufti n’était pas un saint homme et quand on fréquente Hitler, qu’on s’installe dans le Berlin de la seconde guerre mondiale, qu’on lance des appels en faveur du nazisme, on n’est pas vraiment un homme moralement recommandable. Mais je ne vois toujours pas comment un homme comme Hitler qui détestait les Arabes un tout petit peu moins que les Juifs serait venu prendre conseil chez ce Mufti dont les vues stratégiques et les analyses politico-militaires n’ont pas laissé de trace impérissable ni révolutionné la pensée.

Donc, Benjamin n’aurait pas dû forcer le trait, mais il l’a fait, car cela fait partie de son plan pour réprimer ce qui ressemble aujourd’hui à un véritable soulèvement. Toutefois, cet épiphénomène ne doit pas nous faire oublier le fond du sujet : il faut absolument éviter que les troubles actuels ne dégénèrent en conflit religieux. La liberté de culte règne à Jérusalem depuis que l’Etat juif a repris le contrôle de la ville sainte dont les Juifs avaient été chassés depuis deux millénaires. Tous les fils d’Abraham doivent pouvoir prier en paix, chacun à sa manière, sans restriction aucune, mais aussi dans le calme et le respect des autres.

D’ici là, Benjamin pourra toujours préparer un doctorat en histoire. L’université hébraïque de Jérusalem est l’une des meilleures universités au monde. Il pourra ainsi se faire un prénom comme son défunt père (ZaL), mais cette fois en philosophie politique…

Maurice-Ruben HAYOUN  in Tribune de Genève du 24 octobre 2015

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23/10/2015

Le rapport Khrouchtchev, traduction intégrale annotée par Jean-Jacques Marie, Seuil 2015

Le rapport Khrouchtchev, traduction intégrale annotée par Jean-Jacques Marie, Seuil 2015

Tout le monde a entendu parler du fameux rapport secret de Khrouchtchev sur les crimes et les déviations de Staline. Ce rapport fut présenté devant le XXe congrès du parti communiste de l’Union soviétique. Les péripéties qui entourèrent sa divulgation relèvent du roman policier ou d’espionnage. Aujourd’hui, nous disposons d’une traduction annotée procurée par un éminent spécialiste de la question. Dans sa longue introducteur, Jean-Jacques Marie situe bien la naissance de ce rapport, éclaire convenablement les enjeux et montre combien Staline, dans l’indifférence mais aussi la crainte générale, a pu faire ce qu’il voulait, décimant les rangs de la haute hiérarchie militaire et des cadres du parti qui étaient tous, pourtant, de bons communistes et des patriotes sincères. K. émailla son rapport de mentions du style : nos camarades injustement accusés ont été réhabilités depuis… Parlant souvent en présence de survivants aux purges, lorsque Staline fut surpris par la mort qui l’empêcha de faire exécuter d’autres innocents.

Quand on lit ce rapport le crayon à la main, on est littéralement stupéfait. Deux griefs fondamentaux sont opposés à Staline : le culte de la personnalité et les abus de pouvoir dus à une incroyable personnalisation. Une seule réserve : l’auteur de rapport avait lui aussi des relations étroites avec le  défunt dictateur et s’était bien gardé de le critiquer. Il faut dire que s’il s’y était hasardé, il aurait subi le même sort que des milliers, voire des centaines  de milliers de cadres ou de simples citoyens innocents dont le seul crime fut de ne pas partager les opinions de l’ancien maître du Kremlin.

Tout au long de cet interminable rapport, K. s’est fait l’implacable censeur de son ancien patron, montrant que même Lénine, conscient des défauts de Staline, avait commencé à manœuvrer afin de l’éloigner du poste de secrétaire général du parti. On voit aussi que la propre épouse de Lénine s’est plainte de l’incorrection de Staline à son égard. Lénine lui avait même envoyé une lettre à ce sujet.

En plus des purges, des exécutions de masse, des déportations de peuples entiers et de la fabrication d’affaires (celle de Leningrad, celle des médecins saboteurs, etc…) qui se terminaient généralement par des condamnations à la peine capitale, K dénonce les erreurs stratégiques de Staline qui ont coûté à l’armée rouge des centaines de milliers de morts. L’auteur du rapport rappelle une anecdote historique personnelle : pour éviter que des corps entiers d’armée ne soient encerclés par les envahisseurs nazis, K et les généraux demandent à Staline de changer de tactique et de ne plus se livrer à ces attaques frontales coûteuses en vies humaines et de surcroît peu efficaces. Staline refuse de les suivre, causant ainsi la destruction d’une large part du potentiel militaire soviétique. Et lorsque Hitler commence à envahir le territoire de l’URS, Staline refuse de bouger, arguant qu’il s’agissait d’actes d’unités indisciplinées, désireuses d’en découdre avec l’ennemi bolchévique.

On pourrait multiplier les exemples. Mais un détail, des plus savoureux, mérite d’être relevé ici. Lorsque le rapport de K. commença à être connu, les communistes purs et durs, notamment les staliniens français ne pouvaient pas croire que leur idole n’avait été qu’un tyran sanguinaire ayant assuré lui-même sa propre promotion et sa publicité. Ainsi du bureau politique du PCF qui parla de la publication par la presse bourgeoise d’un rapport attribué au camarade Khrouchtchev… (p 54 in fine).

Ce qui se passe de commentaire.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 23 octobre 2015

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22/10/2015

A propos du dernier livre d’Alain Finkielkraut, La seule exactitude

A propos du dernier livre d’Alain Finkielkraut, La seule exactitude

De tous les livres de l’auteur, il est celui où il se dévoile le plus. On sent son attachement ou, au contraire, ses crispations. L’écriture n’est pas fébrile, l’émotion est maîtrisée mais son sent bien que dans cette chronique pensée et réfléchie du temps qui passe, l’auteur a livré ce qui lui tient le plus à cœur. C’est d’ailleurs ce que rend très attachante la lecture de ses réflexions sur la fugacité de notre existence. Même si la facture du livre, son organisation interne (une série de réactions plus ou moins longues par rapport à l’actualité) ont fait dire à quelques esprits malicieux, voire presque malveillants, qu’il s’agissait d’une sorte de revue de presse améliorée. Or, il n’en est rien, on sent, au contraire, une pensée qui traverse toutes ces pages,  leur auteur est porteur d’un projet précis et animé d’une vision claire.

J’ai trouvé le titre (La seule exactitude), expression bienvenue et empruntée à Charles Péguy, tout à fait en adéquation avec la pensée profonde de l’auteur. Dans ce terme qui s’applique à tout, la référence au temps qui s’écoule et à la durée qui persiste, prévaut largement. Être à l’heure, être en adéquation avec son temps, surtout lorsque l’époque donne souvent l’impression de dérailler, d’aller dans tous les sens, est primordial. Par ailleurs, le temps s’oppose à l’espace, tout en lui étant indissolublement lié.

En scrutant d’un regard perçant et dépourvu de préjugés (enfin presque) le temps qui passe et les traces que laissent les événements dans son sillage, on comprend mieux la sévérité du jugement que A. Finkielkraut porte sur certains journalistes à la fin du livre. La citation intégrale serait trop longue, c’est pour cette raison que je ne la reproduis pas, tout en invitant les lecteurs du livre à s’y référer.

L’actualité est trop riche, ttop variée, elle requiert beaucoup de compétences qui ne sont pas à la portée du commun des mortels. Surtout quand on vit à une époque axiale (Achsenzeit) où la rapidité, la velocitas que Goethe déjà dénonçait dans ses mémoires, Poésie et vérité ne nous laisse pas le temps de penser. Aujourd’hui, l’information n’équivaut plus au savoir. Si vous vous donnez le temps de réfléchir, on préfère dire décrypter, l’événement en question est déjà oublié car l’actualité nous a happés pour nous conduire vers d’autres horizons.

Le propos de ce livre est la quête du sens, la recherche d’une direction et d’une signification. Où allons nous ? A quoi ressemblera notre société et donc notre vie, se demande avec raison un auteur qui ne tient pas les sociologues en très haute estime. Dans cette recherche quasi impossible de l’avenir, nul ne sait de quoi demain sera fait. Et cette problématique est fort ancienne puisqu’on la trouve déjà dans le livre biblique des Proverbes (27 ;1) que la haute critique situe vers 230 avant notre ère. Comment conceptualiser l’avenir, comment organiser l’aujourd’hui ? C’est un véritable saut dans l’inconnu, une gestion quotidienne de l’imprévisible

En refermant ce livre après l’avoir lu de la première à la dernière ligne, j’ai pensé à un tout autre ouvrage, d’une tout autre facture, les mémoires du cardinal Etchegaray, intitulé, J’ai senti battre le cœur du monde. Tant de gens vivent à la même époque sans la vivre de la même façon, ce qui fait écrire à l’auteur une belle expression : contemporanéité n’est pas synchronie… C’es très juste : nous ne vivons pas le même temps de la même manière. Certes, l’humanité est une mais les familles qui la composent sont diverses, irréductibles à un modèle unique. On est loin de cette raison hégélienne qui sacrifie tout à un seul modèle, unique et universel, ce qui, comme l’a montré Franz Rosenzweig dans son Etoile de la rédemption, mène à l’idolâtrie et à la déshumanisation de l’individu..

Alain Finkielkraut est attaché à des modèles qui ont été, depuis très longtemps, fortement critiqués, à tort ou à raison. Il croit à une certaine culture, une certaine civilisation et je ne suis pas loin de penser qu’il a raison. Le nivellement par le bas, les réformes du système éducatif censées arranger les choses alors qu’elles les rendent bien pires, le renoncement aux vraies valeurs, la préservation d’une certaine identité, qui n’est pas exclusive de tout le reste mais qui affirme fermement ses droits, tout cela contribue à présenter l’auteur comme un personnage passéiste, une sorte de Cassandre qui finirait par nous lasser.

En fait, il n’en est rien. Quand il dénonce ceux qui habitent en France tout en refusant obstinément d’y vivre, c’est-à-dire d’adhérer à son histoire, à ses valeurs et à ses projets, quand il relève avec une certaine cruauté les inconséquences de certains de nos dirigeants qui suivent le vent sans avoir de programme clair, sinon celui de se maintenir au pouvoir, eh bien, il a raison.

A quelle école de pensée peut on le rattacher ? Dans tout système philosophique on trouve deux axes majeurs : une critique de la connaissance et une raison pratique, c’est-à-dire une éthique.. Je ne sais s’il  Finkielkraut se revendique de Kant mais il semble évident qu’il tient à la notion de devoir et de valeur. Ce n’est pas un moraliste (au sens noble du terme) ni un penseur éthico-religieux, mais il ne rejette pas systématiquement les traditions, notamment celles qui ont fait leurs preuves et ne s’apparentent pas à des modes… Les jugements de valeur qu’ils portent à la fin de ses articles le présentent comme quelqu’un qui est attaché à un ordre éthique, une sorte d’universalité de la loi morale, tout en sachant que ce dernier vocable est honni par les bien-pensants.

Je ne peux pas reprendre ici tous les exemples mais quand il écrit qu’on donne toujours la préférence au donné au lieu de s’en tenir à une norme universellement acceptée et qui a fait ses preuves, eh bien, il a encore raison. A-t-il eu tort de dénoncer les grossiers partis pris anti-israéliens de Stéphane Hessel avec des mots aussi dures : le Prix Nobel pour l’indigence vertigineuse de la pensée et la paix pour la désignation de l’Etat juif à la vindicte universelle ? Non point, il a encore eu raison.

Il est un autre mal que l’auteur dénonce, c’est cette haine de soi qui s’est immiscée dans tous les organes de notre société, même s’il n’ utilise pas dans ce livre (si je ne m’abuse) l’expression trouvée en 1930 par le Juif allemand Théodore Lessing. Et il clame son attachement à cette culture européenne dont se détournent avec honte un bon nombre de penseurs et d’intellectuels.

A côté de ces réactions instantanées dictées par l’actualité, on trouve dans ce recueil un texte très instructif sur la philosophie de Heidegger, surtout depuis la découverte des Cahiers noirs :  à ce sujet, je me permets de renvoyer à un récent numéro de la revue SENS où j’ai dit ce que je pensais de cette combinaison entre une pensée solide et très structurée et des sentiments inattendus de la part d’un si grand penseur.

Enfin, je voudrais dire un mot de la dénonciation par A. Finkielkraut de l’antisémitisme qui menace la France, imprègne ses banlieues au point que ces espaces perdus de la république sont presque devenus judenrein. C’est en lisant Les désorientés d’Amin Maalouf que j’ai pris conscience de l’étendue de ce mal dans le monde arabo-musulman. Et lorsque A. Finkielkraut dénonce cette rancœur raciste on le traite d’islamophobe et on le suspecte d’œuvrer en faveur du parti de Marine Le Pen… Certains lui refusent même le droit de se dire de gauche, comme si, aujourd’hui, une telle appartenance avait encore un sens…

Maurice-Ruben HAYOUn in Tribune de Genève du 22 octobre 2015

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Russes et Américains en Syrie...

Russes et Américains en Syrie…

Les atermoiements incompréhensibles de Barack Obama qui s’est entêté, durant des années, à ne pas déployer la puissance militaire de son armée, l’ont condamné à jouer les seconds rôles en Syrie. Il a été détrôné en trois semaines par un Vladimir Poutine qui s’est redressé de manière spectaculaire au point de ravir la première place à l’hyperpuissance US. Un tel désastre diplomatique et militaire ne peut s’expliquer que par l’impéritie et la posture idéologique d’un président issu du parti démocrate.

Allons donc in medias res : depuis plusieurs années, Obama se refuse, contrairement aux avis de la haute hiérarchie militaire, à envoyer des troupes au sol, et ce pour deux raisons au moins : la première parce qu’il ne veut pas s’embourber en Irak comme son prédécesseur en Afghanistan et redoute de se voir reprocher une infidélité caractérisée à ses promesses lors de la campagne électorale ; la seconde raison est plus subtile et n’est pas dépourvue d’arrière-pensée stratégique : extraire l’Irak ou la Syrie des griffes de l’Etat islamique reviendrait à ouvrir un boulevard  aux Iraniens qui ont transformé l’Irak en protectorat chiite et la Syrie en satellite de leur pays. Même les Iraniens se plaignent en privé de l’inaction et de l’inefficacité US, face à des adversaires qui lui donnent du fil à retordre.

Mais le président Obama n’a pas prévu que Poutine profiterait du conflit syrien pour se redresser, rompre l’isolement dans lequel on l’avait confiné et faire oublier ce qu’il a fait en Crimée et dans l’est de l’Ukraine.

La suite, chacun la connaît : en moins de trois semaines, la Russie a fait plusieurs centaines de sorties aériennes, neutralisant  des centaines de terroristes et mettant sur pied des offensives combinées de l’armée syrienne qui redresse la tête et reconquiert des villes et des villages. Poutine ne fait pas les choses à moitié : il a fourni à l’armée loyaliste des armes nouvelles, accompagnées par des instructeurs (dont trois sont morts au combat) et le tout avec des offensives terrestres, au point que les rebelles modérés ou pas cherchent à s’unir pour faire face à l’inattendu. A ce rythme, l’affaire pourrait être réglée vers la fin de l’année…

En clair : le champ de bataille est en train de changer au profit de Bachar tandis que Paris et Washington s’entêtent à répéter qu’ils n’aideront jamais le boucher de Bagdad. Même dans ce contexte politique et diplomatique, les Russes ont montré leur supériorité : recevant Bachar au Kremlin dans la plus grande discrétion (les images n’ont été divulguées qu’après le retour de Bachar à Damas, pour d’évidentes raisons de sécurité), Poutine lui a bien fait comprendre qu’après le nettoyage du pays il faudra une solution politique. Certains dans la partie russe ont même dit qu’ils n’étaient pas mariés avec Bachar, en termes clairs, une fois l’affaire réglée, il faudra qu’il prenne du champ.

Et tout porte à croire que les Russes, accrochés à ce morceau du Proche Orient (le seul qu’il leur reste) veulent une solution politique du conflit afin d’aborder une longue période de stabilité et de paix. Conclusion : contrairement à Obama, les Russes sont porteurs d’un projet et animés d’une vision, contrairement à Paris qui persiste à suivre, même sans le reconnaître, Washington aveuglément.

La logique diplomatique eut commandé l’attitude suivante : on se débarrasse de l’EI qui menace tout le monde et ensuite le problème Bachar se réglera de lui-même : la Syrie qui émergera de la fin du conflit ne ressemblera en rien à celle d’avant. Ce qui veut dire que Bachar et son clan n’y seront plus en position dominante…

Cela, les Russes l’ont compris. Mais ce n’est pas le cas de Obama qui a commis des erreurs impardonnables dont la plus grave est bien celle d’avoir dépensé près d’un demi milliard de dollars pour former des combattants anti EI qui sont allés se jeter dans les bras de leurs adversaires, leur remettant armes et munitions. Que des militaires US et des membres de la CIA se soient laissés berner de la sorte est incroyable.

Comment la meilleure armée a t elle pu se faire circonvenir de la sorte ? Il est temps qu’une nouvelle impulsion soit donnée à la tête de l’exécutif US qui aura assimilé , je l’espère, la leçon suivante : le statut de grande puissance n’est pas compatible avec une stratégie de repli.

Un dernier rappel : le jugement d’un grand homme, Henry Kissinger, sur les présidents démocrates qu’il a bien connus. Parlant de Jimmy Carter, voici ce qu’il disait en substance : tous les présidents US ont voulu changer le monde mais le président Carter se conduit comme si c’était lui qui l’avait créé…

Les grands hommes d’Etat ne se trouvent pas de l’autre côté de l’Atlantique.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 22 octobre 2015

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21/10/2015

Israéliens et Palestiniens...

Israéliens et Palestiniens…

Ma première constatation portera sur le rappel et le récit des faits qui se déroulent actuellement en Israël, et plus précisément à Jérusalem et en Cisjordanie. Alors qu’on gonfle démesurément les incidents, parfois très graves puisqu’il y a mort d’homme, sur place, la situation est plus détendue.

Certes, les journalistes d’ici et d’ailleurs ont pour mission d’attirer l’attention et de capter l’intérêt des gens puisque nous vivons sous le régime dictatorial de l’audimat. Mais revenons au cœur du sujet.

Ces troubles causés par des Arabes israéliens ont éclaté parce que les assaillants craignent un changement unilatéral des règles régissant les lieux saints musulmans, notamment la zone située entre le mur occidental du temple juif et la mosquée d’Al-Aqsa. En principe, seuls les musulmans ont le droit d’y prier et quelques juifs peuvent, au compte-goutte, visiter ce lieu qui revêt pour eux une sainteté inégalée, le har ha bayit, la colline du Temple.

Or, et ce n’est pas le fruit du hasard, les troubles ont commencé début septembre, au moment même où débutaient les grandes solennités juives de Tichri. Les orants juifs affluent en ces moments là vers le mur du temple et les Arabes se sentent menacés sur un espace qu’ils nomment l’esplanade des mosquées.

S’il y avait eu un minimum de confiance, de tels troubles n’auraient jamais dû se produire . Par ailleurs, la liberté de culte doit être générale et universelle : si les Arabes ont le droit de prier dans un lieu saint pour eux, il faut le même droit aux Juifs… Mais voilà, chaque fois que l’Etat d’Israël entreprend des fouilles archéologiques dans ce lieu si vivement convoité, les habitants arabes se dressent contre ces recherches. Il est vrai que si des découvertes importantes étayaient la cause israélienne, en mettant au jour des vestiges prouvant l’ancienneté de leur appartenance juive, les Arabes se sentiraient affaiblis. Pourtant, personne que je sache, ne veut s’en prendre à un lieu de culte, quel qu’il soit.

Les Arabes israéliens ont souvent marqué leur attachement à l’Etat juif dans des sondages : à plus de 90% ils ont dit préférer rester sous la bannière de l’étoile de David, même si un Etat palestinien voyait le jour.

C’est pourquoi nous pensons que ceux qui nourrissent la haine en sacrifiant la jeunesse de leur peuple, les forçant à s’en prendre à des Israéliens, civils ou militaires, devraient leur ouvrir d’autres perspectives.  L’Etat d’Israël est suffisamment fort pour réduire ce semblant de soulèvement. Certes,  c’est un mouvement violent mais il n’est pas organisé et va simplement provoquer une répression plus forte.

Il n’est pas faux de dire que les Palestiniens sont seuls : aucun pays arabe ne vole à leur secours, ni n’épouse leur cause. Abbas est bien seul… La Syrie est en pleine déliquescence, l’Egypte ruinée et sous la dictature, la Jordanie est au bord du collapsus en raison de l’afflux de réfugiés, l’Irak est dirigée par un gouvernement paralysé par ses divisions internes et par l’Etat islamique, la Libye n’a plus d’Etat, l’Arabie Saoudite est enlisée au Yémen qui est lui-même en ruines,, l’Algérie, jadis championne des causes tiermondistes fait face à une réduction drastique de la manne gazière et pétrolière et s’attend à des troubles sociaux, ne parlons même pas du Maroc et de la Tunisie… Quant au Liban et au Hezbollah, la Syrie voisine mobilise tous leurs moyens dans des guerres qui ne sont pas près de s’achever.

La seule perspective qui s’offre aux Palestiniens est de négocier avec Israël des accords économiques et de libre circulation de travailleurs. Même les USA d’Obama ne semblent pas se soucier autre mesure de ce qui se passe. John Kerry verra une visite de courtoisie aux deux dirigeants, mais son esprit est ailleurs : il gère les derniers mois d’Obama.

Et le Hamas ? A part les rodomontades, il se tient sagement à distance de ce qui se passe. N’ayant pas encore surmonté la grande défaite de l’été dernier, il place la survie de son régime au-dessus d’une improbable intifada, sachant que Tsahal lui fera payer encore plus cher toute incartade.

Haroun al-Rachid, l’ancien Calife de Bagdad au IX-Xe siècle avait raison de dire que les démarches sages et politiques étaient supérieures aux machines de guerre ((al-kiyassa wa l fhama yaghlaboun harakat al harb…

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